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Jusqu’au bout de la nuit,
jusqu’au bout de sa logique Rock Balakiyèm Gnassingbé
aura tenu. En dépit des averses de critiques les unes
aussi corrosives que les autres, et faisant fi des
piques et des repiques à lui administrées par l’opinion
nationale et internationale, Rock n’a guère voulu entre
la voix de la sagesse qui en de pareils cas, lui intime
l’ordre de se retirer. Englué dans sa tour d’ivoire et
faisant confiance à son ego protubérant, et écouatnt
surtout les conseils de ses éminences grises, l’officier
des FAT a naïvement cru en son étoile. Sûrement qu’il
s’est dit en dépit des signaux qui étaient au rouge qu’
“un militaire ne démissionne pas”. La bravoure qui
découle de cette maxime s’applique toutefois uniquement
dans les circonstances d’entreprises et autres actions
nobles et exaltantes.
Complot dejoué
Pour parvenir à leur fin Rock Gnassingbé et ses
courtisans ont tout prévu. La stratégie bien goupillée,
ils ont même prévu un plan B au cas où la voie normale
venait à capoter. A coup d’intimidation et de pression
sur les préfets à qui on intimait l’ordre de forcer les
présidents de ligues, surtout ceux de l’intérieur du
pays à voter pour le “prince”, les stratèges du
candidats de la continuité ont eu une autre trouvaille
qui jusqu’à quelques heures du scrutin se révéla
infaillible et indémontable. Le manège, selon des
sources proches de l’organisation de Rock a consisté à
promettre trois millions de fcfa aux électeurs afin
qu’ils puissent donner leurs voix à Rock. Ce qui lui
garantissait une majorité absolue de 30 voix. Une avance
d’un million obtenue, les pro-Rock devraient entrer en
possession des deux millions restants à une condition:
apporter la preuve du respect du deal en photgraphiant
par le téléphone portable offert par l’équipe de Rock
leur bulletin une fois seul dans l’isoloir. Le tour
semblait jouer. La messe dite. Seulement voilà, puisque
la justice immanente était à l’oeuvre et avait decide de
montrer la porte de sortie à Rock, la Commission
Electorale Indépendante (CEI) a eu vent de ces astuces
et pris ses dispositions en mettant en place des
dispositifs idoines afin de déjouer le complot.
C’est ce qui explique
l’interdictionn sans raison apparente d’accéder à la
sale du congrès avec des téléphones cellulaires. A
partir de ce moment, les proches de Rock faisaient la
moue et avaient le masque, voyant venir la fin de la
bombance. Surtout que la CEI a corsé davantage les
conditions en deplaçant les urnes et les isoloirs qui se
retrouvaient du coup dans le champ visuel de
l’assistance et surout des représentants de la FIFA et
de la CAF qui avient des yeux d’aigle et des oreilles de
renard afin de conduire à bien dans la transparence la
plus totale ce scrutin qui fera jurisprudence dans
d’autres pays en crise au niveau de leurs structures
sportives.
Un signal fort
Cette déculottée de Rock puisqu’il s’agit bien d’une,
est un signal fort au delà de son caractère purement
sportif. Il s’agit d’un défi que le peuple s’est lancé
par le truchement du landernau sportif pour distiller le
message suivant: “Plus rien ne sera plus comme avant”.
En plus, la symbolique de la défaite cuisante de Rock
vient de la signification des chiffres qui entourent son
maigre score. Rock Gnassingbéen huit ans de gestion n’a
récolté que huit voix (au second tour), symbole fortuit
ou porteur d’une signification? Les numérologues et
autres experts en sciences para-normales pourront nous
éclairer. L’autre son de cloche que Rock à l’instar de
Don Quichote n’a pu décrypter, est la défaite un peu
plus tôt de son mentor et éminence grise Kossivi
Reinhardt, sorti de la direction de la Ligue de Lomé un
poste qu’il occupait depuis Mathusalem.
Les Togolais ont en outre
voulu à travers ce vote, battre en brèche la tendance
qui leur colle l’étiquette de lâches et de couards. Ce
vent de changement pourra bientôt déteindre sur d’autres
secteurs grippés de la vie socio-politique du pays. Rock
est tombé et avec lui tout un mythe qui voudrait que la
défaite ne soit que l’apanage des autres.
Les événements de ce mardi 9
janvier 2007 resteront à jamais graves dans les mémoires
comme un appel permanent à une remise en cause de soi et
à l’humilité, car, Dieu dans ses plans a tout prévu,
même l’ineffable. Il est lent à la colère, mais, sa
furie est irrésistible et indomptable. Qui aurait cru un
seul instant que Rock n’allait engranger que huit
petites voix sur 47, se faisant même brûler la politesse
au finish par le dernier venu, Gabriel Agbéyomé Kodjo
(14 voix). Ce dernier selon nos sources bien informées,
aurait refuser de donner ses voix à Rock lors du second
tour arguant qu’il ne veut pas être condamné par
l’histoire de soutenir la forfaiture. Qui aurait cru que
Rock Gnassingbé qui a obtenu la tenue à Lomé de la CAN
des cadets n’y sera plus partie prenante? Qui aurait cru
que le nouveau siège majestueux et flambant neuf de la
FTF ne l’acceuillira plus en tant que président? C’est
ainsi que se referma les portes de la gloire devant un
prince qui n’a pas su bien gérer le legs du peuple
souverain qui a fini par lui retirer sa confiance.
Les chantiers du nouveau Bureau de la FTF
Les abysses laissées par Rock et son groupe sont
profondes et nécessitent des actions hardies afin de ne
pas édulcorer et décevoir les attentes du public qui
sera désormais très regardant à l’égard de ce nouveau
bureau.
Au nombre des actions urgentes,
la reprise du championnat de D1 et le démarrage de celui
de D2, de même que l’apport financier indispensable aux
équipes qui ont trop tiré la langue sous l’ère Rock. La
revitalisation du championnat permettra sans coup férir
au football de remonter la pente grâce à la mobilisation
record que la venue d’une nouvelle direction à la tête
de la FTF va susciter. L’autre maillon essentiel de la
tâche d’Hercule qui attend Tata et son équipe demeure le
retour de la confiance et de la sérénité au sein du nid
des Eperviers, vitrine du fooball national. L’un des
prérequis à cette nouvelle donne, démeure également le
retour de Stephen Keshi au gouvernail de la sélection
nationale. Lui qui a toujours la confiance du public et
des joueurs. Les cadets qui, malgré les problèmes sont
sur la brèche en vue de la CAN, doivent bénéficier d’une
assistance financière et matérielle immédiate afin de se
consacrer à cette mission.
Sur le plan infrastructurel,
le BE devra s’employer à revoir l’état de délabrement
avancé des stades des équipes de l’élite en mettant en
place un planning bien cohérent et réaliste. La
formation des encadreurs s’impose si l’on veut relever
le niveau du football togolais. L’autre chantier
important consistera à ranimer (voire réanimer) les
championnats scolaires qui jadis étaient un vivier pour
les équipes de l’élite. Enfin, les médias du pays et de
la diapora dont le rôle a été déterminant dans ce
changement à la tête de la FTF doivent désormais faire
partie des priorités, car, le football a besoin de tout
un ensemble de techniques et d’apports communicationnels
afin de booster son image. En somme, le nouveau bureau a
du pain sur la planche; cependant, il a le mérite
d’avoir la confiance du public, ce qui constitue déjà
une source indéniable de motivation, de légitimité et
un substrat sur lequel il pourra puiser pour soulever
des montagnes.
Bon vent au nouveau bureau de
la FTF afin que rayonne le football togolais. |