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29 Déc 2006

Le RPT se prépare à fêter le 13 Janvier

Cette année encore, à moins d’un revirement spectaculaire de dernière minute, la fête du 13 janvier aura bel et bien lieu. Déjà les préparatifs vont bon train. Des soldats, convoyés de Kara, ville natale de feu Eyadema, donc de l’actuel chef de l’Etat Faure Gnassingbé, séjournent actuellement dans les locaux de la foire Togo 2000, s’entraînant pour le défilé

Démis ATTASSIME

Sur les lieux aujourd’hui (nous sommes en décembre 2006), précisément sur le Boulevard Eyadema, des ouvriers sont à pied d’œuvre pour dresser les apatams qui vont abriter les officiels. C’est autant dire  que Faure, fils et successeur de son père va dans la continuité, bien qu’il aime à soutenir le contraire en disant : « lui c’était lui, moi c’est moi ». Réfractaire au changement malgré le discours, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), ancien parti unique et toujours au pouvoir se prépare à commémorer la date du 13 Janvier. Or c’est à cette date qu’a eu lieu le coup d’Etat (le premier du genre sur le sol africain) perpétré en 1963. Coup d’Etat  qui a coûté la vie au premier chef d’Etat togolais élu, Sylvanus Olympio dont on dit curieusement avoir réhabilité la mémoire. Une telle réhabilitation, si elle n’est qu’un trompe l’œil pourrait-elle s’accommoder d’une fête qui rappelle simplement l’assassinat de Sylvanus il y a 44 ans ? Pourquoi le jeune président n’a-t-il vraiment pas le courage de se démarquer des grosses tares du système dont il a hérité. La célébration du 13 janvier en est une et aucune explication ne tient la route qui puisse justifier un tel égoïsme, un tel sadisme du régime RPT.

C’est à croire que même mort, Eyadema dirige encore le Togo, lui qui tenait tant à célébrer sans gêne l’assassinat de son prédécesseur dont il avait accepté de porter le châpeau.  Sous Gnasingbé père, cette date, petit à petit s’est en quelque sorte implantée dans l’histoire du Togo au point de faire oublier même la date du 27 avril, date de l’indépendance du Togo qui n’a vu sa réhabilitation que grâce à ce qu’on a appelé le vent de l’Est dont le point culminant au Togo fut la conférence nationale.

Justement, lors de la conférence nationale togolaise tenue en 1991, les conférenciers avaient planché sur le problème. Pour eux, cette date évoque des souvenirs douloureux au Togo et il est donc paradoxal de continuer à commémorer de façon grandiose cette date. La conférence l’a dès lors supprimée. Mais rien n’y fit. Eyadema et les siens ont continué allègrement à fêter à tel point qu’on en est venu à affirmer que le 13 Janvier est la fête du RPT : défilé militaire et civil, quelques décorations et le bal du 13 Janvier sont le menu. C’est dire donc que la décision de la conférence n’est qu’un coup d’épée dans l’eau pour feu président soutenu par l’armée.

Dans tous les cas, le 13 Janvier est une fête de trop car non seulement il rappelle de mauvais souvenirs aux Togolais mais encore, il les divise. Et si l’on doit continuer à la commémorer comme une fête, la politique de réconciliation  qui a été d’ailleurs le thème du nouveau congrès du RPT démeurera pour longtemps illusoire. A chaque 13 Janvier il y a ceux qui défilent et fêtent d’un côté et il y a de l’autre ceux qui ne fêtent pas, qui sont tristes et se rendent à l’église, dans le silence et le deuil pour prier pour le repos de l’âme de leur premier président.

Comment dans un pays qui se veut uni et prospère, les dirigeants ne doivent-ils pas chercher ce qui unit les citoyens ? C’est la question qu’on se pose pour dire que la fête du 13 Janvier  est une fête de trop.
            

 

 
 
 
 

 

 
 

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