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Thom
Sank est Mort, Vive le Capitaine du Peuple
Lionel Akpabie
Thomas
Sankara est mort comme il avait vécu, en combattant. Il se dévoua
de tout son être aux causes qu’il avait étroitement embrassées,
que ce fut la défense de sa Patrie, la recherche de la justice,
la lutte contre le néo-colonialisme,
ou la construction d’une Afrique aux Africains.
Aucune situation ne pouvait le détourner
de son idéal d’Homme Intègre, ni l’empêcher de proclamer
ce qu’il croyait dans la sincérité de sa conscience. La mort
l’a frappé en pleine maturité, en pleine période
d’activité créatrice tout comme beaucoup d’autres
Panafricanistes fauchés par les ennemis d’une Afrique libre,
unie et prospère. Aussi pouvons-nous donc rêver si tristement
aux oeuvres à naitre dont sa fin prématurée nous prive à
jamais.
Pourtant cette mort n’est pas
seulement une des nombreuses tragédies en Afrique; elle vient
au contraire couronner le destin d’un homme comme un
accomplissement. Aujourd’hui toute une jeunesse s’identifie
à son combat et à son orientation politique. L’on peut donc
dire avec conviction que la mort de Thomas Sankara
quoiqu’ayant amené un fourbe au pouvoir est vraiment un échec.
On croyait éteindre en Thomas
Sankara le sursaut Panafricaniste de tout un continent. La mort
du Capitaine Peuple fut donc le signal de départ de la révolte
de la jeunesse Panafricaine qui se reconnaissait en cet héros
dont le courage et l’action suscitaient l’espoir de
lendemain meilleurs. Il disait avec raison que “le
bonheur ce n’est pas celui que l’on voit chez les autres.
Mais celui que l’on veut se définir.”
Il comprit très tôt le risque de
sa témérité, longtemps pressenti et accepta son sort. Il était
déjà prêt au sacrifice suprême dont il mesurait et le poids
et le prix. A cet effet, il déclarait: “Il
n’est pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie
pour ceux qu’on aime.”
Sa vie, sa mort et son oeuvre sont
donc inséparables. Elles prennent leur sens l’une par rapport
à l’autre et constituaient les aspects complémentaires
d’un seul et même homme.
Presqu’ignoré de son vivant ou
méconnu, et parfois détesté car il était ferme et terrible
dans sa recherche d’un bonheur original pour l’Afrique, “La Grande Patrie des Hommes Intêgres.”
Thomas Sankara était devenu trop
gênant à la fois pour beaucoup de milieux en Afrique et
outre-Méditérrannéen. Ils ne pouvaient acheter ni son silence
ni sa participation aux bradages des intérêts Africains. La décision
fut donc prise “au haut niveau des réseaux”
de s’en débarasser.
Véritable
mythe vivant, accessible et populaire, autant qu’inspiré, à
la fois
simple et intègre, quinze ans après son assassinat dans un
violent coup d’Etat, l’ombre de Thomas Sankara donne des
nuits noires au pouvoir en place. Les avocats de la famille
Sankara ont engagés plusieurs requêtes devant les tribunaux du
Faso pour assassinat et faux en écriture publique.
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