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19 Août 2006

Tout le monde d'accord
Les participants au dialogue intertogolais sont parvenus vendredi soir à Ouagadougou à un accord destiné à mettre fin à la crise politique qui secoue le Togo depuis une douzaine d’années, a annoncé le ministre burkinabè des Affaires étrangères et de la Coopération.
 
"Le document a été paraphé par toutes les délégations", a déclaré Youssouf Ouédraogo.
 
Cet "accord politique global" sera officiellement signé dimanche au cours d’une cérémonie à Lomé "en présence des présidents du Togo et des pays voisins", a-t-il ajouté.
 
Le texte vise à mettre fin aux violences politiques récurrentes depuis 1993 au Togo par la formation d’un nouveau gouvernement et l’organisation d’élections législatives, le mandat du parlement s’achevant en octobre 2007.
 
"Nous sommes très heureux des efforts fournis et du résultat d’aujourd’hui", a déclaré le porte-parole de l’Union des forces de changement (UFC, opposition), Patrick Lawson, en précisant que cet accord allait notamment permettre la mise en place d’un "gouvernement d’unité nationale".
 
"Quand on va à des négociations, on ne peut pas tout avoir, mais l’esprit de conciliation et de consensus a présidé", a-t-il ajouté.
 
"C’est un pas décisif qui vient d’être franchi", s’est également félicité le porte-parole du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir), Pascal Bodjona, en qualifiant cet accord de "victoire pour le peuple togolais".
 
Il a cependant prévenu que la mise en place de cet accord supposait "la bonne volonté de chacun". "Il faudrait que la tolérance et le pardon mutuel puisse animer chacun des acteurs", a-t-il ajouté.
 
Ouvert le 21 avril à Lomé, le dialogue intertogolais était au point mort depuis début juillet.
 
Les désaccords portaient notamment sur la composition de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), les conditions d’éligibilité à la présidence et la réforme de l’armée.
Les discussions ont repris le 8 août à Ouagadougou sous la médiation du président burkinabè Blaise Compaoré.
 
L’accord trouvé vendredi soir reprend la plupart des propositions du projet d’accord soumis mercredi aux délégués par le président Compaoré.
 
La Céni devrait ainsi, pour les prochaines élections législatives, être composée de 19 membres: cinq de la mouvance présidentielle, deux issus de chacun des cinq partis d’opposition, deux de la société civile et deux du gouvernement.
 
L’accord souligne que la Céni "privilégiera le consensus dans sa prise de décision".
 
Le texte supprime également les conditions de nationalité qui interdisaient à tout citoyen togolais détenteur d’une autre nationalité de se présenter aux élections présidentielles.
 
Cette suppression était l’une des revendications principales de l’UFC, le parti de l’opposant historique Gildchrist Olympio, dont plusieurs responsables disposent d’une autre nationalité.
 
Le dialogue intertogolais fait partie des engagements souscrits par le Togo envers l’UE en avril 2004 pour la reprise de la coopération entre les deux parties, rompue en 1993 pour "déficit démocratique", après des violences politiques sous la présidence du général Gnassingbé Eyadéma, décédé en février 2005.
 
Plusieurs accords ont été signés depuis 1993, mais n’ont jamais été appliqués.
SOURCE : Republicoftogo.com
   

 

 
 
 
 

 

 
 

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