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La
Côte d’Ivoire mourra-t-elle à Lomé?
Samuel Batchati
Alors que
Lomé 2 s’échine, s’époumone à
juguler hypocritement la crise ivoirienne avec force
propagande, le ministre français des affaires étrangères ,
Dominique de Villepin entame ce mardi 26 novembre
2002 un
marathon diplomatique
qui le conduira dans six pays
de l’Afrique pour tenter de dénouer cette affaire
aux replis tortueux. Ou comme l’indique une source
diplomatique française, pour rechercher « une
solution à la crise ivoirienne ». Le
diplomate français est aujourd’hui à Lomé.
Puis il se rendra en
Côte d’Ivoire, au Burkina,
au Mali au Gabon et auSénégal.
Cette odyssée s’inscrit « dans le cadre
des efforts actuellement menés pour trouver une solution
pacifique, politique et négociée à la crise ivoirienne »,
dixit Bernard VALERO, le porte-parole
adjoint du ministère français des Affaires étrangères.
Cette négociation sans
lendemain que mène le bourreau
des négociations infructueuses, sa trop crasseuse excellence
Eyadema achoppe sur les revendications des rebelles
politiquement insatisfaisables
dans la logique d’Abidjan. Depuis la crise ivoirienne, Paris a
fait des ambassadeurs des
ministres et des soldats pour tenter de maintenir avec une
bonne foi remise
en cause pour ne pas dire entamée, effilochée, la paix dans ce
géant de l’Afrique de
l’ouest. Après l’ancien ambassadeur de France en Côte
d’Ivoire, Christian Dutheil de La Rochelle envoyé
au Togo comme observateur, c’est autour du ministre des
affaires étrangères de prendre sa besace de puissance métropole
et d’écumer cette partie de l’Afrique exsangue. Il faut
aussi préciser que
depuis cette crise, la France s’était empressée d’envoyer
des soldats dans le but de protéger les citoyens Français.
Mais très tôt, ceux-ci ont plutôt servi de force tampon empêchant
du coup chaque partie de venir à bout de l'autre. C'est selon.
Les rebelles
qui voulaient en découdre
avec Laurent Gbagbo, devenu impopulaire depuis qu’il a
subrepticement écarté ADO de la course présidentielle, n'ont pas pu marcher jusqu'à
Abidjan. Les forces loyalistes ont été empêchées, elles,
d'en découdre avec la rebellion. On se souvient de la colère
des manifestations ivoiriens partis déloger, mains nues, les
militaires Français de leur base d'observation impérialiste
d'Abidjan.
La crise
ivoirienne a hérité malheureusement du sol togolais pour connaître
un dénouement. Mais Eyadema a par souventes reprises
fait montre d’incapacités notoires à faire aboutir
une négociation. Au début de celle-ci nous avions sonné
l’alarme en rappelant les anciens échecs de ce monsieur qui
court après les négociations juste pour des raisons de
prestige. Mais très vite les
fanfares qui avaient accompagné les négociations démarrées
tambour battant, avec le chœur
des trompettes, des
accordéons de noceurs et les crincrins des violons diplomatiques sont restés
sur la même
rengaine ne modulant plus que les piètres notes du super
négociateur qui fera revenir la paix en Côte d’Ivoire
très vite. Même qu’une
source de Lomé 2 indiquait que la paix serait de retour en
Côte d’Ivoire à la fin de la semaine du 18 au 23
novembre 2002. Pourtant nous sommes au 26 et rien de nouveau du
côte de Lomé.
Pourtant on
a prié. On a imploré Allah le très Miséricordieux, le
Tout-Puissant pour que les frères ivoiriens retrouvent une paix
fût-elle factice. On a prié à Lomé Yahvé pour que le peuple
ivoirien retrouve une paix fût-elle
un marché de dupes. On est même allé jusqu’à récompensé les fidèles d’Allah, le Tout-Puissant, le très Miséricordieux,
en maïs, riz et sucre d’une valeur de
75 millions de francs CFA. Mais la paix n’est toujours
pas au rendez-vous en Côte d’Ivoire.
