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4 fevrier 2007

Conseil national de l’UFC à Lomé :  Vers une remobilisation de ses membres

Alain Nococo

Gilchrist Olympio
à l'ouverture du Conseil national de l'UFC

Les travaux du Conseil national de l’Union des Forces de Changement (UFC) ont été ouverts hier samedi matin 3 Février 2007 aux environs de 10 heures dans les locaux de la Chapelle du Christ Rédempteur (ancienne école professionnelle) à Lom, en présence des délégués militants et sympathisants du parti, de plusieurs invités de marque notamment le corps diplomatique, les représentations des organisations internationales accrédités au Togo, des Représentants des Partis politiques d’opposition (ADDI, CDPA-BT, PTT…) des Responsables des organisations de la Société civile togolaise et aussi des médias nationaux et internationaux sous la présidence effective du Président national du parti, M. Gilchrist Olympio.

Ils étaient nombreux, vêtus de jaune (Couleur de ce parti) à prendre d’assaut tôt le matin les esplanades de l’Eglise Christ Rédempteur où devrait se tenir cette assise importante de l’UFC qui au fil des années ne cesse de perdre ses militants et sympathisants.

Il sonnait 09h 30mn TU environ quand le leader de l’UFC est arrivé sur les lieux à bord de son véhicule de commandement une 4x4 d’immatriculation ghanéenne entouré de ses proches collaborateurs notamment le 3ème vice-président, M. Patrick Lawson, son conseiller spécial, M. Eric Amerding et de quelques cadres du parti venu  de l’intérieur du pays.

Aussitôt descendu, il a été accueilli par une foule dans une liesse époustouflante qui l’a conduisi jusque dans la grande salle de prière des lieux. Il ressort
it quelques minutes plus tard et rejoignit ensuite la salle de conférence réservée pour abriter la cérémonie d’ouverture  de cette rencontre. Là attendaient les délégués et invités.

Après l’allocution de bienvenue du Président du Comité d’organisation, le 3ème vice-président de l’UFC, M. Patrick Lawson et les messages des partis frères à savoir 
l'Alliance pour  la Démocratie et le Développement Intégral (ADDI), représentée par M. Lamboni Boniface; la Convention Démocratique des Peuples Africaines-Branche togolaise (CDPA-BT) représentés par M. Roger Assabou, L'l’Union des Croyants pour la Démocratie (UCD) par le Révérend Père Prospère Sedoh et la Fédération Internationale (UFC-Bénin) représentée par M. Mama Seidi, l’honneur a échu à  M. Gilchrist Olympio de prendre la parole pour son discours d’ouverture des travaux.

D’entrée, il a présenté ses vœux les meilleurs de cette année nouvelle à tout le Peuple Togolais ici et
de par le monde, dans un esprit patriotique de bonheur et de prospérité. Il a ensuite exprimé son désir de voir consacrer « enfin l’avènement de ce Togo de paix et de prospérité qui aura coûté au peuple Togolais tant d’années de lutte, et de sacrifice ». Il n’a pas manqué de déclarer l’objectif de cette rencontre et le grand chantier  qui attend les participant à ce conseil national. Il a exprimé par ailleurs la vision de l’UFC face à la nouvelle situation qui prévaut au Togo après la signature de l’Accord Politique Global (APG), et la position de son parti vis-à-vis de la Communauté Internationale notamment la France, et les grands enjeux qui entendent le peule togolais lors des prochaines législatives prévues pour se tenir en Juin 2007.

Lisez plutôt l’intégralité de son discours.

Discours d’ouverture prononcé par le Président national de l’UFC, M. Gilchrist Olympio

Gilchrist Olympio
Prononçant son discours

Mesdames et Messieurs les membres, du Bureau National de l'Union des Forces de Changement,
Madame et Messieurs les Vice-Présidents de l’UFC,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Partis, frères et amis,
Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et des Organisations Internationales,
Honorables Chefs Traditionnels,
Mesdames et Messieurs les Chefs d'entreprises et opérateurs économiques des secteurs public et privé,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Non Gouvernementales et des Organisations de la Société Civile,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Centrales syndicales,
Madame la Présidente de la Section Dames de l'Union des Forces de Changement,
Monsieur le Président de la Jeunesse des Forces de Changement (JFC),
Mesdames et Messieurs les Présidents et Délégués des Fédérations Nationales de l'UFC,
Monsieur le Président et Mesdames et Messieurs les Délégués de la Fédération Internationale de l'UFC,
Camarades Militantes, Camarades militants, Camarades sympathisantes et sympathisants de l'Union des Forces de Changement,

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs

Au moment où je vais ouvrir les travaux du Conseil National de l’Union des Forces de Changement, mes premières pensées vont à toutes les Togolaises et à tous les Togolais, sans exclusive, ici au Togo et de par le monde, pour leur adresser mes voeux patriotiques de paix, de bonheur et de prospérité pour la nouvelle Année 2007.

Je souhaite que cette année 2007 et les années à venir, consacrent enfin l’avènement de ce Togo de paix et de prospérité qui aura coûté au Peuple togolais tant d'années de lutte, d'efforts et de sacrifices.

