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Monsieur le Secrétaire Général de
la Conférence Internationale des
Barreaux de Tradition Commune
(CIB)
- Monsieur le Bâtonnier du Barreau
de Colmar,
-Messieurs les Hauts Magistrats,
-Messieurs les Bâtonniers,
-Monsieur le Bâtonnier de l’Ordre
des Avocats du Togo,
-Mesdames et Messieurs les
Avocats,
Vous avez eu l’heureuse initiative
d’organiser à l’occasion du 25ème Anniversaire
de votre situation et de la
rentrée solennelle de la
Conférence de Stage une cérémonie
qui associe toute la famille
judiciaire et la chancellerie.
Cette initiative que j’apprécie à
sa juste valeur est la marque même
d’une volonté d’agir ensemble pour
le bien de notre pays.
C’est donc avec un réel plaisir et
une grande joie que j’ai accepté
de présider cette cérémonie
solennelle voulant marquer par ce
geste, la volonté renouvelée de
l’Etat de voir sans cesse
progresser la justice
La justice est avec la sécurité
une des fonctions essentielles de
l’Etat. Il ne peut y avoir de
justice sans un Etat construit,
respecté et dont chacun reconnaît
la nécessité et les pouvoirs.
C’est l’Etat qui assure à la
justice toute sa place dans la
société et qui permet que ses
jugements et arrêts soient
exécutés.
Monsieur le Bâtonnier du Barreau
du Togo,
Mesdames et Messieurs les Avocats,
Vous appartenez à une
famille judiciaire quasiment
universelle et la Rentrée
Solennelle nous inaugurons
aujourd’hui chez nous est une
vieille tradition des Ordres des
Avocats de par le monde.
Je suis donc heureux
de voir parmi vous des
représentants des Barreaux
étrangers.
Je voudrais demander aux Barreaux
frères venus de loin et notamment
à Messieurs les Bâtonniers ou
représentants des Barreaux
extérieurs de se sentir au Togo
comme chez eux.
Monsieur le Bâtonnier,
Mesdames et Messieurs les Avocats,
Au nom du gouvernement et en mon
nom personnel, je voudrais vous
exprimer une fois encore notre
reconnaissance pour cette marque
de confiance que vous nous avez
dédiée.
La cérémonie à laquelle nous
sommes invités trouve tout son
sens et sa grandeur dans le thème
même que vous avez choisi pour
l’occasion à savoir « Avocat,
Sentinelle de l’Etat de Droit».
Aussi, je tiens à vous féliciter,
Mesdames et Messieurs les Avocats,
pour le choix d’un thème dont
l’analyse vous conduit au-delà de
votre seule profession et pose la
problématique d’ensemble de la
justice.
L’Avocat est la deuxième pierre
angulaire avec le juge, de tout
système judiciaire qui place
l’Etat de droit et les libertés
des citoyens au centre de ses
objectifs.
Le choix du thème central de ces
journées appelle, de ce fait, de
notre part un regard sur le rôle
de l’Avocat au moment où
l’institution judiciaire suscite
des interrogations et doute sur sa
crédibilité.
En effet, en m’associant à
ce que je voudrais appeler «
une nouvelle marche» de votre
Barreau, vous m’invitez par la
même occasion à livrer quelques
réflexions sur la justice en
général et sur votre profession en
particulier.
Votre profession, j’allais dire
votre sacerdoce, a un caractère
universel.
Partout où la dignité de l’homme
est en cause, qu’il soit riche ou
démuni, en quelque lieu où sa
liberté est menacée, l’Avocat doit
être présent, pour lui apporter
son assistance et lui tendre la
main.
C’est là l’essence même de votre
mission et sa raison d’être.
Mais pour la remplir dans sa
plénitude et la mener à bien avec
toute l’efficacité qu’elle
requiert, plusieurs conditions
sont nécessaires :
- en premier lieu, l’existence
d’un Etat de droit qui implique le
respect de la règle de droit.
Or, vous conviendrez avec moi,
Mesdames et Messieurs les Avocats,
qu’il n’y a pas d’Etat de droit
sans une justice sereine,
objective, efficace et
indépendante de toute pression.
Et c’est ici que votre rôle de
sentinelle de l’Etat de droit a
tout son sens.
Vous devez donc veiller au respect
de la règle de droit pour que se
perfectionne chaque jour l’Etat de
droit auquel nous aspirons tous.
Est-il besoin de rappeler que ce
respect, qui est fondamental,
s’impose à tous, c’est-à-dire à
ceux qui sont chargés d’appliquer
la règle de droit comme à ceux qui
la créent ?
Mission difficile que celle du
juge dans tous les pays du monde,
lorsqu’il a le souci et c’est et
cela que réside son honneur, de
remplir cette mission à l’abri de
toute pression et en toute
indépendance :
-à l’égard du pouvoir qui le
nomme,
-des puissances de l’argent qui
exercent sur lui leur tentation,
-et même de l’Avocat qui le
sollicite,
Mission difficile, disais- je,
mais pas impossible.
Le juge doit tout faire et faire
tout ce qui est en son pouvoir
pour éviter la tentation, celle
qui le rend corrompu et parfois
même corrupteur.
