AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
AgoraPress

31  juillet 2006

Démocratie et quête de liberté au Togo : Un lourd tribut pour la jeunesse
Mathias Akoulansa

Kossi LAWOE
Militant de l'opposition, Demandeur d'asile aux USA / Sous le coup d'un possible rapatriement vers le Togo

Depuis le processus démocratique enclenché dans notre pays dans les années 90, la jeunesse aura été celle qui a payé le plus lourd tribut, ayant  été à l’avant garde du processus.

En effet, nombreux sont ces jeunes à avoir fui leur pays pour se retrouver soit en Europe, en Amérique soit dans les pays voisins pour échapper à la répression et aux harcèlements de tout genre de la part des forces conservatrices.

De 90 à nos jours, ils sont des dizaines de milliers, (40.000 au Bénin et au Ghana suite aux violences d’avril 2005 sans compter bien sûr ceux qui avaient quitté le pays avant), ces militants de l’opposition, à faire les frais des incompréhensions d’une certaine classe politique mue par des intérêts partisans, à vivre les moments difficiles dans leur pays d’asile, s’ils ne sont pas l’objet de menaces d’expulsion.  

Au lendemain de la présidentielle du 1er juin 2003  qui a vu la réélection du feu président Eyadema, certaines localités réputées acquises à l’opposition ont été le théâtre de violences suite aux manifestations organisées par les militants de l’opposition pour protester contre les résultats proclamés par la CENI qui, selon eux, ne reflétaient pas la réalité des urnes. C’est le cas de la préfecture de Zio, précisément la ville de Tsévié, chef lieu de la préfecture, les cantons de Gamé, Gapé, Kovié, Mission-Tové. La répression des forces de l’ordre qui s’en est suivie a été impitoyable pour les jeunes militants qui ont osé protester. En dehors de nombreux morts et blessés, la préfecture a enregistré plusieurs départs en exil. Aujourd’hui, les jeunes qui ont dû, à leur corps défendant, quitter le Togo connaissent des fortunes diverses. Nous citerons le cas de nos compatriotes dans le camp des réfugiés à Agamé dans le département de Lokossa dont 17 au moins sont actuellement en prison au Béni
n.

Il y en a même qui sont sur le coup de l’expulsion dans leur pays de refuge. C’est le cas de Kossi LAWOE, militant très engagé dans la lutte démocratique dans sa localité qui, craignant pour sa sécurité suite à des menaces, intimidations et diverses agressions, a dû fuir son Togo natal pour se réfugier aux USA. D’autres comme AHOSSE  Yaovi réfugié en France sont dans la même situation. Tout simplement parce que les autorités togolaises, à grands bruits, font croire à la communauté internationale que la situation des droits de l’homme s’est améliorée et qu’il n’y aurait plus de crainte pour les réfugiés à rentrer au pays, alors que sur le terrain, il n’en est rien.

C’est le lieu de lancer un appel aux parties au dialogue intertogolais à taire leurs divergences pour arriver à l’essentiel afin de créer les conditions favorables au retour de nos compatriotes réfugiés au quatre coins du monde où ils ne connaissent que misère et désolation.

   

 

 

 
 
 
 

 

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved