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Le 18 Nov. 2002

Hécatombe silencieuse au sujet d'une rencontre à Arusha
Samuel Batchati

A Arusha en Tanzanie,  des experts,  des chefs de gouvernement et des ministres se réunissent cette semaine pour parler du paludisme. Quels seront les résolutions  politiques et économiques  prises à cette rencontre ? Trouvera-t-on un moyen de protéger les populations africaines déjà secouées par la faim, les guerres et la terreur du Sida ? Il ne reste qu’à croiser les doigts qu’un docteur X découvre un matin un vaccin efficace au moins à 50 %.

On a souvent parlé du Sida avec fanfares cors et trompettes. Tous les médias se sont relayés et se relayent encore pour mettre en garde ceux qui avec cette maladie jouent aux trapézistes sur une corde raide.  Il y a les je-m’en-fichiste, les suicidaires, les ignorants et autres oublieux indélicats. C’est vrai qu’avec ce syndrome il est inutile de jouer sa vie à pile ou face tant les morts  se chiffrent par centaine de milliers.  Le taux de prévalence dans certain pays est simplement alarmant. Le Togo dans la sous-région  oust-africaine vient en deuxième position après la Côte d’Ivoire avec un taux de prévalence plus de 8, 7 %. 

Mais du paludisme on en parle peu ou de moins en moins. Jamais le paludisme n’a mobilisé autant de ressources humaines et matérielles  comme pour le sida.  Jamais médias ne se sont autant relayés pour dessiner une carte épidémiologique de la maladie. 

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Mais il n’en demeure pas moins vrai  que le paludisme tue par an environ 1 million de personnes. Moins que le sida en tout cas. Si pour le sida il n’y a aucune médication à part les antirétroviraux, il n’existe non plus pour le paludisme aucun vaccin. Les grands sociétés pharmaceutiques négligent criminellement la recherche d'un vaccin parce que ce n’est pas une maladie quôtable en bourse. Comme quoi, entre la recherche scientifique et la cupidité, il n’y qu’un pas à franchir : l’égoïsme. Les seuls traitement possibles et à 50% efficaces sont à base de quinine  et de  ses dérivées. La prévention à la moustiquaire reste inaccessible à tous. Une moustiquaire marque  « Séréna » coûte près  de 5000 f Cfa, un Himalaya  monnétaire pour la bourse de près de 80% de la population africaine. Ce qui explique le fort taux de mortalité infantile et des femmes en grossesse.  

Cependant l’éradication du paludisme multiplierait par cent le niveau de vie de plus de 50 % des populations indigentes d’Afrique en dessous aujourd’hui de 1 dollar par semaine. 

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