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Longtemps absentes du jeu politique et sous-représentées
dans les institutions étatiques et dans les instances
décisionnelles, les femmes togolaises n’entendent plus
aujourd’hui se laisser.
Fortes <<Selection in
Document>>de l’adage que l’union fait la force, elles se sont
regroupées en plusieurs organisations féminines pour faire entendre leur voix.
Ce vendredi matin 13 avril 2007,
au siège du Groupe de Réflexion Femmes
(Démocratie
et Développement GF2D), elles étaient une quinzaine
d’organisations de la société civile féminine à se
retrouver pour exprimer leurs préoccupations face
à
la
nouvelle donne politique. C’était à travers une
conférence de presse à laquelle a pris part la presse
togolaise tant du public que du privé.
Prenant la parole, la présidente du GF2D, l’oratrice
principale, Mme Kafui Kuwonu, a d’abord remercié les
journalistes pour leur présence qui, estime-t-elle,
est synonyme de l’intérêt que ceux-ci portent aux
activités des femmes et les a ensuite invité à faire un
large écho de cette rencontre.
Après
ces mots de bienvenue, une déclaration a été lue dont
nous reprenons ici les termes.
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Le 05
Avril 2007, le Conseil des Ministres a adopté un projet
de loi sur le financement des partis politiques. Ce
texte vise les modalités de l’aide financière de l’Etat
aux partis politiques ainsi que les mesures incitatives
à prendre par le Gouvernement pour favoriser la
participation des femmes à la vie politique.
Ces
mesures annoncées consistent en un bonus financier
proportionnel au nombre des femmes élues aux élections
législatives et locales.
Les
Organisations de la Société Civile signataires du
présent communiqué prennent acte de la décision du
Gouvernement allant dans le sens de la mise en œuvre de
l’Accord Politique Global (APG). Elles tiennent
toutefois à faire remarquer que cette mesure se situe
largement en deçà des attentes des femmes togolaises et
des normes acceptées par le TOGO en ratifiant les
instruments régionaux et internationaux relatifs aux
droits des femmes. Enfin, elle n’est pas à la hauteur
des engagements pris par les partis politiques et le
Gouvernement à travers l’APG.
En
effet, le TOGO s’était engagé, à l’instar des autres
pays africains, à
« Promouvoir et étendre le principe
de la parité entre les hommes et les femmes que nous
avons adopté concernant la Commission de l’Union
africaine à tous les organes de l’Union africaine, y
compris son programme du NEPAD, aux communautés
économiques régionales, et aux niveaux national et
local, en collaboration avec les partis politiques et
les parlements nationaux dans nos pays »
Cet
engagement pris dans la déclaration solennelle
sur
l’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique, se
référait aux engagements que ces Etats avaient pris sur
le principe de l’égalité de l’homme et de la femme,
dans les
divers instruments internationaux, continentaux et
régionaux sur les droits de l’homme et des femmes,
en l’occurrence :
-
La déclaration universelle des Droits de l’Homme qui
reconnaît l’égalité juridique de tous les Hommes (art 7)
et le droit pour tous les citoyens de participer à la
gestion des affaires publiques de son pays (art 21)
-
La Convention sur les droits politiques de la femme de
1952
- l’Acte constitutif de l’Union africaine en son Article 4
sur le principe de l’égalité de l’homme et de la femme
-
La Convention sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination à l’égard des femmes (1979) en son
article 7 par lequel les Etats parties s’engagent à
prendre toutes les mesures appropriées pour éliminer la
discrimination à l’égard des femmes dans la vie
politique et publique du pays et à leur assurer dans les
mêmes conditions que les hommes le droit de voter et
d’être éligibles
-
Le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme
et des peuples, relatif aux droits des femmes en Afrique
(2003) dont l’article 9 stipule que les
Etats entreprennent des actions positives
spécifiques pour promouvoir la gouvernance participative
et la participation paritaire des femmes dans la vie
politique de leurs pays, à travers une action
affirmative et une législation nationale et d'autres
mesures de nature à garantir que les femmes participent
à toutes les élections sans aucune discrimination et
qu’elles soient représentées en parité avec les hommes
et à tous les niveaux, dans les processus électoraux.
Les
partis politiques, en particulier les partis signataires
de l’APG, se sont engagés « à œuvrer en vue d’assurer la
représentation équitable des femmes dans les processus
électoraux et dans la vie politique nationale. »
Ensemble, ils ont donné mandat au Gouvernement pour
qu’il prenne « des mesures incitatives à la
participation des femmes à la vie politique » et ont
inscrit cette action sur la feuille de route du
Gouvernement annexée à l’APG.
Relativement à cette question, les Organisations de la
Société civile féminines ont eu à exprimer leurs
attentes au cours des travaux du dialogue. Par la
suite, une trentaine d’organisations de promotion et de
protection des droits de la femme associées à des
organisations de Droits de l’Homme ont eu à faire aux
autorités publiques des propositions visant ces mesures
à prendre pour la participation massive et qualitative
des femmes. Ces organisations ont suggéré au Président
de la République, au Premier Ministre, chef du
Gouvernement et au Parlement de prendre des dispositions
pour
-
faire
obligation à chaque parti politique ou groupe de partis
politiques de présenter des candidatures féminines sur
leur liste
- multiplier par trois le financement à octroyer au parti
pour un candidat élu lorsqu’il s’agit d’une candidate
élue aux élections législatives et locales.
-
soutenir financièrement la campagne des femmes pour les
élections législatives.
En
outre, après avoir fait le constat d’un déséquilibre
dans la représentation des hommes et des femmes dans les
structures mises en place après l’APG, ces OSC ont
souhaité que la Cour Constitutionnelle recomposée
comporte au moins trois femmes et qu’elle soit présidée
par une femme.
Ces
propositions devraient servir d’indicateur des attentes
des femmes en la matière. Malheureusement, la décision
prise par le Conseil des ministres satisfait de loin les
attentes exprimées. Les facteurs culturels invoqués
comme devant constituer un frein à l’acceptation de
l’idée d’une participation accrue des femmes en
politique n’est pas spécifique au peuple togolais.
D’autres pays africains vivent les mêmes réalités et
pourtant, le Mali, la Mauritanie, le Niger et plus
récemment le Sénégal en Afrique de l’Ouest ont pris des
mesures pour s’assurer d’une participation effective des
femmes dans la vie politique.
Ces
mesures vont de l’imposition d’un quota de femmes sur
des listes électorales (sous peine d’irrecevabilité de
ces listes) à une aide financière substantielle accordée
pour chaque femme élue.
Les
mesures annoncées par le Conseil des Ministres sont
imprécises et insuffisantes et ne pourront en aucun cas
inciter les partis politiques à présenter des
candidatures féminines.
Il
importe, à notre avis, que le Gouvernement prenne des
mesures additionnelles à ce bonus afin d’impulser une
réelle participation des femmes à la vie politique.
Les
Organisations de la Société Civile demandent au
Gouvernement et aux partis politiques de se souvenir du
rôle que les femmes togolaises ont toujours joué dans la
vie politique nationale.
L’appel est lancé au Gouvernement pour qu’il prenne ses
responsabilités en vue de favoriser la jouissance de
leurs droits politiques par les
femmes.
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