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Éditorial

10 fevrier 2006

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Un panthéon pour les présidents : les pères de l’indépendance et de la nation dans la même loge
Samuel Batchati

Le débat fait aujourd’hui rage en France depuis que l’œil du parlement a trop regardé, a regardé avec  trop d’insistance d’ailleurs, sur le fameux « rôle positif de la colonisation ». Les médias se relaient la question. Les élus et les comédiens  dissertent. La question se pose sans équivoque ni ambiguïté : revient-il à la loi de dire ou plutôt de rétablir l’histoire ? Revient-il à la loi de déplier ou de tordre les faits passés camouflés pour quelques susceptibilités ou pour quelques raisons d’Etat ? Ou, mode oblige,  pour éviter des incidents diplomatiques. Les avis, les thèses sont unanimes : laisser les historiens faire leur travail, faire œuvre scientifique. Restituer l’histoire telle qu’elle s’est passée, sans tricherie ni  jonglerie par des investigations cartésiennes autant que faire se peut. C’est-à-dire, faire œuvre de raison. Sans laisser de place, ou de trace ni aux impressions ni aux sensibleries.

La surdité et l’inculture politiques des dirigeants togolais les installent loin de ces débats d’intérêt notoire. Faure Gnassingbé après le décès de son père Gnassingbé Eyadema à qui il a succédé par usurpation de la souveraineté du peuple togolais, a continué et entretenu la crétinisation  de tout le peuple togolais. Il a crée par décret N°2005-081/PR, du 7/09/05, une Commission de Réflexion pour la Réhabilitation de l’Histoire du Togo. Cette commission avait pour rôle de :

¨    Revisiter toute l’histoire du Togo

¨    Identifier les grands hommes d’être immortalisés

¨    Recenser tous les anciens chefs d’Etat, de gouvernement, les anciens hauts dignitaires de l’Etat, décédés ou vivants.

Cette commission avait à sa tête, Monseigneur Robert Casimir Dosseh-Anyron, archevêque émérite  de Lomé et de plusieurs autres valets de l’ancien régime tels MM. Bitokotipou YAGNINIM, le vicelard des machines à sous, le général Séyi MEMENE le crotale de la Fédération Togolaise de Football et Koudjolou DOGO Henri dont on dit qu’il aurait plusieurs haciendas au Brésil. Tous cancres du cru RPT.  Le message sonnait clair : messieurs les bourreaux, écrivez l’histoire de votre pays, tel que vous l’avez pillé et ruiné. Il faut ajouter la présence à cette coterie du professeur Nicoué GAYIBOR, pour certainement donner la teinte historienne à la démarche. Qui sait, peut-être le Professeur y participe-t-il par pur opportunisme et par calcul politicien, le rêve de se voir confier un jour prochain, un poste ministériel. Sinistre compromission.

Le grotesque, la commission a rendu son rapport final le 3 février 2006 sans aucune réhabilitation de l’histoire, ou mieux sans aucune revisitation de l’histoire du Togo de 1958 au 5 février 2005, date de décès du général Eyadema. Au point qu’on se demande à quoi a servi cette commission ? Black out complet sur l’assassinat de Sylvanus Olympio : qui étaient les commanditaires et la main exécutrice ? Black out total sur le coup d’Etat de Nicolas  Grunitzky : qui étaient les commanditaires et la main exécutrice ? L’attentat de Sarakawa : qui étaient les commanditaires et la main exécutrice ? Enfin black out sur les centaines de milliers de morts depuis l’aube de la démocratie qui n’en finit pas de se lever.

Qui a planifié tous ses attentats ? Il ne revenait pas à la commission de prononcer des condamnations mais de dire les responsabilités. Le peuple togolais a besoin de savoir, de connaître son histoire. Par exemple qui a tué Tavio Amorin ? Pourquoi l’a-t-on tué.

Si l’histoire c’est rétablir la vérité, la commission n’a pas réhabilité l’histoire du Togo. Si l’histoire c’est la relation de faits passés soumis à la lumière de la raison, avec leur interférence sur les faits présents et futurs, la commission avait le devoir de rendre compte de tous les crimes, de tous les hauts faits des Togolais depuis 1958. La finalité des travaux de la commission c’était bien sûr, éduquer par l’information les Togolais.

Mais l’archevêque avait sa petite idée sur le sujet : « Pour faire non pas œuvre d’historien dans le sens technique du terme », puisque si « la raison intervient  dans les délibérations du cœur de l’homme et le dictamen  de la voix de la conscience ; elle n’a pas toujours le dernier mot ». Inutile de s'hébéter donc lorsque le même archevêque déclare hilare sur les antennes de RFI, le 7 février 2006 que « toute vérité n’est pas bonne à dire ».

Toutefois le rapport a ce mérite d’énoncer une vérité irréfragable que tout politique doit méditer chaque jour qu’il réfléchit et agit politique : « la politique ne peut justifier aucun comportement anti-humain ». Hormis cette assertion, le rapport n’est qu’un chiffon pas même bon pour emballer les cacahuètes mais pour garnir les bureaux de Faure et de sa clique, sa bande à copains. La commission demande aussi que soit  réhabilités ou immortalisés par érection de panthéons, érection des statues ou attribution des noms aux écoles, rues, hôpitaux…  les anciens présidents Sylvanus Olympio (1958 – 1963), Nicola Grunitzky (1963 – 1967), Kléber Dadjo (13 janvier – 14 avril 1967), Gnassingbé Eyadema (14 avril 1967 – 5 Février 2005).  La commission recommande que le général Eyadema soit déclaré « père de la nation ». En fossoyeur incontestablement.

Ce que le peuple togolais attendait de Faure après sa montée tapageuse au pouvoir, ce n’était pas une commission ridicule et inutile. Mais une commission vérité et réconciliation.  C’etait deja assez louable d’entendre Faure dire :  « nous ne sommes pas fiers de tout ce qui s’est passé, mais nous l’assumons. » (cf conférence radio a l’ONU l’an dernier.) Les Togolais ont besoin d’une tribune pour vider leur rancœur, pour purger leur cœur. La réhabilitation de l’histoire togolaise incombe aux historiens. Et si les historiens togolais n’ont pas la trempe scientifique, l’histoire d’un pays n’appartient pas à ce seul pays. Bien d’autres rétabliront la vérité. Avec cette grotesque farce, que Monseigneur l’archevêque ne rêve pas de facto d’une réconciliation nationale ni d’un pardon. Il y a quelques jours nous  écrivions dans « Faure, président ou centaure des crimes d’Eyadema » que le pardon naît lorsque la faute est avouée et le coupable connu. Comment pardonner dans l’ignorance et qui pardonner ? Pourquoi ? Ces questions sont simples mais essentielles. C’est dans leur essentialité que se trouve la démarche pour un pardon  – pas une revanche – et surtout l’oubli du cœur. C’est dans l’oubli de la faute que se trouve le pardon. Sinon on pardonne sans oublier. Cela Monseigneur, on ne le vous enseignera pas en cachant les vérités mauvaises à dire.  

 

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Leurs propos

Interview: Entretien de togoforum avec M. Alex BINIZI, SG de l’A.P.U.A.-FRD

Garba Touré

Le Prof. Gnininvi


Denis D. Nayone


Patrick LAWSON

Les rapports sur le Togo

  Rapport de l'ONU / PDF
  Rapport FIDH
  Rapport Koffigoh

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