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La péninsule de Bakassi
au menu de Biya, Obasanjo et Kofi Annan à Genève
Mathias Akoulansa
En veilleuse depuis 8 ans près la
Cour Internationale de Justice, le différend frontalier qui
oppose le Nigeria au Cameroun, avait trouvé une issue en faveur
du Cameroun. Le verdict de la CIJ,
prononcé le 10 octobre 2002
« réputé
non susceptible de recours », n’avait pas satisfait la partie nigériane. Du
moins les déclarations officielles du côté d’Abuja,
tendaient à cette conclusion. Le ministre nigérian des
Transports, ne déclarait-il pas : «
en tant que Nation régie par la loi, nous continuerons à exercer notre
juridiction sur ces zones en accord avec la Constitution (…) A
aucun prix, le Nigeria n'abandonnera son peuple et ses intérêts.
Pour le Nigeria, ce n'est pas une question de pétrole ou de
ressources naturelles sur les terres ou eaux territoriales, il
s'agit du bien-être et de la santé de son peuple sur ses
terres». Aussi les deux parties, sous l’initiative du Secrétaire
Général de l’ONU, Koffi Annan, se sont-elles rencontrées le
15 Novembre 2002 à Genève.
Déjà à Saint-Cloud en France
les deux parties s’étaient engagées à maintenir un climat
d’apaisement et à ne pas recourir aux forces armées. Décision
reprise à Genève. Il est
du moins ressorti
que le Nigeria
n’avait pas rejeté le verdict de la CIJ.
Abuja et Yaoundé se sont mis d’accord pour
réactiver le
fonctionnement de la grande commission mixte des deux pays en
vue de l’application du verdict de la
CIJ. A cet
effet, le 1er décembre 2002, des experts et officiels du
Nigeria et du Cameroun se rencontrent dans la capitale
camerounaise.
La
presqu’île de Bakassi, réputée riche en pétrole et
ressources halieutiques , opposait depuis 1993 le Nigeria
et le Cameroun. Cette presqu’île
majoritairement occupée par des Nigérians
a connu des descentes militaires des deux pays. C’est
en 1994 que le Cameroun saisit la CIJ d'abord pour une définition
de la frontière entre les deux Etats à Bakassi
puis d’une autre requête additionnelle pour que la CIJ
se prononce sur la frontière terrestre et maritime entre
le Nigeria et le Cameroun.
L’arrêt de la CIJ le
jeudi 10 octobre 2002 mettait fin ainsi à huit années
d’incertitudes conflictuelles. Cependant, une inquiétude
reste quant à la bonne foi d’Olusegun Obasanjo. Le calumet de
paix qu’il semble fumer n’est-il pas une attitude tactique
et prudente au
regard des présidentielles prochaines dans son pays ?
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