L’Elysée devrait avoir honte
Samuel Batchati
Arrogante et impolie, la France,
plutôt Chirac, à coups d’enclumes
rhétoriciennes aux précipités d’aides s’ingère chaotiquement
dans les affaires africaines.
Elle bricole la vie des africains.
Pour être réaliste, la vésanie du renflouement des caisses occultes
venant de l’Afrique, l ‘habite. Elle
installe sous les tropiques ses féaux dont elle sait qu’ils
ne lui feront pas faux bond.
Elle l’a fait. Depuis de Gaule
jusqu’à Chirac en passant par Valéry Giscard d’Estaing. Sous ce
dernier on
a traité les troupes françaises, à cause de leur
interventions intempestives au Tchad, au Zaïre (Congo- Kinshasa) de
« Cubains de l’Occident »
Le 19 mai 1978, 800 parachutistes
français de 2è REP sautaient sur la ville
minière de Kolwezi dans
la province de Shaba pour assurer l’évacuation de quelques
centaines de ressortissants de la CEE( Communauté Economique Européenne)
dont 91 avaient été tués
par les 4000 anciens gendarmes
du Katanga. En 1994 Alain Juppé, alors Premier ministre,
s’interrogeait hypocritement sur les « moyens et les
responsabilités (de la France) d’empêcher (…) les peuples (rwandais)
de s’entre-tuer. »
La France avait fui le Rwanda et
permis aux Hutus , majoritaires à 80% de massacrer les Tutsis.
Aujourd’hui la France , encore elle et toujours elle, tente un bis
repetita en Côte d’Ivoire. Comme au Rwanda, la France,
interventionniste à outrance, veut assurer la sécurité et le
rapatriement de ses ressortissants estimés à 20 000 personnes. Elle
assurera un soutien matériel en voitures et nourritures à la
Côte d’Ivoire. Mais il n’ y aura pas d’armes dit-on.
Mais les mutins sont mieux armée que les forces loyalistes, apprend-ton
de plusieurs sources. Qui les a armés?
Cependant qui peut confirmer quoi ?
Le syndrome de l’interventionnisme
maladif français avait
poussé François Mitterrand , alors secrétaire du Parti Social , a déclaré : « Une
opération qui a eu lieu en vertu d’un accord qui n’existe pas et
à la demande du gouvernement du Zaïre .» Les accords
occultes (puisque jamais dévoilés ni éclaircis)
de défense entre la France et la Côte d’Ivoire conclu
le 24 avril 1961 régulièrement réactualisés, amènent en Côte
d’Ivoire, en plus de 600 hommes du 43è BIMa (bataillon
d’Infanterie de Marines) des éléments du 21è RIMa de Fréjus
et un escadron de blindés du 1er RIMa d’Angoulême.
Un autre renfort viendra du régiment de parachutistes de Libreville.
Si la mission
première est
de protéger les 20 000 ressortissants français, la soldatesque française
peut riposter si elle est prise à partie.
L’objectif premier de Paris
n’est pas de protéger la sécurité des Français mais
de confier la présidence à Alassane Dramane Ouattara dont on
sait qu’il est proche des dictateurs Omar Bongo, Gnassingbé Eyadema,
Blaise Compaore et du nouvellement élu de Bamako l’illustre
ATT.
Bongo ne s’était-il pas dépêché
dès la mutinerie de
convoquer une cellule de crise à Marrakech ? Pour la blague
Houphouët Boigny ne s’était-il pas vanté de diriger le GABON
de loin les yeux fermés ? Ironie du sort, c’est
ce Gabon avec l’aval de la France qui vient résoudre
infortunément les crises ivoiriennes.
Bongo , le piètre dictateur négociateur n’avait-il pas été
choisi pour la crise congolaise lors même qu’il avait épousé le
fille du maître des lieux, Sassou Nguesso ? S’il ne joue pas
la carte Chirac qu’il dise clairement celle qu’il joue.
Il faut aussi préciser qu’à la mort de Félix Houphouët
Boigny, le ADO , burkinabé de souche
avait tenté un coup d’Etat constitutionnel au mépris de
l’article 11 de la constitution qui dispose qu’en cas de vacance ,
de démission de la présidence , le président de l’Assemblée
devient automatiquement président de la République.
Gueï de Lacase
est mort. GBAGBO est socialiste. Or en
France les socialistes ne sont plus ni à Matignon ni à
l’Elysée. Cependant , la politique africaine de la France voudrait
que tout soit comme au Togo ou au Congo Brazza. L’Elysée
veut assurer le contrôle absolu, malgré les objurgations des démocrates,
de toute l’Afrique de l’Ouest francophone.
Dans tous les cas de figures,
l’intervention de la France est désuète et suspecte. L’Elysée
fabrique en Côte d’Ivoire un Rwanda bis où le nord et le sud vont
s’entre-tuer. La France dira son offertoire lorsqu’elle
aura remis à ADO une Côte d’Ivoire pleine de sang et sans
pain. Actuellement les forces loyalistes n'ont aucune force pour
chasser les mutins inexpugnables dans . Ceux-ci contrôlent les
localités de Ferkessédougou, de Ouangolodougou et de Niellé.
Même si le sommet de la CEDAO décidait d'envoyer des forces
d'interposition en Côte d'Ivoire, il faudra chercher la solution dans
le démoblisation prochaine de militaires. Mais le discours va-t-en
guerre de Gbagbo dès son retour d'Italie est-il propice à arranger
quoi que ce soit? Pas du tout. D'ailleurs les mutins qui au départ
voulaient négocier se sont retractés. Plus question de négociation.
La
démocratie devrait rappeler à Chirac qui n’ a jamais répondu
devant la justice de sa gestion de la mairie de Paris ni des obscurs
trafics d’Elf au Gabon, au Congo et ailleurs que l’Afrique
est mature et peut se
passer de ses coups de
militaires. L’Afrique n’intéresse
la France et surtout Chirac que lorsqu’elle est pourvoyeuse de pétrole,
de diamants , d’or et de phosphate.
Echappe à ce misérable piège pays
qui est pauvre. Malheureusement la Côte d’Ivoire ce miracle économique,
est le géant mondial du cacao. Tout se joue là. Que la France arrête
de troubler le sommeil de FHB à Yamoussoukro. Le vieux a besoin de
tranquillité. |