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Editorial de Samuel Batchati

2 Oct 2007

Allez, C’est parti pour les législatives au Togo : Un scrutin à l'epreuve de la transparence

Du 29 septembre au 12 octobre 2007 vont se dérouler sur toute l’étendue du territoire togolais les campagnes pour les législatives qui ont perdu leur précipité d’anticipées, effet de l’Accord Politique Global. C’est parti pour certains, pour la majorité d’ailleurs, sur les chapeaux de roues, à toute allure.

Le décor est planté : la Céni, l’organe chargé d’organiser ces élections doit revendiquer la neutralité, une neutralité difficilement prouvable lorsque le RPT tire encore les ficelles des nominations ; 3 500 observateurs nationaux et internationaux qui vont écarquiller grandement les yeux et traquer la transparence et la liberté de ces élections ; la Cour constitutionnelle recomposée selon le point 1.2.9 qui dispose que les membres sont nommés en veillant à ce que ces personnalités « répondent aux critères de professionnalisme, de crédibilité et d’indépendance », une Cour constitutionnelle dont tous les membres jusqu’au chef Gassou Adoboli, sont inféodés au parti au pouvoir, une cour qui, il faut s’en souvenir, à la suite des élections présidentielles de 1998, avait déclaré qu’elle « préférait l’injustice au désordre »,  une cour enfin dont le président Abdou Assouma, et le sieur Abdou Salami et Amados Djoko  ont été «des auteurs notoires des coups de force électoraux qui ont endeuillé notre pays et aggravé la crise sociopolitique,» selon l'UFC. Des acteurs de  forfaitures inconcevables, ineffables ; la force de sécurité pour les législatives 2007. Somme toute le décor planté, restent les jeux des candidats. La nouveauté, Bruxelles, a envoyé des observateurs, observateurs que l’Union avait refusé d’envoyer depuis les frauduleuses élections de 1998.

Pour les  plus illusionnés des Togolais, ces élections qui doivent prouver « la liberté et la transparence » de leur organisation et de leur déroulement, sont la panacée contre le « déficit démocratique » diagnostiqué par l’Union Européenne depuis le millénaire dernier, depuis 1993. Ce seront des élections qui semble-t-il, vont guérir le Togo de sa paupérisation maladive, vont assurer au Togo une cure irréversible de sa délinquance financière et économique.

Pourtant, il
ne faut plus se leurrer davantage, le Togo tout entier est à reconstruire, à rebâtir au propre et au figuré dans la mesure où depuis, les indépendances, depuis les années sombres de la dictature, ce pays a déglingué. Il suffit de voir la vétusté et la décrépitude des centres de santé, des bâtiments scolaires, des bureaux pour comprendre le délabrement total de ce pays abandonné aux mains fossoyeuses du RPT depuis bientôt 40 ans. Hélas ! On continue d’en faire accroire aux crédules qu’après ces élections, la coopération reprendra, la vie du Togolais va « changer », notre pays redeviendra « un havre de paix ».

L’engouement semble déborder les espérances ;  l’emballement est à la hauteur des espoirs, les espoirs à la taille du désespoir engendré par la misère quotidienne. Tous semblent très confiants pour des élections, qui apparemment, pour une fois, "ne seront pas biaisées, truquées, pipées.  415 listes de candidats pour 81 sièges soit la moyenne de cinq candidats pour un siège. Charmant ou marrant ? Si certains présidents de parti sont têtes de liste, il faut signaler qu’il y a des propositions de candidature qui frisent le ridicule. Comme le RPT est passé maître dans l’art de la récompense pour destruction, violation des droits, sabotage économique trahison, on en voit de tout : violez, mentez, signalez tous les valets locaux, vous serez récompensés par un poste. Sur cela, inutile de s’épancher longtemps. On verra donc de gros calibres disputer un siège avec des petits poucets, chacun véritablement indifférent du sort du citoyen lambda, chacun uniquement soucieux, préoccupé de son fauteuil et honneur de député. Point.

Démarrage d’une partition qui va se jouer jusqu’au 12 octobre. Le jury, les électeurs donneront leur verdict le 14 octobre 2007. Bien malin est celui qui sait lequel des partis en lice pour les élections aura la majorité. Le Togolais a ceci de particulier qu’il mange à tous les râteliers mais réserve sa voix à son frère. On verra bien des électeurs écumer tous les états majors des partis, recevoir tricots, affiches, foulards, argent et autres accessoires pour la campagne, tant que cela sert et seul dans l’isoloir voter pour un autre candidat. On n’est donc pas loin d’assister à un vote tribal où les candidats ne seront élus que suivant leur lieu de naissance. Y a-t-il mal à cela ?  A ce lamentable vote de faciès risque de se dessiner un autre verdict : le vote sanction. Les partis qui ont le plus fait mal au Togolais risquent de payer cher les fautes d’hier. Le Togolais a la haine si dure que même après lorsqu’il t'ait dit "je te pardonne," nourrit les jours de vengeance. Vote  de faciès ou vote sanction, le Togo aura un parlement qui parle et ment au peuple, lequel croupira toujours dans une misère exécrable : que la coopération reprenne ou pas. Ce n’est pas du pessimisme noir, c’est du réalisme : chat échaudé craint l’eau froide. Le contraire serait une surprise agréable!

 

 
 
 
 
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