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Chers compatriotes,
L’Union des Forces de
Changement (UFC), se bat pour sauver le Peuple togolais
de la dictature qui l’opprime depuis plus de quatre
décennies et reconstruire le Togo pour le bien-être de
tous sous le règne de l’Etat de droit.
Ce combat puise sa force dans
la pure et authentique tradition d’Ablodé qui a mobilisé
le Peuple togolais dans sa lutte pour l’indépendance. L’Ablodé
s’illustre par une quête permanente de liberté, de
démocratie, de justice et de paix.
Le Peuple togolais demeure
profondément attaché à ces valeurs. Le vote franc et
massif qu’il nous a toujours accordé lors des
consultations électorales en témoigne. Et quand notre
victoire à ces élections nous a été volée, l’UFC a
œuvré, en toute responsabilité et dans un esprit
d’ouverture, pour la tenue d’un véritable dialogue
inter-togolais afin de sortir d’une crise qui empoisonne
la vie des Togolais dans tous ses aspects (politique,
économique, sociale et culturelle).
L’APG, malgré ses
insuffisances avérées, est, au regard de ce drame
national, un instrument de dernière chance pour rétablir
la confiance et la paix entre les Togolais. Il
recommande des réformes constitutionnelles et
institutionnelles, nécessaires à l’instauration de la
démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne
gouvernance.
L’APG préconise en
particulier, la tenue d’élections législatives dont
l’organisation et les résultats devront apporter à
nous-mêmes et à
la Communauté
internationale, la preuve que notre pays s’engage
résolument dans un processus irréversible de
démocratisation et de changement.
L’APG résulte des exigences de
nos populations, relayées par les partis politiques de
l’opposition démocratique pour la résolution de la crise
politique née des atteintes graves et massives aux
droits de l’homme, du déni de démocratie ainsi que des
violations de
la Constitution et des lois électorales.
Le scrutin du 24 avril
2005 a prouvé que le peuple togolais a résolument opté
pour le changement. Tant que nous obtiendrons qu’il soit
consulté régulièrement, nous finirons par faire
triompher la cause d’Ablodé. C’est la raison pour
laquelle, tout en maintenant notre contestation des
résultats frauduleux de l’élection présidentielle, nous
avons accepté dans l’APG le principe de la tenue
d’élections législatives libres et transparentes dont
l’organisation et la supervision sont confiées à
la Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENI). Ainsi nous pourrons
engager un débat public dans tout le pays et avec toutes
les populations sur notre Projet de Société et notre
programme de gouvernement pour le changement.
L’obstination du régime RPT à
se maintenir au pouvoir par la fraude électorale et la
violence a aggravé l’état d’insécurité et entraîné le
pays dans une régression continue. Les institutions
républicaines sont confisquées par le pouvoir qui en
fait un instrument d’arbitraire et de répression.
Le régime s’est discrédité sur
le plan international par des atteintes graves et
répétées aux droits ‘homme. L’économie, dominée par une
oligarchie militaire et affairiste, est exsangue faute
d’épargne locale et de confiance des financiers
extérieurs pour relancer les investissements agricoles
et industriels. Il en résulte que le taux de croissance
du PIB est resté négatif (-2%), depuis ces dernières
années. L’Etat est totalement incapable de faire face à
ses obligations en matière de droits sociaux. La fuite
des cerveaux vide le pays de ses cadres. L’exode rural
aggrave le chômage dans les villes et plonge le pays
dans la misère. Plus de 80% de la population vit en
dessous du seuil de la pauvreté.
Chers compatriotes,
Après quatre décennies
d’indépendance et d’appels constants du Peuple à
l’effort et aux sacrifices pour le développement, on
constate malheureusement l’état de misère qui nous
frappe au Togo. Moins de 50% de notre population a
aujourd’hui accès à l’eau potable, une source de vie
indispensable. L’Etat consacre à peine 1,4% du PNB à la
santé publique et moins de 2,5% à l’éducation.
Ces données nous interpellent
d’autant plus que notre population passera de plus 5
Millions en 2005 à presque 8 millions en 2015 avec une
population urbaine de plus de 50%. Nous devons nous
préparer dès maintenant à maîtriser cette évolution. Ce
sont là les enjeux que nous devons souligner au cours de
notre campagne électorale pour que le Peuple togolais
sache à qui il confiera son destin dans les années à
venir.
Il faut sauver le Togo de la
catastrophe. En d’autres termes, l’UFC doit absolument
gagner les prochaines élections législatives et former
un gouvernement tenant compte des réalités nationales
afin de mettre en œuvre un plan de réhabilitation et de
développement économique et social du pays, un plan qui
offre des solutions fiables pour corriger ces
performances médiocres et mettre le Togo sur la voie
d’un développement durable.
