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6 fevrier 2007

Fin du Conseil national de l’UFC: Les militants prêts pour affronter les prochaines échéances législatives de Juin 2007

Alain Nococo

Les travaux du Conseil national de l’Union des Forces de Changement ouverts le samedi 03 Février 2007 dans les locaux de l’Eglise Christ Rédempteur sur le thème « Mobilisation pour le véritable changement » ont pris fin le dimanche 04 Février 2007 en début d’après-midi, sur une note de satisfaction de ses militants, «désormais prêts à affronter les prochaines échéances électorales prévues pour Juin 2007

            Au cours de la cérémonie de clôture des résolutions et recommandations contenues dans le Rapport général ainsi que le rapport moral des travaux ont été présentés par le Secrétaire général de l’UFC M. Jean-Pierre Fabre.

Une
mention spéciale a été faite à l'endroit du leader principale du parti, M. Gilchrist Olympio qui, encore une fois a été reconduit dans son rôle de Président national de l’Union des forces de changement, de même que son 1er vice-président, M. Emmanuel Bob Akitani actuellement en convalescence à Paris.

Par ailleurs, le Conseil a pris des dispositions pour
«contrecarrer toute mesure discriminatoire du pouvoir lors des législatives prochaines.» Le Rapport général a tenu compte également des questions de politiques nationale et internationale, de la vie de la fédération nationale et internationale du parti, de ses structures, organes, des moyens d’action institutionnels ainsi que des élections à venir.

Au terme de ce deuxième Conseil national de l’UFC, le président national de l’UFC, M. Gilchrist Olympio a entretenu la presse sur des questions d’actualité. Il a notamment donné des éclaircissements sur certaines zones d’ombre, à savoir : le cas de son 2e vice-président, M. Amah Gnassingbé, actuel ministre d’Etat, sa sécurité au Togo, les relations de l'UFC avec les autres partis de l’opposition démocratique à savoir le CAR et la CDPA, de même que la position de son parti après la modification de l’article 52 alinéa 1er  de la Constitution togolaise et l’adoption du code électoral par l’assemblée nationale …

Au sujet d'Amah Gnasingbé, le leader de l'UFC a dit exactement ceci : «
Amah Gnassingbé est pour le moment suspendu de notre parti. Ce que nous avons dit à Amah Gnassingbé est que, comme il a pris une décision contraire à celle du parti, il ne peut être ministre dans ce gouvernement qu’à titre personnel. Le départ de Amah Gnassingbé n’a pas d’impact particulier sur le parti. Mais nous lui laissons le choix de revenir au bercail. Vous savez en politique, il y a des gens qui sont importants mais personne n’est indispensable.»

Juste après la conférence de presse, M. Gilchrist Olympio a animé un grand meeting populaire à la place Fréau Jardin devenue Place Anani Santos aux environs de 16h TU devant une foule nombreuse venue pour l’écouter.

Signalons que le Président national de l’UFC, M. Gilchrist Olympio poursuit son séjour à Lomé pour une semaine où il se rendra successivement à Atakpamé,  Anèho, Sokodé pour témoigner ses soutiens aux familles des victimes lors de la Présidentielle douloureuse d’Avril 2005. Il rencontrera également les différents responsables des fédérations du parti, et aussi, des responsables de la Société Civile, des opérateurs économiques de même que des Corps diplomates accrédités au Togo.

Lire l’intégralité du Rapport général qui a sanctionné les travaux de ce 2ème Conseil national de l’UFC
Voici quelques questions et réponses récueillies au cours de la conférence de presse
de Monsieur Olympio..

 
Entretien de M. Gilchrist Olympio avec la Presse

Est-ce que vous vous sentez en sécurité au Togo ?
L’expérience lointaine nous recommande qu’il faut toujours être prudent. C’est vrai qu’en la matière, on note un petit changement. Nous sommes conscients des risques que nous courrons parfois mais on ne peut pas faire l’omelette sans casser des œufs. Cela dit, nous sommes toujours prudents.

