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Lundi, 30 septembre 2002

LESGISLATIVES ANTCIPEES AU TOGO : MIROIR AUX ALOUETTES   
Samuel Batchati

La campagne pour les législatives anticipées  (qui ne le sont plus d’ailleurs ) débute  le 11 octobre  pour clôturer le 25 soit  2 jours avant les législatives du 27. 

Quelle que soit l’issue  de ces élections, tout trafic de détraction et de pessimisme, même le plus noir est permis. Car ces élections ne viennent pas débloquer la mécanique rouillée d’un grotesque fac-similé  de démocratie au Togo. Encore  moins décider l’Union Européenne à reprendre  sa coopération. Sur le sujet, le président de l’UE a été on ne peut plus clair : la coopération avec le Togo ne reprendra pas tant qu’il n’y aura pas  des élections libres acceptées par tous dans les règles du jeu démocratique. Le fond de cette exigence, c’est l’ancien Premier ministre MAK  qui la précise : tout déblocage passe par le départ du président Eyadema. 

PARTIRA-T-IL? 

Alors pourquoi organiser des simulacres d’élection dont on sait qu’elles ne sont ni lénifiantes  ni curatives. Les caciques du parti au pouvoir le savent mais ne s’offusquent point de les organiser. A quel dessein ?

Ces législatives sont un miroir aux alouettes, un trompe-l’œil et se laissera pendre qui se laissera prendre. 

Nous avions été tenté entre temps de conclure que ces législatives visaient à modifier la constitution aux seules fins de maintenir Eyadema  au pouvoir. Cependant une récente analyse de SOLIDA  «Les vrais enjeux politiques ne se jouent pas dans les élections législatives anticipées mais plutôt dans les équations politiques de la fin du mandat présidentiel et ses suites» indique clairement que ce régime je-m’en-fichiste, avec son parlement béni-oui-oui, aurait bien pu modifier la constitution sans recourir à d’autres élections anticipées. Donc ces législatives hâtives ne s’expliquent plus dans un contexte où toute solution de secours et toute issue sont irrémédiablement bloquées. Au départ elles devaient permettre à l’opposition d’y prendre part et par à coup faciliter la sortie de crise. 

Aujourd'hui elles sont inutiles, caduques et  sans enjeu politique avoué. Seul le Rpt sait pourquoi il organise ces législatives dans un contexte anti-constitutionnel et loin des Accords Cadres et des textes de la CENI qu’arbitrairement on a dissout. Elles sont de toutes façons anachroniques et donc en déphasage avec le véritable jeu démocratique. 

Somme toute, le prochain parlement sera monocolore. Car l’opposition unanimement ne  prendra pas part à ces élections. Donc le Rpt sera seul au parlement. Au regard de tout ceci seul donc le Rpt sait ce qu’il veut en organisant ces élections. Et il serait naïf de penser que  ces élections sont innocentes. Quatre hypothèses possible justifient l'organisation de telles législatives

1-    L’opposition persiste à ne pas aller à ces élections, le parlement sera monocolore et changer la constitution sera trop flagrant aux yeux des observateurs internationaux. Toutefois le président de ce parlement sera à n’en point douter Faure Gnassingbé, le fils et conseiller économique d’Eyadema, actuellement député, à prendre la présidence du parlement et à devenir président de la République en 2003 à la fin du mandat de son dictateur de papa selon les textes de la constitution.

2-    L’opposition participe à ces élections elle gagnera, et c’est sûr, mais le cas  du Congo Brazza risque de se reproduire au Togo. Chirac demandera au Burkina Faso ou au Bénin de restaurer la paix au Togo et Eyadema reviendra parce que la paix est menacée et le développement connaît une reculade sans précédent. 

Les autres enjeux de ces législatives seraient le remplacement du député Dahuku Péré au Parlement au Togo et à la CEDEAO. Ensuite il serait question de montrer à la communauté internationale que c’est l’opposition qui bloque le processus électoral et démocratique au Togo en refusant des législatives, alors que tout a mis en oeuvre pour l'exclure.  Le Rpt  se cherche. Même si le cas Péré ne constitue pas une vraie raison d'organiser des élections dans des conditions aussi flou, son cas fait partis des calcul et des rumeurs à Lomé II.  

Eyadema cherche une voie de sortie de fin de mandat et dans ce cas même le recours au diable n’est pas exclu. Ils ont déjà eu recours à celui-ci à maintes reprises. Dans l’abrogation unilatérale du code électoral, dans la dissolution de la CENI, dans la traque absolue et brutale des opposants. 

Récemment RFI devenue muette depuis l’interview de l’ancien Premier ministre MAK, a déclaré que le secrétaire général de l’UFC a été maintenu en garde à vue pendant plus de 24 heures. Pourquoi ? Nos enquêtes futures éclairciront cette entorse. 

Tout compte fait, le fin mot  de ces législatives est de maintenir Eyadema au pouvoir ou de mettre à sa place son fils Faure Gnassingbé. C’est dire  que le Togo demeurera encore longtemps sous la botte de la famille Eyadema. Toutes autres spéculations ou toute autre hypothèse tendant à écarter Eyadema ou sa famille du  pouvoir relèverait du délire. 

Les autorités qui, on le sait,  protègent plus leurs intérêts que ceux du pays, se battront à leur ventre défendant pour que leur rampe ne quitte pas le pouvoir. Leur objectif :  rester au pouvoir jusqu’à la mort. Avec la bénédiction de Chirac c’est vite arrivé. Mais la terre de nos aïeux n’a plus besoin de sanguinaires ni de voleurs. Pour un espoir nouveau, il faut des hommes nouveaux.

Que les criminels vident les lieux!  

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

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