Serge KASSI accompagné de trois lascars sont arrivés à
Lomé 2 au nom d‘une certaine association incertaine
pour dire un niet ferme au souhait du président sénégalais
de reprendre et de les faire aboutir les négociations de la
crise ivoirienne. On a même demandé le secours de Kumba Yala.
Gbagbo de son côté a proposé un référendum. Mais il a buté
sur les revendications politiques du MPCI dont le porte-parole
à Lomé accuse le Ghana de favoriser à partir de ses frontières,
des incursions des
soldats ivoiriens dans les positions occupées par les rebelles.
Ces allégations ont été démenties par le gouvernement ghanéen.
A l’évidence
Lomé ne peut pas résoudre la crise ivoirienne qu’on a à
tort appelée, une mutinerie ou mieux, une rébellion alors
qu’il s’agit en fait d’une guerre tribale.
Comment quelqu’un qui dans son pays prône le
tribalisme à outrance peut-il résoudre une guerre tribale dans
un autre pays ? Comment
quelqu’un qui a eu pour ami le président Félix
Houphouët-Boigny , lequel avait pour opposant
un freluquet de Laurent Gbagbo peut-il aider celui-ci à
faire ramener la paix dans son pays alors que lui-même dans le
sien bâillonne et
muselle une opposition d’apparat ? Le vrai jeu du président
Eyadema est de venger la mémoire de FHB parce que les oppositions en
Afrique ne sont pas les bienvenues. Abidjan serait sage de s’en retourner négocier à Abidjan. Autrement
les faux segments de compassions décuplés
gigantesquement par une presse qui cache mal son acrimonie vis-à-vis
de toute opposition ne
sont que leurres et hypocrisie.
L’autre hypocrisie écœurante dans
l’immonde monde de la diplomatie est cette tendance à allumer les foyers de guerre et à s’en aller négocier ailleurs. Si les ivoiriens veulent vraiment
retrouver leur paix, pourquoi la rechercher du côté de Lomé
alors qu’ils peuvent, en
hommes équilibrés, proposer des solutions de crise acceptables
par le citoyen lambda. Le fait est que dans les calculs
politiciens, les politiques ne tiennent pas compte des citoyens
lambda. Ils défendent des intérêts d’oripeaux. Des intérêts
fanés d’un autre âge. Le monde n’est plus aux glorioles.
Le prestige aujourd’hui est de l’ordre de la
connaissance et non de l’ordre de la bravoure. Sounjata
perdrait pied dans notre siècle s’il ne connaît
ni les mathématiques
ni les physiques. Alors pourquoi pendant que le reste du
monde avance à grands pas dans le futur, l’Afrique doit-elle
se résoudre dans une recculade de sapeur-pompiers des conflits
moyenâgeux ? Pourquoi pendant que les nations occidentales
privilégient l’éducation , la science
et la recherche l’Afrique doit-elle privilégier la
barbarie, le tribalisme et la haine démocratique ?
Doit-elle restée engluée dans le bourbier de la mendicité, de
l’indigence et de la misère morale ? Fatalité ?
Non ! Ignorance ? Non ! Cupidité et orgueil ?
Oui ! Car qu’est-ce qui pousse les dirigeants africains
à peu de considérations et à peu de soucis pour leurs
compatriotes ?L’orgueil et la cupidité ! Les deux
attributs du diable.
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En tout cas
quoi qu’on aura dit, la crise
ivoirienne aura fait de la propagande au président
Eyadema. Les cafards de
la gloire s’empiffrent des pourritures dans les immondices. Ce charognard des conflits se plaît
tant à jouer au justicier alors qu’il n’a aucune once de
probité morale. Car rassurez-vous, quand il n’y aura plus de
guerre, cet homme sera la guerre.
Elle est sa raison d’être. Il n’est pas de notre
temps. C’est un esquif primitif qui a miraculeusement échoué
dans les temps modernes. Un vestige de la raison humaine et une
relique de sa bestialité. Dans notre pays, nous l’avons trop
oint. Et le balourd nous a vraiment points. Nous sommes marris
de le constater, hélas ! Trop tard ? Le dicton dit : « Il
n’est jamais trop tard ». Jamais trop tard pour les
ivoiriens de trouver médiateur plus compétent. Jamais trop
tard pour les Togolais de vivre enfin !
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