Est-ce que vous irez aux élections législatives malgré le mode de scrutin que vous contestez ?
Nous préférons le scrutin majoritaire. Vous savez, selon le régime des proportionnels, on ne vote plus pour un tel ou tel candidat. Mais on vote une liste. Et cette liste peut être de l’UFC, de la CDPA ou du RPT. En outre, le scrutin proportionnel réduit les chances d’avoir une majorité au parlement. Il favorise parfois les partis minoritaires et agit des fois contre les partis majoritaires. Ceci dit, nous n’avons pas encore des données qui nous permettent de nous prononcer. Jusqu’à maintenant nous n’avons pas encore terminé les simulations. Mais cela va être fait dans les jours ou semaines à venir.


Selon vous la diaspora togolaise doit-elle participer à ces législatives ?
Nous croyons qu’il est aussi important de donner la voix à cette diaspora qui participe d’une manière ou d’une autre à la politique togolaise. Les Togolais sont un peu partout, et tous ne sont pas des exilés volontaires. De la France en passant par le Canada, l’Allemagne etc., se sont des gens qui luttent et qui veulent aider leur pays à sortir de sa situation. Imaginer par exemple au Bénin comme au Ghana, nous avons plus de 20 mille togolais sans compter ceux qui sont installés dans certaines familles parce que nous partageons les mêmes valeurs culturelles. Leur vote serait une forme de participation. C’est pour cela que nous nous souhaiterions que la diaspora participe aux élections législatives.

Vous continuez toujours par insister sur la réforme de l’armée. Est-ce que cela pourra se faire avant les législatives ?
Nous avons eu des discussions avec le RPT sous l’égide de la communauté Sant’Egidio et les propositions que nous avons formulées sur le sujet ont été acceptées par les représentants du RPT. Nous leur avons suggéré une réforme en trois temps : d’abord persuader les forces militaires et de sécurité à ne plus s’introduire dans la vie politique du pays surtout en période électorale. Deuxièmement, nous devons recruter les militaires à partir de tous les coins du Togo pour que à terme nous arrivions à une armée nationale et cette armée doit se cantonner dans les rôles traditionnels, c’est-à-dire l’intégrité des frontières et chasser les ennemis.

Enfin, avec le temps, nous devons peut être, chercher à avoir une armée proportionnelle au nombre d’habitants. A ce stade là, il ne sera plus question de recruter.


Disons que la réforme de l’armée dans chaque pays est une affaire délicate et difficile. Mais nous savons que avec l’établissement de l’Etat de droit, les formations … les forces armées comprendront mieux leur rôle dans la république.


Est-ce que le sens du non retour est franchi entre l’UFC et les autres partis comme
la CDPA et le CAR, des partis de la coalition ?
Nous ne voyons pas les choses de la même façon. Ce sont des partis qui ont pensé, à tort ou à raison qu’on peut faire des réformes à partir de la participation à ce gouvernement d’union nationale. Nous nous croyons que le mouvement aurait été beaucoup plus efficace à l’extérieur puisque nous ne sommes pas liés par les responsabilités collectives. Vous ne pouvez pas quitter un conseil des ministres et s’amuser à critiquer ce qui a été décidé. Le deuxième point, c’est que contrairement à nos amis de l’opposition, nous nous disons que les postes qui nous sont proposés, ce sont tout juste des strapontins. S’ils sont sincères, et s’ils veulent avoir de vrais changements dans le pays, qu’ils se rapprochent de nous. Nous avons encore de la place autour de la table. Et à tout moment s’ils décident de se joindre à nous, c’est à bras ouverts qu’on les recevra.

Pensez-vous aux alliances après les législatives ?
Nous n’avons pas encore tous les éléments pour nous prononcer sur la question. Mais nous prendrons nos responsabilités au moment opportun.


Comment gérez-vous le cas Amah Gnassingbé, puisque lors du Conseil, vous avez présenté une nouvelle équipe du parti venant de la Kozah ?

Amah Gnassingbé est pour le moment suspendu de notre parti. Ce que nous avons dit à Amah Gnassingbé, est
que comme il a pris une décision contraire à celle du parti, il ne peut être ministre dans ce gouvernement qu’à titre personnel. Le départ de Amah Gnassingbé n’a pas d’impact particulier sur le parti. Mais nous lui laissons le choix de revenir au bercail. Vous savez en politique, il y a des gens qui sont importants mais personne n’est indispensable.

Au cas où vos revendications concernant la CENI et la réforme de la Cour Constitutionnelle n’ont pas été satisfaites, allez-vous boycotter les législatives
 ?
Lorsque nous serons au bord du fleuve, nous réfléchirons à la manière de le traverser : par le pont, par la pirogue ou à la nage. Nous ne sommes pas encore arrivés à ce point.


