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AGORAPRESS

11  janvier 2007

Elections à la FTF: Le chant du cygne pour Rock Gnassingbé

Hans Masro

Terminus. Tout le monde descend. La longue nuit d’incertitutes, de servitudes et d’humiliation traversée par le football togolais connait désormais son pint de chute. Le départ du controversé Rock Gnassingbé de la tête de la FTF etrenne une nouvelle ère pour le football national. L’espoir--porté par Tata Avlessi--est désormais de mise.

Jusqu’au bout de la nuit, jusqu’au bout de sa logique Rock Balakiyèm Gnassingbé aura tenu. En dépit des averses de critiques les unes aussi corrosives que les autres, et faisant fi des piques et des repiques à lui administrées par l’opinion nationale et internationale, Rock n’a guère voulu entre la voix de la sagesse qui en de pareils cas, lui intime l’ordre de se retirer. Englué dans sa tour d’ivoire et faisant confiance à son ego protubérant, et écouatnt surtout les conseils de ses éminences grises, l’officier des FAT a naïvement cru en son étoile. Sûrement qu’il s’est dit en dépit des signaux qui étaient au rouge qu’ “un militaire ne démissionne pas”. La bravoure qui découle de cette maxime s’applique toutefois uniquement dans les circonstances d’entreprises et autres actions nobles et exaltantes.

Complot dejoué
Pour parvenir à leur fin Rock Gnassingbé et ses courtisans ont tout prévu. La stratégie bien goupillée, ils ont même prévu un plan B au cas où la voie normale venait à capoter. A coup d’intimidation et de pression sur les préfets à qui on intimait l’ordre de forcer les présidents de ligues, surtout ceux de l’intérieur du pays à voter pour le “prince”, les stratèges du candidats de la continuité ont eu une autre trouvaille qui jusqu’à quelques heures du scrutin se révéla infaillible et indémontable. Le manège, selon des sources proches de l’organisation de Rock a consisté à promettre trois millions de fcfa aux électeurs afin qu’ils puissent donner leurs voix à Rock. Ce qui lui garantissait une majorité absolue de 30 voix. Une avance d’un million obtenue, les pro-Rock devraient entrer en possession des deux millions restants à une condition: apporter la preuve du respect du deal en photgraphiant par le téléphone portable offert par l’équipe de Rock leur bulletin une fois seul dans l’isoloir. Le tour semblait jouer. La messe dite. Seulement voilà, puisque la justice immanente était à l’oeuvre et avait decide de montrer la porte de sortie à Rock, la Commission Electorale Indépendante (CEI) a eu vent de ces astuces et pris ses dispositions en mettant en place des dispositifs idoines afin de déjouer le complot.

C’est ce qui explique l’interdictionn sans raison apparente d’accéder à la sale du congrès avec des téléphones cellulaires. A partir de ce moment, les proches de Rock faisaient la moue et avaient le masque, voyant venir la fin de la bombance. Surtout que la CEI a corsé davantage les conditions en deplaçant les urnes et les isoloirs qui se retrouvaient du coup dans le champ visuel de l’assistance et surout des représentants de la FIFA et de la CAF qui avient des yeux d’aigle et des oreilles de renard afin de conduire à bien dans la transparence la plus totale ce scrutin qui fera jurisprudence dans d’autres pays en crise au niveau de leurs structures sportives.

Un signal fort

Cette déculottée de Rock puisqu’il s’agit bien d’une, est un signal fort au delà de son caractère purement sportif. Il s’agit d’un défi que le peuple s’est lancé par le truchement du landernau sportif pour distiller le message suivant: “Plus rien ne sera plus comme avant”. En plus, la symbolique de la défaite cuisante de Rock vient de la signification des chiffres qui entourent son maigre score. Rock Gnassingbéen huit ans de gestion n’a récolté que huit voix (au second tour), symbole fortuit ou porteur d’une signification? Les numérologues et autres experts en sciences para-normales pourront nous éclairer. L’autre son de cloche que Rock à l’instar de Don Quichote n’a pu décrypter, est la défaite un peu plus tôt de son mentor et éminence grise Kossivi Reinhardt, sorti de la direction de la Ligue de Lomé un poste qu’il occupait depuis Mathusalem.

