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Eyadema
sur la voix d'Arap Moi!
Samuel Batchati
«Il faut que je parte mais c’est
mieux que je reste. Mais que deviendrai-je si je pars Pourtant
si je reste, il y a Chirac ». Logique yademayienne
à Lomé 2.
Ça se chuchotait. Ca se chuchote de
plus en plus. Eyadema veut partir mais il exige des garanties.
Il a peur de vivre la triste fin de Mobutu ou de vivre les démêlées
judiciaires de Pinochet ou de Hussein Habré du Tchad. Certains
militaires de sa garde présidentielle sont formels sur la
question : tant que le président n’aura pas une retraite stable, paisible une sorte de bunker d’où il sera
inexpugnable, il ne quittera pas le pourvoir. La voix de Daniel
Arap Moi le tenterait-il?
Le dictateur de Nairobi
part lui aussi en 2003 après un quart de siècle d’un
règne calamiteux. En tout cas il a promis partir à l’échéance
de 2003. Mais les Kenyans craignant de le voir revenir à la
charge et s’enraciner comme le Eyadema du Togo, lui offrent
une retraite dorée: Une maison avec 12 pièces entièrement équipées,
une piscine, un sauna, une court de tennis, trois cuisinières,
deux femmes de ménage, trois jardiniers, une secrétaire
personnelle, deux autres secrétaires, un intendant, trois
assistantes, deux limousines, deux véhicules d’escorte, deux
autres de service, neuf gardes du corps. Ce
monsieur et sa camarilla qui ont saigné le Kenya à
blanc, percevra en plus des 80% de son salaire
une allocation
pour financer ses voyages à l’étranger. Chouette !
Ça s’est fait sous d’autres cieux.
Mais pas avec des dictateurs odieux. Nelson Mandela après
qu’il s’est retiré du pouvoir percevait 75% de son salaire.
Frederick Chiluba avant ses démêlées avec la justice
percevait une partie de son salaire plus $62 000.
Ces négociations à l’amiable
paraissent scandaleuses pour des messieurs que la vindicte
populaire devait pendre haut et court. L’étroitesse de leur
envergure politique les a rendus impopulaires, bannis et décriés
qu’ils savent qu’un départ à la retraite les exposerait à
la justice humaine donc à la justice divine : Vox populi
vox Dei. Cette couverture divine qu’ils ont usurpée , ce Dieu
qu’ils ont prostitué pour
défendre et protéger leurs
intérêts mesquins (Si ce que je fais est bon que Dieu
me laisse continuer ma route, si ce que je fais est mauvais
qu’Il me barre la route a-t-on souvent entendu pérorer
le dictateur de Lomé II), leur offrira par la main du peuple,
un enfer sur terre.
C’est pourquoi Eyadema s’accroche
vaille que vaille au pouvoir avec l’espoir que la mort l’ y
trouve et le
soustraie de la colère d’un peuple qui a pendant un
trentenaire tyrannique
porté sa croix sur
un chemin semé de faim, de prison, d’exil et de d’exécutions
extra-judiciaires. Un peuple qui a vécu toutes les privations :
morale, matérielle, culturelle, cultuelle, économique, sociale,
politique, etc.
Après la déroute électorale du 27
octobre 2002, le
Rpt et Eyadema
cherchent un "emergency exit". Ce parti ringard aux
pratiques aberrantes est rouillé et en déphasage avec le
contexte actuel de démocratisation et de globalisation.
L’information que ce parti
tente de tuer, rattrape ses ignominies et révèle ses scandales. Même
si la presse est muselée, nous savons nous autres, tous les
trafics souterrains qui se traficotent.
Si la rumeur dit vrai, Eyadema
devrait lancé son projet de retraite sur la place publique. Le
peuple verra s’il le lui accordera. Car il appartient au
peuple souverain de désigner ses gouvernants. Et le peuple
togolais , il y a longtemps a retiré sa confiance à Eyadema.
S’il dirige ce pays c’est comme depuis toujours, à l’issu
de coups d’Etats, de hold-up électoraux. Le peuple verra
s’il faudra lui concéder cette retraite d’émir ou cette
vie d’un capo di tutti capi de la honteuse mafia sicilienne.
Mais attention ! Ce qu’il
faut le plus redouter c’est le nombre de militaires qu’il
faudra laisser à sa garde. Ces rumeurs demandent qu’on lui
laisse un camp entier, celui de Kara, ses appartements de Lomé
II et de Pya son
village natal construits avec l’argent du contribuable, son
parc auto, son salaire entier,
l’avion devenu sien qui
joue de temps en temps, le rôle de
taxi-avion. Il faudrait ajouter pour la blague, ses
femmes, ses maîtresses et autres zozos et zombis
à son service.
Mais le danger comme je le disais tantôt
réside dans le fait que ce monsieur qui a le premier fait un
coup d’Etat dans une Afrique à peine indépendante, ne récidive.
Il prendra le même
prétexte qu’en 1963 pour forfaire un autre coup d’Etat sénile :
l’armée est intervenue pour rétablir l’ordre et l’unité
nationale. Ce serait plus qu’une reculade. Ce serait un
plongeon dans le néant. Et nous savons que la soldatesque
au mépris de l’Art . 147 de la Constitution qui
dispose que « Les Forces Armées Togolaises sont une
armée nationale, républicaine et apolitique. Elles sont entièrement
soumises à l’autorité politique constitutionnelle régulièrement
établie. », se prêtera à cette clownerie
du Far-West texan.
De fait ce monsieur est
politiquement et moralement mort. La ploutodiplomatie qu’il mène
dans la sous-région est une
prothèse politique dont il se sert pour
auréoler sa piteuse image d’homme d’Etat. On sait
que ce super négociateur
marchande ces négociations et comme c’est le plus fortuné de
la sous-région, elles lui sont adjugées avec la couverture
ridicule de doyen
des Chefs d’Etat.Ce généralissime fini
n’est pas que fini au Togo.
Il est fini dans le monde. Le
peuple togolais devait donner la tocade à ce parti cache-sexe
et à son présidentissime Eyadema. Aucune négociation hors
constitutionnelle n’est pas possible. Le peuple
ne devra pas tricher avec son histoire ni avec le destin
de ses enfants qui ont perdu
pairs, pères et repères.
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