Ce que nous pouvons faire à ce moment en tant qu’organisation politique, c’est de continuer à protester et solliciter l’assistance de la communauté internationale pour ramener la CENI à la raison. Le vote à la CENI n’arrange que le RPT et ses partis satellites. C’est pour éviter le vote que nous avons accepté que le RPT ait cinq membres et obtenu le vote par consensus avec l’aide du facilitateur. Et c’est cette position que nous maintenons.


Quant à la Cour Constitutionnelle, dans sa forme actuelle, elle ne peut valablement faire le travail qu’on lui demande. C’est cette même cour qui pendant les 40 ans a proclamé la brillante victoire du RPT pendant les différents scrutins. Dans l’APG, il a été dit que la Cour Constitutionnelle devra être réformée. Nous attendons que le gouvernement actuel prenne ses responsabilités. S’il ne peut pas le faire, nous allons commencer par mettre la pression, à commencer par une intervention auprès du Facilitateur.

Qu’avez-vous contre le gouvernement de Me Agboyibo ?

Nous avons dit au Facilitateur que nous n’avons rien contre Me Agboyibo mais nous pensons qu’avec toutes les discussions qu’on a eues plus d’un an, on aurait pu nous consulter.

Maintenant ce qu’ils nous proposent : le ministère de la Jeunesse et des Sports, le ministère de la Culture, le ministère de l’Economie sans les Finances… ce sont des postes qui ne nous intéressent pas. Et au regard de l’insécurité qui caractérise les périodes électorales, nous avons souhaité avoir le ministère de la Sécurité pour être associé étroitement aux formations des agents qui vont assurer la sécurité des élections. Finalement, nous sommes en train de tirer des conclusions qu’il n’y a pas de changement entre Gnassingbé I et Gnassingbé II. C’est la même chose.


Le RPT vous a-t-il vraiment promis
la Primature ?
Au cours de nos discussions antérieures, on nous a un peu forcé la main à accepter cette discussion. M. Faure Gnassingbé et le RPT nous ont dit, c’est l’UFC qui doit nommer le Premier ministre et en présence du Facilitateur. Et le Facilitateur nous a répété la même chose que dans sa tête c’est l’UFC qui doit former le gouvernement.

 

RAPPORT GENERAL DU CONSEIL NATIONAL DE L’UFC

Ce Conseil qui s’est déroulé sous la présidence effective du Président national de l’UFC, M. Gilchrist Olympio, Président du Conseil National, a connu la participation de tous les membres et délégués statutaires ainsi que de nombreux invités qui ont bien voulu honorer de leur présence, les séances d’ouverture et de clôture. Une liste exhaustive des participants est annexée au présent Rapport général.

Après la minute de silence en mémoire des victimes de la dictature, suivie des prières de circonstance et de l’exécution de l’Hymne National «Terre de nos aïeux», des partis politiques amis (ADDI, CDPA-BT, et UCD) ont délivré leur message au Conseil. Les participants ont ensuite écouté avec grand intérêt le discours d’orientation du Président national de l’UFC qui a solennellement ouvert les travaux du Conseil.

A l’issue de la séance d’ouverture, une pause a été observée pour permettre aux invités de se retirer. A la reprise des travaux, une première séance plénière a, conformément à l’ordre du jour et au programme de travail adoptés, permis au Conseil d’entendre, de discuter et d’approuver successivement, le rapport moral du Secrétaire Général et le rapport financier du Trésorier Général. Le Conseil, après un débat général sur ces deux rapports, décide de les référer à la ratification du prochain Congrès, après leur mise à jour pour tenir compte des évolutions éventuelles.

Les travaux se sont poursuivis au sein de trois commissions (commission de politique générale, commission des structures, organes et moyens d’action institutionnels, commission des élections) dont les rapports ont été présentés, discutés et approuvés au cours de la deuxième séance plénière. Les travaux en commissions ont permis d’approfondir les réflexions sur toutes les questions soumises au Conseil. Ainsi, le contexte politique aux plans national et international ainsi que les questions liées à la vie des fédérations et à la situation des réfugiés ont fait l’objet de débats denses et approfondis, de même que le réaménagement des structures et organes du parti et les questions électorales.

