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Qui
succèdera à Boutros Boutros-Ghali?
Mathias Akoulansa
Le
sommet de l'Organisation Internationale de
la Francophonie aura lieu à Beyroutth
du 18 au 20 Octobre 2002. Ce sommet verra l'élection d'un nouveau
secrétaire général ou la reconduction de l'actuel.
Henri Lopez ou Abdou
Diouf? Derrière
ce dilemne se cache l'envie présumée de l'ancien secrétaire
général des Nations Unis, l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali de se voir
reconduit à la tête de l'Organisation Internationale de la
Francophonie (OIF). Elu au VIIème sommet de l'organisation à Hanoï
(du 14 au 16 Novembre 1997), son mandat a expiré en Novembre 2001.
Selon l'article 6 de la charte de l'OIF, «le Secrétaire général
de la Francophonie est élu pour quatre ans par les chefs d'État et
de gouvernement. Son mandat peut être renouvelé.» Le sommet de Hanoï est
celui qui vit la naissance d'un secrétariat général de la
Francophonie dont Boutros Boutros-Ghali en devint le premier secretaire.
Le renouvellement de son mandat ou l'élection d'un nouveau secretaire
général qui devrait avoir lieu en Novembre
2001 a été reporté pour cette année à Beyrouth. Un
report qui a suscité la colère de peronnalités importantes de la Francophonie
telles que le Président gabonais Omar Bongo. En effet, le report de
l'élection d'un nouveau Secrétaire général de l'OIF a été
interprété par le Président gabonais comme une trahision par Boutros
Boutros-Ghali d'un accord secret entre les chefs d'Etat
de la francophonie qui voudrait qu'à l'issue de son mandat, le
Secrétariat soit dévolu à l'écrivain congolais Henri Lopez.
Si une telle démarche est vraie, ce serait accorder priorité aux
compromis au détriment des statuts. En tout cas, les attentes des uns
ne semblent pas coincider avec la lettre des textes ou les ambiions
des autres.
C'est dans cet imbroglio que l'ancien Président Sénégalais, Abdou
Diouf fit connaître son intention de devenir le successeur de Boutros
Boutros-Ghali avec le soutien de son successeur Maitre Abdoulaye Wade.
Un soutien même s'il fut hésitant au départ est devenu de plus en
plus ferme à la candidature de son compatriote et prédécesseur
Abdou Diouf. Or
beaucoup de chefs d'Etats avaient déjà donné leur soutien au
candidat congolais à un moment où on ne savait rien des ambitions de
l'ancien Président sénégalais dont la candidature met plus d'un
dans l'embarras. Si
Maître Abdoulaye Wade s'investit sérieusement dans une campagne en
faveur d' Abdou Diouf, la francophonie risque de connaitre deux grands
courants. Du moins au niveau africain. D'une
part, les pro-Wade qui commencent par être nombreux avec Madagascar,
le Burkina et autre francophones Ouest Africains. C'est la classe des
partisans d'une nouvelle francophonie qui tienne compte de la "démocratie
et des droits de l'Homme" comme en disposent d'ailleurs les
statuts de l'Organisation internationale de la Francophonie. De
l'autre côté les pro Bongo et Sassou. En effet, le Président
congolais en visite actuellement en France (19 au 24 septembre) vient
de rappeler que la candidature de son ambassadeur en France,
l'écrivain Henri Lopez est bel et bien maintenue et d'actualité.
Cette candidature bénéfie de l'appui ferme du gendre de Sassou, le
Président gabonais Omar Bongo, très écouté au sein de la
francophonie par les Présidents tels que Amadou Toumani Touré. Ce
deuxième camp allie facilement des présidents conservateurs comme le
général Eyadema du Togo, qui se verrait mal dans le camp de
Wade. La
bataille s'annonce donc serrée et il semble que le candidat de la
France risqurerait d'être le prochain secrétaire général de
l'Organisation Internationale de la Francophonie. La candidature de
Boutros Boutros Ghali n'est pas encore annoncée mais elle ne
surprendrait personne, vu qu'il s'y plaît bien à ce poste et que la
France semble bien loin de le laisser tomber. L'embarras de la France
devient évident quand on s'imagine qu'elle a permis que
Boutros-Ghali fasse un an de plus hors-mandat et au mépris des
statuts de l'organisation. Des
observateurs n'avaient-ils pas déjà estimé que le Secrétariat
général de la Francophonie avait été créé par la France en 1997
pour occuper l'ami Boutros-Ghali qui, victime en 1996 du véto
américain au conseil de sécurité, a perdu le Secrétariat des
Nations-Unies au profit de Kofi Annan du Ghana.
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