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Le
Président Kenneth Kaunda ou la passion pour une Afrique libre
et développée
Joseph Takeli
L’invité
d’honneur à la conférence sur une éventuelle
confédération des pays de la corne de l’Afrique, le Dr.
Kenneth Kaunda a défendu le 14 Novembre dernier les idées
qu’il defend depuis 1964 lorsuqu’il devint premier président
de la Rodhésie du Nord qu’il rebaptisa Republique de Zambie.
A 78 ans, celui qu’on nomme affectueusement “KK” n’aura
perdu aucune de ses veines revolutionnaires qui lui permirent
d’obtenir l’independance de son pays et de lutter
inlassablement pour celle des pays limitrophes du sien, et
surtout pour la liberation de Nelson Mandela.
Devant
une salle pleine à craquer, dans le très luxueux hotel “Embassy
Suites” adjascent l’Université de Floride Sud, le
Dr. Kenneth Kaunda a donné deux discours très musclés
le 14 Novembre 2002. L’un dans la matinée et l’autre
dans l’après midi.
Dans
son premier discours, l’ancien président Zambian a abordé
avec courage la question épineuse de la gouvernance en Afrique.
On eut cru qu’ayant passé 27 ans au pouvoir, un chef d’Etat
eût quelque mal à parler de la question de démocratie et de
bonne gouvernance. Non. Le Monsieur est fabriqué dans ces bois
rares sur le continent.
Il
a abordé avec courage les insuffisances de son propre règne
pendant une période de guerre froide. Il a expliqué les
difficultées qui furent les siennes de batir un pays sur un héritage
plutôt calamiteux laissé par le colon. Il expliqua par exemple
qu’à l’indépendance de son pays, on comptait seulement 3
personnes nanties d’un Doctorat et la nécessité
qu’il y avait alors de batir un système d’éducation fiable
en vue de former des cadres pour la construction du pays.
Il
toucha surtout au point que redoutent les anciens leaders du
contient, à savoir la bonne gouvernance et la corruption. Il
expliqua qu’une réalité
du terrain à l’époque de l’independance de son pays était
aussi la corruption de l’appareil étatique hérité du
colonialisme anglais auquel il fallait faire face. KK est bien
connu pour son franc parlé et son intégrité. Ce qui n’est
pas du goût de beaucoup comme on peut bien s’en douter.
Invité
sur la voix de l’Amerique en Octobre dernier, le Dr. Kenneth
Kaunda n’avait pas avalé sa langue et déclara: «Je
condamne ceux qui ont pillé et ceux qui sont vivants et
continuent de piller le continent. Nous devons condamner tous
les leaders qui volent leurs peuples» Donnant
son avis sur les chefs d’Etats africains qui cherchent à perpétuer
leur règne, le Dr. Kaunda avait déclaré: «Une fois que
les constitutions sont adoptées par les peuples, elles doivent
être respectées.»
C’est
peut-être le lieu de rappeler que le Dr. Kenneth Kaunda a été
battu aux élections présidentielles de son pays en 1991 et
qu’il a quitté le pouvoir sans aucune résistance pour
laisser la place à Frédéric Chiluba qui lui-même a quitté
le pouvoir au profit de Levy Mwanawasa après les élections de
décembre 2001.
Lorsque
le Dr. Kenneth Kaunda en vint dans son discours à l’activité
qui le préoccupe le plus aujourd’hui, c’est-à-dire la
lutte contre le SIDA et le virus VIH, il versa des larmes devant
une assistance émue. Ce qui fut contagieux dans la salle où on
constata les yeux rougir au rythme de ceux de KK.