Ce plan formulera une
stratégie garantissant un développement durable et
partagé, définira le rôle de l’Etat dans la création
d’un environnement favorable au processus de
développement et celui du secteur privé comme moteur de
la croissance économique. Il fera de la décentralisation
la base de la politique d’aménagement du territoire pour
une démocratie participative et de proximité. plan
comportera, dans un premier temps, une opération de
sauvetage des sociétés d’Etat, des entreprises
publiques, des institutions financières, des finances
publiques et de la fonction publique que la mauvaise
gestion, les abus et l’incurie de plus de quatre
décennies de pouvoir ont anéanties.
Ainsi seront posés les
prémices d’un programme multisectoriel de développement
humain pour la garantie des droits sociaux fondamentaux
comme le droit à l’éducation, à la santé, à l’emploi, au
logement, à l’alimentation, ainsi que la promotion de la
femme et de la jeunesse, le développement rural et les
services urbains. C’est dans ce cadre que seront
formulées des mesures spécifiques pour la lutte contre
la pauvreté, laquelle, compte tenu de son ampleur (80%
la population), constituera le levier de changement
économique, social et politique de notre pays. Ce
programme sera soutenu par une politique
macro-économique visant à fixer la croissance PIB à un
taux annuel effectif d’au moins 8%.
L’ouverture à une démocratie à
la fois majoritaire et intégrative, en d’autres termes
non exclusive, ainsi qu’à une économie d’entreprise
libérale et à la bonne gouvernance, créera les
conditions favorables aux négociations de
rééchelonnement ou d’effacement de nos dettes
extérieures dont les fruits iront prioritairement à la
création d’emplois dans les grands travaux comme les
constructions de routes et d’infrastructures
d’enseignement, de santé et d’assainissement.
L’agriculture aujourd’hui
fournit 43% de notre PIB et occupe 70% de notre
population rurale. Malheureusement son déclin sous la
dictature a entraîné cette population dans une situation
d’extrême pauvreté. Nous allons restructurer et
renforcer ce secteur pour en faire le moteur principal
de notre économie.
L’industrie minière et les
autres industries de transformation, les bâtiments et
travaux publics, l’eau, l’électricité et les énergies
traditionnelles, nouvelles et renouvelables sont
créatrices valeur ajoutée. Elles contribuent pour 21 %
au PIB. Nous porterons nos efforts sur le développement
de ce secteur en orientant ses activités vers les
produits dont le marché va croître. L’Etat encouragera
l’entreprenariat dans le secteur industriel et
soutiendra les travaux des centres nationaux de
recherche scientifique.
Le secteur des services - le
commerce, les banques, les assurances, les douanes, le
port, la poste, les télécommunications et le tourisme -
fournit 36% de notre PIB. Ce secteur sera assaini et
dynamisé pour garantir l’efficacité de nos échanges à
l’intérieur et avec l’extérieur, pour mobiliser des
ressources techniques et financières intérieures et
extérieures et pour gérer les activités des secteurs
primaire et secondaire en vue d’assurer une croissance
forte et durable de l’économie. Dans ce contexte, nous
ferons un effort particulier pour rattraper notre retard
hautement préjudiciable dans le domaine de l’information
et de l’informatique qui constitue, en ces temps de
modernité et de mondialisation, l’instrument
indispensable de conquête de la technologie et le
support incontournable du développement.
Le secteur informel représente
un volume important des activités économiques de notre
pays. Ces activités qui ne sont homologuées sur aucun
registre officiel procurent du travail rémunéré à une
grande partie de la population vivant dans la pauvreté
et demandeuse d’emplois que le secteur formel n’est pas
en mesure d’absorber du jour au lendemain. Il s’agira
pour l’Etat de réer un environnement propice à la
poursuite des activités de ce secteur qui contribue
aussi au développement humain et à la croissance
économique de notre pays.
Dans l’euphorie d’une pseudo
industrialisation par la création de grandes sociétés
d’Etat, le régime RPT s’est détourné de l’approche du
développement communautaire qui avait pourtant fait ses
preuves dans les premières années de notre indépendance.
En effet, les projets de développement communautaire
mobilisent l’énergie et le savoir-faire des communautés
villageoises et urbaines autour d’activités
multidisciplinaires de production, de formation, de
santé et d’assainissement, et apportent à moindre coût
des solutions pragmatiques à des problèmes comme
l’appauvrissement des terres agricoles, le chômage,
l’exode rural, etc. Ils recourent aux techniques
traditionnelles aussi bien que modernes, s’appuient sur
la culture du milieu et développent le sens de la
solidarité citoyenne. Nous ferons renaître cette
approche car elle participe à une action de proximité
pour le développement rural et celui des services
urbains.
