|
Du 29
septembre au 12 octobre 2007 vont se dérouler sur toute
l’étendue du territoire togolais les campagnes pour les
législatives qui ont perdu leur précipité d’anticipées,
effet de l’Accord Politique Global. C’est parti pour
certains, pour la majorité d’ailleurs, sur les chapeaux
de roues, à toute allure.
Le décor est
planté : la Céni, l’organe chargé
d’organiser ces élections doit revendiquer la neutralité,
une neutralité difficilement prouvable lorsque le RPT
tire encore les ficelles des nominations ; 3 500
observateurs nationaux et internationaux qui vont
écarquiller grandement les yeux et traquer la
transparence et la liberté de ces élections ; la Cour
constitutionnelle recomposée selon le point
1.2.9 qui dispose que les
membres sont nommés en veillant à ce que ces
personnalités « répondent aux critères de
professionnalisme, de crédibilité et d’indépendance »,
une Cour constitutionnelle dont tous les membres
jusqu’au chef Gassou Adoboli, sont inféodés au parti au
pouvoir, une cour
qui, il faut s’en souvenir, à la suite
des élections présidentielles de 1998, avait déclaré
qu’elle « préférait l’injustice au désordre »,
une cour enfin dont le président Abdou Assouma, et le
sieur Abdou Salami et Amados Djoko ont été «des
auteurs notoires des coups de force électoraux qui ont
endeuillé notre pays et aggravé la crise sociopolitique,»
selon l'UFC. Des
acteurs de forfaitures inconcevables, ineffables ; la
force de sécurité pour les législatives 2007. Somme
toute le décor planté, restent les jeux des candidats.
La nouveauté, Bruxelles, a envoyé des observateurs,
observateurs que l’Union avait refusé d’envoyer depuis
les frauduleuses élections de 1998.
Pour les plus
illusionnés des Togolais, ces élections qui doivent
prouver « la liberté et la transparence » de leur
organisation et de leur déroulement, sont la panacée
contre le « déficit démocratique » diagnostiqué
par l’Union Européenne depuis le millénaire dernier,
depuis 1993. Ce seront des élections qui semble-t-il,
vont guérir le Togo de sa paupérisation maladive, vont
assurer au Togo une cure irréversible de sa délinquance
financière et économique.
Pourtant, il
ne faut
plus
se leurrer
davantage,
le Togo tout entier est à reconstruire, à rebâtir au
propre et au figuré dans la
mesure où depuis, les indépendances, depuis les années
sombres de la dictature,
ce pays a déglingué. Il suffit de voir la vétusté et la
décrépitude des centres de santé, des bâtiments
scolaires, des bureaux pour comprendre le délabrement
total de ce pays abandonné aux mains fossoyeuses du RPT
depuis bientôt 40 ans. Hélas ! On continue d’en faire
accroire aux crédules qu’après ces élections, la
coopération reprendra, la vie du Togolais va « changer »,
notre pays redeviendra « un havre de paix ».
L’engouement semble
déborder les espérances ; l’emballement est à la
hauteur des espoirs, les espoirs à la taille du
désespoir engendré par la misère quotidienne.
Tous
semblent très confiants pour des élections, qui
apparemment, pour une fois,
"ne seront
pas biaisées, truquées, pipées. 415 listes de candidats
pour 81 sièges soit la moyenne de
cinq
candidats pour un
siège. Charmant ou marrant ? Si certains présidents de
parti sont têtes de liste, il faut signaler qu’il y a
des propositions de candidature qui frisent le ridicule.
Comme le RPT
est passé maître dans l’art de la récompense pour
destruction, violation des droits, sabotage économique
trahison, on en voit
de tout :
violez, mentez, signalez tous les valets locaux, vous
serez récompensés par un poste. Sur cela,
inutile de s’épancher longtemps. On verra donc de gros
calibres disputer un siège avec des petits poucets,
chacun véritablement indifférent du sort du citoyen
lambda, chacun uniquement soucieux, préoccupé de son
fauteuil et honneur de député. Point.
Démarrage d’une
partition qui va se jouer jusqu’au 12 octobre. Le jury,
les électeurs donneront leur verdict le 14 octobre 2007.
Bien malin est celui qui sait lequel des partis en lice
pour les élections aura la majorité. Le Togolais a
ceci de particulier qu’il mange à tous les râteliers
mais réserve sa voix à son frère. On verra bien
des électeurs écumer tous les états majors des partis,
recevoir tricots, affiches, foulards, argent et autres
accessoires pour la campagne, tant que cela sert et seul
dans l’isoloir voter pour un autre candidat. On n’est
donc pas loin d’assister à un vote tribal où les
candidats ne seront élus que suivant leur lieu de
naissance. Y a-t-il mal à cela ? A ce lamentable vote
de faciès risque de se dessiner un autre verdict : le
vote sanction. Les partis qui ont le plus fait mal au
Togolais risquent de payer cher les fautes d’hier.
Le
Togolais a la haine si
dure que
même après
lorsqu’il t'ait
dit
"je
te pardonne,"
nourrit les jours de vengeance. Vote de faciès ou vote
sanction, le Togo aura un parlement qui parle et ment au
peuple, lequel croupira toujours dans une misère
exécrable : que la coopération reprenne ou pas. Ce n’est
pas du pessimisme noir, c’est du réalisme : chat échaudé
craint l’eau froide.
Le contraire serait une surprise agréable! |