|
De
l'argent d'Eyadéma contre des signatures ivoiriennes?
Justin Hèzu Tiyé
La
plouto-négociation d'Eyadema est à l'eau. Les
propos de bars et de cabarets renferment parfois quelques
parcelles de vérité.
Ce week-end on en a
tellement parlé que nous nous sommes finalement décidé à en
parler.
De
quoi s’agit-il au fait ?
De
la négociation d’un retour de
paix en Côte d’Ivoire. Eyadema aurait donné à
chacune des parties présentes pour la signature d’un document
mettant fin à la guerre , une bagatelle de 100 millions de nos
francs. Chaque partie aurait encaissé l’argent mais refusé
de signer un document qui consacre
Eyadema super négociateur, super médiateur, homme de paix,
etc. alors qu’il n’apporte rien de concret sur le terrain en
Côte d’Ivoire. Le même scénario s’est joué au Libéria,
en Sierra Léone. C'est c'est du déjà vu, n'est-ce pas,
Togolais? Le général président n'avait-il pas donné à
chacun des trois assassins libériens des centaines de millions
de CFA en 1991 pour qu'il acceptent de signer un document qui le
sacrerait grand négociateur. Les 3 ganters, l'actuel
président Charles Taylor, l'actuel évangéliste Prince Johnson
et le Docteur Amos Sawyer.
Mais
la guerre dans ces pays n’a pas pris fin. On avait pris
l’argent sans songer à une paix durable. Et de cette paix
marchandée à coups de millions, les ivoiriens ont préféré
la paix franche durable. C’est ce qui explique que Eyadema
jette les gants et confie la négociation à Wade.
Les
rumeurs dans notre pays sont parfois et toujours, si je ne
m’abuse, plus réels que la réalité elle-même. Si nous
soustrayons la rumeur, il reste que Eyadema a de l’argent et
en dépense sans compter. On sait que c’est à son initiative
que sont organisées les marches de soutien rétributives. On
sait que la plupart des sommets des chefs d’État
qui se tiennent au Togo sont marchandés. On sait aussi
qu’il paie des voyages à
des messieurs qui alimentent ses quotidiennes audiences. Rien
qu’à voir les discours laudatifs et la condescendance
de ces messieurs on comprend que Eyadema achète tout.
Une
chose est à peu près certaine : il a acheté le diable.
S’il pouvait il achèterait le Bon Dieu.
Qui sait ?
|