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Chacun
se taille une parcelle de pouvoir
et l’exerce au nez et à la barbe
des autorités compétentes, ou du
moins des autorités qui avaient
compétence et devoir de
surveillance. Les syndicats des
transporteurs sont de véritables
réseaux mafieux où seuls comptent
les bénéfices que les responsables
de ces syndicats doivent engranger
et non la sécurité, le confort et
la tranquillité des passagers.
Il y a plus d’un an maintenant,
une compagnie de transport RAKIETA
qui venait de naître avait créé
énormément de soulagement au sein
des populations de Lomé et de Kara
par ses qualités : ponctualité des
heures de départ, politesse,
respect de la tranquillité des
passagers… Cette compagnie avait
donc raflé la clientèle des
transporteurs traditionnels
habitués à la surcharge, à
l’insolence et même à l’insulte.
Les puissants syndicats des
transporteurs ont menacé de brûler
les cars de la compagnie RAKIETA
et contraint celui-ci à garer et à
ne plus exercer. Les autorités
sont restées silencieuses sur le
sujet.
Mêmement les autorités ont été
incapables d’imposer le système
des péages aux transporteurs et
usagers de la route et les points
de péage construit sur la route
Lomé – Kpalimé ; Lomé - Tsévié et
Blitta – Sotouboua sont inopérants
donc improductifs. Parce que tout
simplement les syndicats ont
opposé un refus catégorique.
900 pèlerins Togolais n’ont pas pu
effectuer le voyage de Djedda en
Arabie Saoudite pour accomplir le
plus important des piliers de
l’Islam : pèlerinage à la Mecque.
Pour moins d’un million de
musulmans au Togo, on compte 16
agences, affiliées à l’Union
Musulmane, qui organisent ces
voyages une fois l’an. Et à peine
2000 musulmans effectuent chaque
année le voyage à la Mecque. Soit
un peu près de 125 pèlerins par
agence. Il semble, selon un
pèlerin malheureux, que les frais
de billet d’avion et de séjour
s’élèvent à 520 000 F CFA. Mais
les agences de voyage ont exigé
des pèlerins, la rondelette somme
de 1 250 000 FCFA. Soit une
différence de 730 000 FCFA. Les
compagnies de transport
disponibles étaient Ethiopian Air
Line et Air Sénégal. Mais les
agences de voyage se sont mises à
négocier les frais des billets
d’avion comme le ferait un
marchand de tapis ou de bétail.
Jusqu’au dernier délais. Résultat
900 pèlerins n’ont pas pu faire
leur grand Hadj. Le ministre est
intervenu sur les ondes de la TVT
pour exiger le remboursement
intégral des sommes perçues auprès
des pèlerins. Sans plus. Sans
aucune autre sanction. Pourtant
ces agences refusent de
rembourser et demandent aux
pèlerins de leur laisser cet
argent pour le Hadj prochain,
c’est-à-dire celui de novembre
2006. Demander à un homme
d’affaire ou à un commerçant, quel
bénéfice peut-il faire avec
1 250 000 au bout d’un an. Allah
ne peut tolérer une telle
escroquerie. Il devrait frapper
les filous à travers la main de la
police. Mais au Togo, il n’y a
aucune police, à part celle qui
rackette.
Au Togo, l’Etat ne contrôle
rien et tout lui échappe.
Des terrains administratifs sont
envahis par des particuliers qui y
ont construit des domiciles privés
comme ici à Atakpamé dans le
quartier Agbo-Lycée ou comme à
Kara dans le quartier COFAC. Ces
terrains sont aujourd'hui les
cimetières des voitures. On y
construit des dépotoirs s’ils ne
deviennent carrément pas des
décharges publiques. Les rues sont
envahies par des marchands qui
obstruent la circulation. Les rues
des grands marchés de Lomé,
d’Atakpamé, de Sokodé et de Kara
en sont la véritable illustration.
La fiscalité est laxiste. Des
expatriés viennent ouvrir des
commerces sans carte d’opérateurs
économiques ; ne versent
officiellement aucune taxe. Les
agents des Impôts et des Assiettes
préfèrent des bakchichs aux
payements effectifs de différentes
taxes.
Si le Togo est cité parmi les pays
maîtres en piraterie de toute
sorte (chansons, films…) c’est
parce que des chinois y opèrent au
nez et à la barbe de la police
comme à Lomé où ils disposent
d’une industrie pour couper graver
et commercialiser les CD.
Les nationaux construisent de
somptueuses demeurent, achètent de
luxueuses grosses cylindrées,
commandées parfois directement à
la maison mère en Europe ou
Etats-Unis sans taxes. Ils
amassent des fortunes parce qu’ils
savent qu’il n’y a aucune taxe sur
le revenu, aucune taxe sur les
biens. D’ailleurs ceux qui ont
autorité de légiférer dans ce sens
sont ceux-là même qui s’offrent
ces luxes insolents et insultants.
Le Togo est un véritable Far West,
un Etat sauvage où ce sont les
plus riches qui font la loi. Les
riches sont au-dessus de l’Etat.
Dans cet état de non loi complet,
le système éducatif est le plus en
lambeaux et la qualité de
l’éducation bradée à la
plus-value. Des écoles privées
poussent partout. On se fiche
éperdument du cadre. Les domiciles
sont transformés en salle de
classe sans terrain de jeux pour
les élèves, sans cour de
récréation. Au collège on retrouve
des élèves qui n’ont pas franchi
la seconde ou la première, pour
préparer les autres au BEPC avec
un salaire de 10 000 ou de 15 000.
Et l’Etat togolais sait tout
cela mais se tait.
Tout ceci devrait constituer un
terreau pour l’opposition qui a
perdu son nord. Exiger de Faure
ces trois maîtres mots : assainir,
organiser, diriger.
Assainir toutes les structures de
l’Etat, organiser les compétences
et diriger les Togolais vers un
bonheur réel au lieu de
s’accrocher à un passé triste
paternel.
Sinon après le père et le fils,
même le saint-esprit ne sauvera
pas les Togolais de leur marasme
social, intellectuel, économique
et politique. |