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Vendredi, 4 Octobre 2002

Arrêtés pour détention de tracts incitant l'armée à la revolte
Mathias Akoulansa

A peine sortons-nous de l'affaire Claude Ameganvi, Djaoura Tiguena et Takana Badjessa qu'un autre feuilleton prend déjà corps qui aura pour nom Avigan Kokou et Alabi.

En effet depuis le 25 septembre 2002, l'ancien député Avigan Kokou est aux arrêts pour un motif non élucidé par les autorités judiciaires du Togo. On lui reproche vaguement d'avoir rédigé et fait distribuer à Sokodé des tracts incitant l'armée à la révolte. 

Selon Maître Apévon, joint par Togoforum.com, M. Avigan n'est pas auteur des tracts en question. L'avocat rapporte que quelques jours avant son arrestation, et alors que Monsieur Avigan se trouvait au siège du Comité d'Action pour le Renouveau (CAR), parti politique d'opposition dont Maître Agboyibo est leader, un de ses anciens collègues y est venu et lui a montré le tract qui circulait déjà à Adewi (quartier de Lomé) et dont beaucoup dans la ville avaient eu vent. 

Monsieur Avigan demanda à un militant du CAR, le jeune Alabi d'aller lui faire copie du texte qu'il lui tendit. Le jeune revint quelque minutes plus tard avec le texte et sa copie et les remit à Monsieur Avigan. 

Selon Maître Apévon et ceux qui ont pu lire le tract incriminé, il s'agit d'un texte écrit par des militaires à l'adresse d'autres militaries, appelant à une prise de conscience au sein de l'armée togolaise pour mettre fin au système qui les opprime, les divise et les élimine un à un.

Selon les autorités togolaises qui promettent d'améner le jeune Alabi pour une confrontation avec M. Avigan, ce jeune homme aurait été arrêté à Sotouboua en train de distribuer des tracts. Selon ces mêmes autorités, Monsieur Alabi aurait déclaré qu'il en avait été chargé par Monsieur Avigan.

Maître Apevon déclare que c'est en vain qu'une telle confrontation est attendue et demandée. Selon l'avocat, le jeune Alabi a dû faire une copie pour lui-même et à l'insue même de M. Avigan. 

Selon des informations récueillies par togoforum.com, le jeune Alabi aurait été pris par la gendarmerie à Sotouboua, chez lui, et celle-ci aurait trouvé dans sa poche une copie du texte. Si une telle version est vraie, il subsite toutefois la question de savoir à quelle occasion la gendarmerie aurait pris le jeune homme qui se trouve actuellement en détention à la prison de Sokodé. Aussi on se demande pourquoi les autorités judiciaires ne concrétisent pas la confrontation pour élucider plusieurs points. Connaissant les méthodes arbitraires courantes au Togo, l'on est en droit de s'inquiéter des conditions de détention du jeune Alabi à Sokodé loin de tout avocat. 

Le feuilleton Avigan et Alabi ne fait que commencer. Déjà trois avocats se sont déjà constitués défenseurs des deux prévenus au motif principal qu'ils ne sont pas auteurs du tract même s'ils étaient en possession de celui-ci. Ils s'agit de Me Apévon, de Me Hegbor et de Me Lawson. 

Les autorités togolaises, dans leur guerre contre la liberté de presse et d'expression au Togo sont allées jusqu'à la destruction d'appareils photocopieurs à Lomé pour éviter justement que des écrits jugés dérangeants ne circulent sous le manteau. Des emprisonnements sont déjà en perspective, comme on s'en doute bien.

A la veille du 12ème anniversaire du soulèvement populaire le 5 Octobre prochain, il faut peut-être rappeler que c'est pour repondre aux accusations de «distribution de tracts diffamatoires insitant l'armée à la revolte» que Messieurs Logo Dossivi et Doglo Agbélenko comparaissaient devant les juges togolais le 5 Octobre 1990.           

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

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