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Assemblée
Nationale togolaise: Cinq prétendants, un favori
Justin Hèzu Tiyé
Cinq
noms circulent dans les couloirs de Lomé II pour la succession
du Professeur de Droit, Monsieur Fambaré Ouattara Natchaba
comme président du corps legislatif du Togo. Il s’agit de
Messieurs Faure Gnasingbé, Andjo Tchamdja, Séyi Mémène,
Kwassi Klutsè et Fambaré Natchaba. Les heures et jours qui
s’amènent nous diront sur qui a porté le choix des députés
de l’assemblée, tous du Rassemblement du peuple togolais
(RPT).
Tout
porte à croire que le candidat favori du chef de l’Etat est
son propre fils, Faure Gnasingbé. Mais l’enjeu est tel que le
locataire de Lomé II hésite un peu, de peur de propulser un
inexpérimenté ou d’aggraver les colères déjà perceptibles
au sein d’un parti politique qui ne tient plus qu’à un fil.
Certaines sources respectables voudraient que la multitude de
candidatures corresponde à des nuances de taille au sein de ce
parti. Mais il est difficile de dire quelle est la nature de la
nuance car l'objectif est de maintenir le pouvoir RPT en place.
Mais étant donné que tous les politiques au Togo convoitent
serieusement le fauteuil présidentiel, il est possible que
chacun des prétendants ait son propre agenda et se permette de
rêver un peu.
Au
sein de ce parti politique fragilisé par les défections
importantes de Péré et Agbéyomé, tout le monde redoute
l’allure monarchique du règne d’Eyadema. Déjà avec son
colonel de fils devenu vrai commandant en chef de l’armée
togolaise après son père, ce serait irritant d'avoir à
supporter cet autre fils à la tête de l’assemblée nationale
qui, bien que mal élue le 27 Octobre 2002 a à accomplir une ou
deux au moins des taches les plus difficiles et les plus graves
de l’histoire du Togo.
La
nouvelle assemblée nationale a pour mission première de procéder
à l’amendement de l’article 59 de la constitution togolaise
pour permettre au chef de l’Etat actuel de pouvoir se présenter
aux élections présidentielles d’avril 2003. Dans sa lecture
actuelle, la constitution de la 4ème Republique togolaise
interdit au général Eyadéma Gnasingbé d’être candidat:
«Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour
un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. En aucun cas,
nul ne peut exercer plus de deux mandats.» Il suffira au députés d’écourter le texte qui deviendrait: «Le
Président de la République est élu au suffrage universel
direct pour un mandat de cinq ans renouvelable» Eyadema
Gnasingbé s’est succédé déjà à lui-même
par deux fois déjà depuis 1992: Août 1993 et Juin 1998. En
outre il est au pouvoir depuis 1967.
La
nouvelle assemblée nationale a pour autre tache non moins
importante de pourvoir constitutionnellement à la succession
honorable du chef de l’Etat au cas où par hazard ou par
miracle, ce dernier ne parvient pas à être candidat à sa
propre succession en 2003.
Dans
ce cas le scenario voudrait qu’avant le terme du mandat actuel
du chef de l’Etat, un vrai faux coup d’état soit perpétré
pour propulser le président de l’assemblée nationale comme
successeur du chef de l’Etat. A cet effet, l’article 65 de
la constitution togolaise dispose déjà qu’«en cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission
ou empêchement définitif, la fonction présidentielle est
exercée provisoirement par le Président de l’Assemblée
Nationale».
On s’imagine bien que de nos cinq prétendants, seul le fils
ferait l’affaire du père?
Clin d’œil sur les candidats :
Faure
Gnasingbé :
Economiste
de formation, il est bien aimé et admiré de son père pour être
le seul à avoir poursuivi des études doctorales. Il semble
qu’il fait l’unanimité au sein de sa famille par
son humilité. Il gère la fortune immence de son père
qui s’éleverait à quelques milliards de dollars. Il est
moins expérimenté que la plupart de ces callengers.
Andjo
Tchamdja :
Ministre de l'Equipement, des mines, de l'énergie et des postes
et télécommunications,
Monsieur Andjo Tchamdja apparaît comme un fidèle des fidèles
du régime Eyadema. Il est actuellement député de la 3e
Circonscription électorale de la Kozah, fief du chef de
l’Etat.
Séyi
Mènène :
Ministre de la justice, l’ancien ministre de l’intérieur
est un général d’armée, ce qui est un atout majeur. Libéré
de prison grâce au vent de démocratie, Séyi Mèmène a préféré
reprendre du service auprès de son ancien patron. Il fait
montre d’un grand zèle au service du general Eyadema et fut
le maître d’œuvre du coup d’état électoral de juin 1998.
Il ferait tout pour plaire à son maître.
Kwassi
Klutsè :
Ancien Premier Ministre avant Gabriel Agbéyomé Kodjo, il
maitrise les rouages des organisations internations. Il passe
pour être discret mais très ambitieux. Il aime lui aussi à
plaire au chef de l’Etat togolais.
Fambaré
Natchaba :
C’est la tête pensante du système. Docteur en Droit public
qu’il enseigne toujours à l’université, Monsieur Natchaba
manipule aisément les outils juridiques pour le compte de son
parti. Il passe pour être le dur des durs du système. Des
observateurs pensent qu’il adore le statu quo pour peu que son
compte demeure bon.
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