A l’issue de ses travaux, le 2ème Conseil National de l’UFC met en exergue les conclusions suivantes :

S’agissant du contexte politique national

Le Conseil national estime que la situation que vit aujourd’hui notre pays, ne peut être appréciée sans que soit rappelé le massacre dont le peuple togolais a été victime au cours de l’année 2005. Ce drame sans précédent dans l’histoire de notre pays, a amplifié la crise togolaise et conduit l’UFC et l’opposition démocratique dans son ensemble à prendre leurs responsabilités en acceptant, une fois encore, d’engager avec le régime RPT, des discussions qui, avec le concours décisif de son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Faso et Facilitateur du Dialogue inter togolais, ont abouti le 20 août 2006 à Lomé, à la signature d’un accord dénommé Accord Politique Global (APG). Cet accord a suscité un immense espoir parmi les populations togolaises. Force est de reconnaître que cet espoir est très vite malmené.

Le régime RPT, adepte du double langage, tente par tous les moyens de contourner la mise en œuvre effective de l’APG.

Le Conseil national s’étonne de ce que cinq mois après la signature de l’APG et à moins de cinq mois de la date arrêtée pour les législatives, les principales réformes institutionnelles recommandées par l’APG n’ont encore reçu aucun début d’exécution. Il s’agit entre autres de la réforme de la Cour Constitutionnelle, de la réforme de l’armée.

Le Conseil National recommande au Bureau national de saisir le Facilitateur et le Comité de Suivi de cette situation. Le Conseil national demande également au Bureau national de continuer à suivre attentivement la mise en œuvre de l’APG et d’en appeler, le cas échéant, à la mobilisation conséquente des populations.

Le Conseil national constate qu’en dépit des appels répétés pour la mise en œuvre des recommandations des rapports des Nations Unies et des organisations de défense des droits de l’homme telles que la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), Amnesty International, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Human Rights Watch, y compris la Commission nationale mise en place par le Chef de l’Etat, sur les massacres des populations pendant les événements de 2005, le pouvoir en place n’a encore rien entrepris pour traduire en justice les commanditaires et les auteurs de ces massacres. Au contraire, le pouvoir s’obstine à nier les faits et à faire obstruction aux procédures engagées par les victimes, encourageant ainsi, l’impunité et la récidive de la violence.

Au demeurant, des responsables indexés dans ces différents rapports sont nommés ou promus à de hautes fonctions de l’Etat, y compris à des postes ministériels, comme pour primer la violence et manipuler les malheureuses victimes.

Le Conseil recommande au Bureau national de saisir instamment le Facilitateur, le Comité de Suivi et la Commission des droits de l’homme des Nations Unies à Genève afin de faire enclencher les procédures judiciaires appropriées et d’œuvrer à la mise en place de la commission « Vérité, Justice et Réconciliation» pour favoriser l’apaisement politique et la réconciliation nationale.

Le Conseil a pris connaissance de la répression exercée par les forces armées et de sécurité sur les populations de Bangeli, dans la préfecture de Bassar.

Le Conseil national reste préoccupé par l’insécurité que vivent au quotidien les populations togolaises.

Le Conseil condamne avec vigueur la répression des populations par les forces armées et de sécurité et recommande au Bureau national de mettre tout en œuvre pour que des sanctions soient prises à l’encontre des commanditaires et des auteurs de ces actes odieux, contraires à l’esprit et à la lettre de l’APG.

Le Conseil note que depuis la signature de l’APG, aucune action significative n’a été entreprise dans le sens de la réforme de l’armée. Cette situation préoccupe le Conseil quand on sait que les échéances électorales sont proches et que sous le régime RPT, les périodes électorales sont particulièrement propices au développement et à l’entretien d’un climat de violence par des éléments des forces armées et de sécurité.

La situation des exilés, réfugiés et déplacés a particulièrement retenu l’attention du Conseil. A ce sujet, le Conseil recommande au Bureau national de saisir les structures et organismes appropriés afin que des mesures et dispositions adéquates soient prises pour favoriser leur retour et leur réinsertion, ce avant les prochaines élections législatives.

Le Conseil national prend note avec satisfaction des actions multiformes conduites par les militantes et militants UFC de la diaspora en faveur de l’avènement de la démocratie. Il invite le Bureau national à engager dans les meilleurs délais toutes démarches afin que nos compatriotes de l’étranger puissent prendre part, depuis leur pays d’accueil, aux scrutins nationaux.

