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Le 18 Nov. 2002

La péninsule de Bakassi au menu de Biya, Obasanjo et Kofi Annan à Genève
Mathias Akoulansa

En veilleuse depuis 8 ans près la Cour Internationale de Justice, le différend frontalier qui oppose le Nigeria au Cameroun, avait trouvé une issue en faveur du Cameroun. Le verdict de la CIJ,  prononcé le 10 octobre 2002  « réputé non susceptible de recours », n’avait pas satisfait la partie nigériane. Du moins les déclarations officielles du côté d’Abuja, tendaient à cette conclusion. Le ministre nigérian des Transports, ne déclarait-il pas : «   en tant que Nation régie par la loi, nous continuerons à exercer notre juridiction sur ces zones en accord avec la Constitution (…) A aucun prix, le Nigeria n'abandonnera son peuple et ses intérêts. Pour le Nigeria, ce n'est pas une question de pétrole ou de ressources naturelles sur les terres ou eaux territoriales, il s'agit du bien-être et de la santé de son peuple sur ses terres». Aussi les deux parties, sous l’initiative du Secrétaire Général de l’ONU, Koffi Annan, se sont-elles rencontrées le 15 Novembre 2002 à Genève.  

Déjà à Saint-Cloud en France les deux parties s’étaient engagées à maintenir un climat d’apaisement et à ne pas recourir aux forces armées. Décision reprise à Genève. Il  est du moins  ressorti que  le Nigeria n’avait pas rejeté le verdict de la CIJ.  Abuja et Yaoundé se sont mis d’accord pour  réactiver le fonctionnement de la grande commission mixte des deux pays en vue de l’application du verdict de la  CIJ.  A cet effet, le 1er décembre 2002, des experts et officiels du Nigeria et du Cameroun se rencontrent dans la capitale camerounaise.  

La presqu’île de Bakassi, réputée riche en pétrole et ressources halieutiques , opposait depuis 1993 le Nigeria et le Cameroun. Cette presqu’île  majoritairement occupée par des Nigérians  a connu des descentes militaires des deux pays. C’est en 1994 que le Cameroun saisit la CIJ  d'abord pour une définition de la frontière entre les deux Etats à Bakassi  puis d’une autre requête additionnelle pour que la CIJ se prononce sur la frontière terrestre et maritime entre  le Nigeria et le Cameroun. 

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L’arrêt de la CIJ le jeudi 10 octobre 2002 mettait fin ainsi à huit années d’incertitudes conflictuelles. Cependant, une inquiétude reste quant à la bonne foi d’Olusegun Obasanjo. Le calumet de paix qu’il semble fumer n’est-il pas une attitude tactique et prudente  au regard des présidentielles prochaines dans son pays ?  

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