Conformément aux 22 engagements
souscrits par le Gouvernement de la République
Togolaise à l’issue des consultations avec l’Union
Européenne dans le but de consolider la démocratie,
le respect des droits de l’homme, et de promouvoir
au Togo un climat de stabilité politique et de paix
sociale propices à la relance de l’économie
nationale et au bien-être des populations, le RPT et
les 5 autres partis signataires de l’Accord cadre de
Lomé du 29 juillet 1999 (CAR, CDPA, CPP, PDR, UFC),
ainsi que les représentants du Gouvernement et 2
organisations de la société civile (GF2D, REFAMPT)
se sont réunis en Dialogue national, à Lomé, du 21
avril 2006 au …à l’initiative du Chef de l’Etat.
En vue d’un bon déroulement de
ses assises, le Dialogue national a mis en place un
bureau comprenant: Me Yawovi AGBOYIBO, Président,
Mme Kissem TCHANGAÏ - WALLA, Vice-présidente et M.
Gilbert BAWARA, Rapporteur.
Le Dialogue national a, par une
approche pragmatique et graduelle, examiné du 28
avril au 16 mai 2006, un ordre du jour ouvert
comportant, outre la révision du cadre électoral,
des problèmes de fond dont, entre autres, le besoin
de réforme de la Constitution et des institutions,
de l’Armée et des autres services de sécurité, la
question de l’impunité, le cas des réfugiés et des
personnes déplacées.
Les débats se sont déroulés dans
un climat de sérénité et de respect mutuel, en
présence d’un représentant de son Excellence M.
Blaise Compaoré, Président du Burkina-Faso, et des
observateurs de la CEDEAO et de l’Union Européenne.
A l’issue de ces débats et des
consultations bilatérales entre les différentes
délégations et le Bureau, les parties prenantes au
Dialogue sont parvenues à un accord politique global
portant sur les 10 points ci-après:
1. la révision du cadre électoral
2. les réformes institutionnelles
3. la réforme de l’Armée et des
autres services de sécurité
4. la question de l’impunité
5. le financement des partis
politiques
6. le cas des réfugiés et des
personnes déplacées
7. la mise en place d’un cadre
permanent de dialogue et de concertation sur des
sujets d’intérêt national
8. la mise en place d’un
mécanisme de suivi de la bonne application des
décisions du Dialogue national
9. la formation d’un nouveau
gouvernement
10. les dispositions finales
1. LA REVISION DU CADRE ELECTORAL
Les parties prenantes au Dialogue
se sont toutes montrées soucieuses d’œuvrer à ce que
les prochaines élections législatives soient
organisées dans des conditions de liberté, d’équité
et de sécurité, conformes aux standards
internationalement admis. Elles ont, dans cette
optique, procédé au réaménagement du cadre électoral
en vigueur sur la base des principes et orientations
se rapportant aux 11 points suivants:
1. les attributions, la
composition de la Commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI) et ses démembrements,
2. les conditions d’éligibilité
aux élections législatives,
3. le mode de scrutin,
4. le découpage électoral,
5. le recensement pour la
confection du fichier électoral,
6. les cartes d’électeurs
infalsifiables,
7. le montant du cautionnement,
8. l’observation des élections,
9. le contentieux des élections
législatives,
10. l’accès équitable aux médias
d’Etat,
11. le quota de sièges pour les
femmes.
1.1 Les attributions, la
composition de la CENI et de ses démembrements
Tirant les enseignements des
précédents processus électoraux, et agissant
conformément à l’engagement n°1.3, les parties
prenantes au Dialogue ont réaffirmé par consensus
leur adhésion aux acquis de l’Accord-cadre de Lomé
concernant les attributions, la composition et les
démembrements de la CENI.
Elles ont toutefois convenu d’y
apporter des améliorations nécessaires à la
transparence, à la liberté et à l’équité des
élections. Elles ont pris à cet égard, les décisions
ci-après:
(i) La Commission Electorale
Nationale Indépendante est rétablie dans sa pleine
mission d’organisation et de supervision des
consultations électorales et référendaires. Elle est
assistée, à sa demande, par l’Administration.
(ii) En plus des partis
politiques, la société civile et l’Administration
sont représentées dans la CENI.
