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Dans la
matinée du lundi 10 avril 2006, les habitants de
Tchaloutè, un village situé à quelques 15 kilomètres de
Blitta, se sont réveillés surpris par la présence de
gendarmes venus interpeller cinq habitants dudit
village. Hébétés d’incompréhension, les habitants n’ont
pu rien faire. Et c’est seulement dans la soirée que le
pot au rose est découvert.
Il est vrai
que dans le village l’enrichissement soudain de ces cinq
personnes intriguait mais comme il n’y avait aucune
explication à tout cela, on se contentait de subir leur
insolence de nouveaux riches. En fait, de quoi est-il
question ?
En Janvier de
cette année, une voiture a fait un accident à la sortie
nord du village. Ces voitures que nous voyons
quotidiennement sur nos routes achetées par des Maliens,
Nigériens ou Burkinabés. Ainsi c’est l’une d’elle qui
s’est retrouvée dans un ravin tuant sur le champ 1 des
occupants et une femme à l’hôpital de Blitta. On raconte
que celle-ci à l’agonie pleurait son argent. Le
chauffeur grièvement blessé, on ne lui donnait pas une
chance sur mille de survivre. Alors les cinq hommes,
(comment se sont-ils retrouvés sur les lieux), ont porté
secours. En attendant l’arrivée de la gendarmerie qui
doit parcourir plus de 20 kilomètres, ils ont dégagé les
corps, et fait porter le chauffeur blessé à l’hôpital
préfectoral de Blitta. Pour dégager le corps du tué,
ils ont dû enlever les sièges et ont découvert … de
l’argent. Tentant ! C’est au cours de ce secours qu’ils
ont subtilisé dans un sac à main, une somme de 10
millions de francs CFA et remis à la gendarmerie une
somme de 3,5 millions, comme argent trouvé sur les
lieux. Ils n’ont heureusement pas eu accès à
l’attaché-case, lui aussi bourré d’argent.
Il semble donc
que la gendarmerie après enregistrement de tous les
objets trouvés leur aurait même donné une somme de
20 000 francs pour leur peine. Pour leur dire merci.
Tout était
donc nickel. Personne ne pouvait soupçonner que les cinq
secoureurs avaient subtilisé une somme de 10 millions
de francs CFA. Jusqu’à ce lundi 10
avril. Comment la chose s’est-elle ébruitée ?
La gendarmerie
dit que les parents des victimes sont venus réclamer
l’argent. Peu probable. Car si les familles savaient
combien leurs parents avaient au départ, elles ne
peuvent pas savoir combien a été dépensé, à moins qu’ils
aient pris des reçus même pour les dessous de table, et
autres frais de convenance. Vous voyez ce que je veux
dire.
L’hypothèse la
plus probable est que l’un des cinq lascars mécontent du
partage ait trahi les autres. Cette hypothèse est plus
probable parce qu’il semble que le partage des 10
millions aient été inéquitable. Deux des cinq se
seraient taillés la part du lion laissant les miettes
aux trois autres. Le meneur, un détaillant de produits
pétrolier, aurait pris jusqu’à cinq millions, pour
dit-il relancer ses affaires et rembourser plus tard.
Son lieutenant aurait pris 2 millions et les trois
autres se seraient contentés des 3 millions restants.
Tout cela est au conditionnel car nous n’avons pas les
dépositions de ces cinq prévenus.
On raconte que
celui qui a pris les miettes se saoulait la gueule et
pissait même dans les pots de boisson des bonnes femmes
pour ensuite payer après. Le lieutenant lui aurait tout
de suite construit une maison pour lui et pour sa
maîtresse. La gendarmerie a retrouvé chez lui 150 000.
Quant au chef, on ne sait pas ce qu’il a fait de son
argent. La gendarmerie n’a retrouvé que 200 000. Un
autre s’est fait un jolie salon, a acheté un moteur pour
sa voiture en panne depuis des mois. Il semble que le
dernier n’ait pris que 500 000.
Aujourd’hui
ils sont tous les cinq détenus à la gendarmerie de
Blitta en attendant certainement d’être déférés. Mais au
village on dit que celui qui remboursera sa part du
« butin » sera libéré. Ça les villageois le racontent
contents car il semble ces nouveaux riches leur avaient
fait voir de toutes les couleurs. En tout cas pour les
villageois, c’est bien fait pour eux. Car on ne peut
pas parler de bienfait mal récompensé, mais de crime
bien récompensé. |