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Editorial

Le 31 Oct. 2002

CALME PLAT AU LENDEMAIN DE LA BOUFFONNERIE ELECTORALE AU TOGO
Samuel Batchati

Je m’étais attendu aux lendemain des élections picrocholines , élections travesties, flouées , à voir une marrée haute d’iconoclastes, lave  humaine, à l’assaut de la vermine. Avec le maboulisme qui a pris cité dans les têtes, je m’étais attendu à voir les  nerfs des têtes en boule, déambuler les rues, les bouches en cratères de volcan, criant leur haine, leur no longer at ease.

La patience ténue des Togolais, lassés, abusés, emmaillotés dans une indicible immonde et ignoble dictature des premiers temps de la barbarie, m’obligeait à cette attente. L’usure et la sclérose  d’un régime clochard qui  tente d’inoculer  la clochardise, la bâtardise et la cancrerie à un peuple rétif, ne me poussaient qu’à ce cataclysme apocalyptique.

Mais non ! Le Tyran a été à l’école de David Koresch,  le gourou qui fit périr, hommes et biens de la secte des Davidiens aux Etats Unis : il veut faire périr, tout un peuple entier dans la misère morale et intellectuelle. Ce rêve du peuple qui prend sa revanche sur près d’un demi siècle d’un monstrueux despotisme fasciste, je l’ai caressé in petto dans mes insomnies. Mais il s’est effondré dès la proclamation des résultats des législatives du 27 octobre 2002. Le rptard  rptasse, s’est taillé la part du lion avec 72 sièges sur les 81 pourvus.

Et silence. Pas un mot, pas une toux contestataire.

Les fantoches  partis de l’opposition  qui ont participé à la martiale mascarade électorale n’ont pas ciller malgré la fraude massive avérée et le boycott du peuple togolais de ces élections. La traditionnelle opposition, avachie, frappée d’une inqualifiable  torpeur  insomniaque et absurde des personnages beckettiens dans l’attente d’un Godot ,  cette opposition-là, ne s’est même pas mis  martel  en tête ; n’a eu à réitérer que les sempiternelles condamnations se sachant damnée elle-même. L’éclaboussure, les trouducuteries   et les coquecigrues répercutées par des journaleux  bigleux d’une certaine presse stipendiée,  passionnément incriminatoire, l’ont davantage acculée dans un trou  du cul d’une criminelle léthargie.

Et le peuple togolais se retrouve  en l’an 1 d’une ténébreuse dictature .

La reddition de l’opposition, privée de sa principale arme, le peuple, hisse le dictateur, aujourd’hui super médiateur, au hit parade des doyens de chefs d’Etat africains et homme de paix. Le dictateur  présideur et sa camarilla féale, qui charognent les caisses déjà exsangues de l’Etat, s’enracinent davantage  dans la canaillocratie. 

« Le pouvoir est une malédiction pour notre peuple »( Mongo Beti, Branle-bas en noir et blanc  ) Ce régime somnambulique conduit par un valétudinaire accroché convulsivement à un pouvoir qui l’a lâché il y a belle lurette a la fière arrogance de crier victoire pour un combat où aucun péril n’était annoncé. Il est bien grand tard que son grand art ne soit plus qu’ubuesque, grand art d’opérette de guignols. 

Pendant que continuent mezza-voce, les palabreries de l’opposition, le peuple togolais devra ronger encore son frein en tolérant ce rocambolesque personnage qui a eu en son temps  assez de baraka pour  ne pas  finir  crucifié par une baïonnette du FLN ou massacré par d’ irascibles  Indochinois. 

Les Togolais vivraient une autre histoire.

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