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Le climat
malsain qui règne au sein de l’Ordre National des
Architectes du Togo (ONAT) depuis plusieurs mois déjà,
est loin de connaître une fin ; ceci malgré l’arbitrage
de la Justice togolaise. La Commission ad hoc mise sur
pied par l’Assemblée générale extraordinaire
« contestée » du 26 juillet dernier qui a mis en
veilleuse le Conseil Supérieur de l’Ordre (CSO), et le
reliquat du bureau de l’Ordre se livrent une guerre sans
précédent ; chaque partie présentant des arguments aussi
divers que paradoxal.
« Cette crise est délibérément dramatisée par certains
confrères soucieux de défendre leurs intérêts privés au
détriment de l’Ordre et de la profession », souligne le
premier président de l’Ordre, Hilaire Messan Locoh-Donou
qui a offert, depuis vingt ans, gracieusement une
hospitalité au bureau de l’Ordre dans son immeuble AUBA.
« Comment peut-on comprendre que Afoda et Doumashie
(respectivement président et secrétaire général du CSO
mis en cause dans cette affaire) qui ont été aussi
sérieux et dévoués pendant trois (03) ans pour la cause
de l’ONAT, peuvent-ils devenir soudain l’objet d’attaque
de leur admirateur d’hier ? », s’interroge M
Locoh-Donou, qui estime que « les causes de ce mauvais
jugement sont à chercher ailleurs dans les raisons de
conflits d’intérêts ». Pour rassurer les uns et les
autres, le « bienfaiteur de l’Ordre » confie que
« l’audit de la gestion du CSO pour la clarté des
comptes de l’Ordre qui sont à la base de cette crise, ne
saurait tarder. Et en cas de malversation, la sanction
prévue par les textes régissant l’Ordre, pourrait
suivre ».
Nous vous proposons de suivre ici les deux parties qui
ont bien voulu se confier à la presse.
La vérité de la Commission ad
hoc
Selon les premiers
responsables de la commission mise sur pied pour tenter
der trouver une solution à la crise, les divers
problèmes qui ont miné le Conseil Supérieur de l’Ordre
(CSO) depuis sa réélection, ont progressivement affecté
« la confiance et l’atmosphère de travail au sein de
l’Ordre ». A l’origine de ce différend, indiquent-ils,
« une accusation portée par le président contre le
trésorier l’accusant d’avoir fait disparaître 1.400.000
FCFA des comptes de l’ONAT ».
Face à cette atmosphère de suspicion, le président,
Afoda-Sébou Da-Blaise et le secrétaire général,
Doumashie Antoine, auraient fait siennes les
prérogatives du trésorier, Occansey Kokou, provoquant
ainsi l’indignation des autres membres de l’Ordre. Cette
situation est, selon la commission, en violation de
l’article 13 du Règlement Intérieur de l’Ordre qui
stipule que « le CSO ne peut délibérer qu’en présence
d’au moins trois de ses membres ». Jusqu’à ce jour,
le bras de fer entre la commission ad hoc et le reliquat
du SCO -président et secrétaire- persiste.
« Face à l’incapacité de
fonctionnement correct du CSO, au refus du Président de
convoquer une Assemblée générale pour rendre compte de
sa gestion, face au refus du Président et du Secrétaire
général d’être auditionnés par la Commission ad hoc mise
en place par l’AGE (assemblée générale extraordinaire),
l’AGE a retiré sa confiance à tout le CSO et demandé à
la Commission ad hoc d’en informer les autorités de
tutelle et de régler les affaires courantes »,
a déclaré le président de la commission, M.
Akpoto-Kougblénou Richard, qui confie que de nouvelles
élections pour mettre en place un « CSO cohérent »,
vont permettre de mettre de l’ordre dans la famille des
architectes du Togo.
A propos de sa radiation de l’Ordre, M.
Akpoto-Kougblénou indique que, si sanction il devait y
avoir, celle-ci ne peut intervenir qu’après une
procédure en dix étapes ; et « n’est donc pas, selon
lui, une plaisanterie à brandir dans les journaux».
Le président de l’Ordre
monte au créneau
Le président de l’Ordre, M.
Afoda-Sébou Da-Blèce parait quant à lui serein par
rapport au « montage grotesque d’une certaine
catégorie d’architectes qui font des bras et des mains
pour faire perdurer l’anarchie au sein de l’ONAT et
préserver ainsi leurs intérêts personnels ».
