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La
cause de cette grosse revanche ?
Asko avait déjà joué le match aller à Woamé. Joueurs,
dirigeants et spectateurs en sont revenus fâchés, alors
là très fâchés, très échaudés. D’abord ils avaient été
accueillis sous des huées tribalistes. Les supporters
des Messagers, Maranatha, sont même allés jusqu’à
frapper certains joueurs parmi ceux des noirs et jaunes
de Kara. Le doyen des joueurs d’Asko, Adjangba a été
victime de voix de faits et en garde encore des
séquelles des violences de Woamé. Le président d’Asko,
l’architecte Walla, a été soulagé d’une somme de 100 000
Francs CFA sans qu’il ne puisse élever la moindre
protestation. S’agissant de lui l’anecdote est plutôt
ridicule : on raconte qu’ayant mordu dans une noix de
cola (ce qui est vrai l’architecte Walla croque de la
cola) il avait donné le reste de la noix de cola à son
voisin (on ne dit pas qui). Les supporters de Woamé
ayant observé cette passe de cola ont pensé à une passe
de talisman. Ils ont rué sur le président Walla, l’ont
contraint à se déshabiller et au passage, en le
fouillant ont pris 100 000 Francs.
Quant au jeu proprement dit, les jaunes et noirs de la
Kozah et leur entraîneur Barcola Kpatcha, estiment
qu’ils ont joué contre les arbitres plutôt que contre
les Messagers de Woamé. Battus sur un large score de 4
buts à 0, leur plus lourde défaite depuis la saison, les
jaunes et noirs attendaient leur revanche et leur
vengeance sur leurs propres installations. Arrivés dans
la matinée du mercredi 22 mars 2006 pour le match sans
supporters, les joueurs de Woamé ont d’abord payé sur
place quelques supporters avec tambours, cors et flûtes.
Mais ces supporteurs d’occasions ont vite été intimidés
et sont rentrés dans leur gong. La menace qui planait
depuis plusieurs semaines était tangible aux abords du
stade. Au passage du car des Messagers, des menaces ont
été proférées.
Que
s’est-il exactement passé ?
Les joueurs de Maranatha ont voulu entrer au stade assis
dans leur car par le grand portail, certainement pour
échapper aux menaces des supporters de Kara, remontés à
bloc. Mais la ligue de Kara et les supporters ne
l’entendaient pas de cette oreille. Ils ont exigé que
les joueurs descendent du car, entrent par la petite
porte et se laissent fouiller. C’en était trop. Les
Messagers ont préféré se réfugier au commissariat à à
peine 200 mètres du stade. Malgré les tractations, les
Messagers refusent de jouer et donc se font battre sur
tapis vert sur un score forfait de 3 – 0. Malgré le
cordon de sécurité, de gendarmes et de policiers, malgré
les camions de Benz qui ont déversé plusieurs dizaines
de bérets rouges, les Messagers ont refusé de jouer. Il
faut dire que les spectateurs s’énervaient à la vue de
toute cette sécurité et ne comprenaient pas pourquoi
cette sécurité déployée à Kara avec panache, n’est
autant déployée à Woamé ? Parce que à Woamé, mêmes
policiers et gendarmes se mêlent de tabasser les
supporters des autres équipes. C’est pourquoi une foule
nombreuse s’est rendue au commissariat, décidée à en
découdre avec les Messagers. Les Messagers n’ont eu la
peau sauve que grâce au renfort des bérets rouges, des
gendarmes et des policiers qui ont dû escorter le car
des visiteurs, plusieurs kilomètres hors de la ville.
Comment en est-on arrivé là ?
Au sommet la faute, la grosse faute revient à la
Fédération Togolaise de Football restée inefficace.
Après cet incident, euphémisme oblige, entre Asko et
Maranatha au match aller, les dirigeants d’Asko
s’étaient plaints contre Maranatha auprès de la fédé.
Mais la « fêlée » a préféré garder le silence. Affaire
laissée sans suite. Tout a en fait commencé à la 19ème
journée sur le terrain de Woamé dans un match opposant
les locaux à Gomido de Kpalimé. La « fêlée » de fédé est
restée motus et bouche cousue. Aujourd’hui toutes les
équipes qui ont joué à Woamé ont à découdre avec
Maranatha. On raconte que Doumbé de Mango attend
Maranatha avec une grosse revanche comme une grenade.
L’explosion fera beaucoup de mal. Lors de la 24ème
journée, Agaza FC a pris sa revanche du match aller en
aspergeant sur joueurs et dirigeants, une poudre
irritante pour la peau. On les a vus se gratter avec
agitation comme des singes. La 25ème journée
opposait à Woamé, les douaniers de l’AS Douane à
Maranatha. Le match n’est pas allé à son terme car
interrompu à la 23ème minute alors que les
locaux menaient déjà par 2 – 0. Le stade a été alors
envahi par les supporters qui estimaient que le premier
but avait été marqué sur hors-jeu et le second après une
grosse faute que l’arbitre n’avait pas sanctionnée. On
peut dire que ce fut une belle mêlée.
Plus directement la cause de ces violences doit être
attribuée au président de Maranatha, l’honorable député
Améyi, homme d’a-faire, « a » privatif. Il paraît qu’il
est friqué comme une outre pleine. Alors, il use de cet
argent dans le football. Mais de quelle manière ??? On
raconte que les arbitres qui officient les matches à
Woamé, sont accueillis chez lui, picolent avec lui,
déjeunent et dînent chez lui, logent dans ses
appartements, sont véhiculés et c’est ensemble dans sa
command car
que lui et les arbitres arrivent au terrain. Devant
tant de soins et d’égards, les arbitres ne peuvent et ne
sifflent qu’en faveur de son équipe. Allez-y savoir le
poids des enveloppes qui passent de main à main ! On l’a
vu, lui-même se mettre debout et haranguer ses
supporters, les inciter aux actes de violence sur les
visiteurs. On comprend pourquoi toutes les équipes
gardent à Maranatha un chien de sa chienne. L’honorable
député a toujours pris son village de Woamé pour le
nombril du monde. N’avait-il pas songé un seul instant
que les matches retour se joueraient sur les terrains de
ceux qu’il a martyrisés ? La fédération fêlée semble
avoir pris fait et cause pour Maranatha jusqu’alors par
son mutisme.
Il est temps de mettre un terme à ces violences sur
les stades de notre pays. Osons espérer que la rencontre
de ce vendredi 24 mars 2006 entre dirigeants des clubs
et la fédération résoudra une bonne fois pour toute, la
question de la violence et prendra des sanctions
adéquates pour tous les fautifs.
La saison dernière, le Dynamique Togolais, sous la
férule de Rock Gnassingbé avait usé de force pour être
leader. On a pu voir sa médiocre sortie de la Champion’s
League africaine. Après un match nul contre le Stade de
Mali, le Dynamique a été dynamité au Mali sur un score
sans appel de 5 – 0. Rois chez soi, éboueurs ailleurs.
C’est ce qui risque d’arriver à Maranatha car toutes les
victoires sont des victoires achetées. On verra bien sa
sortie l’an prochain dans la Champion’s League
africaine. Ce sont là, les incuries du football togolais
qui maculent et souillent l’équipe nationale : dessous
de table, compromissions, trafics divers. L’heure a
sonné d’assainir le football togolais. |