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Le débat fait aujourd’hui rage
en France depuis que l’œil du
parlement a trop regardé, a
regardé avec trop d’insistance
d’ailleurs, sur le fameux « rôle
positif de la colonisation ». Les
médias se relaient la question.
Les élus et les comédiens
dissertent. La question se pose
sans équivoque ni ambiguïté :
revient-il à la loi de dire ou
plutôt de rétablir l’histoire ?
Revient-il à la loi de déplier
ou de tordre les faits passés
camouflés pour quelques
susceptibilités ou pour quelques
raisons d’Etat ? Ou, mode
oblige, pour éviter des
incidents diplomatiques. Les
avis, les thèses sont unanimes :
laisser les historiens faire
leur travail, faire œuvre
scientifique. Restituer
l’histoire telle qu’elle s’est
passée, sans tricherie ni
jonglerie par des investigations
cartésiennes autant que faire se
peut. C’est-à-dire, faire œuvre
de raison. Sans laisser de
place, ou de trace ni aux
impressions ni aux sensibleries.
La surdité et l’inculture
politiques des dirigeants
togolais les installent loin de
ces débats d’intérêt notoire.
Faure Gnassingbé après le décès
de son père Gnassingbé Eyadema à
qui il a succédé par usurpation
de la souveraineté du peuple
togolais, a continué et
entretenu la crétinisation de
tout le peuple togolais. Il a
crée par décret N°2005-081/PR,
du 7/09/05, une Commission de
Réflexion pour la Réhabilitation
de l’Histoire du Togo. Cette
commission avait pour rôle de :
¨
Revisiter toute l’histoire du
Togo
¨
Identifier les grands hommes
d’être immortalisés
¨
Recenser tous les anciens chefs
d’Etat, de gouvernement, les
anciens hauts dignitaires de
l’Etat, décédés ou vivants.
Cette commission avait à sa
tête, Monseigneur Robert Casimir
Dosseh-Anyron, archevêque
émérite de Lomé et de plusieurs
autres valets de l’ancien régime
tels MM. Bitokotipou YAGNINIM,
le vicelard des machines à sous,
le général Séyi MEMENE le
crotale de la Fédération
Togolaise de Football et
Koudjolou DOGO Henri dont on dit
qu’il aurait plusieurs haciendas
au Brésil. Tous cancres du cru
RPT. Le message sonnait clair :
messieurs les bourreaux, écrivez
l’histoire de votre pays, tel
que vous l’avez pillé et ruiné.
Il faut ajouter la présence à
cette coterie du professeur
Nicoué GAYIBOR, pour
certainement donner la teinte
historienne à la démarche. Qui
sait, peut-être le Professeur y
participe-t-il par pur
opportunisme et par calcul
politicien, le rêve de se voir
confier un jour prochain, un
poste ministériel. Sinistre
compromission.
Le grotesque, la commission a
rendu son rapport final le 3
février 2006 sans aucune
réhabilitation de l’histoire, ou
mieux sans aucune
revisitation de l’histoire
du Togo de 1958 au 5 février
2005, date de décès du général
Eyadema. Au point qu’on se
demande à quoi a servi cette
commission ? Black out complet
sur l’assassinat de Sylvanus
Olympio : qui étaient les
commanditaires et la main
exécutrice ? Black out total sur
le coup d’Etat de Nicolas
Grunitzky : qui étaient les
commanditaires et la main
exécutrice ? L’attentat de
Sarakawa : qui étaient les
commanditaires et la main
exécutrice ? Enfin black out sur
les centaines de milliers de
morts depuis l’aube de la
démocratie qui n’en finit pas de
se lever.
Qui a planifié tous ses
attentats ? Il ne revenait pas à
la commission de prononcer des
condamnations mais de dire les
responsabilités. Le peuple
togolais a besoin de savoir, de
connaître son histoire. Par
exemple qui a tué Tavio Amorin ?
Pourquoi l’a-t-on tué.
Si l’histoire c’est rétablir la
vérité, la commission n’a pas
réhabilité l’histoire du Togo.
Si l’histoire c’est la relation
de faits passés soumis à la
lumière de la raison, avec leur
interférence sur les faits
présents et futurs, la
commission avait le devoir de
rendre compte de tous les
crimes, de tous les hauts faits
des Togolais depuis 1958. La
finalité des travaux de la
commission c’était bien sûr,
éduquer par l’information les
Togolais.
Mais l’archevêque avait sa
petite idée sur le sujet : « Pour
faire non pas œuvre d’historien
dans le sens technique du terme »,
puisque si « la raison
intervient dans les
délibérations du cœur de l’homme
et le dictamen de la voix de la
conscience ; elle n’a pas
toujours le dernier mot ».
Inutile de s'hébéter donc
lorsque le même archevêque
déclare hilare sur les antennes
de RFI, le 7 février 2006 que « toute
vérité n’est pas bonne à dire ».
Toutefois le rapport a ce mérite
d’énoncer une vérité
irréfragable que tout politique
doit méditer chaque jour qu’il
réfléchit et agit politique : « la
politique ne peut justifier
aucun comportement anti-humain ».
Hormis cette assertion, le
rapport n’est qu’un chiffon pas
même bon pour emballer les
cacahuètes mais pour garnir les
bureaux de Faure et de sa
clique, sa bande à copains. La
commission demande aussi que
soit réhabilités ou
immortalisés par érection de
panthéons, érection des statues
ou attribution des noms aux
écoles, rues, hôpitaux… les
anciens présidents Sylvanus
Olympio (1958 – 1963), Nicola
Grunitzky (1963 – 1967), Kléber
Dadjo (13 janvier – 14 avril
1967), Gnassingbé Eyadema (14
avril 1967 – 5 Février 2005).
La commission recommande que le
général Eyadema soit déclaré « père
de la nation ». En
fossoyeur incontestablement.
Ce que le peuple togolais
attendait de Faure après sa
montée tapageuse au pouvoir, ce
n’était pas une commission
ridicule et inutile. Mais une
commission vérité et
réconciliation. C’etait deja
assez louable d’entendre Faure
dire : « nous ne sommes
pas
fiers de tout ce qui s’est
passé, mais nous l’assumons. »
(cf conférence radio a l’ONU
l’an dernier.) Les Togolais ont
besoin d’une tribune pour vider
leur rancœur, pour purger leur
cœur. La réhabilitation de
l’histoire togolaise incombe aux
historiens. Et si les historiens
togolais n’ont pas la trempe
scientifique, l’histoire d’un
pays n’appartient pas à ce seul
pays. Bien d’autres rétabliront
la vérité. Avec cette grotesque
farce, que Monseigneur
l’archevêque ne rêve pas de
facto d’une réconciliation
nationale ni d’un pardon. Il y a
quelques jours nous écrivions
dans
« Faure, président ou
centaure des crimes d’Eyadema »
que le pardon naît lorsque la
faute est avouée et le coupable
connu. Comment pardonner dans
l’ignorance et qui pardonner ?
Pourquoi ? Ces questions sont
simples mais essentielles. C’est
dans leur essentialité que se
trouve la démarche pour un
pardon – pas une revanche – et
surtout l’oubli du cœur. C’est
dans l’oubli de la faute que se
trouve le pardon. Sinon on
pardonne sans oublier. Cela
Monseigneur, on ne le vous
enseignera pas en cachant les
vérités mauvaises à dire. |