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Editorial

Le 16 Nov. 2002

Et si Dieu restait sourd à l'appel  d'Eyadema? 
Samuel Batchati

Alors que la crise ivoirienne s’enlise en Côte d’Ivoire, que la médiation grotesque s’époumone à Lomé, le dictatosaure   implore Dieu . Le ministre de l’intérieur le général Sizing Walla  dans un communiqué lu sur les médias invitait les populations à un culte religieux pour le retour de la paix dans le pays des éléphants. Musulmans et protestants étaient ce matin  donc au palais des congrès pour célébrer un culte pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire. Allah et Yéhova se sont donc donnés rendez-vous pour huer la guerre. 

On peut railler : de quelles ressources disposait ce monsieur réputé

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 homme de paix, pour arracher la médiation  à coups de doyen des chefs d’Etat ? Comptait-il sur le secours de Dieu ? Ou avait-il d’autres arguments qu’ils a vite fait d’épuiser ? 

On se rappelle la farce chanteresque de l’hôtel du 2 Février où des vedettes ont chanté tous azimuts, des chants de paix et où Laurent Dona Fologo , le porte-parole du gouvernement ivoirien et Guillaume Soro, celui des mutins, s’étaient donnés la main pour chanter la paix ? Ce recours à Dieu  sonne comme un aveu d’impuissance notoire à régler la crise ivoirienne. 

Le vendredi 15 novembre, le président recevait dans  son jardin de Lomé II, une délégation de ressortissants ivoiriens qui lui ont exprimé leur reconnaissance pour sa médiation  dans la crise de leur pays. En retour il leur fait l’histoire de ses baroudes en Indochine et en Algérie et a conclu par sa sempiternelle rengaine : «  La guerre c’est pas bien. Quand il y a la guerre, il y a des morts . » Logique n’est-ce pas ? En somme la médiation togolaise de la crise qui cache le malaise profond des Togolais est plus médiatique qu’active.   

Il faut rappeler que l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine  en disgrâce avec Lomé II depuis que les prélats se sont mêlés du départ d’Eyadema de la présidence na pas été invité à ces joueries religieuses peu glorioles pour l'image de l'impénitent négociateur. 

Concerts spiritueux et chorales cupides ont animé cette cérémonie cynique. L’embraseur  de la sous-région qui joue au médiateur appelle Dieu à son secours. Comment peut-on être cynique à ce point et implorer la clémence divine pour  une forfaiture qu’on a engendrée et qu’on maintient de toute la force de son cœur démoniaque ? Car il est avéré que  Eyadema est fortement impliqué dans la crise en Côte d’Ivoire. Les mutins ont jubilé lorsqu’il avait été choisi par ses pairs pour coordonner la médiation ivoiro-ivoirienne.  Cette responsabilité  usurpée  au président sénégalais Abdoulaye Wade,  lui va très mal d’ailleurs.  

Ce dernier  d’ailleurs refuse que son pays dirige la force de maintient de la paix en Côte d’ivoire qui a enfin trouvé des financiers. En effet la France, l’Allemagne, les Etats Unis d’Amérique, la Belgique et les Pays Bas ont financé cette opération militaire à hauteur de  10 millions d’Euros  soit un global de 6,5 milliards de francs CFA. 

Cette manne  suffira-t-elle à financer cette force ? Car en l’état actuel de la médiation, rien n’augure une fin proche  de la crise ivoirienne. Les mutins campent sur leur position : de nouvelles élections présidentielles plus élargies à tous les leaders des partis politiques. Ce qui va sans nommer Alassane Dramane Ouattara le leader du RDR, protégé de Chirac de Bongo, de Sassou et d’Eyadema, la fine  engeance de la dictature. Et personne ne voit  Laurent Gbagbo accepter d’autres élections avant la fin de son mandat. 

Que peut encore  proposer le dictateur de Lomé 2 aux Ivoiriens   si Dieu n’écoute pas sa prière ? Si Allah et Yéhova  ne viennent pas  à sa rescousse ? Et si Dieu nous a créés libres c’est qu’il ne viendra pas  cautionner nos forfaitures. 

La sagesse recommande que Eyadema jette les gangs et confie la médiation de la crise ivoirienne à plus démocrate et à plus futé que lui. Car en matière de démocratie  de liberté et de  droit de l’homme, ce monsieur est un gros zéro, un gros nul.  

A plus de  mois (4) de son départ constitutionnel de la présidence de la République, cela lui laissera assez de temps pour organiser sa fuite ou sa comparution  devant les tribunaux pour tous les crimes économiques, politiques  et autres calamités et monstruosités qu’il a fait vivre aux Togolais et à certains Africains. 

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