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Le 23 septembre 2002

 

Editorial

Qui succèdera à Boutros Boutros-Ghali?
Mathias Akoulansa

Le sommet de l'Organisation Internationale de la Francophonie aura lieu à Beyroutth du 18 au 20 Octobre 2002. Ce sommet verra l'élection d'un nouveau secrétaire général ou la reconduction de l'actuel.

Henri Lopez ou Abdou Diouf?

Derrière ce dilemne se cache l'envie présumée de l'ancien secrétaire général des Nations Unis, l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali de se voir reconduit à la tête de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Elu au VIIème sommet de l'organisation à Hanoï (du 14 au 16 Novembre 1997), son mandat a expiré en Novembre 2001. Selon l'article 6 de la charte de l'OIF, «le Secrétaire général de la Francophonie est élu pour quatre ans par les chefs d'État et de gouvernement. Son mandat peut être renouvelé.» 

Le sommet de Hanoï est celui qui vit  la naissance d'un secrétariat général de la Francophonie dont Boutros Boutros-Ghali en devint le premier secretaire. Le renouvellement de son mandat ou l'élection d'un nouveau secretaire général qui devrait avoir lieu en Novembre 2001 a été reporté pour cette année à Beyrouth.   

Un report qui a suscité la colère de peronnalités importantes de la Francophonie telles que le Président gabonais Omar Bongo. En effet, le report de l'élection d'un nouveau Secrétaire général de l'OIF a été interprété par le Président gabonais comme une trahision par Boutros Boutros-Ghali d'un accord secret entre les chefs d'Etat de la francophonie qui voudrait qu'à l'issue de son mandat, le Secrétariat soit dévolu à  l'écrivain congolais Henri Lopez. Si une telle démarche est vraie, ce serait accorder priorité aux compromis au détriment des statuts. En tout cas, les attentes des uns ne semblent pas coincider avec la lettre des textes ou les ambiions des autres. 

C'est dans cet imbroglio que l'ancien Président Sénégalais, Abdou Diouf fit connaître son intention de devenir le successeur de Boutros Boutros-Ghali avec le soutien de son successeur Maitre Abdoulaye Wade. Un soutien même s'il fut hésitant au départ est devenu de plus en plus ferme à la candidature de son compatriote et prédécesseur Abdou Diouf. 

Or beaucoup de chefs d'Etats avaient déjà donné leur soutien au candidat congolais à un moment où on ne savait rien des ambitions de l'ancien Président sénégalais dont la candidature met plus d'un dans l'embarras. 

Si Maître Abdoulaye Wade s'investit sérieusement dans une campagne en faveur d' Abdou Diouf, la francophonie risque de connaitre deux grands  courants. Du moins au niveau africain.

D'une part, les pro-Wade qui commencent par être nombreux avec Madagascar, le Burkina et autre francophones Ouest Africains. C'est la classe des partisans d'une nouvelle francophonie qui tienne compte de la "démocratie et des droits de l'Homme" comme en disposent d'ailleurs les statuts de l'Organisation internationale de la Francophonie.  

De l'autre côté les pro Bongo et Sassou. En effet, le Président congolais en visite actuellement en France (19 au 24 septembre) vient de rappeler que la candidature de son ambassadeur en France, l'écrivain Henri Lopez est bel et bien maintenue et d'actualité. Cette candidature bénéfie de l'appui ferme du gendre de Sassou, le Président gabonais Omar Bongo, très écouté au sein de la francophonie par les Présidents tels que Amadou Toumani Touré. Ce deuxième camp allie facilement des présidents conservateurs comme le général Eyadema du Togo, qui se verrait mal dans le camp de Wade.  

La bataille s'annonce donc serrée et il semble que le candidat de la France risqurerait d'être le prochain secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie. La candidature de Boutros Boutros Ghali n'est pas encore annoncée mais elle ne surprendrait personne, vu qu'il s'y plaît bien à ce poste et que la France semble bien loin de le laisser tomber. L'embarras de la France devient évident quand on s'imagine qu'elle a permis que  Boutros-Ghali fasse un an de plus hors-mandat et au mépris des statuts de l'organisation.  

Des observateurs n'avaient-ils pas déjà estimé que le Secrétariat général de la Francophonie avait été créé par la France en 1997 pour occuper l'ami Boutros-Ghali qui, victime en 1996 du véto américain au conseil de sécurité, a perdu le Secrétariat des Nations-Unies au profit de Kofi Annan du Ghana.

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

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