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AgoraPress
Editorial

Lundi, 30 septembre 2002

L’Elysée devrait avoir honte  
Samuel Batchati

Arrogante et impolie, la France, plutôt Chirac, à coups  d’enclumes rhétoriciennes aux précipités d’aides s’ingère chaotiquement dans les affaires africaines. 

Elle bricole la vie des africains. Pour être réaliste, la vésanie du renflouement des caisses occultes venant de l’Afrique, l ‘habite. Elle  installe sous les tropiques ses féaux dont elle sait qu’ils ne lui feront pas faux bond. 

Elle l’a fait. Depuis de Gaule jusqu’à Chirac en passant par Valéry Giscard d’Estaing. Sous ce dernier  on  a traité les troupes françaises, à cause de leur interventions intempestives au Tchad, au Zaïre (Congo- Kinshasa) de « Cubains de l’Occident » 

Le 19 mai 1978, 800 parachutistes français de 2è REP sautaient sur la ville  minière de Kolwezi  dans la province de Shaba pour assurer l’évacuation de quelques centaines de ressortissants de la CEE( Communauté Economique Européenne) dont  91 avaient été tués par les 4000 anciens  gendarmes  du Katanga. En 1994 Alain Juppé, alors Premier ministre, s’interrogeait hypocritement sur les « moyens et les responsabilités (de la France) d’empêcher (…) les peuples (rwandais) de s’entre-tuer. » 

La France avait fui le Rwanda et permis aux Hutus , majoritaires à 80% de massacrer les Tutsis. Aujourd’hui la France , encore elle et toujours elle, tente un bis repetita en Côte d’Ivoire. Comme au Rwanda, la France, interventionniste à outrance, veut assurer la sécurité et le rapatriement de ses ressortissants estimés à 20 000 personnes. Elle assurera un soutien matériel en voitures et nourritures à la Côte d’Ivoire. Mais il n’ y aura pas d’armes dit-on. Mais les mutins sont mieux armée que les forces loyalistes, apprend-ton de plusieurs sources. Qui les a armés? 

Cependant qui peut confirmer quoi ? 

Le syndrome de l’interventionnisme  maladif français  avait poussé François Mitterrand , alors secrétaire du Parti Social , a déclaré : « Une opération qui a eu lieu en vertu d’un accord qui n’existe pas et à la demande du gouvernement  du Zaïre .» Les accords  occultes (puisque jamais dévoilés ni éclaircis)  de défense entre la France et la Côte d’Ivoire conclu  le 24 avril 1961 régulièrement réactualisés, amènent en Côte d’Ivoire, en plus de 600 hommes du 43è BIMa (bataillon d’Infanterie de Marines) des éléments du 21è RIMa de Fréjus  et un escadron de blindés du 1er RIMa d’Angoulême. Un autre renfort viendra du régiment de parachutistes de Libreville. 

Si la mission  première   est de protéger les 20 000 ressortissants français, la soldatesque française peut riposter si elle est prise à partie.

L’objectif premier de Paris n’est pas de protéger la sécurité des Français mais   de confier la présidence à Alassane Dramane Ouattara dont on sait qu’il est proche des dictateurs Omar Bongo, Gnassingbé Eyadema,  Blaise Compaore et du nouvellement élu de Bamako l’illustre ATT. 

Bongo ne s’était-il pas dépêché dès  la mutinerie de convoquer une cellule de crise à Marrakech ? Pour la blague Houphouët Boigny ne s’était-il pas vanté de diriger le GABON  de loin les yeux fermés ? Ironie du sort, c’est  ce Gabon avec l’aval de la France qui vient résoudre infortunément les crises ivoiriennes.  Bongo , le piètre dictateur négociateur n’avait-il pas été choisi pour la crise congolaise lors même qu’il avait épousé le fille du maître des lieux, Sassou Nguesso ? S’il ne joue pas la carte Chirac qu’il dise clairement celle qu’il joue.  Il faut aussi préciser qu’à la mort de Félix Houphouët Boigny, le ADO , burkinabé de souche   avait tenté un coup d’Etat constitutionnel au mépris de l’article 11 de la constitution qui dispose qu’en cas de vacance , de démission de la présidence , le président de l’Assemblée devient automatiquement président de la République. 

Gueï de Lacase  est mort. GBAGBO est socialiste. Or en  France les socialistes ne sont plus ni à Matignon ni à l’Elysée. Cependant , la politique africaine de la France voudrait   que tout soit comme au Togo ou au Congo Brazza. L’Elysée veut assurer le contrôle absolu, malgré les objurgations des démocrates, de toute l’Afrique de l’Ouest francophone. 

Dans tous les cas de figures, l’intervention de la France est désuète et suspecte. L’Elysée fabrique en Côte d’Ivoire un Rwanda bis où le nord et le sud vont s’entre-tuer. La France dira son offertoire lorsqu’elle  aura remis à ADO une Côte d’Ivoire pleine de sang et sans pain. Actuellement les forces loyalistes n'ont aucune force pour chasser les mutins inexpugnables dans . Ceux-ci contrôlent les localités  de Ferkessédougou, de Ouangolodougou et de Niellé. Même si le sommet de la CEDAO décidait d'envoyer des forces d'interposition en Côte d'Ivoire, il faudra chercher la solution dans le  démoblisation prochaine de militaires. Mais le discours va-t-en guerre de Gbagbo dès son retour d'Italie est-il propice à arranger quoi que ce soit? Pas du tout. D'ailleurs les mutins qui au départ voulaient négocier se sont retractés. Plus question de négociation.

La démocratie devrait rappeler à Chirac qui n’ a jamais répondu devant la justice de sa gestion de la mairie de Paris ni des obscurs trafics d’Elf au Gabon, au Congo et ailleurs que l’Afrique  est mature et peut  se passer de ses  coups de militaires. L’Afrique  n’intéresse la France et surtout Chirac que lorsqu’elle est pourvoyeuse de pétrole, de diamants , d’or et de phosphate. 

Echappe à ce misérable piège pays qui est pauvre. Malheureusement la Côte d’Ivoire ce miracle économique, est le géant mondial du cacao. Tout se joue là. Que la France arrête de troubler le sommeil de FHB à Yamoussoukro. Le vieux a besoin de tranquillité.

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

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