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Le 3 dec. 2002

Assemblée Nationale togolaise: Cinq prétendants, un favori
Justin Hèzu Tiyé
 

Cinq noms circulent dans les couloirs de Lomé II pour la succession du Professeur de Droit, Monsieur Fambaré Ouattara Natchaba comme président du corps legislatif du Togo. Il s’agit de Messieurs Faure Gnasingbé, Andjo Tchamdja, Séyi Mémène, Kwassi Klutsè et Fambaré Natchaba. Les heures et jours qui s’amènent nous diront sur qui a porté le choix des députés de l’assemblée, tous du Rassemblement du peuple togolais (RPT). 

Tout porte à croire que le candidat favori du chef de l’Etat est son propre fils, Faure Gnasingbé. Mais l’enjeu est tel que le locataire de Lomé II hésite un peu, de peur de propulser un inexpérimenté ou d’aggraver les colères déjà perceptibles au sein d’un parti politique qui ne tient plus qu’à un fil. Certaines sources respectables voudraient que la multitude de candidatures corresponde à des nuances de taille au sein de ce parti. Mais il est difficile de dire quelle est la nature de la nuance car l'objectif est de maintenir le pouvoir RPT en place. Mais étant donné que tous les politiques au Togo convoitent serieusement le fauteuil présidentiel, il est possible que chacun des prétendants ait son propre agenda et se permette de rêver un peu. 

Au sein de ce parti politique fragilisé par les défections importantes de Péré et Agbéyomé, tout le monde redoute l’allure monarchique du règne d’Eyadema. Déjà avec son colonel de fils devenu vrai commandant en chef de l’armée togolaise après son père, ce serait irritant d'avoir à supporter cet autre fils à la tête de l’assemblée nationale qui, bien que mal élue le 27 Octobre 2002 a à accomplir une ou deux au moins des taches les plus difficiles et les plus graves de l’histoire du Togo. 

La nouvelle assemblée nationale a pour mission première de procéder à l’amendement de l’article 59 de la constitution togolaise pour permettre au chef de l’Etat actuel de pouvoir se présenter aux élections présidentielles d’avril 2003. Dans sa lecture actuelle, la constitution de la 4ème Republique togolaise interdit au général Eyadéma Gnasingbé d’être candidat: «Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats.» Il suffira au députés d’écourter le texte qui deviendrait: «Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable» Eyadema Gnasingbé s’est succédé déjà à lui-même par deux fois déjà depuis 1992: Août 1993 et Juin 1998. En outre il est au pouvoir depuis 1967.   

La nouvelle assemblée nationale a pour autre tache non moins importante de pourvoir constitutionnellement à la succession honorable du chef de l’Etat au cas où par hazard ou par miracle, ce dernier ne parvient pas à être candidat à sa propre succession en 2003. 

Dans ce cas le scenario voudrait qu’avant le terme du mandat actuel du chef de l’Etat, un vrai faux coup d’état soit perpétré pour propulser le président de l’assemblée nationale comme successeur du chef de l’Etat. A cet effet, l’article 65 de la constitution togolaise dispose déjà qu’«en cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission ou empêchement définitif, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le Président de l’Assemblée Nationale». On s’imagine bien que de nos cinq prétendants, seul le fils ferait l’affaire du père? 

Clin d’œil sur les candidats : 

Faure Gnasingbé :
Economiste de formation, il est bien aimé et admiré de son père pour être le seul à avoir poursuivi des études doctorales. Il semble qu’il fait l’unanimité au sein de sa famille par  son humilité. Il gère la fortune immence de son père qui s’éleverait à quelques milliards de dollars. Il est moins expérimenté que la plupart de ces callengers.  

Andjo Tchamdja :
Ministre de l'Equipement, des mines, de l'énergie et des postes et télécommunications
, Monsieur Andjo Tchamdja apparaît comme un fidèle des fidèles du régime Eyadema. Il est actuellement député de la 3e Circonscription électorale de la Kozah, fief du chef de l’Etat.    

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Séyi Mènène : 
Ministre de la justice, l’ancien ministre de l’intérieur est un général d’armée, ce qui est un atout majeur. Libéré de prison grâce au vent de démocratie, Séyi Mèmène a préféré reprendre du service auprès de son ancien patron. Il fait montre d’un grand zèle au service du general Eyadema et fut le maître d’œuvre du coup d’état électoral de juin 1998. Il ferait tout pour plaire à son maître. 

Kwassi Klutsè :
Ancien Premier Ministre avant Gabriel Agbéyomé Kodjo, il maitrise les rouages des organisations internations. Il passe pour être discret mais très ambitieux. Il aime lui aussi à plaire au chef de l’Etat togolais.  

Fambaré Natchaba : 
C’est la tête pensante du système. Docteur en Droit public qu’il enseigne toujours à l’université, Monsieur Natchaba manipule aisément les outils juridiques pour le compte de son parti. Il passe pour être le dur des durs du système. Des observateurs pensent qu’il adore le statu quo pour peu que son compte demeure bon.

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