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Gilchrist Olympio
Prononçant son discours |
Mesdames et Messieurs les membres, du Bureau National de
l'Union des Forces de Changement,
Madame
et Messieurs les Vice-Présidents de l’UFC,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Partis,
frères et amis,
Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique
et des Organisations Internationales,
Honorables Chefs Traditionnels,
Mesdames et Messieurs les Chefs d'entreprises et
opérateurs économiques des secteurs public et privé,
Mesdames et Messieurs les Représentants des
Organisations Non Gouvernementales et des Organisations
de la Société Civile,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Centrales
syndicales,
Madame
la Présidente de la Section Dames de l'Union des Forces
de Changement,
Monsieur le Président de la Jeunesse des Forces de
Changement (JFC),
Mesdames et Messieurs les Présidents et Délégués des
Fédérations Nationales de l'UFC,
Monsieur le Président et Mesdames et Messieurs les
Délégués de la Fédération Internationale de l'UFC,
Camarades Militantes, Camarades militants, Camarades
sympathisantes et sympathisants de l'Union des Forces de
Changement,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs
Au
moment où je vais ouvrir les travaux du Conseil National
de l’Union des Forces de Changement, mes premières
pensées vont à toutes les Togolaises et à tous les
Togolais, sans exclusive, ici au Togo et de par le
monde, pour leur adresser mes voeux patriotiques de
paix, de bonheur et de prospérité pour la nouvelle Année
2007.
Je
souhaite que cette année 2007 et les années à venir,
consacrent enfin l’avènement de ce Togo de paix et de
prospérité qui aura coûté au Peuple togolais tant
d'années de lutte, d'efforts et de sacrifices.
Je
voudrais à cette occasion saluer le courage de toutes
les populations togolaises militantes, leur exprimer la
reconnaissance de l’UFC pour leur foi dans notre lutte
commune et les assurer de notre engagement résolu à
leurs côtés pour le triomphe de la liberté, de la
justice et de la démocratie dans notre cher pays, le
Togo.
Je
m'incline respectueusement devant la mémoire de tous
ceux qui sont tombés au cours de cette longue lutte,
emportés par !es dérives d'un système implacable. Je
prie les familles éplorées de trouver ici l’expression
renouvelée de toute notre compassion.
Je
rends hommage au courage de tous ceux qui, jeunes et
moins jeunes, hommes et femmes, civils et militaires,
ont souffert moralement et physiquement et continuent de
souffrir encore, victimes de l'injustice, de
l'arbitraire et de la discrimination, abusivement
licenciés ou mutés de leur poste, emprisonnés,
maltraités, torturés et contraints à l’exil pour leurs
opinion et appartenance politiques. Je n'oublie pas les
réfugiés, les déplacés et tous ceux dont les biens ont
été saccagés, pillés, détruits.
Je
salue nos invités à ce Conseil National, tout
particulièrement les représentants des autres partis de
I’opposition démocratique, ceux du Corps diplomatique et
des organisations de la société civile ainsi que ceux de
la presse. Leur présence nous honore et témoigne de
l’intérêt qu'ils portent à nos travaux et du soutien
objectif qu’ils apportent aux valeurs de démocratie, de
droits humains et d’Etat de droit que nous défendons.
Qu’ils soient assurés de notre amitié et de notre
reconnaissance. La lutte pour la libération d'un peuple
est une noble cause qui concerne tous les hommes de
bonne volonté.
Mesdames et Messieurs les Délégués,
Honorables invités,
Cette
année 2007 verra la poursuite de la mise en oeuvre de
l’Accord Politique Global (APG) signé à Lomé le 20 Août
2006 dans le cadre des 22 engagements souscrits le 14
Avril 2004 par le gouvernement togolais à l'issue des
consultations avec l'Union Européenne.
L’APG
résulte des exigences de nos populations, relayées par
les partis politiques de l’opposition démocratique pour
la résolution de la crise politique née des atteintes
graves et massives aux droits de l’homme, du déni de
démocratie ainsi que des violations de la Constitution
et des lois électorales. Cette crise est aggravée par
les répressions sanglantes d'avant, pendant et après
l'élection présidentielle du 24 Avril 2005.
