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Après un suspens qui aurait duré trois jours, les résultats
provisoires des élections législatives anticipées du 14
octobre dernier au Togo sont maintenant connus. Au
lendemain de la proclamation des résultats provisoires
par la CENI, un tour dans la capitale nous a permis de
nous faire une opinion de ce que pensent les Togolais à
propos de ces résultats.
A Bè, un quartier populaire à l’Est de la capitale,
l’atmosphère juste au lendemain de la proclamation, est
plutôt morose. C’est la déception, et les populations de
ce quartier se rétractent dans un mutisme qui ne dit pas
son nom. Elles n’entendent pas se laisser faire ; mais
comment ? Personne ne veut le dire.
Au
siège de l’UFC, on s’active pour battre pavé, et
réclamer le « recompte des bulletins injustement
annulés ». Les conducteurs de taxi moto mobilisés
pour la marche de protestation du jeudi 18 octobre
dernier, très révoltés s’explosent : « il est
inadmissible que le RPT s’obstine à ne pas reconnaître
que l’UFC est le parti le plus populaire ».
« Nous sommes fatigués, nous sommes déçus et nous ne
savons pas ce que sont venus faire les observateurs de
l’Union Européenne qui semblent être achetés par le
pouvoir en place », fulmine un jeune tout de jaune vêtu,
rencontré au siège de l’UFC juste avant la manifestation
qui d’ailleurs sera interdite par le ministre de la
sécurité.
Même son de cloche au centre ville ; mais là, les gens
prennent leur mal en patience et espèrent que les
requêtes introduites à
la Cour Constitutionnelle,
aboutiront. Pour Koami, vendeur de friperie, « le
remaniement opéré au sein de cette institution, permet
d’espérer un traitement impartial des dossiers
introduits», mais ajoute qu’«il faut rester
vigilent ».
Au
quartier Tokoin Cica Toyota, les avis sont partagés. «La
machine à fraude du RPT a une fois encore fait
ses preuves », remarque un tenancier de cafétéria,
mine grise, alors qu’Akouavi, la quarantaine, installée
devant son étalage, estime que « ces élections
appartiennent au passé, et il faut déjà penser à
comment faire sortir le pays de cette misère ».
A Adéwi, c’est plutôt une ambiance populaire à allure
d’une fête. Dans les bars pleins à craquer, hommes,
femmes, tout âge confondu, visiblement des militants et
sympathisants du RPT se perdent dans les bouteilles ,
certainement pour fêter ce que Afiwa a appelé une
« démonstration magistrale du RPT ». Pour ces
derniers, « ces élections sont la preuve que le RPT
est le plus grand parti et le mieux implanté au Togo. »
Somme toute, la capitale togolaise vit au rythme de
deux vitesses. D’un côté, la tension qui monte dans les
rangs des militants de l’UFC qui se préparent pour un
meeting samedi prochain à la place Anani Santos à Lomé.
De l’autre, les militants et sympathisants du RPT qui
jubilent et préparent une grande fête dans les prochains
jours dès la proclamation définitive des résultats par
la cour constitutionnelle.
Et dans cette atmosphère, les forces de la FOSEL
déployées dans les coins névralgiques de la ville
veillent au grain pour éviter tout débordement.
Alain & Bawéla
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