(iii) La CENI ainsi restructurée,
est composée, pour les élections législatives à
organiser dans le cadre de l’exécution des 22
engagements, de 19 membres désignés à raison de :
- 5 par la mouvance
présidentielle (RPT);
- 10 par les 5 autres partis
signataires de l’Accord-cadre de Lomé (CAR, CDPA,
CPP, PDR, UFC) dont 2 par chacun;
- 2 par la société civile, à
raison d’un par chacune des 2 organisations qui
prennent part au dialogue national (GF2D et REFAMPT)
;
- 2 par l’Administration.
La CENI élit en son sein son
Président et les autres membres du Bureau. Le
Président élu est nommé par décret pris en conseil
des Ministres.
(iv) Les démembrements de la CENI
sont allégés et composés comme suit :
(a) Les Commissions Electorales
Locales Indépendantes (CELI) :
9 membres désignés à raison de:
- 2 par l’Administration dont 1
Magistrat : Président
- 2 par la mouvance
présidentielle (RPT);
- 5 par les 5 autres partis
signataires de l’Accord cadre de Lomé (CAR, CDPA,
CPP, PDR, UFC) dont 1 pour chacun
Les membres du bureau de chaque
CELI autres que le Président sont élus par leurs
pairs.
Chaque CELI est assistée dans
l’accomplissement de ses tâches par une commission
technique comprenant des représentants des partis
politiques et de l’Administration.
(b) Les bureaux de vote: 8
membres désignés à raison de :
- 1 par l’Administration :
Président
- 2 par la mouvance
présidentielle (RPT);
- 5 par les 5 autres partis
signataires de l’Accord cadre de Lomé (CAR, CDPA,
CPP, PDR, UFC) dont 1 par chacun;
Les dirigeants des bureaux de
vote autres que le Président sont nommés par la CENI
sur proposition des CELI.
1.2. Les conditions d’éligibilité
Les parties prenantes au Dialogue
recommandent que la condition de délai de résidence
prévue par le code électoral d’avril 2000 issu de
l’Accord-cadre de Lomé soit supprimée pour les
prochaines élections législatives.
1.3. Le mode de scrutin
Les parties prenantes au Dialogue
national conviennent de mettre en place une cellule
chargée de procéder à une étude approfondie des
différents modes de scrutin et de remettre son
rapport au gouvernement dans un délai imparti.
1.4. Le découpage électoral
Au regard de l’accroissement
démographique et des mouvements de populations
consécutifs à l’urbanisation grandissante, les
parties prenantes au Dialogue préconisent que le
découpage électoral qui sous-tend la configuration
actuelle de l’Assemblée Nationale soit revu sur des
bases rationnelles et en respectant le principe de
la continuité territoriale.
Toutefois, étant donné la
complexité des paramètres qu’il conviendrait de
prendre en compte ainsi que des équilibres
historiques qui ont prévalu par le passé, les
parties prenantes au Dialogue ont recommandé qu’une
étude approfondie soit menée sur cette question, sur
la base notamment d’un recensement général de la
population.
Néanmoins, les parties prenantes
au Dialogue ont proposé que, pour les prochaines
élections législatives, une solution appropriée soit
trouvée pour la Commune de Lomé et la Préfecture du
Golfe.
1.5. Le recensement pour la
confection du fichier électoral
En vue d’aboutir à l’organisation
d’élections démocratiques, équitables et crédibles,
les parties prenantes au Dialogue ont convenu de la
nécessité de faire procéder à un recensement
électoral pour obtenir un fichier électoral fiable.
Les modalités de ce recensement
électoral seront déterminées par le Gouvernement.
1.6. Les cartes d’électeurs
infalsifiables
Pour des motifs identiques à ceux
justifiant l’organisation d’un recensement électoral,
les parties prenantes au Dialogue décident que la
CENI prenne des dispositions nécessaires pour
établir des cartes d’électeurs infalsifiables.
Le Dialogue national recommande
que ces cartes infalsifiables soient, si possible,
munies de photo.
1. 7. La réduction du montant du
cautionnement pour les législatives
Afin de tenir compte des
difficultés socio-économiques auxquelles le pays
fait face et en vue de favoriser la participation
des femmes et des citoyens à revenu modeste à la vie
politique nationale, les parties prenantes au
Dialogue se sont accordées sur le principe de la
réduction du montant du cautionnement pour les
élections législatives.
Le taux de cette réduction sera
fixé par le gouvernement.
1.8. L’observation des élections
Conformément à l’engagement n°
1.5, les parties prenantes au Dialogue se sont
engagées à accepter la présence des observateurs
internationaux aux prochaines élections législatives
afin d’attester de la régularité et des conditions
de transparence et de sécurité de son déroulement.