Selon lui, l’ONAT est une institution de l’Etat qui
s’occupe du développement architectural du pays.
Malheureusement cette institution depuis sa création,
est sans actions concrètes ; en témoigne le déficit
architectural auquel fait face les villes du Togo,
surtout la capitale, Lomé. C’est ainsi que depuis
quelques années, confie M. Afoda, des efforts du CSO ont
permis à l’ONAT de s’imposer, obligeant l’Etat à
concéder un réaménagement architectural du pays. Aussi,
le Permis de construire, bien qu’existant depuis
plusieurs décennies, est désormais un des éléments
importants entrant dans le dossier permettant à
quiconque d’avoir un logement adéquat.
« Toute action bancaire est
subordonnée par deux signatures : les signatures du
président et du trésorier. J’ai été surpris de constater
que mon trésorier avait fait une transaction (transfert
de 1,4 million du compte de l’Ordre à un compte courant)
sans mon aval. Et jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucune
explication ne m’a été donnée par le trésorier qui finit
par se retrouver dans le camp de la « rébellion ».
Le CSO ne roule que sur les cotisations des membres de
l’Ordre. Et à ce jour aucun des architectes se réclamant
de la « rébellion » n’est en règle avec la trésorerie de
l’Ordre et, la plupart n’ont pas de carte
professionnelle. Quoi de plus normal alors que de telles
personnes diabolisent celui qui les talonne tout le
temps afin qu’ils se conforment au Règlement Intérieur
de l’Ordre », a confié M
Afoda au sujet du prétendu détournement de fonds.
Quant à la prétendue commission ad hoc, M. Afoda
souligne qu’elle est une initiative illégale donc
« n’existe pas », puisqu’elle est née d’une Assemblée
générale extraordinaire qui ne respecte pas les textes
de lois en la matière, notamment être convoquée quinze
jours plus tôt par le président ou le secrétaire général
de l’Ordre, ou simplement qu’elle soit provoquée par une
pétition au quorum des deux tiers des membres de l’Ordre
estimés à une centaine. Le président de l’Ordre est
soutenu dans cette position par la Justine togolaise qui
a tranchée le 21 août dernier en annulant toute la
procédure entamée par ladite commission dans sa
tentative de résolution de la crise pour vice de
procédure.
M. Afoda explique la désunion des autres membres du CSO
par des griefs notifiés contre eux. Il souligne par
exemple qu’il est inadmissible que des architectes
puissent négocier des marchés gré à gré, comme l’a si
bien fait Jean-Pierre Tahr, commissaire aux activités du
CSO, avec la direction générale du Fonds d’Entretien
Routier (FER). Et pour cause, ces réalisations ne
pourront être enregistrées à l’Ordre car ayant été
faites en clandestinité comme beaucoup d’autres grands
édifices.
Le président de l’Ordre n’a pas hésité à dénoncer le
fait que l’ancien président Akpoto-Kougblénou Richard
continue d’être illégalement membre du conseil
d’administration du Centre de Logement de Cacaveli,
alors que ce poste réservé au président de l’Ordre en
activité. Et comme par hasard, poursuit M Afoda, c’est
le même Akpoto-Kougblénou qui se trouve être le
président de ladite commission ad hoc qui doit faire
l’audit des comptes de l’Ordre. Ce dernier pourra-t-il
se départir de sa haine viscérale contre le sieur
Afoda-Sébou et faire l’audit en toute impartialité ?
Autant d’éléments qui, aux yeux de M. Afoda, prouvent la
mauvaise foi du camp à Akpoto-Kougblénou.
Pour l’heure, le reliquat du bureau de l’Ordre
constitué du président et du Secrétaire général,
poursuit son mandat. Ce bureau a le soutien de la
majorité silencieuse et du premier président de l’Ordre,
M Locoh-Donou Hilaire, qui d’ailleurs a tenté une
première médiation qui a été malheureusement non
concluante. Aussi, l’arbitrage de la Justice togolaise
qui est favorable au bureau du CSO, n’est pas
négligeable. Pour ce qui est du bilan du CSO, il
faut attendre, selon M Afoda, l’Assemblée générale
prévue pour fin novembre prochain pour parler d’un
quelconque bilan.
Attendons donc les prochaines semaines pour voir se
dénouer définitivement cette crise qui ne cesse de jeter
du discrédit sur le métier des professionnels de
l’habitat.
Guillaume
B. |