Et si
Dieu restait sourd à l'appel d'Eyadema?
Samuel Batchati
Alors que la crise ivoirienne
s’enlise en Côte d’Ivoire, que la médiation grotesque s’époumone
à Lomé, le dictatosaure
implore Dieu . Le ministre de l’intérieur le général
Sizing Walla dans un communiqué lu sur les médias
invitait les populations à un culte religieux pour le retour de
la paix dans le pays des éléphants. Musulmans et protestants
étaient ce matin donc au palais des congrès pour célébrer
un culte pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire.
Allah et Yéhova se sont donc donnés rendez-vous pour huer la
guerre.
On
peut railler : de quelles ressources disposait ce monsieur
réputé
homme de paix, pour arracher la médiation
à coups de doyen des chefs d’Etat ? Comptait-il
sur le secours de Dieu ? Ou avait-il d’autres arguments
qu’ils a vite fait d’épuiser ?
On
se rappelle la farce chanteresque de l’hôtel du 2 Février où
des vedettes ont chanté tous azimuts, des chants de paix et où
Laurent Dona Fologo , le porte-parole du gouvernement ivoirien
et Guillaume Soro, celui des mutins, s’étaient donnés la
main pour chanter la paix ? Ce recours à Dieu
sonne comme un aveu d’impuissance notoire à régler la
crise ivoirienne.
Le
vendredi 15 novembre, le président recevait dans
son jardin de Lomé II, une délégation de
ressortissants ivoiriens qui lui ont exprimé leur
reconnaissance pour sa médiation
dans la crise de leur pays. En retour il leur fait
l’histoire de ses baroudes en Indochine et en Algérie et a
conclu par sa sempiternelle rengaine : « La
guerre c’est pas bien. Quand il y a la guerre, il y a des
morts . » Logique n’est-ce pas ? En somme la médiation
togolaise de la crise qui cache le malaise profond des Togolais
est plus médiatique qu’active.
Il
faut rappeler que l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine
en disgrâce avec Lomé II depuis que les prélats se sont mêlés
du départ d’Eyadema de la présidence na pas été invité à
ces joueries religieuses peu glorioles pour l'image de l'impénitent
négociateur.
Concerts
spiritueux et chorales cupides ont animé cette cérémonie
cynique. L’embraseur de
la sous-région qui joue au médiateur appelle Dieu à son
secours. Comment peut-on être cynique à ce point et implorer
la clémence divine pour une
forfaiture qu’on a engendrée et qu’on maintient de toute la
force de son cœur démoniaque ? Car il est avéré que
Eyadema est fortement impliqué dans la crise en Côte
d’Ivoire. Les mutins ont jubilé lorsqu’il avait été
choisi par ses pairs pour coordonner la médiation
ivoiro-ivoirienne. Cette
responsabilité usurpée
au président sénégalais Abdoulaye Wade,
lui va très mal d’ailleurs.
Ce
dernier d’ailleurs refuse que son pays dirige la force
de maintient de la paix en Côte d’ivoire qui a enfin trouvé
des financiers. En effet la France, l’Allemagne, les Etats
Unis d’Amérique, la Belgique et les Pays Bas ont financé
cette opération militaire à hauteur de
10 millions d’Euros
soit un global de 6,5 milliards de francs CFA.
Cette manne
suffira-t-elle à financer cette force ? Car en l’état
actuel de la médiation, rien n’augure une fin proche
de la crise ivoirienne. Les mutins campent sur leur
position : de nouvelles élections présidentielles plus élargies
à tous les leaders des partis politiques. Ce qui va sans nommer
Alassane Dramane Ouattara le leader du RDR, protégé de Chirac
de Bongo, de Sassou et d’Eyadema, la fine
engeance de la dictature. Et personne ne voit
Laurent Gbagbo accepter d’autres élections avant la
fin de son mandat.
Que
peut encore proposer
le dictateur de Lomé 2 aux Ivoiriens
si Dieu n’écoute pas sa prière ? Si Allah et Yéhova
ne viennent pas à
sa rescousse ? Et si Dieu nous a créés libres c’est
qu’il ne viendra pas cautionner
nos forfaitures.
La
sagesse recommande que Eyadema jette les gangs et confie la médiation
de la crise ivoirienne à plus démocrate et à plus futé que
lui. Car en matière de démocratie de liberté et de
droit de l’homme, ce monsieur est un gros zéro, un
gros nul.
A
plus de mois (4) de
son départ constitutionnel de la présidence de la République,
cela lui laissera assez de temps pour organiser sa fuite ou sa
comparution devant
les tribunaux pour tous les crimes économiques, politiques
et autres calamités et monstruosités qu’il a fait
vivre aux Togolais et à certains Africains.
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