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L'opposant
togolais en exil au Bénin Eloi
Koussawo a lancé dimanche à la
communauté internationale un appel
pour l'inviter à ouvrir l'oeil et
à se pencher avec plus d'attention
sur le cas togolais. Dans une
interview avec la PANA, M.
Koussawo, qui séjourne à Cotonou
après avoir été refoulé à la
frontière par les services
togolais de l'immigration, a
indiqué que "la communauté
internationale n'est pas sans
savoir ce qui se passe au Togo et
devrait cesser de fermer les yeux
sur les multiples dérapages du
pouvoir en place". "Même si la
résolution du problème togolais
concerne avant tout les Togolais,
la communauté internationale a son
mot à dire pour arrêter la
souffrance des Togolais", a ajouté
le coordinateur général du
Mouvement patriotique du 5-Octobre
(MO5). Ce mouvement est composé de
plusieurs associations de jeunes
ayant participé aux manifestations
qui ont conduit au soulèvement
populaire du 5 octobre 1990 pour
l'instauration de la démocratie au
Togo. M. Koussawo, qui a été
refoulé à la frontière
bénino-togolaise par la Police
togolaise alors qu'il rentrait
d'exil pour présider, le 21
janvier dernier, une marche
pacifique contre le soutien de la
France au pouvoir togolais, s'est
dit "très indigné" par l'attitude
de l'Elysée.
"La France veut-elle qu'on réédite
ce qui se passe en Côte d'Ivoire
avant de savoir qu'elle ne peut
pas soutenir le régime inique de
Faure Gnassingbé", a martelé
l'opposant, qualifiant
d'intolérable et de regrettable la
politique togolaise de la France.
Parlant de l'armée togolaise, M.
Koussawo a martelé: "le Togo ne
possède pas une armée, mais c'est
l'armée qui possède le Togo",
jugeant intolérable cet état de
choses, rendu possible, selon lui,
par le rôle de la France qui
oublie que les Togolais aspirent à
la liberté et à une armée
républicaine.
A ses compatriotes réfugiés dans
les pays voisins, notamment ceux
du camp d'Agamè (Bénin) dont il
est allé s'enquérir de la
situation, Eloi Koussawo suggère
la patience et l'espoir, convaincu
que son pays gagnera un beau jour
la lutte pour la liberté. "Les
jours qui précèdent l'aube sont
très difficiles", a-t-il conclu.
(PANAPRESS) |