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27 mars 2006

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Asko - Maranatha: 26ème journée du championnat national de foot: la bataille de Kara n’a pas eu lieu

La 26ème journée du championnat national de football au Togo opposait à Kara Asko de la localité contre Maranatha de Woamé (Kpalimé) ; leader. Mais les populations de Kara devaient en découdre avec cette équipe de Woamé. La rancune tenace, supporters, dirigeants étaient remontés à bloc. En tout cas on peut dire que Maranatha était attendu de biceps fermes.

Justin Hèzu Tiyé

La cause de cette grosse revanche ?
Asko avait déjà joué le match aller à Woamé. Joueurs, dirigeants et spectateurs en sont revenus fâchés, alors là très fâchés, très échaudés. D’abord ils avaient été accueillis sous des huées tribalistes. Les supporters des Messagers, Maranatha, sont même allés jusqu’à frapper certains joueurs parmi ceux des noirs et jaunes de Kara. Le doyen des joueurs d’Asko, Adjangba a été victime de voix de faits et en garde encore des séquelles des violences de Woamé. Le président d’Asko, l’architecte Walla, a été soulagé d’une somme de 100 000 Francs CFA sans qu’il ne puisse élever la moindre protestation. S’agissant de lui l’anecdote est plutôt ridicule : on raconte qu’ayant mordu dans une noix de cola (ce qui est vrai l’architecte Walla croque de la cola) il avait donné le reste de la noix de cola à son voisin (on ne dit pas qui). Les supporters de Woamé ayant observé cette passe de cola ont pensé à une passe de talisman. Ils ont rué sur le président Walla, l’ont contraint à se déshabiller et au passage, en le fouillant ont pris 100 000 Francs.

Quant au jeu proprement dit, les jaunes et noirs de la Kozah et leur entraîneur Barcola Kpatcha, estiment qu’ils ont joué contre les arbitres plutôt que contre les Messagers de Woamé. Battus sur un large score de 4 buts à 0, leur plus lourde défaite depuis la saison, les jaunes et noirs attendaient leur revanche et leur vengeance sur leurs propres installations. Arrivés dans la matinée du mercredi 22 mars 2006 pour le match sans supporters, les joueurs de Woamé ont d’abord payé sur place quelques supporters avec tambours, cors et flûtes. Mais ces supporteurs d’occasions ont vite été intimidés et sont rentrés dans leur gong. La menace qui planait depuis plusieurs semaines était tangible aux abords du stade. Au passage du car des Messagers, des menaces ont été proférées.

Que s’est-il exactement passé ?
Les joueurs de Maranatha ont voulu entrer au stade assis dans leur car par le grand portail, certainement pour échapper aux menaces des supporters de Kara, remontés à bloc. Mais la ligue de Kara et les supporters ne l’entendaient pas de cette oreille. Ils ont exigé que les joueurs descendent du car, entrent par la petite porte et se laissent fouiller. C’en était trop. Les Messagers ont préféré se réfugier au commissariat à à peine 200 mètres du stade. Malgré  les tractations, les Messagers refusent de jouer et donc se font battre sur tapis vert sur un score forfait de 3 – 0. Malgré le cordon de sécurité, de gendarmes et de policiers, malgré les camions de Benz qui ont déversé plusieurs dizaines de bérets rouges, les Messagers ont refusé de jouer. Il faut dire que les spectateurs s’énervaient à la vue de toute cette sécurité et ne comprenaient pas pourquoi cette sécurité déployée à Kara avec panache, n’est autant déployée à Woamé ? Parce que à Woamé, mêmes policiers et gendarmes se mêlent de tabasser les supporters des autres équipes. C’est pourquoi une foule nombreuse s’est rendue au commissariat, décidée à en découdre avec les Messagers. Les Messagers n’ont eu la peau sauve que grâce au renfort des bérets rouges, des gendarmes et des policiers qui ont dû escorter le car des visiteurs, plusieurs kilomètres hors de la ville.

Comment en est-on arrivé là ?
Au sommet la faute, la grosse faute revient à la Fédération Togolaise de Football restée inefficace. Après cet incident, euphémisme oblige, entre Asko et Maranatha au match aller, les dirigeants d’Asko s’étaient plaints contre Maranatha auprès de la fédé. Mais la « fêlée » a préféré garder le silence. Affaire laissée sans suite. Tout a en fait commencé à la 19ème journée sur le terrain de Woamé dans un match opposant les locaux à Gomido de Kpalimé. La « fêlée » de fédé est restée motus et bouche cousue. Aujourd’hui toutes les équipes qui ont joué à Woamé ont à découdre avec Maranatha. On raconte que Doumbé de Mango attend Maranatha avec une grosse revanche comme une grenade. L’explosion fera beaucoup de mal. Lors de la 24ème journée, Agaza FC a pris sa revanche du match aller en aspergeant sur joueurs et dirigeants, une poudre irritante pour la peau. On les a vus se gratter avec agitation comme des singes. La 25ème journée opposait à Woamé, les douaniers de l’AS Douane à Maranatha. Le match n’est pas allé à son terme car interrompu à la 23ème minute alors que les locaux menaient déjà par 2 – 0. Le stade a été alors envahi par les supporters qui estimaient que le premier but avait été marqué sur hors-jeu et le second après une grosse faute que l’arbitre n’avait pas sanctionnée. On peut dire que ce fut une belle mêlée.

Plus directement la cause de ces violences doit être attribuée au président de Maranatha, l’honorable député Améyi, homme d’a-faire, « a » privatif. Il paraît qu’il est friqué comme une outre pleine. Alors, il use de cet argent dans le football. Mais de quelle manière ??? On raconte que les arbitres qui officient les matches à Woamé, sont accueillis chez lui, picolent avec lui, déjeunent et dînent chez lui, logent dans ses appartements, sont véhiculés et c’est ensemble dans sa command car que lui et les arbitres arrivent au terrain. Devant tant de soins et d’égards, les arbitres ne peuvent et ne sifflent qu’en faveur de son équipe. Allez-y savoir le poids des enveloppes qui passent de main à main ! On l’a vu, lui-même se mettre debout et haranguer ses supporters, les inciter aux actes de violence sur les visiteurs. On comprend  pourquoi toutes les équipes gardent à Maranatha un chien de sa chienne. L’honorable député a toujours pris son village de Woamé pour le nombril du monde. N’avait-il pas songé un seul instant que les matches retour se joueraient sur les terrains de ceux qu’il a martyrisés ? La fédération fêlée semble avoir pris fait et cause pour Maranatha jusqu’alors par son mutisme.

Il est temps de mettre un terme à ces violences sur les stades de notre pays. Osons espérer que la rencontre de ce vendredi 24 mars 2006 entre dirigeants des clubs et la fédération résoudra une bonne fois pour toute, la question de la violence et prendra des sanctions adéquates pour tous les fautifs.

La saison dernière, le Dynamique Togolais, sous la férule de Rock Gnassingbé avait usé de force pour être leader. On a pu voir sa médiocre sortie de la Champion’s League africaine. Après un match nul contre le Stade de Mali, le Dynamique a été dynamité au Mali sur un score sans appel de 5 – 0. Rois chez soi, éboueurs ailleurs. C’est ce qui risque d’arriver à Maranatha car toutes les victoires sont des victoires achetées. On verra bien sa sortie l’an prochain dans la Champion’s League africaine. Ce sont là, les incuries du football togolais qui maculent et souillent l’équipe nationale : dessous de table, compromissions, trafics divers. L’heure a sonné d’assainir le football togolais.  

 

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