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Il est presque
huit heures et déjà, l’Ecole Primaire Publique (EPP)
Camp Gal Gnassingbé Eyadema à Lomé requis pour être le
centre de vote du Camp Gal Eyadema, grouille de
militaires. Tous les hommes en uniforme, pour la plupart
des bérets rouge, vert, bleu, des éléments des sapeurs
pompiers, et de la Police nationale forment de longues
queues, attendant leur tour pour exercer leur droit de
vote. Au total dix sept bureaux de vote ont ouvert leurs
portes pour plus d’un millier d’hommes en uniforme.
Il y règne une
ambiance bon enfant et certains peuvent même se permette
des gorgées de «tchoucoutou», une boisson locale,
juste à l’entrée de ladite école. Des éclats de rire par
ici, des accolades par là (…) l’on sent cet air détendu
dont fait preuve cette catégorie de citoyens qui ont été
la pomme de discorde en matière électorale au Togo.
« Tout va
bien !», déclare tout
souriant Gatoglo Kodjo, un fonctionnaire de la Police
qui vote pour la première fois sous cette uniforme,
l’index gauche imbibé d’une encre indélébile bleue. Même
son de cloche pour l’officier de Police Afan qui se
réjouit d’avoir accompli son devoir civique et du bon
déroulement de l’opération.
«J’ai
exercé mon droit de vote, mais je n’ai pas pu faire de
même pour la procuration que j’ai en ma possession.»,
se lamente le soldat de 1ère classe Ayité,
faute d’avoir retrouvé le nom que porte cette
procuration sur la même liste que lui. Ce soldat de la
garde présidentielle se lance dans une recherche
effrénée de ce fameux nom sur les autres listes, mais
peine perdue…
A côté, sous
un grand baobab, des agents de la Croix Rouge sont prêts
à intervenir en cas d’une urgence relevant de leur
ressort.
Si tout se
déroule bien du côté du camp Gal Gnassingbé Eyadema, tel
n’est pas le cas au camp de la Gendarmerie nationale.
Après un léger retard accusé dans le démarrage des
opérations de vote, c’est malheureusement aux alentours
de dix heures que certains des cinq bureaux de votes ont
arrêté les opérations. Principale raison évoquée par les
premiers responsables de ces centres, « le stock des
timbres servant à l’authentification sur place des
bulletins de vote est épuisé et on attend qu’on nous les
apporte.», a indiqué un des présidents des bureaux
de vote. Face à cette situation, la joie qui animait ces
éléments de la Gendarmerie dans les rangs sous le soleil
ardent, fait place à des susurrements. Mais les agents
arborant les chasubles de la CENI se disent rassurants.
Pas pour autant, ce manquement ne saurait avoir
d’incidence sur le déroulement de toute l’opération
puisque les effectifs qui attendent encore, ne sont pas
très importants, soulignent-ils tout souriant.
Aux dernières
nouvelles, il s’agirait d’une épidémie qui aurait gagné
presque la majorité des bureaux de vote des deux centres
de vote. Peu avant dix sept heures, un tour dans la
plupart de ces bureaux de vote révèle que ce problème
s’était étendu à tous les bureaux de vote. Face à cette
situation l’ordre a été donné par la CENI de mentionner
sur les procès verbaux le nombre de bulletins utilisés
avec timbre d’authentification, et de continuer
l’opération sans celles-ci. L’attente aurait duré
environ deux heures.
Comme on peut
le remarquer, ce vote par anticipation connaît des hauts
et des bas ; mais globalement les opérations se sont
déroulées dans une atmosphère conviviale sans problèmes
majeurs. La seule fausse note reste ce manque cruel de
timbres d’authentification. Aussi, les agents des
bureaux de vote se plaignent du fait que le vote par
procuration ne soit pas encore un acquis pour
l’électorat.
Bawéla |