Il
expliqua la nécessité qu’il y a à ce que les chefs
d’Etats s’engagent personnellement dans la lutte contre le
fléau qui décime le continent africain. Il fournit des
chiffres qui firent trembler plus d’un. Il expliqua que sans
l’implication des gouverments au plus haut niveau, le fléau
risque de vider le continent de ses ressources humaines nécessaires
au décollage économique. Monsieur Kaunda anime depuis
qu’il a quitté le pouvoir, la fondation dénommé “Kenneth
Kaunda children of Africa fondation.” *
Dans
l’après-midi du 14 Novembre 2002, devant une foule attentive
et en présence du Dr Judy Genshaft, recteur
de l’Université de Floride Sud, Monsieur Kaunda a
entamé son discours par une chanson de paix qu’il clôtura
avec une autre chanson révolutionnaire et d’espoir pour
l’Afrique. Entre autres phrases importantes de son discours
figure celle-ci: «L’Afrique doit guérir pour se
reconstruire»
Dans
ce discours, il défendit le NEPAD en incitant les opérateurs
économiques présents à la conférence à s’intéresser
davantage à investir en Afrique et à donner des chances au
Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique. Parmi ces opérateurs on peut citer “the Overseas Private
Investment”, “Enterprise Florida”, le PNUD, la Banque
Mondiale etc.
Quelqu’un
qui ne connaissait pas le combat et la personnalité du Dr.
Kenneth Kaunda aura tout simplement été étonné de l’humilité d’un
homme qui a dirigé pendant 27 ans (1964 – 1991) un pays d'une
superficie de 752.614km2 et peuplé de 9.959.037
habitants.
Un homme qui aime l’Afrique avec passion.
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Un
étudiant fit pleurer le Dr. Kenneth Kaunda en le félicitant
publiquement d’avoir quitté le pouvoir. L’ancien président
embrassa l’étudiant dans une accolade interminable nourrie
d’applaudissement de l’assistance.
Parlant
de l’humilité du Dr. Kaunda, le président de l’association
des étudiants africains de l’Université de Floride, le
Camerounais Patrick Sandji a décrit la spontanéité avec
laquelle il a accepté sans préavis de participer à cette conférence.
Il rapporte que le Dr. Kaunda, pendant son séjours pour la
conférence, a envoyé une acheter une carte téléphonique
comme un individu quelconque pour appeler un de ses ami en
Afrique et que l’hotel l’ayant appris a réagi en expliquant
que toutes les dépenses du Président Kaunda étaient aux frais
de l’hotel. Patrick Sandji n’a cessé de dire: «Kaunda,
c’est un grand homme».
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Le
Dr. Kenneth Kaunda réside depuis septembre dernier au
Massachusetts. Il travaillera à l’Université de Boston dans
le cadre du programme dénommé “Balfour Residency”. Ce
programme permet aux leaders des démocraties africaines de
travailler à l’Université de Boston pour un an. Le programme
est financé par des subventions de la “Balfour Foundation”.
L’ancien president zambien a été désigné en été dernier
pour ce programme par le Centre de recherches et d’archivages
sur les présidents africains de l’Université de Boston. En
Anglais: “Boston University's African Presidential Archives
and Research Center (APARC)”.
«For me it’s another chance of learning
and sharing» aime à dire le Dr. Kaunda qui ne verra
donc aucun inconvénient à dispenser des cours et à
donner des conférences à la "Boston University" et
à travers les Etats-Unis. Surtout qu'il tient à
sensibiliser sur le Sida et les questions de développement en
Afrique.
Le calendrier du Président
Kaunda est déjà très chargé. Il sera à l’Université de
Haward le 25 Novembre prochain pour une conférence sur le SIDA.
Voici
quelques livres et écrits du Dr. Kenneth Kaunda:
The Riddle of Violence
Kaunda, Kenneth, and Morris, Colin M.
Kaunda on violence
Kaunda, Kenneth D., and Morris, Colin M.

A humanist in Africa : letters to Colin
M.Morris from Kenneth D.Kaunda.
Kaunda, Kenneth David
Black Heart: Gore-Browne and the
Politics of Multiracial Zambia
Rotberg, Robert I., and Kaunda, Kenneth D.
Black Government? : A discussion
between Colin Morris and Kenneth Kaunda.
Morris, Colin M., and Kaunda, Kenneth D.

Zambia shall be free : an
autobiography.
Kaunda, Kenneth David
Zambia's economic revolution; address
Kaunda, Kenneth D.
Letter to my children.
Kaunda, Kenneth D.
Zambia Shall Be Free
Kaunda, Kenneth
* Kenneth
Kaunda children of Africa fondation
** chiffres fournis par
World Fact Book 2002
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