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4 Oct 2006

Crise à l’UFC : Accusés  de complicité avec Amah Gnassingbé : deux militants de l’UFC rompent le silence et font des révélations

 Déclaration de Messieurs BODJONA Antoine et ISSA Séydou suite à la déclaration de l’UFC signée de son 3e vice-président

         Suite à la déclaration de l’UFC signée de son 3ème vice-président Patrick Lawson en date du 20 Septembre 2006, nous tenons nous Bodjona Antoine et ISSA Séydou à exprimer notre surprise d’apprendre que c’est accompagné de nous que le Dr Amah Gnassingbé serait allé remettre au Premier Ministre Agboyibo la liste des personnes proposées à leur insu pour faire partie du gouvernement d’union nationale. Même si on convient, compte tenu de notre attachement à la personne du Dr Amah Gnassingbé que nous ne pouvions pas être étrangers à sa démarche, M. Patrick LAWSON ne peut quand même pas citer nos noms aussi gratuitement qu’il l’a fait ! Est-il sûr de l’exactitude de son information car pour le moins que nous puissions dire, elle est fausse et le Premier Ministre à qui cette liste aurait été remise peut attester que ni M. Bodjona Antoine ni M. ISSA Séydou n’avait accompagné le Dr. Amah Gnassingbé à son bureau. Nous ne tenons à relever ce mensonge de M. Patrick Lawson que par principe et non par peur d’être accusés de complicité dans l’acte qu’il a posé, acte que, à part entière nous soutenons dans sa totalité, car selon nous le Dr. Amah Gnassingbé n’a été guidé par nul autre souci que celui de sauvegarder les intérêts du Parti.
            En effet peut-on nier qu’il a reçu des appels téléphoniques des militants tant  de l’intérieur du pays que de la capitale, tous exprimant leur indignation à la suite de la déclaration de M. Gilchrist Olympio, qui de Paris annonçait que son parti l’UFC ne prendrait pas part au gouvernement que formerait le nouveau Premier Ministre Agboyibo ?
N’était-il pas de son devoir que face à ces réactions en chaîne des militants, le Dr. Amah Gnassingbé, en sa qualité de 2ème vice-président, donc le responsable du Parti en l’absence du Président National et du 1er vice-président Bob Akitani convoque ce même jour dimanche 17 septembre au siège du Parti une réunion extraordinaire du Bureau National aux fins de s’enquérir de la suite à réserver à ces inquiétudes ?
            Si on peut observer à cette réunion que peu de membres avaient répondu parce que l’information n’avait pas pu atteindre tout le monde, il est à remarquer que ceux qui étaient présents ont dans leur majorité manifesté les mêmes inquiétudes que celles exprimées par les militants. Cependant sans se hâter de faire une déduction et pour être sûr, le Dr Amah Gnassingbé reporta la question pour un deuxième examen à la réunion ordinaire du lundi 18 septembre 2006… Et ce jour-là tout le bureau présent au grand complet, après avoir regretté que le choix du Premier Ministre n’ait pas été opéré dans les rangs de l’UFC, se prononça sans la moindre fausse note (toutes les instances du parti du nord au sud ayant été consultées) pour la participation du parti au gouvernement.
            Il convient d’ajouter que préalablement à ces réunions, le Bureau avait déjà eu  à se pencher, à l’une de ses précédentes assises sur cette question : à savoir quelle attitude le Parti adopterait au cas extrême où la primature ne reviendrait pas à l’UFC. La réponse unanimement admise était que la Parti participerait à tout prix au gouvernement d’union nationale. Il serait d’ailleurs inconcevable que l’UFC ayant conditionné sa participation à un Gouvernement d’Union Nationale par la signature d’un accord politique, refuse de participer au gouvernement après avoir pris part à la signature de l’accord politique global  du 20 Août 2006. Au demeurant n’est-ce pas en restant à côté du voleur qu’on peut l’empêcher de voler !
            Il est donc clair à la lumière de ce qui précède qu’en acceptant de rentrer au gouvernement, le Dr. Amah Gnassingbé n’a fait que se conformer aux vœux et résolutions de l’immense majorité des militants, nous dirons même qu’il a pris les devants pour parer au vide et à l’isolement dangereux et démobilisateurs que pourrait provoquer l’absence de l’UFC au sein de gouvernement d’Union Nationale ! Surtout que toutes les autres formations de l’opposition dite radicale y sont entrées !
