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Les participants au
dialogue intertogolais sont parvenus vendredi soir
à Ouagadougou à un accord destiné à mettre fin à
la crise politique qui secoue le Togo depuis une
douzaine d’années, a annoncé le ministre burkinabè
des Affaires étrangères et de la Coopération.
"Le document a été
paraphé par toutes les délégations", a déclaré
Youssouf Ouédraogo.
Cet "accord politique
global" sera officiellement signé dimanche au
cours d’une cérémonie à Lomé "en présence des
présidents du Togo et des pays voisins", a-t-il
ajouté.
Le texte vise à mettre
fin aux violences politiques récurrentes depuis
1993 au Togo par la formation d’un nouveau
gouvernement et l’organisation d’élections
législatives, le mandat du parlement s’achevant en
octobre 2007.
"Nous sommes très
heureux des efforts fournis et du résultat
d’aujourd’hui", a déclaré le porte-parole de
l’Union des forces de changement (UFC,
opposition), Patrick Lawson, en précisant que cet
accord allait notamment permettre la mise en place
d’un "gouvernement d’unité nationale".
"Quand on va à des
négociations, on ne peut pas tout avoir, mais
l’esprit de conciliation et de consensus a présidé",
a-t-il ajouté.
"C’est un pas décisif
qui vient d’être franchi", s’est également
félicité le porte-parole du Rassemblement du
peuple togolais (RPT, au pouvoir), Pascal Bodjona,
en qualifiant cet accord de "victoire pour le
peuple togolais".
Il a cependant prévenu
que la mise en place de cet accord supposait "la
bonne volonté de chacun". "Il faudrait que la
tolérance et le pardon mutuel puisse animer chacun
des acteurs", a-t-il ajouté.
Ouvert le 21 avril à
Lomé, le dialogue intertogolais était au point
mort depuis début juillet.
Les désaccords portaient
notamment sur la composition de la Commission
électorale nationale indépendante (Céni), les
conditions d’éligibilité à la présidence et la
réforme de l’armée.
Les discussions ont repris le 8 août à Ouagadougou
sous la médiation du président burkinabè Blaise
Compaoré.
L’accord trouvé vendredi
soir reprend la plupart des propositions du projet
d’accord soumis mercredi aux délégués par le
président Compaoré.
La Céni devrait ainsi,
pour les prochaines élections législatives, être
composée de 19 membres: cinq de la mouvance
présidentielle, deux issus de chacun des cinq
partis d’opposition, deux de la société civile et
deux du gouvernement.
L’accord souligne que la
Céni "privilégiera le consensus dans sa prise de
décision".
Le texte supprime
également les conditions de nationalité qui
interdisaient à tout citoyen togolais détenteur
d’une autre nationalité de se présenter aux
élections présidentielles.
Cette suppression était
l’une des revendications principales de l’UFC, le
parti de l’opposant historique Gildchrist Olympio,
dont plusieurs responsables disposent d’une autre
nationalité.
Le dialogue
intertogolais fait partie des engagements
souscrits par le Togo envers l’UE en avril 2004
pour la reprise de la coopération entre les deux
parties, rompue en 1993 pour "déficit démocratique",
après des violences politiques sous la présidence
du général Gnassingbé Eyadéma, décédé en février
2005.
Plusieurs accords ont
été signés depuis 1993, mais n’ont jamais été
appliqués.
SOURCE : Republicoftogo.com
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