Le Dialogue national recommande à
la CENI d’étudier les conditions de suivi du
processus du scrutin par des observateurs nationaux.
1.9. Le contentieux des élections
législatives
Les parties prenantes au Dialogue
national conviennent, à propos du contentieux des
élections législatives, de ce qui suit :
(i) Le Dialogue national
préconise :
(a) que les organes
compétents procèdent à la recomposition de la Cour
constitutionnelle en veillant à ce que les
personnalités à nommer répondent aux critères de
professionnalisme, de crédibilité et d’indépendance;
(b) qu’en raison des réformes
apportées à la CENI, de la recomposition requise de
la CENI, et des dispositions des points 9.2 et 9.3
ci-après, la sous commission de la CENI chargée du
contentieux électoral soit supprimée.
(ii) En cas de contestation
des inscriptions ou omissions sur les listes
électorales ou des opérations de distribution des
cartes d’électeurs:
- la plainte est soumise à la
Commission Electorale Locale Indépendante (CELI) ;
- la partie non satisfaite de la
décision de la CELI peut introduire un recours
devant la CENI ;
- .la décision de la CENI peut
être déférée devant le Tribunal de Première Instance
territorialement compétent qui statue en dernier
ressort.
(iii) Le contentieux des
candidatures à la députation ainsi que les
contestations concernant les opérations de vote et
.la conformité des résultats proclamés par la CENI
relèvent de la compétence de la Cour
constitutionnelle.
1.10. L’accès équitableaux médias
d’Etat
En vue de favoriser
l’enracinement du pluralisme dans le domaine de
l’information et d’assurer une gestion apaisée des
processus électoraux, les parties prenantes au
Dialogue ont réaffirmé le principe de l’accès
équitable des partis, des candidats et de la société
civile aux médias de service public.
Elles ont reconnu les efforts
actuellement réalisés dans le secteur des médias et
souhaité que ces efforts soient poursuivis et
consolidés.
Elles ont également souhaité que
les médias de service public soient dotés en moyens
et équipements appropriés à leurs missions.
1.11. Le quota de sièges pour les
femmes
Les parties prenantes au Dialogue
se sont engagées à oeuvrer en vue d’assurer la
représentation équitable des femmes dans les
processus électoraux et dans la vie politique
nationale.
Dans cette optique, elles
invitent les partis politiques à s’imposer un
minimum de candidatures pour les femmes aux
élections.
2. LES REFORMES INSTITUTIONNELLES
2.1. Les parties prenantes au
Dialogue se sont accordées sur la nécessité de
procéder à des réformes institutionnelles visant à
consolider la démocratie, l’Etat de droit et la
bonne gouvernance.
2.2. Elles réaffirment que
c’est dans cette optique qu’elles ont examiné et
arrêté au chapitre l du présent accord les points
sur lesquels le code électoral en vigueur doit être
révisé pour que les prochaines élections
législatives soient libres, transparentes et
équitables.
Elles préconisent que les
réformes convenues soient mises en forme de textes
législatifs par un Comité de rédaction en vue de
leur incorporation au code électoral à la diligence
du gouvernement.
2.3. Le Dialogue national,
prenant en compte la complexité des facteurs qui
sous tendent les règles constitutionnelles, a
décidé de mettre en place une commission chargée de
procéder à une étude approfondie des propositions de
révision constitutionnelle formulées lors des débats,
notamment à propos du régime politique approprié au
pays et de ses implications relatives à la
nomination et aux prérogatives du Premier Ministre,
des conditions d’éligibilité au mandat de Président
de la République, de la limitation de la durée du
mandat présidentiel, du Sénat et des règles de
désignation des sénateurs, de la réforme de la Cour
constitutionnelle.
2.4. Les parties prenantes au
Dialogue conviennent que le dossier de réforme de la
justice soit un des chantiers prioritaires du
nouveau gouvernement et de celui qui sera issu des
prochaines élections législatives.
2.5. Le Dialogue national
recommande au nouveau gouvernement de mettre en
place la Commission Nationale des Droits de l’Homme
(CNDH) reformée en son mandat et en son statut,
conformément à l’engagement 2.5.
