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Hécatombe
silencieuse au sujet d'une rencontre à Arusha
Samuel Batchati
A
Arusha en Tanzanie, des
experts, des chefs
de gouvernement et des ministres se réunissent cette semaine
pour parler du paludisme. Quels seront les résolutions
politiques et économiques
prises à cette rencontre ? Trouvera-t-on un moyen
de protéger les populations africaines déjà secouées par la
faim, les guerres et la terreur du Sida ? Il ne reste qu’à
croiser les doigts qu’un docteur X découvre un matin un
vaccin efficace au moins à 50 %.
On
a souvent parlé du Sida avec fanfares cors et trompettes. Tous
les médias se sont relayés et se relayent encore pour mettre
en garde ceux qui avec cette maladie jouent aux trapézistes sur
une corde raide. Il
y a les je-m’en-fichiste, les suicidaires, les ignorants et
autres oublieux indélicats. C’est vrai qu’avec ce syndrome
il est inutile de jouer sa vie à pile ou face tant les morts
se chiffrent par centaine de milliers.
Le taux de prévalence dans certain pays est simplement
alarmant. Le Togo dans la sous-région oust-africaine
vient en deuxième position après la Côte d’Ivoire avec un
taux de prévalence plus de 8, 7 %.
Mais
du paludisme on en parle peu ou de moins en moins. Jamais le
paludisme n’a mobilisé autant de ressources humaines et matérielles
comme pour le sida.
Jamais médias ne se sont autant relayés pour dessiner
une carte épidémiologique de la maladie.
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Mais
il n’en demeure pas moins vrai que le paludisme tue par
an environ 1 million de personnes. Moins que le sida en tout cas.
Si pour le sida il n’y a aucune médication à part les antirétroviraux,
il n’existe non plus pour le paludisme aucun vaccin. Les
grands sociétés pharmaceutiques négligent criminellement la
recherche d'un vaccin parce que ce n’est pas une maladie quôtable
en bourse. Comme quoi, entre la recherche scientifique et la
cupidité, il n’y qu’un pas à franchir : l’égoïsme.
Les seuls traitement possibles et à 50% efficaces sont à base
de quinine et de
ses dérivées. La prévention à la moustiquaire reste
inaccessible à tous. Une moustiquaire marque
« Séréna » coûte près
de 5000 f Cfa, un Himalaya monnétaire pour la
bourse de près de 80% de la population africaine. Ce qui
explique le fort taux de mortalité infantile et des femmes en
grossesse.
Cependant
l’éradication du paludisme multiplierait par cent le niveau
de vie de plus de 50 % des populations indigentes d’Afrique en
dessous aujourd’hui de 1 dollar par semaine.
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