Je voudrais à cette occasion saluer le courage de toutes les populations togolaises militantes, leur exprimer la reconnaissance de l’UFC pour leur foi dans notre lutte commune et les assurer de notre engagement résolu à leurs côtés pour le triomphe de la liberté, de la justice et de la démocratie dans notre cher pays, le Togo.

Je m'incline respectueusement devant la mémoire de tous ceux qui sont tombés au cours de cette longue lutte, emportés par !es dérives d'un système implacable. Je prie les familles éplorées de trouver ici l’expression renouvelée de toute notre compassion.

Je rends hommage au courage de tous ceux qui, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, civils et militaires, ont souffert moralement et physiquement et continuent de souffrir encore, victimes de l'injustice, de l'arbitraire et de la discrimination, abusivement licenciés ou mutés de leur poste, emprisonnés, maltraités, torturés et contraints à l’exil pour leurs opinion et appartenance politiques. Je n'oublie pas les réfugiés, les déplacés et tous ceux dont les biens ont été saccagés, pillés, détruits.

Je salue nos invités à ce Conseil National, tout particulièrement les représentants des autres partis de I’opposition démocratique, ceux du Corps diplomatique et des organisations de la société civile ainsi que ceux de la presse. Leur présence nous honore et témoigne de l’intérêt qu'ils portent à nos travaux et du soutien objectif qu’ils apportent aux valeurs de démocratie, de droits humains et d’Etat de droit que nous défendons. Qu’ils soient assurés de notre amitié et de notre reconnaissance. La lutte pour la libération d'un peuple est une noble cause qui concerne tous les hommes de bonne volonté.

Mesdames et Messieurs les Délégués,
Honorables invités,

Cette année 2007 verra la poursuite de la mise en oeuvre de l’Accord Politique Global (APG) signé à Lomé le 20 Août 2006 dans le cadre des 22 engagements souscrits le 14 Avril 2004 par le gouvernement togolais à l'issue des consultations avec l'Union Européenne.

L’APG résulte des exigences de nos populations, relayées par les partis politiques de l’opposition démocratique pour la résolution de la crise politique née des atteintes graves et massives aux droits de l’homme, du déni de démocratie ainsi que des violations de la Constitution et des lois électorales. Cette crise est aggravée par les répressions sanglantes d'avant, pendant et après l'élection présidentielle du 24 Avril 2005.

L'Accord Politique Global, malgré ses insuffisances avérées, est, au regard de ce drame national, un instrument de dernière chance pour rétablir la confiance et la paix entre les Togolais. Il recommande des réformes constitutionnelles et institutionnelles, nécessaires à l'instauration de la démocratie, de l’Etat de droit et de !a bonne gouvernance.

L'APG préconise en particulier la tenue d'élections législatives dont l'organisation et les résultats devront apporter à nous-mêmes et à la Communauté internationale, la preuve que notre pays s'engage résolument dans un processus irréversible de démocratisation et de changement.

L'opinion et l'action de chaque Togolaise et de chaque Togolais sont à cet égard déterminantes, tant pour exprimer les choix que pour faire respecter ceux-ci et les faire traduire dans des actes démocratiques et de paix durables.

Notre Conseil National a précisément pour tâche de définir les stratégies de mobilisation des populations togolaises autour de thèmes qui pourront éclairer les électeurs sur les vrais enjeux des prochaines élections législatives. Il importe à cet effet d'orienter les débats sur la nature profonde et le fonctionnement réel du pouvoir en place et de cibler les problèmes de proximité qui, dans les différents secteurs de développement et sous des aspects économiques, sociaux, politiques et culturels préoccupent les Togolais dans leur vie quotidienne.

C'est également l'occasion de rappeler certaines des propositions contenues dans le Manifeste de notre parti, relatives à la sensibilisation et à la formation professionnelle de la jeunesse ; à l'instauration d'une société où la femme et l’homme seront à égalité de véritables partenaires du développement et de l’action politique à tous les niveaux ; à l'intégration des personnes handicapées ; à la lutte contre le paludisme et la pandémie du sida, et tout ce qui, dans notre projet de société sur l'éradication de la pauvreté, constitue la quintessence de notre politique de solidarité nationale. Ceci, afin de donner une chance égale à tous les Togolais.

Le Conseil National devra en outre, discuter et entériner les positions déjà exprimées au nom du parti, en accord avec le Bureau national, par nos représentants dans les organes de mise en oeuvre de l’Accord Politique Global.

A cet égard, nous nous félicitons de la fermeté avec laquelle l’opposition démocratique, dans un souci de transparence et pour limiter les opportunités de fraude, a exigé et obtenu le mode de recensement permettant la délivrance sur place d'une carte d'électeur numérisée, avec photo et empreinte digitale du titulaire.

Nous ne saurions par contre approuver l'initiative d'introduire le vote dans le mode de décision de la CENI parce qu'elle constitue une violation flagrante de l'esprit et de la lettre de l'APG.