Le Conseil national prend note de l’évolution des médias publics, vers une certaine ouverture, dans le traitement de l’information. Le Conseil constate, cependant, la persistance de la censure dans le traitement des manifestations politiques de l’opposition démocratique.

Le Conseil regrette l’absence de pluralisme dans la composition actuelle de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) qui, elle-même, est chargée de faire respecter ce pluralisme, dans les médias publics.

Le Conseil recommande au Bureau national de tout mettre en œuvre pour obtenir la recomposition de la HAAC afin de garantir l’accès équitable des partis politiques aux médias publics.

Le Conseil national note avec satisfaction les efforts déployés par les médias privés en dépit de leurs difficultés matérielles et des pressions de toutes sortes à leur encontre. Leur travail de tous les jours qui contribue au pluralisme dans le paysage médiatique togolais, mérite encouragements et félicitations. Le Conseil salue en particulier, le courage et la persévérance des radios, télévisions et journaux privés qui contribuent à la promotion de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance, en assurant une information objective et sans complaisance.

Le Conseil adresse aux médias privés ses félicitations et ses encouragements.

Le Conseil national constate que la crise politique se double d’une situation économique et sociale catastrophique qui se traduit par une aggravation de la pauvreté et de la misère dans les villes et dans les campagnes. Les infrastructures de santé et d’éducation, les secteurs des routes, de l’eau, de l’énergie, etc. sont dans un état de délabrement indescriptible et ne répondent plus aux besoins nationaux. Le chômage sévit dans toutes les couches sociales du pays, notamment au sein de la jeunesse.

Le Conseil exprime ses préoccupations face à cette situation et recommande au Bureau national de consentir les efforts nécessaires à un règlement juste et durable de la crise politique togolaise, préalable indispensable au redressement économique et social du pays. Il demande au Bureau national, dans la perspective des prochaines élections législatives, de porter à la connaissance du peuple togolais tout entier, le projet de société de l’UFC dont l’un des aspects essentiels, tel que l’a rappelé le Président national, est une politique de solidarité fondée sur la réduction des inégalités sociales et visant l’éradication de la misère et de la pauvreté, donnant ainsi une chance égale à tous les Togolais.

Le Conseil rappelle à cet égard, certaines des propositions contenues dans le Manifeste du parti, notamment, celles relatives à la sensibilisation et à la formation professionnelle de la jeunesse; à l’instauration d’une société où la femme et l’homme seront à égalité de véritables partenaires du développement et de l’action politique à tous les niveaux; à l’intégration des personnes handicapées; à la lutte contre le paludisme et la pandémie du sida.

Le Conseil demande aux instances du parti, une qualité d’écoute à l’égard des préoccupations de la jeunesse qui n’aspire qu’à prendre une part active dans l’élaboration et la mise en œuvre des décisions et programmes de développement qui engagent son avenir.

Le Conseil note avec préoccupation que malgré leur courage et leur ingéniosité dans les activités économiques, sociales et culturelles, les femmes togolaises sont les plus exposées aux conséquences dramatiques de la pauvreté et de la misère. Il demande aux instances du parti de prendre en compte cette situation en mettant un accent concret sur la formation de la jeune fille, l’accessibilité de la femme aux ressources économiques et financières et sa pleine implication dans la gestion des affaires de la cité. Il demande au Bureau national de promouvoir davantage l’accession des femmes dans les instances du parti tant au niveau national qu’au niveau des fédérations.

S’agissant du contexte politique international

Le Conseil réaffirme que les déclarations selon lesquelles chaque peuple doit aller vers la démocratie selon son rythme traduisent une vision hypocrite et dangereuse. Il considère que tout peuple est prêt pour la démocratie à tout moment, car il n’est pas de peuple au monde acceptant librement de demeurer dans la servitude, l’arbitraire, la discrimination et l’exclusion. Le Conseil estime que de telles déclarations ne sont que des alibis pour soutenir des régimes tyranniques, servant des intérêts autres que ceux de leurs peuples.

