AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
 

ARCHIVES

Editorial de Samuel Batchati

4 Oct 2007

Kpatcha Gnassingbé cache mal son jeu : la présidence de la République est encore loin !
« Je suis Kpatcha Gnassingbé votre futur député, prêt à faire tout ce qui est humainement possible pour redynamiser la ville de Kara et toute la Kozah. (…). Je ne ménagerai aucun effort à la recherche des solutions propres aux problèmes de notre ville et préfecture que je connais bien pour y avoir passé mon enfance. Avec le concours de tous nous ferons de Kara une ville coquette. Kara la coquette ! Mes principaux domaines d’action seront : le secteur agricole, les infrastructures, le chômage, l’éducation … » Point barre.

Oubliée la santé. Ce n’est pas un oubli c’est une tare héréditaire.

Visiblement  le candidat du RPT vient de découvrir que la ville de Kara n’est pas coquette. Le poste de candidat à la députation semble lui avoir dessillé les yeux, la raison aussi  et lui avoir donné des attributs humains; aussi se promet-il de s’armer de serpillière pour rendre clean cette ville souillonne. Merci,  ce n’est pas trop tôt. Si depuis toutes ces années qu’il a accompagné son défunt père, si depuis, Kpatcha Gnassingbé ne s’est pas rendu compte de l’immense chantier que représentait cette ville dépotoir, il ment ou il ment. 

Toutefois entre les promesses électoralistes et la réalisation de celles-ci le pas est abyssal.  Alors les électeurs écoutent, se frottent les mains et attendent. Les prêchi-prêcha précédents avaient la même texture, distillaient les mêmes chimères et depuis, Kara est restée la ville abjecte aux rues impraticables aux nombreux quartiers privés d’eau et d’électricité. Nul besoin de dessins figuratifs pour faire voir cette laideur de la ville. On le dit généreux, ce Kpatcha, mais s'agit-il peut-être pas d'une générosité électoraliste. Au cours de sa campagne il se propose de donner des ordinateurs à l’Université de Kara, à deux lycées, de donner des vivres et fournitures scolaires au Village d’Enfants SOS Kara, des vivres à la mosquée. Pour cette campagne il a offert des points d’eau au quartier Tomdè. «Et si chaque jour pouvait être jour de campagne, ce serait beau,» s’est exclamé un habitant mardi 2 octobre lors de l’inauguration desdits points d’eau à Tomdè !

On le dit né un 6 septembre en 1970 à Lomé. Lycée de Kara puis le lycée technique de Lomé et en Franceil obtient un baccalauréat économique. Des études  supérieures à la Southeasten University of London sanctionnées par un Bachelor of Science, option Business Administration. Fonctionnaire à ECOBANK INTERNATIONAL à Lagos au Nigeria, directeur de la SAZOF, Société d’Administration de la Zone Franche, ministre délégué chargé de la Défense et des Anciens Combattants depuis juin 2005, ministre plein depuis le dernier gouvernement issu de "l’accord politique général" en septembre 2006. L’homme par-dessus tout est fils de feu président Gnassingbé Eyadema, président du Togo de 1967 à Février 2005. Aujourd’hui il brigue la députation. 

L’homme  n’a en fait rien d’un tribun, n’a aucun charisme politique. Il est politiquement déteint, n’a aucune fougue il est falot dans le sens moderne du mot, terne ; il manque de pugnacité. Il est évident à tous ses meetings que le débonnaire des campagnes législatives n’a aucun projet pour la ville de Kara, même s’il se dit ouvrier d’une Kara moderne.

L’ambition est jetée plus loin, au-delà du fauteuil de l’honorabilité parlementaire. Il veut être député parce qu’au parlement il y a la présidence et la constitution prévoit qu’en cas de vacance de la présidence de la république c’est le président de l’Assemblée qui assure l’intérim. La voie pour le fauteuil présidentiel qu’il dispute à longueur de journée à son demi-frère Faure, est toute tracée pour Kpatcha Gnassingbé. Mais la grosse inconnue est comment se prendra-t-il pour y accéder ? Montera-t-il un coup d’Etat pendant un voyage de Faure ou tentera-t-il de le trucider pendant son sommeil, puisqu'il a la défense dans sa poche. Impertinent ministre de la défense qui malgré le refus du président de la république Faure Gnassingbé de continuer à célébrer le 23 septembre, en souvenir du 23 septembre 1986 où eut lieu "l'attaque terroriste" attrobuée depuis toujours à Gilchrist Olympiio. Si quelqu'un en doutait, il faudrait rappeler que Kpatcha Gnassingbé demeure indubitablement la première et unique menace au pouvoir de Faure Gnassingbé.

Kpatcha au strapontin parlementaire, ce sera une guerre déclarée entre Faure et Lui. On n’y est pas encore. Il va falloir se faire élire d’abord par le peuple le 14 octobre prochain, ensuite se faire élire comme président de l’Assemblée, alors s’ouvrira la boite de Pandore. Comme quoi les Togolais ne sont pas prêts de sortir de l’auberge. Gnassingbé one day, Gnassingbé for ever.

Malchance ! 

 

 
 
 
 
Job.com
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved