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Visiblement
le candidat du RPT vient de découvrir que la ville de
Kara n’est pas coquette. Le poste de candidat à la
députation semble lui avoir dessillé les yeux, la raison
aussi et lui avoir donné des attributs humains; aussi
se promet-il de s’armer de serpillière pour rendre clean
cette ville souillonne. Merci,
ce n’est pas trop tôt. Si depuis toutes ces années
qu’il a accompagné son défunt père, si depuis,
Kpatcha Gnassingbé ne s’est pas rendu compte de
l’immense chantier que représentait cette ville
dépotoir, il ment ou il ment.
Toutefois
entre les promesses électoralistes et la réalisation de
celles-ci le pas est abyssal. Alors
les électeurs écoutent, se frottent les mains et
attendent. Les prêchi-prêcha précédents avaient la même
texture, distillaient les mêmes
chimères et depuis, Kara est
restée la ville abjecte aux rues impraticables aux
nombreux quartiers privés d’eau et d’électricité. Nul
besoin de dessins figuratifs pour faire voir cette
laideur de la ville. On le dit généreux, ce
Kpatcha, mais s'agit-il peut-être
pas d'une générosité électoraliste. Au
cours de sa campagne il se propose de donner des
ordinateurs à l’Université de Kara, à deux lycées, de
donner des vivres et fournitures scolaires au Village
d’Enfants SOS Kara, des vivres à la mosquée. Pour cette
campagne il a offert des points d’eau au quartier Tomdè.
«Et si chaque jour pouvait
être jour de campagne, ce serait beau,»
s’est exclamé un habitant mardi 2 octobre lors de
l’inauguration desdits points
d’eau à Tomdè !
On le dit né
un 6 septembre en 1970 à Lomé. Lycée de Kara puis le
lycée technique de Lomé et en
France où il obtient un
baccalauréat économique. Des études supérieures à la
Southeasten University of London sanctionnées par un
Bachelor of Science, option
Business Administration. Fonctionnaire à ECOBANK
INTERNATIONAL à Lagos au Nigeria, directeur de la SAZOF,
Société d’Administration de la Zone Franche, ministre
délégué chargé de la Défense et des Anciens Combattants
depuis juin 2005, ministre plein
depuis le dernier gouvernement issu de "l’accord
politique général" en septembre
2006. L’homme par-dessus tout est fils de feu président
Gnassingbé Eyadema, président du Togo de 1967 à Février
2005. Aujourd’hui il brigue la députation.
L’homme n’a
en fait rien d’un tribun, n’a aucun charisme politique.
Il est politiquement déteint, n’a
aucune fougue il est falot dans le sens moderne du mot,
terne ; il manque de pugnacité. Il est évident à tous
ses meetings que le débonnaire des campagnes
législatives n’a aucun projet pour la ville de Kara,
même s’il se dit ouvrier d’une Kara moderne.
L’ambition est
jetée plus loin, au-delà du fauteuil de l’honorabilité
parlementaire. Il veut être député parce qu’au parlement
il y a la présidence et la constitution prévoit qu’en
cas de vacance de la présidence de la république c’est
le président de l’Assemblée qui assure l’intérim. La
voie pour le fauteuil présidentiel qu’il dispute à
longueur de journée à son demi-frère Faure, est toute
tracée pour Kpatcha Gnassingbé. Mais la grosse inconnue
est comment se prendra-t-il pour y accéder ?
Montera-t-il un coup d’Etat pendant un voyage de Faure
ou tentera-t-il de le trucider pendant son sommeil,
puisqu'il a la défense dans sa
poche. Impertinent ministre de la défense qui malgré le
refus du président de la république Faure Gnassingbé de
continuer à célébrer le 23 septembre, en souvenir du 23
septembre 1986 où eut lieu "l'attaque
terroriste" attrobuée depuis toujours à Gilchrist
Olympiio. Si quelqu'un en doutait, il faudrait rappeler
que Kpatcha Gnassingbé demeure
indubitablement la première et unique
menace au pouvoir de Faure
Gnassingbé.
Kpatcha au
strapontin parlementaire, ce sera une guerre déclarée
entre Faure et Lui. On n’y est pas encore. Il va falloir
se faire élire d’abord par le peuple le 14 octobre
prochain, ensuite se faire élire comme président de
l’Assemblée, alors s’ouvrira la boite de Pandore. Comme
quoi les Togolais ne sont pas prêts de sortir de
l’auberge. Gnassingbé one day, Gnassingbé for ever.
Malchance !
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