Avec ces programmes
sectoriels, d’autres actions urgentes s’imposent au
premier rang desquelles la reprise de la coopération
internationale et la conclusion d’un accord avec le FMI,
appuyée par
la Facilité
pour la réduction de la pauvreté et la reprise de la
croissance. C’est dans ce contexte que nous négocierons
le traitement de la dette extérieure qui s’élève à 497
milliards de F CFA en 2001, soit 105% du PIB avec un
ratio de services dépassant 50% des recettes fiscales.
Il faudra par ailleurs mettre en œuvre un plan
d’apurement de la dette intérieure qui avoisine 280
milliards de FCFA, non compris les arriérés de salaires,
de pensions et de bourses.
Chers compatriotes,
Le changement, c’est la
réalisation des objectifs majeurs que nous venons de
mentionner c’est également la promotion de nouvelles
institutions et structures d’appui ainsi que de
comportements qui favorisent le développement économique
et social.
Ce changement, nous le voulons
profond en rupture avec l’ordre actuel car il doit agir
en profondeur et donner du sang neuf à la politique
économique et sociale de notre pays pour la corriger
durablement et lui insuffler une nouvelle dynamique.
Ce changement, nous le voulons
libéral parce qu’il doit susciter une adhésion libre à
l’initiative privée tant individuelle que collective sur
la base de l’esprit d’entreprise. A cet égard, l’UFC
veillera à ce que des dispositions législatives
favorables à l’entreprise privée soient adoptées avec
des instruments de régulation du marché, que la
privatisation des entreprises publiques se fasse dans
des conditions régulières de concurrence et de
transparence, et que l’Etat aide à la mobilisation de
fonds de démarrage d’entreprises nationales appartenant
à des Togolais dans les secteurs de production.
Ce changement, nous le voulons
social dans un concept nouveau de partenariat entre
trois acteurs du développement: l’Etat qui agit pour
tous les citoyens sans discrimination, le secteur privé
obéissant aux lois du marché et de la libre entreprise,
et la société civile animée par la devise « action
privée pour le bien public». Cette nouvelle approche
donnera à notre pays une grande impulsion à la
croissance économique, une dynamique sociale et
consolidera la démocratie.
Ce changement, nous le voulons
participatif par une politique de décentralisation.
Celle-ci remonte à la volonté de nos populations
exprimée depuis la victoire historique du 27 avril 1958,
de rapprocher l’administration des administrés en
s’efforçant d’adapter les objectifs aux moyens
disponibles. Les structures d’une administration locale
sont en place dans notre pays. Il s’agira pour nous d’en
corriger les anomalies et de donner effectivement les
pouvoirs aux assemblées locales élues pour remplir leurs
obligations en matière de services communaux, ruraux et
sociaux.
Ce changement, nous le voulons
rigoureux par la pratique d’une politique de stabilité
macroéconomique et de contrôle des dépenses
budgétaires; par la redistribution des ressources pour
faire face aux exigences du développement humain; par la
révision, la réduction ou la suppression de dépenses de
prestige et celles affectées aux mesures répressives
attentatoires aux droits humains fondamentaux.
Ce changement, nous le voulons
républicain et dans la sécurité par l’institution d’une
armée au service de tous. A cet effet, nous engagerons
des réformes afin de réaffirmer le rôle de l’armée dans
la société comme un corps professionnel chargé de la
défense de l’intégrité territoriale et de protection des
citoyens sans entrave à leurs droits fondamentaux et à
l’alternance politique.
Ce changement, nous le voulons
moderne et juste par la création dans l’administration
et les services publics des conditions requises en
termes de sélection d’un personnel idoine et compétent
et de rémunération juste et régulière afin de promouvoir
la bonne gouvernance et de combattre la corruption. Car
la croissance et le développement économique et social
ainsi que le respect des droits de l’homme qui sont nos
objectifs prioritaires ne peuvent être réalisés sans un
comportement responsable et citoyen:
Chers compatriotes,
Les élections législatives
préconisées par l’APG ont une importance capitale dans
la vie politique de notre pays. L’opinion et l’action de
chaque Togolaise et de chaque Togolais sont à cet égard
déterminantes, tant pour exprimer les choix que pour les
faire respecter et les faire traduire dans des actes
démocratiques et de paix durable.
Par votre adhésion au
programme de l’UFC et votre vote franc et massif en
faveur de ses candidats, disons fermement que nous
voulons en finir définitivement avec le régime
d’arbitraire afin de rebâtir un Togo nouveau où règnera
l’Etat de droit, où notre dignité sera restaurée, où nos
libertés seront respectées, où notre sécurité sera
garantie, où l’espoir d’un meilleur avenir stimulera
chaque citoyen pour œuvrer à la réalisation du
bien-être, de la prospérité et du progrès de tous.
La victoire est à portée de
main, saisissons-la.
Ablodé! |