            La démocratie n’est-ce pas la dictature de la majorité ! Que comprendre quand ceux-là même qui oeuvrent pour le respect de la démocratie violent délibérément le principe fondateur de cette démocratie ! N’est-ce pas ridicule ? Cessons de faire preuve d’infantilisme et d’amateurisme politiques auxquels l’UFC semble se condamner irrémédiablement pour faire place au moins pour une fois au réalisme politique qui, en ces circonstances paraît plus adapté à nos intérêts ! Les militants et sympathisants dont le soutien a toujours été sans faille au parti ne sont quand même pas des moutons de panurge. Si jusqu’à présent, ils se sont montrés inconditionnels pour leur confiance à l’UFC à toutes les échéances électorales, ne nous dissimulons pas que l’avènement du régime en place et la politique de détente qui est amorcée même si on croit qu’elle n’est encore pas très significative, a permis l’éclosion de nouvelles formations politiques, et pas des moindres avec lesquelles il faut compter désormais dans l’arène politique nationale. Cela doit nous inciter à afficher un optimisme plus mesuré et à rechercher davantage à mieux galvaniser les militants dans les perspectives des prochaines législatives plutôt qu’à embarrasser ou à les « invectiver » en faisant fi de leur volonté !
            M. Patrick Lawson et consorts au lieu de diaboliser M. Amah Gnassingbé sur la place publique, devaient chercher plutôt à le comprendre et surtout à dissuader le Président national en attirant son attention sur la réaction unanime qui a été celle des militants en faveur de la participation au gouvernement, réaction enregistrée lors des deux réunions du Bureau National.
            Peut-être cela aurait permis au Président Gilchrist Olympio de reconsidérer avant qu’il ne soit trop tard sa décision de se mettre à l’écart du gouvernement alors que plusieurs portefeuilles dit-on, étaient réservés à l’UFC !... Il vaut mieux entrer par la grande porte que par la lucarne !
Quant à ce qui nous concerne particulièrement (Bodjona Antoine et Issa Séydou) nous tenons à faire remarquer que bien que nous ne soyons pas membres du Bureau National, nous ne sommes pas tombés de la dernière pluie : avant d’être de l’UFC, nous étions du CUT et notre parcours dans ce parti d’avant-garde de la lutte pour l’indépendance, nous y avons laissé les traces positives qu’on peut vérifier.
Au demeurant tous les militants de l’UFC dans le nord du pays savent les sacrifices et privations que nous nous sommes souvent imposés dans l’implantation et l’expansion du parti et pour sa défense et cela sans parler des risques et dépenses que nous avons toujours consentis ! Nous n’avons donc pas de leçons de militantisme à recevoir de qui que ce soit, même s’il s’appelle 3ème vice-président de l’UFC.
Si nos prises de positions en faveur de la participation de l’UFC au Gouvernement d’Union Nationale doivent être interprétées de la façon tendancieuse comme nous en avons l’impression, nous disons ce faisant, que si notre préoccupation avait été la recherche des honneurs ou des intérêts matériels, il y a longtemps que nous en serions comblés, ce ne sont pas les occasions qui nous ont manqué… Et si nous n’avons pas succombé à ces tentations hier, ce n’est pas aujourd’hui quand la liberté et la politique d’ouverture sont perceptibles à l’horizon que nous allons nous prostituer. Nous disons aussi que l’importance d’une personne politique ne se mesure pas uniquement au rang qu’elle occupe dans le Parti mais aussi et surtout à son poids électoral et à son efficacité, un rôle totalement ignoré à l’UFC qui fait de nous des militants de seconde zone. On ne s’en plaint pas car cela n’a jamais été notre préoccupation. Mais si demain il y avait scission dans l’UFC croyez-nous, elle n’émanera jamais de  nous !
Le 3ème vice-président a annoncé des sanctions en direction du 2ème vice-président Amah Gnassingbé et sûrement de nous aussi. L’UFC n’en sera pas à sa première prouesse, bien d’autres mesures d’exclusions avait été prises ; l’UFC seule sait ce que ces sanctions lui rapportent… Du « Tsissekedisme » à la Togolaise peut-être !
Quant à nous, nous sommes prêts à toute éventualité et tirerons à l’évidence toutes les conséquence qui s’imposeront.
 
Fait à Lomé le 1er octobre 2006
Les militants Bodjona Antoine et Issa Séydou
 
N.B. Au moment où nous remettions cette déclaration à la Presse, nous signalons que nous avons suivi ce dimanche 1er octobre 2006 un débat à RFI puis une interview de M. Jean-Pierre Fabre à la TVT (Plateau de la Semaine) au cours desquels nous avons été cités ; nous retenons particulièrement les propos désobligeants et provocateurs de M. Jean-Pierre Fabre contre Bodjona Antoine, père précise-t-il, de M. Bodjona Pascal. Notre réponse ne se fera pas attendre.

Ampliations:
-         Président National de l’UFC
-         Bureau National UFC
   

 

 
 
 
 

 

 
 

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