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30 Nov 2007

Alain Nococo

L’UE a officiellement notifié hier au président de la République la reprise totale de sa coopération avec le Togo
C’est le Représentant de l’UE au Togo avec résidence à Accra  Filiberto Sebregondi qui a remis cette lettre au président au cours d’une audience au palais de la présidence à Lomé. Lecture !

Monsieur le Président,

L’Union européenne attache une grande importance aux dispositions de l’article 9 de l’accord de Cotonou. Le respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’Etat de droit, sur lesquels se fonde le partenariat ACP-UE, constituent des éléments essentiels dudit accord et, par conséquent, le fondement de nos relations. Dans ce cadre, la tenue des élections législatives le 14 octobre 2007, élections qui ont vu une participation massive des votants et se sont déroulées dans le calme et dans des conditions globalement satisfaisantes, constitue une étape importante du processus de démocratisation togolais.

Il s’agit d’une étape qui ouvre une nouvelle période dans nos relations. L’Union Européenne a considéré en 2004 que la situation politique au Togo constituait une violation de ces éléments essentiels et a ouvert en avril 2004, à la demande du gouvernement togolais, des consultations au titre de l’article 96 de l’Accord, dans le cadre desquelles le gouvernement a pris 22 engagements.

Ces consultations ont donné lieu à des conclusions qui ont été communiquées au Chef du gouvernement dans une précédente correspondance du 15 novembre 2004. Une nouvelle correspondance a été adressée au Chef du gouvernement le 13 novembre 2006 signifiant une prolongation de la période de suivi et, compte tenu des progrès enregistrés, une substantielle réduction des mesures appropriées et prévoyant une période de suivi qui s’achève au 15 novembre 2007.

Pendant cette période un dialogue politique renforcé a pu avoir lieu, illustré entre autres par la tenue de missions de suivi conjointes du Conseil et de la Commission en juillet 2005, mars 2006, octobre 2006 et juin 2007. Le Gouvernement togolais a régulièrement transmis les rapports prévus concernant la mise en œuvre des 22 engagements précités. Le suivi des engagements pris a fait apparaître un important progrès par rapport à la situation fin 2004, suivi par une dégradation de la situation à l’occasion des évènements de 2005 qui ont suivi le décès du Président Eyadema. A partir de juin 2005 une politique d’ouverture a été mise en place et le bilan actuel fait état d’une amélioration considérable et constante de la situation conformément aux dispositions de l’Accord Politique Global de août 2006, ce dont nous tenons à féliciter les autorités et l’ensemble des acteurs togolais.

Parmi les principales initiatives qui ont été prises au titre de la mise en œuvre des 22 engagements, nous retenons en particulier la tenue d’un véritable dialogue politique inter-togolais qui a permis à l’ensemble des parties d’aborder l’ensemble des points de litige dans le cadre d’un ordre du jour ouvert. Ce dialogue, pour lequel la Présidence de la CEDEAO a joué le rôle important de facilitateur, a donné lieu à la signature de l’accord politique précité par l’ensemble des participants le 20 août 2006. Le texte signé a l’ambition de fonder les bases d’une réconciliation nationale durable et va au-delà des engagements pris vis-à-vis de l’Union européenne.

Il ne fait pas de doute que l’ensemble des actions entreprises dans ce cadre va contribuer à la restauration de la démocratie et au respect des droits de l’homme dans le respect des engagements pris.

Mesurant le chemin parcouru et suite au déroulement positif des élections législatives du 14 octobre dernier, jugées globalement satisfaisantes par les missions d’observation déployées par l’Union européenne et plusieurs organisations internationales dont les résultats ont été acceptés par toutes les parties, l’Union européenne a décidé de lever définitivement les mesures appropriées et d’abroger la décision 2004/793/CE portant conclusion de la procédure de consultation avec la République Togolaise au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou.

Dans ce contexte renouvelé de confiance entre l’Union Européenne et le Togo, nous souhaitons la poursuite d’un dialogue politique approfondi sur des sujets à identifier conjointement, et notamment sur les sujets suivants:

- la consolidation des avancées faites dans le processus démocratique, qui devront être confirmées à l’occasion des prochaines échéances électorales y compris la mise en place d’un système équilibré d’accès aux fonds publics pour le financement des partis politiques, tel que prévu par le paragraphe 1.2.12 de l’Accord Politique Global et le suivi des recommandations des missions d’observation électorale en matière d’adaptation du code électoral;

- la poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles répertoriées dans l’Accord Politique Global, y compris le processus de décentralisation et l’organisation d’élections locales;

- le traitement de la question de la lutte contre l’impunité, notamment à travers la création d’organes adéquats pour favoriser la réconciliation nationale, tel que prévu par les paragraphes 2.2 et 2.4 de l’Accord Politique Global, et les garanties pour le respect des droits de l’homme y compris la poursuite judiciaire des violations telles qu’elles ressortent des engagements 2-1 et 2-6 de la liste des 22 engagements approuvée en novembre 2004.

Afin d’appuyer le processus de réformes en cours et en garder la dynamique positive, l’Union encourage la poursuite du dialogue entre la Commission européenne et les autorités togolaises dans le cadre de l’exercice de programmation du 10ème Fonds européen de développement.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

  Bruxelles le 26 novembre 2007
Ont signé :
Pour la Commission
M. Louis Michel
Pour le Conseil
M. Pinho

 
 
 
 
 
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