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17  janvier 2007

Éditorial
Rock retourné dans sa boite à Pandore

Samuel Batchati

Elle est difficile à avaler, l’avanie d’une élection qui affiche léchec total du candidat. Le candidat président sortant de la FTF, la Fédération Togolaise de Football. 8 voix, rien que 8 voix et seulement 8 voix après 8 ans passés à la tête de la Fédération. Il ne passe pas le premier tour. Difficile à accepter cette cuisante défaite, cette récompense qui corrobore le passage désastreux de Rock Gnassingbé, lieutenant-colonel, à la tête de la FTF. Une arête de ternissure dans la fierté de celui qui aimait se couvrir de lauriers, « j’ai qualifié le Togo à la CAN et pour la première fois à la coupe du monde », de celui qui aimait à dire que le père leur père, feu Gnassingbé Eyadema a confié la présidence de la république à Faure, la Zone Franche à Kpatcha et la présidence de la FTF à lui. Legs paternels qui ne semblent pas lui échoir si les autres s’attribuent des postes, on se demande encore pour combien de temps. Difficile à avaler cette insulte, la digne insulte.

Il y a donc une semaine, le 9 janvier 2007 , 47 électeurs devaient élire le président de la FTF. Cinq candidats étaient en course : l’ancien président dont on a dit bien de mal après la Bérézina des Eperviers à la  CAN en Egypte et à la coupe du monde en Allemagne, monsieur SAGBO d’Agaza, Avléssi de Masséda, Agbéyomé qu’on a jamais vu la balle à la bouche mais qu’on a récemment vu le cul dans la prison de Kara et Lawson Gallus qui s'est au dernier moment retracté. Les électeurs ont fait leur choix, un choix dans lequel le peuple togolais tout entier se retrouve : Rock n’est plus le président de la FTF, cela est suffisant, cela est bien. Malgré ses menaces au général Gnonfam, président de la CNOT, malgré ses intimidations, malgré ses parades avec militaires et autres sbires, Rock, celui à qui Eyadema aurait légué la FTF n’est pas le bien méritant d’un poste qui décultive la fierté du Togo. 

Le plus difficile à avaler va être la gestion de l’après présidence de la FTF, le retour dans les FAT en tant que militaire, lieutenant-colonel commandant le sous groupement blindé après la morgue qu’il a affichée devant les généraux, son indiscipline, son arrogance. Le treillis va être lourd à porter, les saluts militaires durs à exécuter et l’insolence pénible à rengainer. Comment saluera-t-il tous les généraux dont il avait manqué de respect ? Obéira-t-il ? Pourra-t-on le mettre en taule pour insubordination, insoumission ? C’est vrai que le grade de fils du général Eyadema autorise des impolitesses lorsqu’il dit aux généraux que c’est son père qui leur a donné leurs grades. C’est un bouclier bien plus imposant que celui de président de la FTF.

Il s’est même fait bâtir une superbe demeure au camp du sous groupement blindé à côté de l’Etat-major. Il ne s’était jamais imaginé que la présidence de la FTF lui échapperait un jour. Pour lui il finirait président de la FTF, commandant le sous groupement blindé, résidant au sous groupement blindé. La seconde déception qui risque de lui arriver c’est de se voir muter dans un autre camp. Que fera-t-il de sa demeure ? Ce ne sont que des détails et qui oserait muter un tel militaire pesant le poids lourd  d’héritier d’Eyadema dans l’armée ? Son frère on le sait est ministre des militaires. Kpatcha Gnassingbé demandera-t-il à Rock Gnassingbé de raser sa demeure parce qu’elle est bâtie sur un domaine appartenant à l’armée donc à l’Etat ?

En tout cas Rock Gnassingbé a été renvoyé dans sa boite à Pandore maléfique d’où il était venu nuire au football togolais, gérant les joueurs comme on gérerait des apprentis menuisiers, gérant les clubs ainsi qu’une maîtresse dont on honore plus le lit, la fédération ainsi qu’une revendeuse de jus le ferait de son stock de bissape avarié.  Il est certes trop tôt pour chanter victoire. Mais celle à chanter est l’éviction de Rock d’un tel poste. Cette défaite autorise une lecture large du devenir des Gnassingbé : il sont battables sur tous les terrains pourvu que le cœur des Togolais le veuille bien. Et ceci est un signe prémonitoire quant aux élections législatives et présidentielles à venir. Mais seulement il n' y a pas d'arbitre de la taille de la FIFA pour empêcher que des urnes soient éhontément transportés par des hommes en tenue.

Quant à son avenir il ne regarde d’ailleurs que l’armée. Et si la grosse tête lui prend, si le goût et les honneurs de la présidence lui manquent, il n’est pas exclu qu’on le voit les prochaines années, la Kalachnikov sous la main, courant après Faure pour la présidence de la république. Il est des traditions dont on hérite et les Gnassingbé aiment exagérément les coups d’Etat et la pompe due aux PRESIDENTS. Ce ne serait pas surprenant, cela fera deux ripoux en moins. 

 
 
 
 

 

 
 

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