Le Conseil national exprime ses préoccupations face aux évènements dramatiques qui se déroulent sur le continent africain et notamment dans la sous-région ouest africaine. Il déplore en particulier, la persistance de conflits fratricides et de crises dans plusieurs pays, notamment en Côte d’Ivoire, au Soudan, au Tchad, en Centrafrique, en Somalie et en Guinée. Il considère que ces crises et ces conflits trouvent leur origine dans marginalisation, la discrimination et l’exclusion, avec en toile de fond, un déficit démocratique notoire.

A cet égard, le Conseil exhorte la Communauté internationale, notamment l’ONU, l’Union Européenne, et l’Union Africaine, dans le cadre de la prévention des conflits, et s’appuyant fermement sur le principe fondateur des Nations Unies relatif aux droits des peuples à se choisir librement leurs dirigeants, à s’impliquer davantage dans les processus électoraux des pays africains, singulièrement ceux en crise dont le Togo, par une assistance aux plans technique, financier et sécuritaire, et par un déploiement conséquent d’observateurs civils et militaires.

Le Conseil national rend hommage à toutes les bonnes volontés qui oeuvrent au succès des processus de transition démocratique en Afrique et dans le monde.

Il rend également hommage à l’esprit de sacrifice de tous les peuples qui continuent de lutter courageusement en Afrique et dans le monde contre les régimes autocratiques. Il les exhorte à ne pas baisser les bras ni courber l’échine devant la dictature.

Le Conseil demande au Bureau National de renforcer les relations d’amitié et de solidarité existant entre l’UFC et les partis politiques, associations et organisations africaines qui mènent une lutte similaire.

S’agissant de la vie des f dérations nationales et internationale du parti

Le Conseil a pris note avec satisfaction de l’implantation du parti sur toute l’étendue du territoire national et dans de nombreux pays à travers le monde. Il se félicite de l’enthousiasme et de la détermination des militantes et des militants membres des fédérations.

Prenant en considération les difficultés du terrain ainsi que les diverses doléances des bureaux fédéraux, le Conseil demande au bureau national de prendre les dispositions appropriées pour doter toutes les fédérations de moyens de fonctionnement adéquats et d’assister, à leur demande, certaines fédérations à dynamiser leurs activités de mobilisation et de sensibilisation.

Dans la perspective des prochaines élections législatives, il importe en effet, que toutes les fédérations sans exception, puissent oeuvrer efficacement à la victoire des candidats de l’Union des Forces de Changement.

S’agissant des structures, organes et moyens d’action institutionnels du parti

Le Conseil national a mené, en rapport avec la situation politique intérieure du pays et les enjeux de l’heure, une réflexion approfondie sur le réaménagement des structures, organes et moyens d’action institutionnels du parti, en vue d’en améliorer l’efficacité. Il a procédé en conséquence, à une adaptation des textes fondamentaux du parti, pris des résolutions de fidélité aux idéaux du parti et défini des, stratégies de mobilisation des populations en vue de la victoire du parti aux prochaines élections législatives.

Le Conseil se félicite de la qualité du travail accompli dans le cadre de la révision et de l’actualisation des statuts et du règlement intérieur. Il décide de les approuver et de les soumettre à la ratification du prochain Congrès.

Le Conseil national a fait le point sur les activités des associations qui concourent au bon fonctionnement du parti.

Le Conseil recommande au Bureau national d’insuffler une nouvelle dynamique aux associations de femmes et de jeunes qui constituent le fer de lance de l’UFC, en les incitant à rechercher une plus grande synergie dans leurs actions aux plans local et national.

Le Conseil se félicite dies activités et des prestations des chorales et groupes folkloriques de l’UFC qui entretiennent la flamme de l’ABLODE dans la vie du parti et dans les cœurs des populations togolaises militantes.

Le Conseil national recommande au Bureau national de faire en sorte que les actes des militants de l’UFC s’inspirent quotidiennement de ceux des nationalistes togolais qui ont su rechercher, trouver et mettre en œuvre une stratégie adéquate de lutte non violente par laquelle le Togo a accédé à la souveraineté internationale.

S’agissant des élections

Le Conseil réaffirme la détermination de l’UFC à œuvrer pour l’organisation d’élections transparentes, libres et honnêtes, dans un climat de sécurité.

Le Conseil s’inquiète de la recommandation du Comité de suivi, visant à introduire à la CENI, le recours au vote comme mode de décision, en violation flagrante de l’APG. Le Conseil considère que cette recommandation est de nature à ouvrir la voie à tous les abus et à toutes les dérives, pouvant compromettre dangereusement l’ensemble du processus électoral.