Les Togolais ont en outre voulu à travers ce vote, battre en brèche la tendance qui leur colle l’étiquette de lâches et de couards. Ce vent de changement pourra bientôt déteindre sur d’autres secteurs grippés de la vie socio-politique du pays. Rock est tombé et avec lui tout un mythe qui voudrait que la défaite ne soit que l’apanage des autres.

Les événements de ce mardi 9 janvier 2007 resteront à jamais graves dans les mémoires comme un appel permanent à une remise en cause de soi et à l’humilité, car, Dieu dans ses plans a tout prévu, même l’ineffable. Il est lent à la colère, mais, sa furie est irrésistible et indomptable. Qui aurait cru un seul instant que Rock n’allait engranger que huit petites voix sur 47, se faisant même brûler la politesse au finish par le dernier venu, Gabriel Agbéyomé Kodjo (14 voix). Ce dernier selon nos sources bien informées, aurait refuser de donner ses voix à Rock lors du second tour arguant qu’il ne veut pas être condamné par l’histoire de soutenir la forfaiture. Qui aurait cru que Rock Gnassingbé qui a obtenu la tenue à Lomé de la CAN des cadets n’y sera plus partie prenante? Qui aurait cru que le nouveau siège majestueux et flambant neuf de la FTF ne l’acceuillira plus en tant que président? C’est ainsi que se referma les portes de la gloire devant un prince qui n’a pas su bien gérer le legs du peuple souverain qui a fini par lui retirer sa confiance.

Les chantiers du nouveau Bureau de la FTF
Les abysses laissées par Rock et son groupe sont profondes et nécessitent des actions hardies afin de ne pas édulcorer et décevoir les attentes du public qui sera désormais très regardant à l’égard de ce nouveau bureau.

Au nombre des actions urgentes, la reprise du championnat de D1 et le démarrage de celui de D2, de même que l’apport financier indispensable aux équipes qui ont trop tiré la langue sous l’ère Rock. La revitalisation du championnat permettra sans coup férir au football de remonter la pente grâce à la mobilisation record que la venue d’une nouvelle direction à la tête de la FTF va susciter. L’autre maillon essentiel de la tâche d’Hercule qui attend Tata et son équipe demeure le retour de la confiance et de la sérénité au sein du nid des Eperviers, vitrine du fooball national. L’un des prérequis à cette nouvelle donne, démeure également le retour de Stephen Keshi au gouvernail de la sélection nationale. Lui qui a toujours la confiance du public et des joueurs. Les cadets qui, malgré les problèmes sont sur la brèche en vue de la CAN, doivent bénéficier d’une assistance financière et matérielle immédiate afin de se consacrer à cette mission.

Sur le plan infrastructurel, le BE devra s’employer à revoir l’état de délabrement avancé des stades des équipes de l’élite en mettant en place un planning bien cohérent et réaliste. La formation des encadreurs s’impose si l’on veut relever le niveau du football togolais. L’autre chantier important consistera à ranimer (voire réanimer) les championnats scolaires qui jadis étaient un vivier pour les équipes de l’élite. Enfin, les médias du pays et de la diapora dont le rôle a été déterminant dans ce changement à la tête de la FTF doivent désormais faire partie des priorités, car, le football a besoin de tout un ensemble de techniques et d’apports communicationnels afin de booster son image. En somme, le nouveau bureau a du pain sur la planche; cependant, il a le mérite d’avoir la confiance du public, ce qui constitue déjà une source indéniable de motivation, de légitimité  et un substrat sur lequel il pourra puiser pour soulever des montagnes.

Bon vent au nouveau bureau de la FTF afin que rayonne le football togolais.

Hans Masro (Texas USA)

 

 
 
 
 

 

 
 

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