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Il y
a
des vices
qui disent véritablement leur
sens : coucher avec une folle.
Les folles sont de plus en
plus victimes des appétits
sexuels de certains hommes aux
intentions floues. Si le
phénomène n’est pas nouveau, il
prend des proportions
inquiétantes à Kara. Plusieurs
femmes malades mentales se sont
retrouvées enceintes, sans
qu’on ne connaisse
véritablement l’identité des
pères géniteurs. Actuellement
on dénombre plus de cinq folles
enceintes et deux qui auraient
déjà accouché. Sur une
population d’environ quinze
folles. Aucune structure
adéquate officielle ne peut
prendre en charge ces enfants.
La seule institution qui peut
s’en occuper demeure le village
d’enfants SOS qui couvre les
enfants orphelins de Dapaong
jusqu’à Atakpamé.
Pourquoi s’en
prendre aux folles quand il y a
des filles de joie à Kara qui
échangerait leurs faveurs
sexuelles contre une bière ? On
ne peut pas parler d’œuvre de
délinquants ou de quelques
maniaques. Les enquêtes menées
indiquent qu’il s’agit presque
toujours de quelques
richissimes commerçants, de
quelques gros bonnets, qui
coucheraient avec ces malades
mentales pour obtenir des
avantages mystiques. Certains
charlatans, marabouts et
diseurs d’avenir demanderaient
en effet à tous ces messieurs
de coucher avec une folle pour
voir leurs affaires prospérer
ou pour obtenir des fonctions
haut placées. Seulement ces
diseurs de « vérité » ne
prédisent pas qu’il pourrait
naître des enfants si les coïts
ne sont pas protégés d’un
préservatif.
Parlant de
préservatif, le risque pour ces
folles de choper des IST ou le
Sida est énorme si plusieurs
personnes pour les mêmes
raisons pataugent dans le même
bain, dans les mêmes
conditions. Si elles tombent
enceintes, c’est qu’elles
peuvent attraper toute sorte de
maladies sexuellement
transmissibles.
Il semblerait
que de l’autre côté, des femmes
riches du grand marché
inviteraient des fous pour leur
faire l’amour à leur domicile.
Elles recueilleraient le sperme
de ces fous pour des pratiques
magiques qui leur procureraient
plus d’argent, plus de bonheur.
« Puisque les fous n’ont pas
coutume de faire souvent
l’amour, elles obtiennent des
quantités suffisantes pour
leurs pratiques mystiques. Il
paraît même que la quantité de
spermatozoïdes contenus dans le
sperme détermine le montant de
l’argent à acquérir »,
confie un sociologue qui a fait
une étude sur la question et
qui a requis l’anonymat. « Les
fous baiseraient bien
semble-t-il en tout cas vu
les membres impressionnants de
certains», indique la même
source.
Si les bonnes
femmes de marché recueillent le
sperme dans les préservatifs,
c’est qu’elles au moins sans le
savoir se protègent des
maladies. Contrairement aux
hommes qui font l’amour à ces
folles sans protection.
Aujourd’hui il est plus que
urgent de protéger les folles
des appétits inavoués des
mâles. On ne peut affecter à
chaque folle un policier. C’est
impossible. Personne ne peut
savoir à quel moment les
malfrats commettent leurs
forfaits. Mais ce qu’on peut
faire, ce que la commune peut
par l’intermédiaire des
services des affaires sociales
ou des centres de santé,
c'est de
placer des implants, d’injecter
ces folles pour éviter qu’elles
ne tombent en grossesse. Mais
puisque la vie des folles ce
n’est pas la préoccupation des
communes, ces folles mettront
au monde des enfants qui plus
tard seront des enfants de la
rue, des délinquants, des
criminels s’ils ne sont sauvés
par une institution de
placement d’enfants.
Est-ce cela le citoyen de
demain ? |