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M. Eltsine est décédé lundi à 15H45
(11H45 GMT) à l'âge de 76 ans d'un brusque arrêt
cardiaque à la suite d'une insuffisance cardio-vasculaire,
a déclaré Sergueï Mironov, chef du département médical
auprès du Kremlin, cité par l'agence Interfax.
Il sera inhumé à Moscou mercredi et la
Russie observera une journée de deuil le même jour.
L'ancien président russe Boris Eltsine
souffrait de problèmes cardiaques depuis de longues
années. Son décès a été suivi d'une vague d'hommages.
La Maison Blanche a qualifié l'ancien
président de "figure historique à une époque de grands
changements et de défis pour la Russie".
Mikhaïl Gorbatchev, autre figure
historique russe, a été le premier à réagir. Pour
l'ancien président soviétique et père de la perestroïka,
Boris Eltsine a connu "un destin tragique".
"J'offre mes condoléances les plus
sincères à la famille d'un homme qui a porté sur ses
épaules beaucoup de grandes avancées pour le pays et des
fautes graves", a-t-il déclaré.
Le Premier ministre britannique Tony
Blair a vu en lui un homme qui a joué un "rôle vital à
un moment crucial". Le chancelier de la Réunification
allemande, Helmut Kohl, a salué l'"ami fidèle des
Allemands". Pour le président français Jacques Chirac,
Boris Eltsine a fait "triompher la liberté".
La chancelière allemande Angela Merkel,
le président de la Commission européenne Jose Manuel
Barroso, le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop
Scheffer lui ont aussi rendu hommage.
La réaction du président russe Vladimir
Poutine, son dauphin politique, n'est venue que plus
tard.
Une "nouvelle Russie démocratique, un
Etat libre ouvert au monde", sont nés grâce à lui, a-t-il
dit.
M. Eltsine aura en effet métamorphosé
la Russie en portant le coup de grâce à l'URSS. Le 8
décembre 1991, réunis près de Minsk sans le président
soviétique Mikhaïl Gorbatchev, Eltsine et ses homologues
ukrainien Léonid Kravtchouk et bélarusse Stanislav
Chouchkievitch avaient proclamé la "mort de l'URSS".
Eltsine a ouvert sur l'extérieur le
plus vaste pays du monde, y a imposé la démocratie et
encouragé le développement des médias. Mais il a aussi
envoyé les chars à l'assaut du Parlement, laissé
s'effondrer le système de santé et d'éducation,
s'étendre l'emprise de la mafia, et ordonné la
répression sanglante des indépendantistes tchétchènes.
Ayant mis sur les rails de difficiles
réformes économiques, entre 1991 et 1994, Eltsine s'est
par la suite montré plus soucieux de préserver son vaste
pouvoir que de corriger les multiples imperfections des
premières années de réformes.
C'est aussi au cours de la seconde
période qu'il a accumulé les ennuis cardiaques, et qu'il
se lancera dans l'aventure la plus malheureuse et la
plus impopulaire de sa présidence: la guerre de
Tchétchénie, qui fera en 20 mois des dizaines de
milliers de morts.
La crise économique d'août 1998 sonnera
le glas pour Boris Eltsine. Le Kremlin sera alors forcé
de dévaluer le rouble, suspendre le remboursement de
certaines dettes, semant la panique parmi les Russes et
dans les milieux financiers occidentaux. S'ensuit une
crise de régime qui affaiblit définitivement le
président.
Malade et isolé, il annonce sa
démission le 31 décembre 1999, à la surprise générale,
ainsi que le nom de son dauphin, Vladimir Poutine.
Le service de presse de ce dernier n'a
pourtant pas présenté d'hommages lundi, se contentant
d'indiquer que le président russe a téléphoné "aujourd'hui
à Naïna Eltsine (NDLR : l'épouse de Boris Eltsine) et a
présenté ses condoléances les plus profondes à elle et à
tous les proches du premier président de Russie après
son décès".
Viktor Tchernomyrdine, Premier ministre
sous Eltsine entre 1992 et 1998, a lui qualifié l'époque
Elstine "d'historique": "la Russie a pris un nouvelle
voie avec lui. Les fondations démocratiques et
économiques qu'il a mises en place sont irrévocables",
a-t-il déclaré.
L'ancien président géorgien et ministre
des Affaires étrangères sous M. Gorbatchev, Edouard
Chevardnadzé, a de son côté décrit Boris Eltsine comme
un "réformateur et démocrate". "Il a fait beaucoup pour
renforcer son pays. Son décès est une grosse perte pour
le peuple russe. Boris Eltsine et moi étions des amis de
longue date", a déclaré M. Chevardnadzé.
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