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LESGISLATIVES
ANTCIPEES AU TOGO : MIROIR AUX ALOUETTES
Samuel Batchati
La
campagne pour les législatives anticipées
(qui ne le sont plus d’ailleurs ) débute
le 11 octobre pour
clôturer le 25 soit 2
jours avant les législatives du 27.
Quelle
que soit l’issue de ces
élections, tout trafic de détraction et de pessimisme, même le plus
noir est permis. Car ces élections ne viennent pas débloquer la mécanique
rouillée d’un grotesque fac-similé
de démocratie au Togo. Encore
moins décider l’Union Européenne à reprendre
sa coopération. Sur le sujet, le président de l’UE a été
on ne peut plus clair : la coopération avec le Togo ne reprendra
pas tant qu’il n’y aura pas des
élections libres acceptées par tous dans les règles du jeu démocratique.
Le fond de cette exigence, c’est l’ancien Premier ministre MAK
qui la précise : tout déblocage passe par le départ du
président Eyadema.
PARTIRA-T-IL?
Alors
pourquoi organiser des simulacres d’élection dont on sait
qu’elles ne sont ni lénifiantes
ni curatives. Les caciques du parti au pouvoir le savent mais
ne s’offusquent point de les organiser. A quel dessein ?
Ces
législatives sont un miroir aux alouettes, un trompe-l’œil et se
laissera pendre qui se laissera prendre.
Nous
avions été tenté entre temps de conclure que ces législatives
visaient à modifier la constitution aux seules fins de maintenir
Eyadema au pouvoir.
Cependant une récente analyse de SOLIDA
«Les vrais enjeux politiques ne se
jouent pas dans les élections législatives anticipées mais plutôt
dans les équations politiques de la fin du mandat présidentiel et
ses suites» indique
clairement que ce régime je-m’en-fichiste, avec son parlement béni-oui-oui,
aurait bien pu modifier la constitution sans recourir à d’autres élections
anticipées. Donc ces législatives hâtives ne s’expliquent plus
dans un contexte où toute solution de secours et toute issue sont irrémédiablement
bloquées. Au départ elles devaient permettre à l’opposition d’y
prendre part et par à coup faciliter la sortie de crise.
Aujourd'hui
elles sont inutiles, caduques et
sans enjeu politique avoué. Seul le Rpt sait pourquoi il
organise ces législatives dans un contexte anti-constitutionnel et
loin des Accords Cadres et des textes de la CENI qu’arbitrairement
on a dissout. Elles sont de toutes façons anachroniques et donc en déphasage
avec le véritable jeu démocratique.
Somme
toute, le prochain parlement sera monocolore. Car l’opposition
unanimement ne prendra
pas part à ces élections. Donc le Rpt sera seul au parlement. Au
regard de tout ceci seul donc le Rpt sait ce qu’il veut en
organisant ces élections. Et il serait naïf de penser que
ces élections sont innocentes. Quatre hypothèses possible
justifient l'organisation de telles législatives
1-
L’opposition persiste à ne pas aller à ces élections, le
parlement sera monocolore et changer la constitution sera trop
flagrant aux yeux des observateurs internationaux. Toutefois le président
de ce parlement sera à n’en point douter Faure Gnassingbé, le fils
et conseiller économique d’Eyadema, actuellement député, à
prendre la présidence du parlement et à devenir président de la République
en 2003 à la fin du mandat de son dictateur de papa selon les textes
de la constitution.
2-
L’opposition participe à ces élections elle gagnera, et
c’est sûr, mais le cas du
Congo Brazza risque de se reproduire au Togo. Chirac demandera au
Burkina Faso ou au Bénin de restaurer la paix au Togo et Eyadema
reviendra parce que la paix est menacée et le développement connaît
une reculade sans précédent.
Les
autres enjeux de ces législatives seraient le remplacement du député
Dahuku Péré au Parlement au Togo et à la CEDEAO. Ensuite il serait
question de montrer à la communauté internationale que c’est
l’opposition qui bloque le processus électoral et démocratique au
Togo en refusant des législatives, alors que tout a mis en oeuvre
pour l'exclure. Le Rpt
se cherche. Même si le cas Péré ne constitue pas une vraie
raison d'organiser des élections dans des conditions aussi flou, son
cas fait partis des calcul et des rumeurs à Lomé II.
Eyadema
cherche une voie de sortie de fin de mandat et dans ce cas même le
recours au diable n’est pas exclu. Ils ont déjà eu recours à
celui-ci à maintes reprises. Dans l’abrogation unilatérale du code
électoral, dans la dissolution de la CENI, dans la traque absolue et
brutale des opposants.
Récemment
RFI devenue muette depuis l’interview de l’ancien Premier ministre
MAK, a déclaré que le secrétaire général de l’UFC a été
maintenu en garde à vue pendant plus de 24 heures. Pourquoi ?
Nos enquêtes futures éclairciront cette entorse.
Tout
compte fait, le fin mot de
ces législatives est de maintenir Eyadema au pouvoir ou de mettre à
sa place son fils Faure Gnassingbé. C’est dire
que le Togo demeurera encore longtemps sous la botte de la
famille Eyadema. Toutes autres spéculations ou toute autre hypothèse
tendant à écarter Eyadema ou sa famille du
pouvoir relèverait du délire.
Les
autorités qui, on le sait, protègent
plus leurs intérêts que ceux du pays, se battront à leur ventre défendant
pour que leur rampe ne quitte pas le pouvoir. Leur objectif :
rester au pouvoir jusqu’à la mort. Avec la bénédiction de
Chirac c’est vite arrivé. Mais la terre de nos aïeux n’a plus
besoin de sanguinaires ni de voleurs. Pour un espoir nouveau, il faut
des hommes nouveaux.
Que
les criminels vident les lieux! |