|
Quand
le Togo fait du surplace
Mathias Akoulansa
Assemblée
Nationale: L'éminence grise a été reconduite à la tête
du nouveau parlement togolais. Fambara Natchaba a été
reconduit à la tête des députés nommés et non élus du
Togo. Ils ont la mission lourdement historique d'amender
l'article 59 de la constitution togolaise pour permettre au
général Eyadema de succéder à lui-même. Pour une tache
aussi colossale, le fils bien aimé, Faure Gnasingbé a dû
ravaler ses ambitions car papa est bien vivant et succèdera à
lui-même si tout marche comme prévu.
De source bien informées, la constitution sera revisé au
plus grand tard en Fevrier de l'année prochaine. Mais vu
l'urgence de la situation, cela peut arriver à tout moment.
Déjà des marches de soutien au projet ont commencé et les
média togolais comme à leur habitude en font le plus grand
écho.
Le
Gouvernement de Koffi Sama remanié: Joseph Kokou
Koffigoh alias Jokoko ne fait plus parti des favoris du
système. Le tout puissant Koffi Panu prend une petite retraite.
Faute de savoir si un petit torchon brûle quelque part, on peut
dire sans se tromper qu'il sera conseiller dans les jardins de
Lomé II. Le départ du Ministre de l'intérieur est la plus
étrange. Selon BBC, ce depart aurait pour but d'apaiser
l'opposition marquée par la brutalité du general Walla qui a
fait saisir des milliers de journaux, fait arrêter et
emprisonner des innocents dont Claude Ameganvi sur des bases
futiles. Le Commandant Akila Esso
Boko parviendra-t-il à rassurer à la fois Eyadema et
l'opposition. Le defi est grand. Il est difficile de concilier
la dictacture et ses détracteurs. Le grand contraste est
celui-ci: Séyi Memene contre Foli-Basi Katari. Le général
contre le jeune juriste sorti de l'Université de Lomé.
Beaucoup disent que ce remaniement n'a pas d'impact majeur sur
le système. Mais il faut douter que ce soit tout à fait par
hasard en ce tournent du règne d'Eyadema.
La
Coalition des forces démocratiques (CFD):
Avec
à sa tête le renovateur Dahuku Péré, la coalition des forces
démocratique organise un meeting au stade d'Ablogamè le Samedi
7 décembre prochain. Peut-être qu'à cette occasion, des
informations seront fournies au peuple sur les stratégie de la
coalition et son analyse des manoeuvres du gouvernement de Koffi
Sama et du dictateur Eyadema. A
vrai dire beaucoup de choses sont à redire sur cette coalition
qui navigue pratiquement à vue avec une présidence tournante
de 2 semaines par leader ou personnalité politique. Déjà la
coalition est à son troisième président: Edem Kodjo de la
Convergence patriotique Panafricaine, Me Abi Tchessa du Pacte
Socialiste pour le Renouveau et maintenant Monsieur Dahuku
Péré de Solida. Peut-on réellement faire quelque chose de
sérieux face à une dictature quarantenaire en deux semaines?
Le mandat de Maître Abi Tchessa est passé inaperçu. Et cela
peut se comprendre. Il semble que ce soit le compromis auquel
nos leaders sont parvenus et qui permet l'existence même d'une
telle coalition. Fragile
comme un oeuf, la CFD risquerait de voler en élat si un leader
particulier était choisi pour la conduire. Chacun voulant être
chef, il est hors de question qu'une seule personne représente
l'opposition. A cette allure on se demande bien combien de temps
va survivre une telle alliance, nécessaire pourtant pour la fin
de la dictature. Au sein de la coalition coexistent des partis
politiques tels que la toute puissante UFC, des sous-coalitions
tels que le Front Uni de l'Opposition dirigé par Me Agboyibo,
des mouvements independants comme Solida etc... Quelqu'un
pourra-t-il demander à la CFD le Samedi prochain d'expliquer
clairement son fonctionnement et ses stratégies pour libérer
le Togo?
|