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Tous les Togolais ont aujourd'hui honte de voir leur Président
jouer les sapeurs pompiers dans d'autres pays, notamment en Côte
d'Ivoire alors qu'il est pyromane en la cause et despote dans son
pays. Ce Monsieur n'a-t-il pas mieux à faire chez lui que d'aller
porter ses lunettes noires chez les Ivoiriens?
Le
27 octobre 2002, auront lieu, contre le bon sens et la raison, les législatives
dites anticipées au Togo. Des élections prévues par l’Accord
cadre de Lomé signé le 29 juillet 1999 après coup de force
perpétré par Eyadema Gnasingbé après avoir perdu les élections
présidentielles de Juin 1998. Mais l'ACL censé être une solution
de compromis, les textes ont perdu de leur teinte démocratique
et la paresse privée a été interdite d'une manière
déguisée avec la dernière modification unilatérale du code de la
presse privée.
Elles
ont lieu ces élections antichippées. Mais l’opposition qui
devait participer à ces législatives selon les termes de
l’Accord cadre de Lomé, en est absente. Seul le Rpt et ses
partis satellites y prennent part. Le MRC (Mouvement Républicain
Centriste), l’URDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès
Social), l’UPAJUT (Union pour la Paix, la Justice et le Travail)
le PJDR (Parti des
jeunes Démocrates
pour la Réconciliation), la JUVENTO, le Parti Ecologiste
panafricain,, tous mangent dans la main du Rpt parce qu’ils sont
plus des ailes marchantes que des partis politiques.
Sur
le tard, certains se sont formés pour faire opposition et faire
croire à la communauté internationale que les élections sont démocratiques
parce que pluralistes. Et chaque candidat de ces partis a reçu du
Rpt pour battre campagne, la coquette somme de 3 200 000 Francs
tandis que les candidats du Rpt eux-mêmes, ont reçu 5 000 000 Francs,
plus voitures, plus carburant, plus tricots, plus militaires. Cette
prodigalité du Rpt est conforme à son ambition : demeurer
au pouvoir vaille que vaille.
Ceci
est la phase tactique.
Pour
la phase pratique, bourrage des urnes, les soldats ont voté hier
jeudi 24 Octobre 2002. Soit 72 heures avant la date effective du
scrutin. On explique que c’est pour avoir la sécurité prête
pour arrêter des trouble-fêtes. Comme s’il n’en était pas
assez des cops et des
gendarmes, on a comme toujours déversé
dans les rues de Lomé, plusieurs centaines de bérets verts,
la garde présidentielle venue de Kara. Nous
les avons vus débarqués
lundi et mardi, harnachés comme pour une guerre de science fiction.
Le
ministre de la sécurité et de la démocratisation, le chérif
Sizing Walla, celui-là même qui muselle toute l’opposition
et qui a son oeil à la HAAC, (Haute Autorité de l’Audiovisuel et
de la Communication), depuis la campagne, est monté
au créneau et
dans un communiqué musclé
a mis en garde les partis de l’opposition qui empêcheraient les
citoyens d’aller voter. Dans une émission télévisée le 23
octobre en présence du président du Comité des 7, le magistrat
PETCHELEBIA, il a réitéré cet avertissement.
D’ailleurs,
il y a une semaine, Jean-Pierre Fabre et le premier vice-président
de l’UFC ont été entendus à la sûreté. Il leur était reproché
de sensibiliser les jeunes à manifester
et à semer des troubles le jour du scrutin.
Inexorablement,
on s’achemine vers le scénario alerte que www.togoforum.com
lançait dans ses colonnes en septembre 2002. Le Rpt voudrait créer
des troubles et saisir l’occasion pour liquider les grosses
cylindrées de l’opposition traditionnelle et les militaire non
conformistes. Qui est visé dans ce plan machiavélique ?
Il ne faut pas être devin pour le savoir.
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