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2 juin 2007

Violence sur la personne de Remy Moèvi : Me Martial Akakpo s'explique  

Alex Didjougouna

« La violence n’est pas une bonne chose et je déplore que M. Moèvi ait été blessé », c'est ce qu'a admis Me Akakpo au cours d’un point de presse tenu le vendredi 1er juin 2007 à son cabinet sis au quartier des Etoiles à Lomé. Au cours de ce point de presse, Me martial Akakpo déclare assumer la responsabilité de la gifle. « Je suis prêt à la défendre jusqu’au bout » a-t-il martelé. Pour cet avocat dont l’acte a été fortement dénoncé par presse, la gifle assénée à M. Moèvi est une réponse à la provocation de ce dernier. Pour lui, «cette réponse est en droit une excuse absolutoire.» La rencontre avec la presse a été pour Me Akakpo un droit de répondre à tout ce qui a été écrit et  lu dans les colonnes de la presse.

Me Martial Akakpo

En effet, dans la semaine du 21 mai, la presse privée togolaise dans sa grande majorité a relaté les faits qui opposent Me Martial Akakpo, avocat inscrit au barreau de Lomé à M. Rémy Moèvi ; Ceci a provoqué une vive colère de l’avocat.

Les circonstances qui ont concouru à la naissance de ce litige remontent à 2004 quand il fallait  fournir des voitures devant assurer le transport des officiels lors du sommet de la francophonie tenu à Ouagadougou au Burkina Faso. A l’époque, Me martial Akakpo avait été sollicité par son cousin M. Olivier Sokpoh, DG de la société Naliscar (société de location de voiture) basée au Bénin pour  trouver un financement devant lui permettre d’acheter des véhicules. M. Olivier Sokpoh, s’étant déjà vu ravir ce marché en 1994 par le Group Fadoul a donc sollicité l’aide de son cousin avocat, Me Akakpo avec qui il aurait mené de nombreuses démarches infructueuses auprès de certaines banques européennes et de leurs filiales africaines ; Selon la version de Me Akakpo lors de la conférence de presse, certaines de ces banques auraient relevé que M. Sokpoh y avait des ardoises.

C’est alors que, contacté, M. Rémy Moèvi, employé à la société SAGA à Paris arrive à mettre en contact M. Olivier Sokpoh avec son ancien concurrent Fadoul qui finance l’achat de 255 voitures auprès de Peugeot, à hauteur de 4.711.000 Euros. Toujours dans sa version des faits, Me Akakpo dit avoir retenu dans son contrat avec M. Sokpoh, 75 millions de F CFA comme convention d’honoraires au lieu  de 300 millions de F CFA  à raison d’un pourcentage de 10 à 15% du montant total comme l’exige son métier. Dans le contrat de location avec le gouvernement burkinabais, les véhicules devaient être revendus après le sommet. Et c’est avec la recette de revente des véhicules que les deux associés feraient face aux autres dépenses afférentes.

Dans l’impossibilité de revendre toutes ces voitures sur coup, un certain M. Abdala (vendeur de voitures au Niger, qui d’ailleurs était présent au point de presse) a été contacté et au passage les trois collaborateurs ont convenus de dégager un bénéfice de 3 millions sur la vente de chaque voiture pour que chacun ait droit à une commission d’un million par voiture.

Sur ce, Me Akakpo déclare n’avoir reçu aucune commission, ni ses honoraires sur la vente de 185 voitures achetées par le gouvernement burkinabais et de 45 voitures vendues au Niger grâce à Abdala.

Ainsi, poursuit Me Akakpo, pour un petit nombre de voitures vendues au Togo et dans un autre pays de la sous-région, il encaisse 127 millions de FCFA (une partie du total vendu). De cette somme, les frais de démarche pour la vente, les multiples retraits d’argent effectués par M. Olivier Sokpoh sont évalués à 53 millions. Montant sur lequel les trois collaborateurs se sont entendus à une réunion à Lomé le 17 juin 2005.

M. Sokpoh s’étant vu refuser un retrait de 10 millions (sur le reste des 127 millions), demandé
à Me Akakpo, a fait recours à M. Rémy Moèvi (comme facilitateur), qui se trouve être le beau-frère de l’avocat. C’est dans ce rôle de médiateur que M. Moèvi, aurait, le 04 avril dernier, sans aucune forme de conciliation, imposé comme solution la somme de 50 millions à remettre en guise d’honoraires à l’avocat qui a contesté et la procédure et la somme. Les discussions devenues houleuses, ont entraîné des insultes des deux parties. Me Akakpo aurait demandé au médiateur de taire la discussion dans son bureau avant de le quitter. M. Moèvi aurait continué les insultes hors du bureau, devant les clients et les collaborateurs de l’avocat ; ce qui aurait entraîné ce dernier à perdre son sang froid. « Comme tout être humain à qui cela pouvait arriver, j’ai perdu mon sang froid » a laissé entendre Me Akakpo.

Selon l'avocat, aucune charge ne sera retenue contre lui assigné en justice par M. Moèvi. Le procureur estimant que, cinq jours d’incapacité de travail qu’indique le certificat médical, sont insuffisants pour inculper Me Akakpo.

Pour Me Ajavon Zeus également présent à la conférence de presse, cet incident est  un complot qui vise à déstabiliser le réseau qu’ils ont mis en place pour positionner des candidats avocats sur toute l’étendue du territoire aux prochaines législatives, en vue de donner une nouvelle vision à la politique togolaise. Me Akakpo est en effet candidat aux élections législatives à Anèho ; et pour lui, la provocation de M. Moèvi et ses complices vise à saboter son ambition politique.


Me Akakpo pour terminer son point de presse a déclaré : « Je n’accepterai pas que quiconque salisse le nom de ce cabinet, j’ai mis beaucoup d’énergie, beaucoup de temps et de labeur pour le construire » ; c’est pourquoi il dit porter plainte contre M. Moèvi et tous les journaux qui ont traité de manière partisane cette affaire sans vérification, sans avoir l’autre version.

 

 
 
 
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