3. LES PROBLEMES DE SECURITE
3.1 Toutes les délégations
conviennent que des dispositions nécessaires soient
prises en vue de la réaffirmation solennelle et du
respect effectif:
- de la vocation apolitique, du
caractère national et républicain de l’Armée et des
Forces de sécurité, conformément à la Constitution
et aux lois pertinentes du pays;
- de la distinction entre les
fonctions de l’Armée d’une part, et celles de la
Police et de la Gendarmerie d’autre part, de façon à
ce que la première se consacre à sa mission de
défense de l’intégrité du territoire national et les
secondes à leurs missions de maintien de l’ordre et
de la sécurité publique.
3.2 Le Dialogue national
préconise que des personnes ressources soient
désignées pour étudier les problèmes de l’Armée et
des autres Forces de sécurité ainsi que les
solutions à y apporter, avec le concours des
partenaires du Togo.
En raison de la spécificité et de
la complexité des questions relatives aux Forces de
sécurité, le Dialogue national recommande que les
personnes ressources à désigner abordent le problème
avec sérénité en associant étroitement les corps
concernés à l’accomplissement de leur mission.
Ce processus de réformes à
initier par le gouvernement devra s’inscrire dans la
durée, avec la phase de mise en œuvre à réaliser par
le gouvernement qui sera issu des prochaines
élections législatives.
3.3 Dans l’immédiat, 1e
gouvernement prendra toutes les dispositions utiles
afin que les forces de défense et de sécurité
s’abstiennent de toute interférence dans le débat
politique.
3.4 Le Dialogue national
recommande que les effectifs et les moyens d’action
de la police et de la gendarmerie soient renforcés
pour leur permettre d’assumer efficacement leurs
missions.
3.5 Le Dialogue national
exhorte les partis politiques à s’abstenir de tout
ce qui peut être perçu comme des provocations à
l’égard de l’Armée et des Forces de sécurité, et à
œuvrer à une confiance réciproque entre ces
dernières et les populations.
3.6 Le Dialogue national
recommande que soit mis en place, au niveau
national, un mécanisme d’alerte, le cas échéant, des
services compétents à la bonne application des
mesures de sécurisation des activités des partis
politiques et des processus électoraux.
Ce mécanisme dispose de relais au
niveau de la Commune de Lomé et de chaque Préfecture.
Le mécanisme et ses relais sont
composés de représentants des partis politiques, des
autorités administratives et des forces de sécurité.
4. LE PROBLEME DE L’IMPUNITE
4.1. Toutes les délégations
reconnaissent que l’impunité des actes de violence à
caractère politique est un phénomène grave que le
Togo a connu de tout temps notamment à l’occasion
des processus électoraux de 1958 à 2005.
Elles estiment que toutes les
forces vives du pays doivent s’accorder à la
combattre.
4.2. S’agissant des solutions
à rechercher à cet effet, les délégations ont
souligné que le phénomène est complexe et qu’il
requiert à la fois des mesures de vérification des
faits, des actes de réconciliation et des
dispositions de nature à promouvoir la justice et
l’Etat de droit.
Dans cette triple optique:
(a) le Dialogue national
préconise la création d’une Commission chargée de
faire la lumière sur les actes de violence à
caractère politique, commis durant la période allant
de 1958 à ce jour, et d’étudier les modalités
d’apaisement des victimes.
(b) le Dialogue national
recommande que les pouvoirs publics valorisent les
hommes et les femmes de tous bords qui ont la
compétence, l’intégrité et l’esprit d’indépendance
nécessaires au bon fonctionnement des Cours et
Tribunaux, de la Police judiciaire et autres
institutions à qui incombe l’éradication de
l’impunité.
5. LE FINANCEMENT DES PARTIS
POLITIQUES
5.1 Les parties prenantes au
Dialogue adhèrent à l’idée que l’Etat apporte sa
contribution financière aux frais de fonctionnement
des partis politiques et à leurs dépenses de
campagnes électorales.
Elles rappellent à cet effet la
loi n° 91-4 du 12 avril 1991 qui a prévu à l’alinéa
2 de son article 18 que «les partis politiques
bénéficient ... d’une aide financière de
l’Etat. Cette aide est attribuée aux partis ayant
recueilli au moins 5 % des suffrages sur le
plan national aux élections législatives ».
5.2 Le Dialogue national
recommande que le nouveau gouvernement détermine
dans les meilleurs délais, les modalités de
financement des partis politiques par l’Etat.
5.3 Dans le cadre des mesures
à prendre pour une représentation équitable des
femmes dans les institutions, le Dialogue national
convient que soit accordé aux formations politiques
dont les élus aux élections législatives et locales
comporteraient un minimum de femmes à définir, un
bonus proportionnel au nombre des élues.
