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Une
délégation de la CENI conduite par son Président
Monsieur Tozim POTOPERE, et comprenant sept autres
membres, M. James AMAGLO, M. Biossey Kokou TOZOUN, M.
Adodo K. JOHNSON, M. Delava Jean-Claude KODJO, M.
Tadjidini AMADOU, Mme Henriette O. AMEDJOGBE-KOEVI, Mme
Ami N. NYAME, a été reçue le jeudi 30 novembre 2006 par
le Premier ministre Maître Yawovi Madji AGBOYIBO. |
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La
délégation est venue remettre au Premier ministre un
rapport par lequel la CENI souhaite que le
Gouvernement saisisse le mécanisme d’arbitrage prévu
au point 5.8 de l’Accord Politique Global en vue de
rechercher des solutions à deux difficultés qui
bloquent ses travaux.
(1) La première difficulté soulevée concerne les
modalités du recensement électoral et de la
confection des cartes d’électeurs. Selon le rapport,
la CENI a été confrontée au choix entre deux manières
de procéder au recensement et d’établir les cartes
d’électeurs.
(a) Un premier courant de la CENI propose la
procédure suivante :
• « la préparation et le déploiement du matériel du
recensement ;
• le recensement dans les bureaux de vote ;
• la saisie des listes provisoires à la CENI ;
• la personnalisation des cartes d’électeurs à la
CENI ;
• la distribution des cartes dans les bureaux de vote
;
• l’élaboration du fichier électoral ;
• l’édition des listes d’émargement ».
(b) Le second courant propose :
• « la préparation et le déploiement du matériel de
recensement ;
• l’enregistrement des électeurs, la saisie des noms
et la délivrance immédiate des cartes numérisées avec
photo dans les centres de vote ;
• l’élaboration du fichier électoral ;
• l’édition des listes d’émargement».
Le rapport souligne que nonobstant le nombre
important de séances consacrées au sujet, la CENI
n’est pas parvenue à opérer un choix entre les deux
approches dont les incidences financières ne sont pas
les mêmes.
Elle estime que tant que la divergence persistera,
elle ne sera pas en mesure d’élaborer le budget des
élections et d’enclencher le processus électoral.
(2) La deuxième difficulté soulevée est selon le
rapport, « la préoccupante question de mode de
décision de la CENI, objet du dernier paragraphe du
point (ii) de l’annexe 1 de l’APG ».
Le Premier ministre, après avoir remercié la
délégation pour l’initiative de la rencontre, a
relevé que c’est la première fois que la CENI
l’informe des divergences apparues en son sein sur la
compréhension des dispositions de l’Accord Politique
Global concernant le recensement électoral et la
confection des cartes d’électeurs.
Il a fait observer aux membres de la délégation que
si les divergences en question n’ont pu être
surmontées par la CENI, les parties signataires de
l’Accord Politique Global devraient pouvoir tenter de
contribuer à leur règlement avant qu’il ne soit
recouru au mécanisme d’arbitrage.
A la suite de quoi, il a fait les remarques ci-après
:
(1) A propos de la première difficulté, le Premier
ministre a souligné que les mesures prévues par l’APG
en vue de sécuriser le recensement électoral et la
confection des cartes d’électeurs ne sont pas certes
d’une application aisée, qu’il s’agisse :
• de la délivrance, lors du recensement, des cartes
d’identité nationale pour assurer que toutes les
personnes recensées sont effectivement des togolais (APG
: point 1.2.5) ;
• de la nécessité, au moment de la confection des
cartes d’électeurs infalsifiables, d’assortir ces
cartes de mesures de nature à les sécuriser
c’est-à-dire à établir que les porteurs en sont les
vrais titulaires (APG: point 1.2.6).
Il a relevé que, eu égard à la complexité des
formalités de délivrance des cartes d’identité
nationale (jugement supplétif, certificat d’origine,
certificat de nationalité …) et aux délais que
requiert leur accomplissement, il comprend que le
processus éprouve des difficultés à respecter la
précaution destinée à garantir en amont la fiabilité
du recensement et du fichier électoral.
En revanche a-t-il dit, la CENI doit pouvoir limiter
les conséquences de cette entorse en prenant les
dispositions susceptibles de sauvegarder, au jour du
scrutin, la précaution visant à assurer par la photo
ou une mesure alternative équivalente que la personne
qui se présente dans un bureau de vote avec une carte
d’électeur en est bien le titulaire.
(2) Pour ce qui concerne la deuxième difficulté
relative au mode de prise des décisions de la CENI,
le Premier ministre a fait observer aux membres de la
délégation que tout dépend de la nature du sujet en
délibération. Il a rappelé à ce propos le point 1.3
des 22 engagements qui prévoit que toute décision de
nature à affecter le caractère transparent et
démocratique du processus électoral doit être prise
par consensus. S’agissant de tous autres sujets, à
défaut de consensus, la décision peut être prise par
vote.
Le Premier ministre, pour terminer, a exhorté les
membres de la CENI à tout mettre en œuvre pour faire
aboutir, dans un esprit de consensus, le processus
électoral conformément aux conditions de transparence
et d’équité prescrites par l’Accord politique global. |