Lors de la cérémonie inaugurale de
l’atelier de validation du
programme de reforme de notre
justice que j’ai personnellement
présidée le 16 Août 2005, j’ai eu
à relever quelques maux dont
souffre l’appareil judiciaire
togolais.
Permettez moi de revenir une fois
encore sur certains de ces cas
pernicieux qui, Mesdames et
Messieurs les Avocats, ne vous
rendent pas la tâche facile.
En effet, nous avons
particulièrement déploré le fait
que :
-le système judiciaire de notre
pays ait généré une nouvelle race
d’auxiliaires judiciaires appelée
«démarcheurs judiciaires»
dont le rôle consiste à servir
d’intermédiaire entre le juge et
le justiciable, moyennant le
versement d’une somme importante ;
le coût de leurs prestations au
demeurant illégales, contribue à
éloigner la justice du
justiciable,
-Et que par-dessus
tout, notre justice soit trop
lente et trop incertaine, et
parfois trop corrompue.
Je ne saurai passer sous silence
la nécessité de supprimer une
catégorie de professionnels qui
tire son existence d’un texte
colonial -qui aujourd’hui est
dépassé par l’ordonnance de 1980-
qui organise la profession
d’Avocat, votre profession,
Mesdames et Messieurs. Il s’agit
de ce qu’il est convenu d’appeler
«agents d’affaires».
Je recommande vivement que les
autorités de réglementation
prennent au sérieux ces
incohérences et harmonisent les
textes afin de permettre aux
Avocats de remplir le rôle qui est
le leur dans l’édification de
l’Etat de droit auquel notre pays
le Togo aspire.
Dans ce travail de construction de
l’Etat de droit, Messieurs les
magistrats, votre rôle est
important, autant devra être votre
travail personnel pour réussir le
rôle qui est le vôtre.
Vous devez vous montrer
respectueux de l’éthique et de la
déontologie professionnelles.
Juge serviteur sans doute, mais
serviteur de la justice seulement,
tel doit-il être.
Mesdames et Messieurs les Avocats,
Je disais plus haut que
pour bien remplir votre mission,
la première condition était
l’exigence d’un Etat de droit qui
implique le respect de la règle de
droit.
La seconde condition,
c’est l’indépendance du juge. Mais
aussi et j’allais dire surtout, il
n’est pas de bonne et libre
collaboration à l’œuvre de justice
sans que soit jalousement
préservée l’indépendance de nos
Barreaux.
L’appartenance à un
Barreau libre est au cœur même de
votre tradition. Elle suppose
l’existence d’un ordre choisissant
librement ses représentants et son
chef, le Bâtonnier, qui reçoivent
notamment, au moment même où ils
sont investis par leurs confrères,
la mission de garantir :
-leur
indépendance
-le libre exercice de la
profession
-l’immunité de la défense
S’agissant de
l’indépendance, votre institution
l’exerce sans contestation comme
en témoignent ses diverses prises
de positions.
Complément essentiel
de l’indépendance de la
magistrature, l’indépendance des
Barreaux doit être totale à
l’égard des puissances de l’agent
et de leurs attraits.
Mais cette
indépendance ne serait qu’un
leurre si elle n’était pas
soutenue par la garantie des
droits fondamentaux sans lesquels
il n’est pas de véritable défense.
-le libre choix de l’Avocat qui
permet à tout justiciable de
désigner son défenseur sans qu’il
lui soit imposé,
-la liberté de parole, partie
intégrante de la dignité de votre
mission et qui confère à l’Avocat
ce droit merveilleux et fascinant
de défendre sans contrainte et
sans autres limites que celles que
lui imposent sa propre conscience
et sa déontologie.
-le secret professionnel qui non
seulement donne à l’Avocat sa
spécificité, mais aussi fait de
lui un auxiliaire de justice
irremplaçable; mais surtout assure
aux justiciables la garantie
nécessaire de trouver en un
défenseur le confident tenu à un
secret absolu.
C’est au respect de
tels principes, Mesdames et
Messieurs les Avocats, que se
mesure la qualité des institutions
judiciaires d’un Etat.
Vous devez perpétuer
ces nobles
idéaux.
Mesdames et Messieurs les Avocats,
Voici vingt cinq ans que votre
institution a été créée; vingt
cinq ans de combats au cours
desquels vous avez contribué dans
votre pays à la construction et au
développement de l’Etat de droit.
Vous nous avez ainsi rappelé dans
le contexte actuel de la
mondialisation de l’Economie, le
caractère universel des Droits de
l’Homme et en particulier des
Droits de la Défense.
Je suis convaincu que ces journées
seront l’occasion de réflexions
fructueuses et nourries grâce aux
témoignages des illustres
personnalités qui sont appelées à
intervenir sur les divers aspects
de votre thème combien pertinent.
Le Togo, notre pays, attend le
fruit de ces réflexions sur la
mission de l’Avocat pour en tirer
le meilleur bénéfice dans le
processus de consolidation de la
gouvernance démocratique.
Je déclare ouverte la rentrée
solennelle du Barreau du Togo.
Je vous remercie
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