Gilbert Bawara, bonjour ! Qui sera Premier ministre
dans quelques jours ?
Non, je suis étonné par votre question. Si vous pouviez
plutôt me demander, à l’issue des élections
législatives, qu’est-ce que nous avons comme intention
en terme de priorités, en terme de vision ; comment nous
attendons régler les problèmes quotidiens des Togolais,
je pense que c’est la vraie question qui vaille la peine
d’être posée aujourd’hui ; c’est la vraie question que
les Togolais se posent.
Comme le Président lui-même l’a indiqué dans son adresse
à la Nation, il y a tellement de préoccupations et les
Togolais attendent des gouvernants qu’ils résolvent
leurs problèmes.
Donc, ce qui nous préoccupe aujourd’hui au sein du RPT,
c’est de savoir comment mobiliser toutes les énergies de
la République pour faire face aux difficultés
quotidiennes des Togolais.
Ah bon ! Alors que cette primature, beaucoup sont
intéressés, ça se bouscule.
C’est légitime, on est des êtres humains. Il y a des
gens qui peuvent avoir des ambitions. A la rigueur, le
problème du Premier ministre ne pourrait se poser que
après qu’on aura trouvé des réponses sur quelles sont
les priorités de l’heure. C’est en fonction de la
mission que le Président entend confier au Chef du
gouvernement que on définira le profil du Premier
ministre. Le Premier ministre ne doit pas être nommé et
ensuite on va lui confier les tâches, c’est au
contraire ; la nature, l’ampleur des difficultés qui
nous attendent, la manière dont nous voulons les
aborder, c’est ça qui doit conduire à la détermination
du profil du bon Premier ministre en fonction des
problèmes à résoudre.
Donc, c’est le Président de
la République et son parti qui vont confier la mission
au Premier ministre ?
Non, je vous dis, tous les Togolais peuvent légitimement
prétendre à la primature, tous les Togolais en fonction
de la mission que le Président entend confier à ce
premier ministre. Donc, il faut d’abord s’accorder sur
les priorités pour
la Nation. Les Togolais ont adhéré à la vision défendue
par le Président de la République ; maintenant, il
s’agit, en fonction de cette vision là, des priorités
que nous avons afin de résoudre les problèmes concrets
des Togolais. Si vous demandez lequel des Togolaises,
lequel des Togolais aurait le profil indiqué pour
travailler dans un esprit d’harmonie et de cohésion avec
le Président de la République pour régler ces problèmes.
Vous savez, il y a à mon sens deux éléments qui
pouvaient être déterminants : le 1er élément,
le président a déjà indiqué qu’il va poursuivre avec la
politique d’apaisement et d’ouverture ; apaisement, ça
signifie maintenir la main tendue envers tous les
Togolais, envers toutes les bonnes volontés qui désirent
contribuer au redressement national. Ça c’est le 1er
souci, mais ce souci-là doit être mis en corrélation
avec la nécessité de maintenir la cohésion et l’harmonie
à la tête de l’Etat. Donc, si ces deux impératifs
ajoutés au 3e qui est la nature des priorités
et de la mission qui seront assignées au Premier
ministre, c’est ça qui doit déterminer la nomination du
premier ministre. On ne doit pas chercher à désigner une
Togolaise ou un Togolais et ensuite s’assurer que cette
personne va correspondre à ces impératifs là que je
viens d’énumérer.
Et si je vous comprends bien, on s’éloigne de plus en
plus d’un premier ministre issu du principal parti
d’opposition, l’UFC ?
Non, le problème ne
se
pose pas en ce sens là. Si l’UFC,
qui pendant toute la campagne, a estimé que s’il gagnait
il gouvernerait tout seul, si demain l’UFc rallie la
vision, le projet de société du Président de
la République, si demain l’UFC se reconnaît dans la
vision incarnée par le Président de la République et les
priorités qu’il entend assigner au premier ministre, si
l’UFC indique qu’ils sont dans l’optique de travailler
dans la cohésion, l’harmonie avec le président de la
République ; donc s’il y a cette adéquation entre ce
que les Togolais attendent d’un premier ministre qui
doit travailler en harmonie et dans la cohésion avec le
président de la République ; si un premier ministre qui
doit naturellement exécuter la vision et le projet que
le RPT a défendu pendant la campagne électorale, le
problème ne se poserait pas. Mais, il y a d’autres
Togolais dans d’autres partis politiques, il y a
d’autres Togolaises et d’autres Togolais qui ne sont pas
membres des partis politiques qui pouvaient également
correspondre au profil indiqué pour travailler dans la
cohésion et l’harmonie avec le président de la
République et surtout en fonction des priorités et de la
vision du Président de la République tel qu’il a été
décliné et défendu par nos militants lors de la campagne
électorale.
Et dans ce schéma là, quel que soit le premier
ministre qui viendrait de l’opposition, il va plus vous
poser des problèmes. Un premier ministre pur RPT, le
problème n’est pas réglé ?
Mais, le RPT c’est un grand parti qui regorge
de
beaucoup
de talents,
de
beaucoup de compétences. S’il s’avérait que,
au sein du parti, il y a une capacité qui peut
travailler dans le sens que j’ai indiqué tout à l’heure,
ce qui est d’ailleurs tout à fait naturel parce qu’il y
a une homogénéité entre le projet du parti et le projet
du président de
la République, il ne se pose pas de problème. Moi, je
pense qu’il faut sortir de cette logique partisane et
faire en sorte que tout Togolais quelle que soit son
appartenance politique, quelles que soient ses
convictions, s’il a les capacités, s’il a l’expérience,
le profil pour servir son pays à un poste donné, il faut
lui donner la possibilité d’assumer cette responsabilité
là sans se replier sur des considérations uniquement
partisanes.
Merci Gilbert Bawara
Merci !
Transcription Alain N. |