Bidamon Egbaou,
un proche de M. Dahuku Péré n’est plus
Joseph Takeli
Dans
l’article intitulé “Solida” ou la nouvelle donne
politique au Togo”*,
nous citions les rares courageux à avoir soutenu Monsieur
Dahuku Péré après sa lettre **
adressée au Comité central du RPT. Parmi ces courageux se
trouvait justement un inconnu du monde politique, Monsieur
Bidamon Egbaou, professeur de Mathémaques à
l’Université de Lomé et ancien directeur du Centre national
des oeuvres univestitaires (CNOU). Il a été inhumé dans la
Kozah au cours du mois d’Octobre 2002. Il nous est apparu très
utile de ne pas l'oublier et tous ceux qui, comme lui, ont tenté
de leur mieux de combattre le regime, même si c’est en jetant
une seule pierre, même tardive. Egbao Bidamon, ce fils de Pya a
commis le crime de partager les préoccupations de Monsieur Péré
sur l’avenir du Togo. Cela lui a valu les tribulations des
plus indigestes et indicibles jusqu’à sa disparition.
L'explication
clinique de sa mort est qu’il a été victime d’une crise
cardiaque. Il n’ y a pas de preuve connue de la main du régime
Eyadema derrière ce malheureux décès. Toutefois il existe
beaucoup d’actes que le regime Eyadema a sciemment posés
autour de Monsieur Bidamon et qui peuvent avoir précipité sa
mort.
De sources
bien informées, Monsieur Egbao Bidamon avait gagné (ou il lui
avait été octroyé), les contrats touchant au traitement
informatique des opérations électorales au Togo. A l’aide de
prêts bancaires, Monsieur Egbaou Bidamon avait investi
beaucoup d’argent dans l'achat de matériels et autres nécessités
pour ce business.
Puis advint
la lettre de Monsieur Péré de mars 2002, suivie de la
contre-lettre des durs du RPT que tous les membres du Comité
central du RPT avaient l’obligation de signer. Egbao Bidamon
refusa de la signer, tout comme Monsieur Agbéyomé Kodjo.
Le moins
que l’on puisse dire est qu’en refusant de condamner M. Péré,
il ramait à contre courant de cette réalité dans notre pays
qui veut que tout se fasse sur la base de services rendus,
d’allégeances et de fidélité au “guide éclairé”. Même
lui, un militant du RPT, n’avait aucune liberté ni
d’opinion ni d’exercice de sa compétence. Par ce refus, il
défiait aussi la défintion faite par le RPT lui-même du mot
“parti politique” et selon laquelle «un parti
politique est un ensemble d'hommes et de femmes, unis par un même
idéal et décidés à lutter solidement pour assurer le bonheur
de tous les militants » (cf. lettre-reponse***
des durs du RPT à Péré). On le voit cette definition
n’admet pas d’idées qui arrangent quelqu’un d’autre que
les fidèles du parti. En refusant de dénoncer la lettre
critique de M. Péré, M. Egbao Bidamon s’excluait du club des
protégés et s’exposait aux pires tourments.
L’ancien
directeur du CNOU a fait l’objet de harcèlements au quotidien
depuis le mois d’avril 2002 jusqu’à sa mort en Septembre.
Un barron du RPT qui hésite toujours à rejoindre Péré
qu’il admire pourtant, nous a confié: «Suite à ses
prises de position après la déclaration de Péré, on lui a
retiré ces marchés en guise de réprésailles. voilà la
source principale de ses probèmes qui lui ont causé des soucis
avec le harcèlement des créanciers encouragés à le taquiner
! Le pauvre n'a pas pu tenir plus longtemps et s'est laissé
mourir. Ici il vaut mieux lutter contre le monstre que de se
laisser dominer psychologiquement par ses affres »
Les harcèlements
étaient tels que Monsieur Bidamon devint conscient qu’il
allait rendre l’âme un beau matin. Selon des informations
obtenues des proches de sa famille, il insista qu’un de ses
enfants quitte le pays. Il est mort peu de jours après que ce
dernier ait quitté le Togo.
Bidamon
Egbao, paix à ton âme.
* Solida
ou la nouvelle donne politique au Togo
** Lettre
de Monsieur Péré
***
Contre-lettre
du Comité central