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Elle
est difficile à avaler, l’avanie d’une élection
qui affiche léchec total du candidat. Le candidat président
sortant de la FTF, la Fédération Togolaise de
Football. 8 voix, rien que 8 voix et seulement 8 voix
après 8 ans passés à la tête de la Fédération.
Il ne passe pas le premier tour. Difficile à accepter cette cuisante défaite, cette récompense
qui corrobore le passage désastreux de Rock Gnassingbé,
lieutenant-colonel, à la tête de la FTF. Une arête de
ternissure dans la fierté de celui qui aimait se
couvrir de lauriers, « j’ai qualifié le Togo
à la CAN et pour la première fois à la coupe du monde »,
de celui qui aimait à dire que le père leur père, feu
Gnassingbé Eyadema a confié la présidence de la république
à Faure, la Zone Franche à Kpatcha et la présidence
de la FTF à lui. Legs paternels qui ne semblent pas lui
échoir si les autres s’attribuent des postes, on se
demande encore pour combien de temps. Difficile à
avaler cette insulte, la digne insulte.
Il
y a donc une semaine, le
9 janvier 2007
, 47 électeurs devaient élire le président de la FTF.
Cinq candidats étaient en course : l’ancien président
dont on a dit bien de mal après la Bérézina des
Eperviers à la CAN
en Egypte et à la coupe du monde en Allemagne, monsieur
SAGBO d’Agaza, Avléssi de Masséda, Agbéyomé qu’on
a jamais vu la balle à la bouche mais qu’on a récemment
vu le cul dans la prison de Kara et Lawson Gallus qui
s'est au dernier moment retracté.
Les électeurs ont fait leur choix, un choix dans lequel
le peuple togolais tout entier se retrouve : Rock
n’est plus le président de la FTF, cela est suffisant,
cela est bien. Malgré ses menaces au général Gnonfam,
président de la CNOT, malgré ses intimidations, malgré
ses parades avec militaires et autres sbires, Rock,
celui à qui Eyadema aurait légué la FTF n’est pas
le bien méritant d’un poste qui décultive la fierté
du Togo.
Le
plus difficile à avaler va être la gestion de l’après
présidence de la FTF, le retour dans les FAT en tant
que militaire, lieutenant-colonel commandant le sous
groupement blindé après la morgue qu’il a affichée
devant les généraux, son indiscipline, son arrogance.
Le treillis va être lourd à porter, les saluts
militaires durs à exécuter et l’insolence pénible
à rengainer. Comment saluera-t-il tous les généraux
dont il avait manqué de respect ? Obéira-t-il ?
Pourra-t-on le mettre en taule pour insubordination,
insoumission ? C’est vrai que le grade de fils du
général Eyadema autorise des impolitesses lorsqu’il
dit aux généraux que c’est son père qui leur a donné
leurs grades. C’est un bouclier bien plus imposant que
celui de président de la FTF.
Il
s’est même fait bâtir une superbe demeure au camp du
sous groupement blindé à côté de l’Etat-major. Il
ne s’était jamais imaginé que la présidence de la FTF lui échapperait un jour. Pour lui il finirait président
de la FTF, commandant le sous groupement blindé, résidant
au sous groupement blindé. La seconde déception qui
risque de lui arriver c’est de se voir muter dans un
autre camp. Que fera-t-il de sa demeure ? Ce ne
sont que des détails et qui oserait muter un tel
militaire pesant le poids lourd d’héritier
d’Eyadema dans l’armée ? Son frère on le sait
est ministre des militaires. Kpatcha Gnassingbé
demandera-t-il à Rock Gnassingbé de raser sa demeure
parce qu’elle est bâtie sur un domaine appartenant à
l’armée donc à l’Etat ?
En
tout cas Rock Gnassingbé a été renvoyé dans sa boite
à Pandore maléfique d’où il était venu nuire au
football togolais, gérant les joueurs comme on gérerait
des apprentis menuisiers, gérant les clubs ainsi
qu’une maîtresse dont on honore plus le lit, la fédération
ainsi qu’une revendeuse de jus le ferait de son stock
de bissape avarié.
Il est certes trop tôt pour chanter victoire.
Mais celle à chanter est l’éviction de Rock d’un
tel poste. Cette défaite autorise une lecture large du
devenir des Gnassingbé : il sont battables sur
tous les terrains pourvu que le cœur des Togolais le
veuille bien. Et ceci est un signe prémonitoire quant
aux élections législatives et présidentielles à
venir. Mais seulement il n' y a pas d'arbitre de
la taille de la FIFA pour empêcher que des urnes soient
éhontément transportés par des hommes en tenue.
Quant
à son avenir il ne regarde d’ailleurs que l’armée.
Et si la grosse tête lui prend, si le goût et les
honneurs de la présidence lui manquent, il n’est
pas exclu qu’on le voit les prochaines années, la
Kalachnikov sous la main, courant après Faure pour la
présidence de la république. Il est des traditions
dont on hérite et les Gnassingbé aiment exagérément
les coups d’Etat et la pompe due aux PRESIDENTS. Ce ne
serait pas surprenant, cela fera deux ripoux en moins. |