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Wade
reprendra-t-il les négociations de la Côte d'Ivoire?
Samuel Batchati
La
médiation togolaise
dans la crise ivoirienne semble changer de mains. A l’issue du
mini sommet de la CEDEAO qui s’est tenu hier à Kara à 400 km
au Nord de Lomé, les présidents du Sénégal, du Nigeria et du
Libéria se sont rendus à
Abidjan pour un « compte rendu ». La rencontre a eu
lieu dans salon de
l’aéroport en raison du
couvre-feu qui prévaut actuellement dans ce pays.
Le
président sénégalais Abdoulaye Wade a
exposé à son homologue de la Côte d'Ivoire le projet
d’une prochaine rencontre le 18 décembre 2002 et un programme
de sortie de crise. Il appartenait au président ivoirien
Laurent Gbagbo de choisir entre Accra et Dakar pour ce sommet.
Nous
venons d’apprendre que ce sommet finalement se tiendra
à Dakar. On se rappelle qu’en visite à Paris au mois de
Novembre le Président sénégalais avait demandé
à reprendre les négociations
de sortie de crise en Côte d’Ivoire estimant que le
Togo avait échoué à diriger cette médiation. La chose
n’avait pas du tout plu à son homologue togolais.
Si
le centre des négociations quittent Lomé pour Dakar c’est
que le président togolais aurait jusqu’à la fin
fait montre de son incapacité et jetterait les gants. Au
sommet de Kara on l’a entendu fulminer contre la CEDEAO qui
aurait sur toute la ligne échoué.
Les textes de cette communauté prévoyaient qu’aucun
État ne devait abriter des rebelles ou quelques forces armées qui
utiliseraient cet État comme base arrière de leur attaque
contre un autre pays. Aussi a-t-il avec ses pairs demandé que
l’agression contre la RCI cesse.
Le
ton a sûrement changé car depuis le début de la crise les
rebelles semblaient avoir le soutien de Lomé. Ils avaient jubilé
lorsque Eyadema s’était désigné médiateur et ne voulaient
pas que Wade conduise les négociations de sortie de crise.
Si
les rebelles étaient lâchés par leur mentor ne craindrait-on
pas le pire ?
Il
n’est jamais trop tard pour personne. Même pour le Général
Eyadema.
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