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Le 18 Nov. 2002

Le Président Kenneth Kaunda ou la passion pour une Afrique libre et développée
Joseph Takeli
 

L’invité d’honneur à la conférence sur une éventuelle confédération des pays de la corne de l’Afrique, le Dr. Kenneth Kaunda a défendu le 14 Novembre dernier les idées qu’il defend depuis 1964 lorsuqu’il devint premier président de la Rodhésie du Nord qu’il rebaptisa Republique de Zambie. A 78 ans, celui qu’on nomme affectueusement “KK” n’aura perdu aucune de ses veines revolutionnaires qui lui permirent d’obtenir l’independance de son pays et de lutter inlassablement pour celle des pays limitrophes du sien, et surtout pour la liberation de Nelson Mandela. 

Devant une salle pleine à craquer, dans le très luxueux hotel “Embassy Suites” adjascent l’Université de Floride Sud, le Dr. Kenneth Kaunda a donné deux discours très musclés  le 14 Novembre 2002. L’un dans la matinée et l’autre dans l’après midi. 

Dans son premier discours, l’ancien président Zambian a abordé avec courage la question épineuse de la gouvernance en Afrique. On eut cru qu’ayant passé 27 ans au pouvoir, un chef d’Etat eût quelque mal à parler de la question de démocratie et de bonne gouvernance. Non. Le Monsieur est fabriqué dans ces bois rares sur le continent. 

Il a abordé avec courage les insuffisances de son propre règne  pendant une période de guerre froide. Il a expliqué les difficultées qui furent les siennes de batir un pays sur un héritage plutôt calamiteux laissé par le colon. Il expliqua par exemple qu’à l’indépendance de son pays, on comptait seulement 3 personnes nanties d’un  Doctorat et la nécessité qu’il y avait alors de batir un système d’éducation fiable en vue de former des cadres pour la construction du pays. 

Il toucha surtout au point que redoutent les anciens leaders du contient, à savoir la bonne gouvernance et la corruption. Il expliqua  qu’une réalité du terrain à l’époque de l’independance de son pays était aussi la corruption de l’appareil étatique hérité du colonialisme anglais auquel il fallait faire face. KK est bien connu pour son franc parlé et son intégrité. Ce qui n’est pas du goût de beaucoup comme on peut bien s’en douter. 

Invité sur la voix de l’Amerique en Octobre dernier, le Dr. Kenneth Kaunda n’avait pas avalé sa langue et déclara: «Je condamne ceux qui ont pillé et ceux qui sont vivants et continuent de piller le continent. Nous devons condamner tous les leaders qui volent leurs peuples»  Donnant son avis sur les chefs d’Etats africains qui cherchent à perpétuer leur règne, le Dr. Kaunda avait déclaré: «Une fois que les constitutions sont adoptées par les peuples, elles doivent être respectées.»  

C’est peut-être le lieu de rappeler que le Dr. Kenneth Kaunda a été battu aux élections présidentielles de son pays en 1991 et qu’il a quitté le pouvoir sans aucune résistance pour laisser la place à Frédéric Chiluba qui lui-même a quitté le pouvoir au profit de Levy Mwanawasa après les élections de décembre 2001.  

Lorsque le Dr. Kenneth Kaunda en vint dans son discours à l’activité qui le préoccupe le plus aujourd’hui, c’est-à-dire la lutte contre le SIDA et le virus VIH, il versa des larmes devant une assistance émue. Ce qui fut contagieux dans la salle où on constata les yeux rougir au rythme de ceux de KK. 