Quant au mode de scrutin, notre préférence va au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, inscrit dans la Constitution massivement approuvée par le Peuple togolais au référendum de septembre 1992.

Le Conseil National, en prévision des prochaines élections législatives, devra procéder à l'examen de questions d'importance pour le Parti, notamment:

- la mise en place des différents Comités d'étude et d'action,
- l'estimation des besoins en ressources humaines et financières,
- l'organisation des moyens de communication,
- la sécurité et la protection de nos candidats au cours de leur campagne,
- la sécurisation de la transmission des résultats des bureaux de vote aux CELI et des CELI à la CENI, etc.

Je fais confiance aux membres du Conseil pour prendre, sur toutes ces questions, des résolutions et recommandations pertinentes garantissant la bonne organisation de notre parti en vue de la victoire.

Le Conseil National devra par ailleurs définir, sur tous les problèmes en rapport avec la mise en œuvre de l’Accord Politique Global, des stratégies conformes aux lignes de réflexion et d'action adoptées par le parti après concertation entre les organes directeurs et les fédérations sur toute l'étendue du pays et qui répondent aux attentes de l'immense majorité de nos populations. Car notre parti, l'Union des Forces de Changement, jouit d'une large audience nationale et d'un privilège indéniable, celui de cristalliser autour de ses valeurs, emblèmes et symboles, une démocratie d'opinion réelle et agissante.

Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,

Aujourd'hui, les populations togolaises, dans leur immense majorité, comprennent et approuvent la non participation de l'UFC au gouvernement dit d'union nationale.

A la vérité, si l’UFC a engagé des discussions préalables dans le cadre d'une consultation bilatérale avec le RPT sur tous les points, y compris les plus délicats comme la réforme de l'armée et ta cessation de l'impunité, et de la corruption, c'est pour déblayer le terrain afin d'éviter tout blocage préjudiciable à l'apaisement.

Dès lors, l'UFC considère que la période de mise en oeuvre de l'APG devrait être celle d'une concertation et d'une cogestion entre toutes les forces politiques.

Le Facilitateur du Dialogue inter togolais, Son Excellence le Président Blaise COMPAORE, Président du FASO, à qui je réitère un hommage sincère et mérité, l'a si bien compris qu'il a proposé que la forme et la composition du gouvernement d'union nationale fassent l'objet de consultations avec les partis politiques et de suggestions par le Comité de Suivi.

Rien de tout cela n'a été pris en compte par le pouvoir. Au contraire, c'est la réédition de toutes les dérives que  nous voulions éviter en allant au Dialogue inter togolais, à savoir  l'affectation d'office et sur une base totalement arbitraire, de plus de la moitié des postes ministériels et non des moindres au parti du Chef de l'Etat; la nomination à des responsabilités ministérielles, comme pour prime à la violence, de personnalités indexées dans les rapports des Nations Unies et des Organisations de défense des droits de l'homme.

Animé du souci constant de répondre aux attentes des populations togolaises, l'UFC ne pouvait pas entrer dans ce gouvernement à des conditions imposées, contraires à l'esprit de I'APG, et aux intérêts des populations togolaises qui, jour après jour, se forment une opinion défavorable sur la mise en oeuvre de I'APG.

LAPG est un état d'esprit qu'il faut comprendre et accepter au nom de la réconciliation et de la paix entre tous les fils de ce pays sans exclusive. Il ne se limite pas à un gouvernement mais constitue une série d'actions et de dispositions qui s'articulent et se complètent. C'est la raison pour laquelle l'UFC demeure dans le processus pour pouvoir participer à sa mise en oeuvre dans les organes appropriés et veiller à ce que les prochaines élections législatives soient transparentes et crédibles pour que des urnes, se dégagent des résultats conformes aux choix des électeurs et proclamés comme tels.

Mesdames, Messieurs,

L'UFC est un parti de grande assise nationale qui se caractérise par une démocratie participative. Une force vivante, présente partout et jusque dans les coins les plus reculés du pays. Elle  porte la marque de l'Ablodé qui a conduit résolument le Peuple togolais à l’indépendance par une stratégie de lutte non violente. Voilà pourquoi nous privilégions la négociation et le dialogue pour arriver au changement avec le programme politique et le projet de société que nous proposons.

Les négociations pour la démocratie, le progrès et la paix dans notre pays m'ont conduit dans nombre de pays comme la France, l'Allemagne, la Belgique, la Grande Bretagne, le Canada, les Etats-Unis d'Amérique et à travers les capitales africaines. Pour la France, chaque fois que l'occasion m'a été donnée, j'ai pris part à nombre de manifestations organisées par la section France de la Fédération Internationale de l’UFC.

J’ai toujours été impressionné par le niveau de conscience et d'engagement de mes compatriotes de la diaspora. En particulier, avant, pendant et après la présidentielle d'avril 2005, la diaspora togolaise a donné la dimension de sa capacité et de sa générosité. Je tiens à adresser à toutes et à tous, mon appréciation et ma considération.

Une vue de l'assistance

Gilchrist Olympio avec des militants

Une vue du corps diplomatique

 

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