Le Conseil recommande au Bureau national de saisir le Facilitateur afin que des solutions soient trouvées aux préoccupations exprimées par l’UFC, notamment la présence au sein de la CENI d’un magistrat en tant que représentant d’un parti politique, en l’occurrence le RPT, en violation de la loi portant statut des magistrats, de même que le redéploiement unilatéral des juges du siège et du parquet, présidents ès qualité des Commissions Locales Indépendantes (CELI).

Dans le même sens, demande au Bureau National d’attirer l’attention du Facilitateur sur la l’impérieuse nécessité de procéder, sur une base consensuelle, à la nomination de nouveaux préfets.

Le Conseil relève avec inquiétude que la CENI, depuis sa mise en place, bien que traitant de questions fondamentales, fonctionne sans règlement intérieur. Le Conseil met en garde la classe politique, contre les conséquences graves des manquements de la CENI à la rigueur et à la transparence. Manquements pouvant créer des opportunités de fraudes électorales et des risques de violence.

Le Conseil déplore que le gouvernement ait adopté le mode de scrutin proportionnel à la plus forte moyenne sans consulter l’UFC et sans rechercher un minimum de consensus auprès des signataires de l’APG. Il considère que le respect de la volonté populaire, exige le retour au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, adopté par référendum en septembre 1992.

La mise en conformité du Code électoral avec l’APG, prévue par la feuille de route, qui devait être l’un des tout premiers actes de la mise oeuvre de l’accord, n’a pas été exécutée en temps voulu. Le Conseil est surpris par la désinvolture avec laquelle un code électoral unilatéralement élaboré a été adopté par le gouvernement et transmis à l’assemblée nationale pour adoption. Le Conseil indique que l’UFC a été conviée pour les travaux de la commission des lois de l’Assemblée nationale, le mardi 23 janvier 2007 à16 h 30 pour le mercredi 24 janvier 2007 à 8h. Il s’insurge contre cette attitude cavalière. Le Conseil s’indigne de ce que l’UFC soit invitée à prendre part comme personne ressource à la finalisation d’un code électoral, à l’élaboration duquel elle est fondée à participer, à par1 entière en tant que signataire de l’APG.

Le Conseil national se félicite de la fermeté avec laquelle l’UFC a exigé et obtenu, avec l’ensemble des partis de l’opposition démocratique et les forces de changement, le mode de recensement électoral permettant l’enregistrement des électeurs et la délivrance de la carte d’électeur avec photo numérisée, séance tenante.

Le Conseil demande au Bureau national, de tout faire pour que la CENI se ressaisisse et que, dans l’accomplissement de sa mission d’organiser et de superviser les élections, elle opère avec rigueur et œuvre pour la transparence des élections, conformément au serment prêté par ses membres. Il demande au Bureau national de saisir le Facilitateur et le Comité de Suivi pour que le code électoral soit en conformité avec l’esprit et la lettre de l’APG. Le Conseil en appelle à l’extrême vigilance de l’ensemble de l’opposition démocratique et des forces de changement pour que la révision du code électoral soit réalisée dans la rigueur et la transparence.

Le Conseil recommande au Bureau national d’organiser des campagnes et des séminaires en vue d’informer et de sensibiliser les militants et les populations sur le mode de scrutin proportionnel à la plus forte moyenne afin d’assurer la victoire de l’UFC aux prochaines élections législatives.

Le Conseil national, tirant les leçons des violences et massacres des populations lors des élections passées et plus précisément pendant la période électorale d’avril 2005, demande à l’UFC de tout mettre en oeuvre pour garantir la sécurité des populations et des élections. Il appelle à la vigilance, les partis politiques et les populations pour que les aspects sécuritaires des prochaines législatives soient cernés avec les partenaires internationaux de manière à prévenir l’intrusion des forces armées et de sécurité, ainsi que celle des milices du RPT dans le processus électoral. A cet égard, il exhorte la CENI à adresser sans délai à l’Union Européenne et à l’ONU, la requête en assistance en matière de sécurisation des élections. Le Conseil exhorte le gouvernement à adresser, en bonne et due forme et sans délai, aux partenaires et bailleurs de fonds les requêtes en assistance technique et financière du processus électoral ainsi que les requêtes en assistance des forces armées et de sécurité. Il demande au Bureau national de sensibiliser et de mobiliser les populations dans ce sens.

