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Cette année encore, à moins d’un revirement
spectaculaire de dernière minute, la fête du 13 janvier
aura bel et bien lieu. Déjà les préparatifs vont bon
train. Des soldats, convoyés de Kara, ville natale de
feu Eyadema, donc de l’actuel chef de l’Etat Faure
Gnassingbé, séjournent actuellement dans les locaux de
la foire Togo 2000, s’entraînant pour le défilé |
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Sur
les lieux aujourd’hui (nous sommes en décembre 2006),
précisément sur le Boulevard Eyadema, des ouvriers sont
à pied d’œuvre pour dresser les apatams qui vont abriter
les officiels. C’est autant dire que Faure, fils et
successeur de son père va dans la continuité, bien qu’il
aime à soutenir le contraire en disant : « lui
c’était lui, moi c’est moi ». Réfractaire au
changement malgré le discours, le Rassemblement du
Peuple Togolais (RPT), ancien parti unique et toujours
au pouvoir se prépare à commémorer la date du 13
Janvier. Or c’est à cette date qu’a eu lieu le coup
d’Etat (le premier du genre sur le sol africain)
perpétré en 1963. Coup d’Etat qui a coûté la vie au
premier chef d’Etat togolais élu, Sylvanus Olympio dont
on dit curieusement avoir réhabilité la mémoire. Une
telle réhabilitation, si elle n’est qu’un trompe l’œil
pourrait-elle s’accommoder d’une fête qui rappelle
simplement l’assassinat de Sylvanus il y a 44 ans ?
Pourquoi le jeune président n’a-t-il vraiment pas le
courage de se démarquer des grosses tares du système
dont il a hérité. La célébration du 13 janvier en est
une et aucune explication ne tient la route qui puisse
justifier un tel égoïsme, un tel sadisme du régime RPT.
C’est à croire que même mort, Eyadema dirige encore le
Togo, lui qui tenait tant à célébrer sans gêne
l’assassinat de son prédécesseur dont il avait accepté
de porter le châpeau. Sous Gnasingbé père, cette date,
petit à petit s’est en quelque sorte implantée dans
l’histoire du Togo au point de faire oublier même la
date du 27 avril, date de l’indépendance du Togo qui n’a
vu sa réhabilitation que grâce à ce qu’on a appelé le
vent de l’Est dont le point culminant au Togo fut la
conférence nationale.
Justement, lors de la conférence nationale togolaise
tenue en 1991, les conférenciers avaient planché sur le
problème. Pour eux, cette date évoque des souvenirs
douloureux au Togo et il est donc paradoxal de continuer
à commémorer de façon grandiose cette date. La
conférence l’a dès lors supprimée. Mais rien n’y fit.
Eyadema et les siens ont continué allègrement à fêter à
tel point qu’on en est venu à affirmer que le 13 Janvier
est la fête du RPT : défilé militaire et civil, quelques
décorations et le bal du 13 Janvier sont le menu. C’est
dire donc que la décision de la conférence n’est qu’un
coup d’épée dans l’eau pour feu président soutenu par
l’armée.
Dans tous les cas, le 13 Janvier est une fête de trop
car non seulement il rappelle de mauvais souvenirs aux
Togolais mais encore, il les divise. Et si l’on doit
continuer à la commémorer comme une fête, la politique
de réconciliation qui a été d’ailleurs le thème du
nouveau congrès du RPT démeurera pour longtemps
illusoire. A chaque 13 Janvier il y a ceux qui défilent
et fêtent d’un côté et il y a de l’autre ceux qui ne
fêtent pas, qui sont tristes et se rendent à l’église,
dans le silence et le deuil pour prier pour le repos de
l’âme de leur premier président.
Comment dans un pays qui se veut uni et prospère, les
dirigeants ne doivent-ils pas chercher ce qui unit les
citoyens ? C’est la question qu’on se pose pour dire que
la fête du 13 Janvier est une fête de trop.
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