Il expliqua la nécessité qu’il y a à ce que les chefs d’Etats s’engagent personnellement dans la lutte contre le fléau qui décime le continent africain. Il fournit des chiffres qui firent trembler plus d’un. Il expliqua que sans l’implication des gouverments au plus haut niveau, le fléau risque de vider le continent de ses ressources humaines nécessaires au décollage économique. Monsieur Kaunda  anime depuis qu’il a quitté le pouvoir, la fondation dénommé “Kenneth Kaunda children of Africa fondation.” * 

Dans l’après-midi du 14 Novembre 2002, devant une foule attentive et en présence du Dr Judy Genshaft, recteur  de l’Université de Floride Sud, Monsieur Kaunda a entamé son discours par une chanson de paix qu’il clôtura avec une autre chanson révolutionnaire et d’espoir pour l’Afrique. Entre autres phrases importantes de son discours figure celle-ci: «L’Afrique doit guérir pour se reconstruire» 

Dans ce discours, il défendit le NEPAD en incitant les opérateurs économiques présents à la conférence à s’intéresser davantage à investir en Afrique et à donner des chances au Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique.  Parmi ces opérateurs on peut citer “the Overseas Private Investment”, “Enterprise Florida”, le PNUD, la Banque Mondiale etc. 

Quelqu’un qui ne connaissait pas le combat et la personnalité du Dr. Kenneth Kaunda  aura tout simplement été étonné de l’humilité d’un homme qui a dirigé pendant 27 ans (1964 – 1991) un pays d'une superficie de 752.614km2 et peuplé de 9.959.037  habitants. Un homme qui aime l’Afrique avec passion. ** 

Un étudiant fit pleurer le Dr. Kenneth Kaunda en le félicitant publiquement d’avoir quitté le pouvoir. L’ancien président embrassa l’étudiant dans une accolade interminable nourrie d’applaudissement de l’assistance. 

Parlant de l’humilité du Dr. Kaunda, le président de l’association des étudiants africains de l’Université de Floride, le Camerounais Patrick Sandji a décrit la spontanéité avec laquelle il a accepté sans préavis de participer à cette conférence. Il rapporte que le Dr. Kaunda, pendant son séjours pour la conférence, a envoyé une acheter une carte téléphonique comme un individu quelconque pour appeler un de ses ami en Afrique et que l’hotel l’ayant appris a réagi en expliquant que toutes les dépenses du Président Kaunda étaient aux frais de l’hotel. Patrick Sandji n’a cessé de dire: «Kaunda, c’est un grand homme».  

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Le Dr. Kenneth Kaunda réside depuis septembre dernier au Massachusetts. Il travaillera à l’Université de Boston dans le cadre du programme dénommé “Balfour Residency”. Ce programme permet aux leaders des démocraties africaines de travailler à l’Université de Boston pour un an. Le programme est financé par des subventions de la “Balfour Foundation”. L’ancien president zambien a été désigné en été dernier pour ce programme par le Centre de recherches et d’archivages sur les présidents africains de l’Université de Boston. En Anglais: “Boston University's African Presidential Archives and Research Center (APARC)”.  «For me it’s another chance of learning and sharing» aime à dire le Dr. Kaunda qui ne verra donc aucun inconvénient à dispenser des  cours et à donner des conférences à la "Boston University" et à travers les Etats-Unis. Surtout qu'il tient à  sensibiliser sur le Sida et les questions de développement en Afrique.

Le calendrier du Président Kaunda est déjà très chargé. Il sera à l’Université de Haward le 25 Novembre prochain pour une conférence sur le SIDA.     

Voici quelques livres et écrits du Dr. Kenneth Kaunda:

The Riddle of Violence 
Kaunda, Kenneth, and Morris, Colin M.
Kaunda on violence 

Kaunda, Kenneth D., and Morris, Colin M.

A humanist in Africa : letters to Colin M.Morris from Kenneth D.Kaunda. 
Kaunda, Kenneth David
Black Heart: Gore-Browne and the Politics of Multiracial Zambia 
Rotberg, Robert I., and Kaunda, Kenneth D. 
Black Government? : A discussion between Colin Morris and Kenneth Kaunda. 
Morris, Colin M., and Kaunda, Kenneth D.

Zambia shall be free : an autobiography. 
Kaunda, Kenneth David
Zambia's economic revolution; address 
Kaunda, Kenneth D.
Letter to my children. 
Kaunda, Kenneth D.
Zambia Shall Be Free 
Kaunda, Kenneth 

* Kenneth Kaunda children of Africa fondation 

** chiffres fournis par World Fact Book 2002 

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