Conformément à l’orientation donnée par le Président national dans son discours d’ouverture, le Conseil a examiné les questions relatives à la sécurisation de la transmission des résultats des bureaux de vote aux CELI et des CELI à la CENI ainsi que celles relevant de la sécurité et de la protection des candidats de l’UFC au cours de la prochaine campagne électorale.

Evoquant les fraudes massives ayant émaillé les scrutins de ces dernières années et dans la perspective des prochaines élections législatives, le Conseil recommande au Bureau national de veiller :

 1. à empêcher toute tentative de modification des résultats dans les bureaux de vote;

2. à ce que les résultats des bureaux de vote soient fidèlement transmis aux CELI

3. à ce que les PV adressés par les CELI à la CENI reflètent fidèlement les résultats issus des bureaux de vote

4. à ce que la CENI traite les résultats issus des CELI de manière collégiale et transparente, afin d’empêcher la proclamation unilatérale de faux résultats

5. à ce que la réforme attendue de la Cour Constitutionnelle intervienne dans les meilleurs délais et aboutisse au choix de juges intègres, capables de proclamer des résultats reflétant la volonté populaire et de trancher les recours éventuels conformément à la Constitution et aux lois de la République.

Le Conseil a pris bonne note des doléances, concernant les moyens de transport et de communication, exprimées par les fédérations en vue des prochaines élections législatives. Il recommande au Bureau national de tout mettre en œuvre pour fournir ces moyens aux fédérations.

Le Conseil national salue l’engagement des délégués et se félicite de leur détermination à œuvrer pour le véritable changement. Il exhorte toutes les fédérations à s’organiser dès à présent, pour mobiliser les populations autour des valeurs de l’UFC en vue de la victoire aux prochaines élections.

Tenant compte des conclusions du rapport financier, le Conseil invite les militantes et militants, ainsi que les nombreux sympathisants de l’UFC à contribuer plus largement au financement des activités du parti. Il rappelle que les échéances électorales vont entraîner un besoin de financement très important; c’est dans ce sens qu’il fait appel, une fois encore, à leur dévouement et à leur générosité.

Le Conseil adresse une motion spéciale au Président national de l’UFC, M. Gilchrist Olympio, pour son en engagement personnel, y compris au péril de sa vie, et son dévouement total de longues années durant, à la juste cause de l’épanouissement et du bien-être du peuple Togo ais tout entier.

Le Conseil adresse Une motion de félicitations et de remerciements au Premier Vice Président Emmanuel Akitani Bob, et lui exprime toute sa reconnaissance pour le travail accompli avec succès à la tête du Bureau national et comme porte flambeau du parti et de l’opposition démocratique. En saluant sa loyauté et son intégrité exemplaires, le Conseil unanime, lui fait une longue ovation et lui souhaite un prompt rétablissement.

Le Conseil se félicite du travail remarquable accompli par les membres du Bureau national. Il adresse unie motion de félicitations aux Vice-présidents, au Secrétaire Général, au Trésorier Général et aux Conseillers pour leur disponibilité.

Il adresse également une motion de félicitations au Comité d’organisation du Conseil national, à son Président et aux commissions, pour la qualité des travaux préparatoires.

Le Conseil remercie les délégués des fédérations pour leur participation active aux travaux des commissions et pour la pertinence de leurs contributions aux débats.

Le Conseil adresse ses remerciements aux partis politiques de l’opposition démocratique pour leurs messages fraternels et pour leur contribution à notre lutte commune.

Le Conseil adresse une motion de gratitude à son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Faso et Facilitateur du Dialogue inter togolais pour son engagement personnel dans la recherche d’une solution Juste et durable à la crise socio politique qui mine notre pays depuis des années.

Enfin, le Conseil demande au Chef de l’Etat Faure Gnassingbé de prendre la mesure de la crise togolaise et d’en juger, dans un élan de patriotisme réel et de responsabilité, des actions hardies pour sortir le Togo, notre pays, d’un système de pouvoir archaïque et révolu. Il y va de la paix et de la véritable réconciliation nationale auxquelles aspire le peuple togolais tout entier.

  Fait à Lomé le 04 Février 2007
Le Conseil National

 
 
 
 
 

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