AgoraPress

Tribune

Economie

Politique

Culture

Société

Sites

 
Actualité

Vendredi, 25 Oct. 2002

Les élections législatives à fleur de gachette 
Mathias Akoulansa
 

Tous les Togolais ont aujourd'hui honte de voir leur Président jouer les sapeurs pompiers dans d'autres pays, notamment en Côte d'Ivoire alors qu'il est pyromane en la cause et despote dans son pays. Ce Monsieur n'a-t-il pas mieux à faire chez lui que d'aller porter ses lunettes noires chez les Ivoiriens? 

Le 27 octobre 2002, auront lieu, contre le bon sens et la raison, les législatives dites anticipées au Togo. Des élections prévues par l’Accord cadre de Lomé signé le 29 juillet 1999 après coup de force perpétré par Eyadema Gnasingbé après avoir perdu les élections présidentielles de Juin 1998. Mais l'ACL censé être une solution de compromis, les textes ont perdu de leur teinte démocratique et la paresse privée a été interdite d'une manière déguisée avec la dernière modification unilatérale du code de la presse privée. 

Elles ont lieu ces élections antichippées. Mais l’opposition qui  devait participer à ces législatives selon les termes de  l’Accord cadre de Lomé, en est absente. Seul le Rpt et ses partis satellites y prennent part. Le MRC (Mouvement Républicain Centriste), l’URDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), l’UPAJUT (Union pour la Paix, la Justice et le Travail) le  PJDR (Parti des jeunes  Démocrates  pour la Réconciliation), la JUVENTO, le Parti Ecologiste panafricain,, tous mangent dans la main du Rpt parce qu’ils sont plus des ailes marchantes que des partis politiques.  

Sur le tard, certains se sont formés pour faire opposition et faire croire à la communauté internationale que les élections sont démocratiques parce que pluralistes. Et chaque candidat de ces partis a reçu du Rpt pour battre campagne, la coquette somme de 3 200 000 Francs tandis que les candidats du Rpt eux-mêmes, ont reçu 5 000 000 Francs, plus voitures, plus carburant, plus tricots, plus militaires. Cette prodigalité du Rpt est conforme à son ambition : demeurer au pouvoir vaille que vaille.  Ceci est la phase tactique.  

Pour la phase pratique, bourrage des urnes, les soldats ont voté hier jeudi 24 Octobre 2002. Soit 72 heures avant la date effective du scrutin. On explique que c’est pour avoir la sécurité prête pour arrêter des trouble-fêtes. Comme s’il n’en était pas assez des cops  et des gendarmes, on a comme toujours déversé  dans les rues de Lomé, plusieurs centaines de bérets verts, la garde présidentielle venue de Kara. Nous  les avons  vus débarqués lundi et mardi, harnachés comme pour une guerre de science fiction. 

Le ministre de la sécurité et de la démocratisation, le chérif Sizing Walla,  celui-là même qui muselle toute l’opposition et qui a son oeil à la HAAC, (Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication), depuis la campagne, est monté  au créneau  et dans un communiqué  musclé a mis en garde les partis de l’opposition qui empêcheraient les citoyens d’aller voter. Dans une émission télévisée le 23 octobre  en présence du président du Comité des 7, le magistrat PETCHELEBIA, il a réitéré cet avertissement.  

D’ailleurs, il y a une semaine, Jean-Pierre Fabre et le premier vice-président de l’UFC ont été entendus à la sûreté. Il leur était reproché de sensibiliser les jeunes à manifester  et à semer des troubles le jour du scrutin.  

Inexorablement, on s’achemine vers le scénario alerte que www.togoforum.com lançait dans ses colonnes en septembre 2002. Le Rpt voudrait créer des troubles et saisir l’occasion pour liquider les grosses cylindrées de l’opposition traditionnelle et les militaire non conformistes. Qui est visé dans ce plan machiavélique ? Il ne faut pas être devin pour le savoir. 

 

Vos publicités ici

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

Tribune | Interviews | Débats | AgoraPress | Economie | Culture | Chatroom | Sites