L'Accord
Politique Global, malgré ses insuffisances avérées, est,
au regard de ce drame national, un instrument de
dernière chance pour rétablir la confiance et la paix
entre les Togolais. Il recommande des réformes
constitutionnelles et institutionnelles, nécessaires à
l'instauration de la démocratie, de l’Etat de droit et
de !a bonne gouvernance.
L'APG
préconise en particulier la tenue d'élections
législatives dont l'organisation et les résultats
devront apporter à nous-mêmes et à la Communauté
internationale, la preuve que notre pays s'engage
résolument dans un processus irréversible de
démocratisation et de changement.
L'opinion et l'action de chaque Togolaise et de chaque
Togolais sont à cet égard déterminantes, tant pour
exprimer les choix que pour faire respecter ceux-ci et
les faire traduire dans des actes démocratiques et de
paix durables.
Notre
Conseil National a précisément pour tâche de définir les
stratégies de mobilisation des populations togolaises
autour de thèmes qui pourront éclairer les électeurs sur
les vrais enjeux des prochaines élections législatives.
Il importe à cet effet d'orienter les débats sur la
nature profonde et le fonctionnement réel du pouvoir en
place et de cibler les problèmes de proximité qui, dans
les différents secteurs de développement et sous des
aspects économiques, sociaux, politiques et culturels
préoccupent les Togolais dans leur vie quotidienne.
C'est
également l'occasion de rappeler certaines des
propositions contenues dans le Manifeste de notre parti,
relatives à la sensibilisation et à la formation
professionnelle de la jeunesse ; à l'instauration d'une
société où la femme et l’homme seront à égalité de
véritables partenaires du développement et de l’action
politique à tous les niveaux ; à l'intégration des
personnes handicapées ; à la lutte contre le paludisme
et la pandémie du sida, et tout ce qui, dans notre
projet de société sur l'éradication de la pauvreté,
constitue la quintessence de notre politique de
solidarité nationale. Ceci, afin de donner une chance
égale à tous les Togolais.
Le
Conseil National devra en outre, discuter et entériner
les positions déjà exprimées au nom du parti, en accord
avec le Bureau national, par nos représentants dans les
organes de mise en oeuvre de l’Accord Politique Global.
A cet
égard, nous nous félicitons de la fermeté avec laquelle
l’opposition démocratique, dans un souci de transparence
et pour limiter les opportunités de fraude, a exigé et
obtenu le mode de recensement permettant la délivrance
sur place d'une carte d'électeur numérisée, avec photo
et empreinte digitale du titulaire.
Nous
ne saurions par contre approuver l'initiative
d'introduire le vote dans le mode de décision de la CENI
parce qu'elle constitue une violation flagrante de
l'esprit et de la lettre de l'APG.
Quant
au mode de scrutin, notre préférence va au scrutin
uninominal majoritaire à deux tours, inscrit dans la
Constitution massivement approuvée par le Peuple
togolais au référendum de septembre 1992.
Le
Conseil National, en prévision des prochaines élections
législatives, devra procéder à l'examen de questions
d'importance pour le Parti, notamment:
- la
mise en place des différents Comités d'étude et
d'action,
-
l'estimation des besoins en ressources humaines et
financières,
-
l'organisation des moyens de communication,
- la
sécurité et la protection de nos candidats au cours de
leur campagne,
- la
sécurisation de la transmission des résultats des
bureaux de vote aux CELI et des CELI à la CENI, etc.
Je
fais confiance aux membres du Conseil pour prendre, sur
toutes ces questions, des résolutions et recommandations
pertinentes garantissant la bonne organisation de notre
parti en vue de la victoire.
Le
Conseil National devra par ailleurs définir, sur tous
les problèmes en rapport avec la mise en œuvre de
l’Accord Politique Global, des stratégies conformes aux
lignes de réflexion et d'action adoptées par le parti
après concertation entre les organes directeurs et les
fédérations sur toute l'étendue du pays et qui répondent
aux attentes de l'immense majorité de nos populations.
