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CALME
PLAT AU LENDEMAIN DE LA BOUFFONNERIE ELECTORALE AU TOGO
Samuel Batchati
Je m’étais attendu
aux lendemain des élections picrocholines , élections travesties,
flouées , à voir une marrée haute d’iconoclastes, lave
humaine, à l’assaut de la vermine. Avec le maboulisme qui
a pris cité dans les têtes, je m’étais attendu à voir les
nerfs des têtes en boule, déambuler les rues, les bouches
en cratères de volcan, criant leur haine, leur no longer at ease.
La
patience ténue des Togolais, lassés, abusés, emmaillotés dans
une indicible immonde et ignoble dictature des premiers temps de la
barbarie, m’obligeait à cette attente. L’usure et la sclérose
d’un régime clochard qui
tente d’inoculer la
clochardise, la bâtardise et la cancrerie à un peuple rétif, ne
me poussaient qu’à ce cataclysme apocalyptique.
Mais
non ! Le Tyran a été à l’école de David Koresch,
le gourou qui fit périr, hommes et biens de la secte des
Davidiens aux Etats Unis : il veut faire périr, tout un peuple
entier dans la misère morale et intellectuelle. Ce rêve du peuple
qui prend sa revanche sur près d’un demi siècle d’un
monstrueux despotisme fasciste, je l’ai caressé in petto dans mes
insomnies. Mais il s’est effondré dès la proclamation des résultats
des législatives du 27 octobre 2002. Le rptard
rptasse, s’est taillé la part du lion avec 72 sièges sur
les 81 pourvus.
Et
silence. Pas un mot, pas une toux contestataire.
Les
fantoches partis de
l’opposition qui ont
participé à la martiale mascarade électorale n’ont pas ciller
malgré la fraude massive avérée et le boycott du peuple togolais
de ces élections. La traditionnelle opposition, avachie, frappée
d’une inqualifiable torpeur
insomniaque et absurde des personnages beckettiens dans
l’attente d’un Godot , cette opposition-là, ne s’est même pas mis
martel en tête ;
n’a eu à réitérer que les sempiternelles condamnations se
sachant damnée elle-même. L’éclaboussure, les trouducuteries
et les coquecigrues répercutées par des journaleux
bigleux d’une certaine presse stipendiée,
passionnément incriminatoire, l’ont davantage acculée
dans un trou du cul d’une criminelle léthargie.
Et
le peuple togolais se retrouve
en l’an 1 d’une ténébreuse dictature .
La
reddition de l’opposition, privée de sa principale arme, le
peuple, hisse le dictateur, aujourd’hui super médiateur, au hit
parade des doyens de chefs d’Etat africains et homme de paix. Le
dictateur présideur et
sa camarilla féale, qui charognent les caisses déjà exsangues de
l’Etat, s’enracinent davantage
dans la canaillocratie.
« Le
pouvoir est une malédiction pour notre peuple »( Mongo Beti, Branle-bas
en noir et blanc )
Ce régime somnambulique conduit par un valétudinaire accroché
convulsivement à un pouvoir qui l’a lâché il y a belle lurette
a la fière arrogance de crier victoire pour un combat où aucun péril
n’était annoncé. Il est bien grand tard que son grand art ne
soit plus qu’ubuesque, grand art d’opérette de guignols.
Pendant
que continuent mezza-voce, les palabreries de l’opposition, le
peuple togolais devra ronger encore son frein en tolérant ce
rocambolesque personnage qui a eu en son temps
assez de baraka pour ne
pas finir
crucifié par une baïonnette du FLN ou massacré par d’
irascibles Indochinois.
Les Togolais vivraient une
autre histoire.
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