AgoraPress

Tribune

Economie

Politique

Culture

Société

Sites

 
Actualité 

Le 19 Nov. 2002

Remugle de guerre à Abidjan, fragrance d'argent à Lomé 
Samuel Batchati

Lomé "négocie le retour de la paix en Côte d’Ivoire", la main sur une calculatrice supputant les bénéfices que générerait le PAL (Port Autonome de Lomé) si la situation  devait durer au pays des éléphants. Et Lomé 2 veut que la situation dans ce pays perdure. Depuis le début de la crise, Lomé  commerce ferme avec la Société d’Entreprise de Manutentions Maritimes (SE2M).  

Le 7 Octobre 2002, le Président du Conseil d’Administration de la SE2M,  Jacques DUPUYDAUBY a été reçu à Lomé 2 par le président togolais, coordinateur dans la négociation d’un retour de paix en Côte d’Ivoire. Le président d’administration de la SE2M était allé présenter au président de la république togolaise, un projet d’extension du port  de Lomé. La  logique cartésienne de ce projet voudrait que le PAL ait un troisième quai à cause de la crise en Côte d’Ivoire. La guerre que vit ce pays signifie que le port d’Abidjan travaillerait au ralenti. Or les marchandises du Niger, du Mali et du Burkina Faso  qui transitaient par le port d’Abidjan ne trouveront pas de porte de sortie. Donc il faut un 3ème quai qui accueille les marchandises des pays de l’hinterland. 

Après les contacts avec l’hinterland, le président du Conseil d’Administration  est retourné à Lomé 2 le lundi 18 novembre pour poursuivre les négociations de ce projet. Ce troisième quai, d’une longueur de 300 m et d’une profondeur de 12 m  verra la première pierre posée le 11 janvier 2003. Comme il le confiait à la presse le 7 octobre, « Nous aurons à recevoir beaucoup de marchandises par voie terrestre notamment le coton   qui  va arriver  sur le PAL », M Jacques DUPUYDAUBY , a encore dit que la principale marchandise attendue est le coton du Mali. Il faut préciser que le Mali est le 1er  producteur de coton en Afrique. 

Lors de sa récente visite en France, le président malien ATT avait souhaité voir les investisseurs français s’intéresser à l’industrie textile du Mali. Car ironisait-il, le Mali produit du coton mais il achète les tricots. Pour sa campagne, ATT avait été obligé de commander des tricots en Asie. 

Le PAL, l’un des ports les plus achalandés de la région ouest africaine est et demeure le poumon de l’économie togolaise.  Si l’on ajoutait les prévarications, les  pots- de-vins appelés ici «taméa», à   la somme qu’on envoie à Lomé 2,  le rendement  journalier de ce port s’élèverait à plus de 15 millions de francs CFA. Mais le pays échine à payer des salaires de misère à des fonctionnaires qui ne font même pas le unième de la population  togolaise estimée à près de 5 million d’habitants. 

 L’histoire de ce port reste intrinsèquement attachée à une grande partie du cursus politique de l’ancien premier ministre Mensan Agbéyomé Kodjo. Dès  sa défection, le RPT  s’était empressé de déballer des fraudes supposées ou vraies de celui qui pendant longtemps a été le directeur du PAL. Le moment était d’ailleurs mal choisi. Car la question qui vint à l’esprit  à cette époque était légitime et logique : pourquoi s’être tu si longtemps si on savait que MAK s’emplissait les poches avec l’argent du port? 

 Mais le plus abracadabrant dans cette histoire de guerre et d’extension de port est que le principal artisan de cette extension est le premier négociateur dans la crise en Côte d’Ivoire. Eyadema  joue à l’homme de la paix alors qu’il compte sur la guerre  en Côte d’Ivoire pour  s’enrichir.  Il est absurde de vouloir faire ramener la paix dans un pays alors qu’on compte sur la déliquescence de  ce pays pour relever l’économie de son pays ou mieux pour s’emplir les poches. Car il est établi que les recettes du  PAL, ne vont pas au Trésor public mais dans les caisses à Lomé 2. 

Shoes Avenue

La bonne foi de ce monsieur reste encore à prouver dans  la crise qui secoue  le frère  ivoirien. Si ces calculs sont tels que nous le démontrons il serait difficile à la Côte d’Ivoire de sortir de crise. Mais si ce monsieur veut libérer la Côte d’Ivoire du démon de la guerre pichrocolinne,  et ethno-dégradante,  il serait sage de confier la médiation au président sénégalais qui se sent des capacités à juguler la crise ivoirienne. Toute autre attitude est criminelle antidémocratique donc intolérable. Ni par les hommes ni par l’Histoire.  

Appeler partout au monde à moindre coût


 


Most Called Cities in India:
· Bangalore · Bombay
· Madras · New Delhi

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

Tribune | Interviews | Débats | AgoraPress | Economie | Culture | Chatroom | Sites