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26 avril 2006

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Dialogue inter togolais : ma tête en point d’interrogation
Samuel Batchati

A vos lèvres ! Prêts ? Dialoguez ! Non ! Non ! Faux départ. On recommence. A vos humeurs ! Prêts ? Dialoguez ! Ce n’est pas croyable ! Qu’est-ce que vous pouvez être trop, trop farces ! Recommencez ! Depuis l’âge des ramollissements, des ramonages des consciences, du  redressement des jugements ; depuis la bourrasque de l’est qui en vain tente de renverser l’ordre ancien, depuis, Etienne, depuis Eyadema, depuis Faure, on dialogue, on dialogue et on dialogue. Nationalité : dialogueur. De commencement en recommencement, de piétinements en trépignements, d’harassements en abêtissements, on en est encore là à affiner nos lèvres pour dire cent fois  ce qui a été dit, pour remâcher, ruminer et remastiquer que les Togolais ont besoin de vivre en paix sans pets de canons, ensemble cordialement sans qu’on n’ait recours aux cordes pour prendre et pendre ceux qui ne marquent pas le pas, ceux qui ont des idées torrides aux effluves révolutionnaires,  de vivre dans la justice sans artifice, que la liberté est vérité, que la vérité est le souffle et que le souffle est la vie.

Ainsi donc au commencement était le dialogue. Et rien n’a été fait avec le dialogue. Quoi de plus normal qu’on soit toujours à ouvrir des conciliabules stériles. A l’instar de celui qui s’est ouvert le vendredi 21 avril 2006 à Lomé. En fait d’ouverture, il s’agit de réouverture. Depuis que l’UE a flanqué un pensum de bonne gouvernance au gouvernement de Koffi Sama, pensum en vingt-deux engagements, les Togolais ne vivent et ne jurent que par ces engagements. L’élixir, la panacée obtenue de haute lutte, de mortelles chutes a installé les Togolais dans la culture de la médiocrité politique et dans l’abâtardissement d’une espérance sublime. Comme si l’exécution à la lettre, et à l’esprit, des vingt-deux engagements garantissait une survivance philosophale à tous les Togolais. Alors on est allé de préalables en préalables lesquels nécessitaient d’autres préalables qui exigeaient des préalables encore plus préalables que les premiers. Et ainsi de suite.  

On était encore aux guerres de préalables et de médiateurs lorsque le maestro de tout ce chambardement national a fait la nique à tout le monde en prenant son envol, son vol non retour pour l’éternité le 5 février 2005. Le fils qui lui a succédé a requinqué et géré avec parcimonie cette pagaille, la fructifiant, la rendant plus rentable que jamais, corsant au passage la question successorale au Togo et des fraudes électorales. Prince héritier et mal élu, Faure Gnassingbé n’a pas facilité l'embrouillamini sociopolitique au Togo et mettant tout le peuple togolais et la communauté internationale en capilotade. 

Un an après, on a remis toute cette infecte ratatouille  sur une table, et des tables, les Togolais en ont vu bien d’autres, des en forme d’arêtes de Colmar, des table en forme de cornes de taureaux burkinabé. Il s’était même agi en février 2006 de transbahuter cette parlerie au pays des hommes intègres. Il en a été autrement. Seulement cette fois ci, il semble que ça va être sérieux. Tous sont là. Les prudes et les dévergondés, les m’as-tu-vu et les aventuriers, les revanchards légitimes et les rêveurs, les vrais et faux opposants, les opposants du crue et les opposants falsifiés. Le RPT, le CAR,  la CDPA, l’UFC, le PDR, la CPP, et deux associations de la société civile le GF2D et le REFAMPT. Pour quinze jours. Tout le monde semble avoir une grosse fâcherie au point qu’il est légitime de se demander de quoi va-t-on parler. Des vingt-deux engagements ? Des législatives à venir qui n’en finissent pas de ne pas venir ? De la réforme de l’armée ? Est-ce qu’on parlera du panier de la ménagère qui se ratatine, se rapetisse, se racornit et s’aplatit aplatissant le vendre du togolais ordinaire ? De l’inflation sauvage de tous les produits de première nécessité ?  De la déliquescence de l’autorité et de l’absence patente de l’Etat, d’un Etat au Togo ? Des tueries des dernières élections et de ces milliers de réfugiés ? Dira-t-on à Faure que sa présidence est une imposture et lui demandera-t-on de bien vouloir gentiment et candidement céder le pouvoir à un opposant, à Gilchrist par exemple, ou à Agboyibor  pour que recommence la chamaillerie, la vilaine guéguerre dont cette classe politique incapable et mesquine nous a tant habitué ?

En fait il y a plus urgent : la reconstruction du tissu social, le colmatage des brèches, des lézardes dans le corps social, l’apaisement des mentalités levées et surélevées. Il y a plus urgent : l’avenir du pays. The question? Quel Togo veut-on demain pour les Togolais et non qui sera le président du Togo en l’an 2050 ? That is my question. Quel développement éducationnel, sanitaire, économique, social, culturel faut-il atteindre en l’an 2050 pour que la ‘’relève de demain’’ (sic) longtemps piétinée, n’ait plus à avoir honte de la terre de nos aïeux. Cela est un impératif et c’est la prééminence d’un peuple qui se veut sérieux.

Le reste, stagnant dans des idéologies démocratiques abracadabrantes, dans des projets régressifs  et farfelus de société à la taille de la revanche du faquin président du parti bidule farce, le reste bien entendu et bien sûr, n’est qu’égoïsme morbide. Et lorsqu’on s’accrochera à des vanités pathologiques, tout président fera de ses humeurs des projets de société, de ces courroux des lois républicaines et de ses copains, des ministres. Il faut un objectif commun à atteindre et tout président, qu’il soit opposant ou autre, mobilisera les énergies pour cet objectif. Il est temps que l’on donne à ce pays la chance d’une grande et mémorable floribondité. On nous a débarqué la démocratie dans les biceps et les entrailles comme une gigolette dans un fortin de soldats en manque depuis un siège d’un siècle et en rut, la meute a rué sur la pauvrette pendant que les autres nations se développent. La démocratie dans sa forme physique est une distraction pour les pays africains, l’essentiel et l’utile est ailleurs : dans un contrat commun d’un progrès au pluriel. J’ai parlé.

Nous apprenons que le Dialogue national a adopté un ordre du jour hier qui s'articule autour de 12 points:

Le Dialogue national a ensuite arrêté un ordre du jour général en 12 points :
  1. Le cadre électoral
  2. Le cas des réfugiés et des personnes déplacées
  3. Les réformes institutionnelles (autres que celles examinées au point 1)
  4. Les problèmes de sécurité :  la réforme de l’Armée et des autres Forces de sécurité - Autres questions de sécurité  -
  5. Le problème de l’impunité
  6. Le financement des partis politiques
  7. L’évaluation des 22 engagements et l’examen des propositions pour y apporter des améliorations
  8. Le règlement du contentieux du scrutin présidentiel d’avril 2005
  9.  Appel à la reprise de la coopération

   10. La mise en place d’un cadre permanent de dialogue et de    concertation  sur des sujets d’intérêt national

   11. La mise en place d’un mécanisme de suivi de la bonne application des  décisions du dialogue national

12.
La formation d’un nouveau Gouvernement »
Les participants au Dialogue national ont enfin adopté un calendrier fixant la durée des travaux à quinze (15) jours de séances à compter du lundi 24 avril 2006.

  Fait à Lomé, le 25 avril 2006  
Pour le Dialogue National
Le Président,

Me Yawovi AGBOYIBO

 

 
 

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