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Officiellement la campagne pour les législatives a
démarré à Kara comme dans la plupart des grandes villes
et préfectures du Togo ce 29 septembre 2007 à minuit.
Depuis deux jours déjà, le
CAR qui a son siège, un
minuscule bureau, non loin des Sœurs Religieuses de la
Providence, affûte
ses armes, a circulé dans un minibus
avec des partisans en rouge tintinnabulant, chantant et
hurlant à tue-tête « votez pour le CAR ». Au Togo
il semble que cela s’appelle la pré campagne. Ce matin
ce sont des groupes à pieds qui sillonnaient la ville,
vêtus de rouge avec des banderoles à l’effigie du CAR.
D’autres étaient sur les taxis motos pétaradant et
circulant dangereusement, l’enjeu en vaut bien
l’entrain.
L’UFC en jaune a aussi sillonné à motos et à pieds les
villes de Kara. Le PDR a ouvert sa campagne sur le
terrain du CEG Tomdè. L’affluence était celle des
curieux. Visiblement les candidats ne sont pas encore
entrés dans le jeu. Les jours à venir verront tous en
scène.
Seul le RPT n’a pas fait dans la dentelle. Dès 7 heures,
les militants se sont regroupés devant l’esplanade du
palais de congrès de Kara pour attendre les trois
candidats sur la liste, Kpatcha Gnassingbé en tête de
liste, Walla Bernard, ministre, actuel président de
gestion de la cellule de crise chargée de diriger les
affres de la Fédération togolaise de football, président
de Asko football club de Kara en tête du championnat
togolais et madame Béléi qu’apparemment on connaît très
peu dans la scène politique du pays. Pendant ce temps ce
sont des Toyota 4X4, des camions MAN qui sillonnaient la
ville jetant par ici et par là des foulards, des
dépliants. Sur les panneaux d’affichage de la ville qui
hier abritaient encore des affiches des sociétés de
téléphonie mobile MOOV, TOGOCEL, de Togo
Télécommunication, de publicités alimentaires et même
celles du défunt père, ce sont des affiches de Kpatcha
Gnassingbé qui surprennent les habitants. Ici avec un
chapeau cow-boy, là en boubou traditionnel.
A 9 heures 45 le trio de la liste arrive sur l’esplanade
du palais des congrès. Il est accueilli par des hôtesses
qu’une commission a recrutées dans le public estudiantin
et entraînées une semaine durant. De gigantesques
affiches collées sur les camions et les voitures 4X4
portent : « Kpatcha Gnassingbé : le regard d’un
lendemain meilleur pour notre commune Kara » ; « Kpatcha
Gnassingbé : Dynamique du développement de Kara » ;
« Kpatcha Gnassingbé : ouvrier d’une Kara moderne ».
Des groupes chocs d’animation et les majorettes Maman N’Danida,
parachèvent le tableau qui rappelle les années tristes
sous la férule du général. Des orateurs se succèdent
pour présenter les candidats, promettre aux militants
qui n’attendent que des tricots, des foulards ou des
affiches, qu’il y a eu des erreurs certes, que les
nouveaux députés du partis ne se permettront plus les
mêmes erreurs.
"Ils
se fichent pas mal de ce qui se dit,"
un
groupe d’instituteurs devisent non loin.
"Il
semble que Kpatcha Gnassingbé aurait donné le 23
septembre 30 000 francs à tous les militaires, du
subalterne à l’adjudant, 200 000 francs du
sous-lieutenant au colonel et 400 000 francs à tous les
généraux,"
s’énervent-ils.
Sur une banderole on peut lire « AFACAM
: Association des Familles des Anciens Combattants et
Anciens Militaires au sein du RPT soutient Kpatcha
Gnassingbé ».
Lorsque le soleil devient de plus en plus fort, certains
poussent les jurons et repartent chez eux « vous
pensez qu’il va vous donner de l’argent ? Ce sont les
secrétaires de cellules et les chefs de canton qui vont
se partager l’argent, » persifle un Zedman . La foule
peu à peu se disperse laissant seuls les hôtesses, les
chefs de canton et de village, les membres influents du
parti.
A Niamtougou c’est le même décor de richesse
qu’affichent les candidats du RPT.
Alors qu’un candidats
du PSR roule lui-même sur une vieille moto avec une
affiche collée sur le devant, les candidats du RPT
roulent dans des 4X4 de gigantesques haut-parleurs sur
des minibus diffusant des rythmes modernes ivoiriens, le couper-décaler.
Il faut dire que si l’argent devait mettre les bulletins
dans les urnes, le RPT à cette allure remporterait les
élections sans coup férir. |