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La
semaine dernière, les habitants du canton de Lassa,
s’en sont violemment pris au canton de Soumdina,
tabassant, cassant et détruisant les habitations.
Des champs ont été dévastés. Des cases détruites. La
gendarmerie intervenue a coffré les chefs de village
et le chef canton de Lassa. Mais elle a libéré le
chef canton afin qu’il aille revenir avec les vrais
casseurs. Mais les jeunes, les vieux et les femmes
et même les enfants de ce canton ne l’entendaient de
cette oreille.
Dans l’après-midi de lundi 9 octobre, c’est un monde
fou qui a marché de Lassa à la gendarmerie de la
ville de Kara, soit environ sur plus de 8 kilomètres
au son des tambours et castagnettes. Sur une des
pancartes, on pouvait lire « La justice contre le
canton de Lassa ». Mais à la gendarmerie, ce sont
les bérets rouges qui les ont accueillis à coups de
matraques et de gaz lacrymogène. La mêlée fut telle
qu’il est difficile de dénombrer les blessés.
Jusque-là aucun décès n’est déclaré. Les
manifestants sont rentrés chez eux défaits mais
jurent qu’ils n’en resteront pas là.
A
l’origine,
un problème foncier. Le canton de Lassa reproche au
canton de Soumdina de disposer et de vendre ses
terres. Le forfait, si forfait il y a, porte sur
plus de 400 hectares déjà vendus et sur plusieurs
centaines d’autres hectares en attente d’être
vendus. Le lieu du litige foncier est un village
situé à environ 15 kilomètres au sud-est de Kara, le
village d’Abouda. Les gens de Soumdina vendent des
terrains dans ce village depuis plus d’une dizaine
d’années. Mais les habitants de Lassa ne pouvaient
pas revendiquer parce que feu Général Eyadema avait
pris femme dans ce canton et surtout parce que le
colonel Ernest Gnassingbé y avait acquis plusieurs
hectares. La brutalité de ce dernier ne pouvait
imposer que silence. Il faut dire que tout ce qu’il
y a de grosses légumes à Kara a acquis quelque
espace dans ce village pour la création de fermes
agricoles « après la retraite », disent-ils.
Même le préfet de la Kozah a acquis quelque espace
dans ce village. Alors lorsque la question foncière
d’Abouda a été soulevée, la plainte a atteint le
préfet qui tout de suite se
serait
empressé de donner raison au canton de Soumdina, de
condamner et de renvoyer les gens de Lassa à
d’autres soucis. Ce qui expliquerait
qu’ils soient allés casser.
Géographiquement le village d’Abouda est plus proche
et mitoyen du canton de Lassa que du canton de
Soumdina. Pour que les habitants de Soumdina aillent
à Abouda, ils doivent traverser le canton de Lassa.
Ce qui tout de suite ne justifie pas une telle
propriété.
Cela ressemble textuellement à la situation où les
habitants du canton de Pya avaient revendiqué une
parcelle du canton de Lama à Kara Sud, à plus de 18
kilomètres de Pya. La question avait été tranchée en
fonction de la force, et la force était au gens de
Pya. Et on sait que les solutions trouvées par la
force aux questions délicates sont toujours remises
en cause lorsque la force change de camp. C’est
pourquoi les habitants de Lama se frottent les mains
en suivant de très près le déroulement du litige
foncier entre les cantons de Soumdina et de Lassa.
« Après eux, c’est nous », se contente-t-on
de dire à Lama. Des explosifs à retardement en
perspective.
En
attendant, les habitants du canton de Lassa, défaits
par les bérets rouges, ont promis de revenir avec
des arcs et des flèches. « Nous n’avons pas peur
de leurs fusils », ont scandé les jeunes très
remontés. « Et le préfet nous entendra ».
C’est dire que cette question n’est pas près de
finir. Les développements à venir sont à craindre.
On raconte qu’ils ont téléphoné au président Faure
Gnassingbé pour le mettre en garde contre une
escalade de violence s’il ne fait rien pour résoudre
le problème.
Le
problème foncier à Kara devient de plus en plus
sérieux qu’il urge de
le
résoudre. Il est maintenant une génération de jeunes, oisifs, ivrognes,
irrespectueux
avec pour seule profession, "Vendeurs de
terrains" surtout litigieux. C’est maintenant une bombe a
retardement. Il faudrait surtout que le préfet évite
de faire appel à chaque frémissement de la
population aux bérets rouges du camp Landja qui
tabassent sans quartier et sans réfléchir. Pour le
gouvernement, il n’est vraiment pas tard, qu’un
décret
ministériel ou
présidentiel interrompe le commerce de la
terre. Le pays a énormément à gagner dans cette
entreprise.
Malheureusement comme ceux
qui
doivent prendre des décisions sont ceux qui
achètent, la question de la terre sera le paludisme
bis
du
pays : aucun vaccin ne sera trouvé, et les solutions
curatives ne seront que la violence des militaires.
Sur toute l'étendu du territoire togolais, le
problème foncier est réel, latent et surtout
soignesement évité par les responsables politiques.
Personne n'ose anticiper dans la recherche d'une
solution.
Eh bien, on est assis sur des braises ardentes!
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