LE CAS DES REFUGIES ET DES
PERSONNES DEPLACEES
6.1 Toutes les délégations
ont insisté sur l’urgence à tout mettre en œuvre
pour assurer le retour et la réinsertion des
réfugiés et des personnes déplacées.
6.2 Elles soulignent que le
présent accord politique s’inscrit dans cette
perspective dans la mesure où il est de nature à
créer un environnement politique rassurant pour les
réfugiés et les personnes déplacées.
6.3 Le Dialogue décide de
mettre en place un comité ad hoc pour appuyer les
efforts du Haut Commissariat chargé des Rapatriés et
de l’Action Humanitaire dans sa mission
d’organisation et de coordination du processus de
rapatriement et de réinsertion des réfugiés et des
personnes déplacées.
Ce comité prendra attache avec
les réfugiés dans les pays d’accueil respectifs en
vue d’examiner avec eux les voies et moyens
susceptibles d’accélérer leur retour.
7. LA MISE EN PLACE D’UN CADRE
PERMANENT DE DIALOGUE ET DE CONCERTATION SUR LES
SUJETS D’INTERET NATIONAL
Les parties prenantes au Dialogue
reconnaissent toutes le bien fondé du principe de la
création d’un cadre permanent de dialogue et de
concertation sur les sujets d’intérêt national.
Elles conviennent que la fixation
de sa mission, de sa composition et des modalités de
son fonctionnement fassent l’objet d’une étude
approfondie.
8. LA MISE EN PLACE D’UN MECANISME
DE SUIVI DE LA BONNE APPLICATION DES DECISIONS DU
DIALOGUE NATIONAL
Toutes les délégations ont marqué
leur accord sur la mise en place d’un mécanisme de
suivi de la bonne application des décisions du
Dialogue national.
Elles décident qu’il soit
constitué par des représentants des parties
prenantes au Dialogue et aux organisations qui ont
désigné des observateurs pour suivre les travaux.
9. LA FORMATION D’UN NOUVEAU
GOUVERNEMENT
Toutes les délégations ont adhéré
au principe de la formation d’un nouveau
gouvernement et ont déclaré être disposées à y
entrer.
10. LES DISPOSITIONS FINALES
10.1. Toutes les composantes
du Dialogue s’accordent à reconnaître que la
signature du présent accord constitue un élément
significatif du niveau avancé de la réalisation des
22 engagements.
Les parties prenantes au Dialogue
lancent en conséquence à l’Union Européenne, un
appel en vue de la reprise entière de la coopération
avec le Togo, en prenant toutes l’engagement
d’œuvrer à travers les institutions à mettre en
place (Gouvernement, CENI, cadre permanant de
Dialogue, mécanisme de suivi, Commissions de
travail, . . .) à ce que les élections législatives
à organiser dans le cadre de la mise en œuvre des 22
engagements soient libres, transparentes et
équitables.
10.2 Toutes les parties
prenantes au Dialogue s’engagent à promouvoir la
réconciliation nationale et l’instauration d’une
véritable culture de tolérance, de la légalité
républicaine et de l’Etat de droit.
10.3 Les parties prenantes au
Dialogue national conviennent qu’il soit établi à
l’adresse des organes compétents et annexé au
présent accord :(i) le récapitulatif des synthèses
des débats du 28 avril au 16 mai 2006
(ii) la liste, s’il y a lieu, des
points de désaccord persistants à propos desquels
une délégation demanderait qu’il soit recouru à des
facilitateurs ;
(iii) la liste des membres de la
cellule d’étude approfondie du mode de scrutin
(iv) un calendrier détaillé du
processus des prochaines élections législatives avec
toutes les précisions nécessaires concernant
notamment les dates de remise au gouvernement du
rapport de la cellule du mode du scrutin et des
projets de textes législatifs élaborés par la
commission de rédaction de la version révisée du
code électoral, des échéances de l’installation de
la CENI et ses démembrements, de la tenue du scrutin
;
(v) la liste des tâches
spécifiques assignées par le Dialogue national au
nouveau gouvernement;
(vi) la liste des membres du
comité ad hoc pour le retour des réfugiés et des
personnes déplacées ;
(vii) la liste des membres de la
commission d’étude des propositions de révision de
la constitution;
(viii) la liste des membres du
comité de suivi de la bonne application des
décisions du Dialogue.
Fait à Lomé, le ... 2006