Car notre parti, l'Union des Forces de Changement, jouit
d'une large audience nationale et d'un privilège
indéniable, celui de cristalliser autour de ses valeurs,
emblèmes et symboles, une démocratie d'opinion réelle et
agissante.
Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,
Aujourd'hui, les populations togolaises, dans leur
immense majorité, comprennent et approuvent la non
participation de l'UFC au gouvernement dit d'union
nationale.
A la
vérité, si l’UFC a engagé des discussions préalables
dans le cadre d'une consultation bilatérale avec le RPT
sur tous les points, y compris les plus délicats comme
la réforme de l'armée et ta cessation de l'impunité, et
de la corruption, c'est pour déblayer le terrain afin
d'éviter tout blocage préjudiciable à l'apaisement.
Dès
lors, l'UFC considère que la période de mise en oeuvre
de l'APG devrait être celle d'une concertation et d'une
cogestion entre toutes les forces politiques.
Le
Facilitateur du Dialogue inter togolais, Son Excellence
le Président Blaise COMPAORE, Président du FASO, à qui
je réitère un hommage sincère et mérité, l'a si bien
compris qu'il a proposé que la forme et la composition
du gouvernement d'union nationale fassent l'objet de
consultations avec les partis politiques et de
suggestions par le Comité de Suivi.
Rien
de tout cela n'a été pris en compte par le pouvoir. Au
contraire, c'est la réédition de toutes les dérives que
nous voulions éviter en allant au Dialogue inter
togolais, à savoir l'affectation d'office et sur une
base totalement arbitraire, de plus de la moitié des
postes ministériels et non des moindres au parti du Chef
de l'Etat; la nomination à des responsabilités
ministérielles, comme pour prime à la violence, de
personnalités indexées dans les rapports des Nations
Unies et des Organisations de défense des droits de
l'homme.
Animé
du souci constant de répondre aux attentes des
populations togolaises, l'UFC ne pouvait pas entrer dans
ce gouvernement à des conditions imposées, contraires à
l'esprit de I'APG, et aux intérêts des populations
togolaises qui, jour après jour, se forment une opinion
défavorable sur la mise en oeuvre de I'APG.
LAPG
est un état d'esprit qu'il faut comprendre et accepter
au nom de la réconciliation et de la paix entre tous les
fils de ce pays sans exclusive. Il ne se limite pas à un
gouvernement mais constitue une série d'actions et de
dispositions qui s'articulent et se complètent. C'est la
raison pour laquelle l'UFC demeure dans le processus
pour pouvoir participer à sa mise en oeuvre dans les
organes appropriés et veiller à ce que les prochaines
élections législatives soient transparentes et crédibles
pour que des urnes, se dégagent des résultats conformes
aux choix des électeurs et proclamés comme tels.
Mesdames, Messieurs,
L'UFC
est un parti de grande assise nationale qui se
caractérise par une démocratie participative. Une force
vivante, présente partout et jusque dans les coins les
plus reculés du pays. Elle porte la marque de l'Ablodé
qui a conduit résolument le Peuple togolais à
l’indépendance par une stratégie de lutte non violente.
Voilà pourquoi nous privilégions la négociation et le
dialogue pour arriver au changement avec le programme
politique et le projet de société que nous proposons.
Les
négociations pour la démocratie, le progrès et la paix
dans notre pays m'ont conduit dans nombre de pays comme
la France, l'Allemagne, la Belgique, la Grande Bretagne,
le Canada, les Etats-Unis d'Amérique et à travers les
capitales africaines. Pour la France, chaque fois que
l'occasion m'a été donnée, j'ai pris part à nombre de
manifestations organisées par la section France de la
Fédération Internationale de l’UFC.
J’ai
toujours été impressionné par le niveau de conscience et
d'engagement de mes compatriotes de la diaspora. En
particulier, avant, pendant et après la présidentielle
d'avril 2005, la diaspora togolaise a donné la dimension
de sa capacité et de sa générosité. Je tiens à adresser
à toutes et à tous, mon appréciation et ma
considération. |